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OPÉRATION DE L’ECTROPION

Contre l’ectropion spasmodique, on peut employer les sutures de Snellen.

Sutures de Snellen. — Les sutures de Snellen, analogues aux sutures de Gaillard contre l’entropion, ontpour but de raccourcir la face interne de la paupière. On se sert d’un fil à 2 aiguilles : chaque aiguille est introduite au point le plus élevé de la paupière ectropionnée, à3mm. de l’autre, elles cheminent ensuite entre la conjonctive et le tarse pour traverser la peau au voisinage du rebord orbitaire, le fil est lié sur un petit drain. Ce procédé ne peut assurer la guérison définitive des cas complexes d’ectropion (sénile ou paralytique).

Dans Vectropion paralytique de la paupière inférieure, il vaut mieux recourir à la tarsorraphic. Pour les cas anciens ou très marqués d’ectropion, on doit s’adresser au procédé de Szymanowskv.,

Procédé de Szyinanowsky. — Ce procédé consiste dans l’excision d’un triangle cutané superficiel dont l’angle obtus siège au niveau du canthus, tandis que l’hypothénuse est tracée verticalement, à quelque distance de l’angle des paupières. Dans le cas de la planche XV (ectropion ancien par paralysie faciale), la pointe du triangle fut placée un peu en dedans du point lacrymal inférieur. La première incision, d’une étendue de 1 cent. 1/2, fut dirigée vers l’extrémité interne du sourcil ; de là partait une deuxième incision, verticale vers lé bas, de 2 cent. 1/2; la troisième rejoignait le point de départ. Après excision du triangle cutané, la première incision fut allongée de un demi-centimètre contre les cils. Le résultat peut être très marqué, comme le montre la fig. 2 (six mois après la guérison) (Planche XV).

Procédé de Kuhnt. — On peut aussi traiter l’ectro-

pion sénile de la paupière inférieure (et quelques cas d’ectropihn paralytique) par le procédé de Kuhnt(PlancheXVI). On excise un triangle comprenant le tarse et la conjonctive dont la base répond au bord palpébral ; la peau peut aussi être comprise dans l’excision. Mais l’excision de la peau peut entraîner la production d’un colobome, par action des fibres musculaires sectionnées transversalement. Antyllus avait autrefois proposé une opération analogue.

L’opération de Kuhnt peut être pratiquée avec l’anesthésie locale(injection de cocaïne-adrénalinedansla paupière). On peut se servir de la pince de Knapp ou de deux pinces qui circonscrivent l’espace triangulaire à détacher; plus simplement encore on saisit la paupière entre le pouce et l’index de la main gauche. La largeur de la base du triangle doit varier suivant le degré de raccour-

Planche XV. — Fig. 1. — Eclropion par paralysie faciale. La malade, femme de 52 ans, présentait un eclropion avec larmoiement intense.

Fig. 2. — Même œil, six mois après la tarsorrhaphie médiane et l’opération de Szymanowsky.

Planche XVI. — Ectropion sénile chez une femme de 61 ans, avec cataracte..

Planche XVII. — Fig. 1. — Opération de l’eetropion par le procédé de Kuhnt chez la même malade.

Fig. 2. — Le même œil, 3 mois après l’opération et 1 mois après l’opération de cataracte sans iridectomie, légère cataracte secondaire.

Planche XVIII. — Fig. 1. —Ectropion sénile chez un homme do 73 ans. Larmoiement depuis 2 ans malgré la perméabilité des voies lacrymales. La conjonctive de la paupière inférieure est très enflammée et très rouge.

Fig. 2. — Même a;il traité parle procédé do Kuhnt modifié par Millier.

Fig. 3. — Même œil 3 semaines plus tard.

T’ah.JÔ.

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cissementque l’on veut produire sur la paupière. On introduit une large pique à iridectomie entre la peau et le tarse au niveau du bord libre, avec des ciseaux droits, introduits au niveau des angles de la plaie ; on pratique une section en V du tarse et de la conjonctive (planche XVII, fig. 1).

Les sutures se placent comme il est indiqué sui' la planche ; la suture antérieure doit être particulièrement bien fixée à la peau. La suture détermine la formation d’un pli vertical qui disparaît généralement au bout de quelques semaines (planche XVII, fig. 2), sinon on peut en pratiquer l’excision 2 à 3 semaines après.

Procédé de Müller. — L’opération de L. Millier permet d’éviter ce plissement de la peau au milieu de la paupière.

, La pique est introduite du côté temporal ou nasal de la paupière etl’on pratique unesection intermarginale, double ; environ de celle de Kuhnt. On applique les sutures, de manière à remplacer le large plissement par une série de plis plus petits (planche XVIII) dont la disparition est rapide.

Procédé de Dimmer. — Dimmer a imaginé une nouvelle modification de l’opération deKuhnt, combinaison de cetfe opération avec celle de Dieffenbach.

Elle consiste en une excision triangulaire, au milieu de la paupière, comprenant letarse et la conjonctive, jointe à une excision d’un triangle cutané à l’extrémité temporale. La peau est attirée de ce côté, et, par suite, il ne se produit pas de plissement au milieu de la paupière.

Le traitement de Veclro'pion cicatriciel est très difficile dans la plupart des cas.

On ne doit pas entreprendre l'opération avant cicatrisation complète ; le rétrécissement cicatriciel consécutif étant susceptible de compromettre le succès opératoire.

Parfois la simple section sous-cutanée d’une adhérence cicatricielle peut amener un bon résultat. Dans les cica-

trices par brûlures, plaies, nécrose, et carie du rebord orbitaire, il est indispensable d’exciser la cicatrice très profondément, de mobiliser la paupière et de recouvrir de peau la portion excisée, à l’aide d'un lambeau pédiculé, ou de greffes de Thiersch.

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