FAÇON DES FACES TRITURANTES
assez épais et on prie l’opéré de mordre fortement et progressivement.] Des insufflations d’air chaud ou le contact d’une anse galvanique pourront hâter la dessiccation.
Si, à ce moment, la gencive vient à saigner, on tamponne légèrement avec une solution de perchlorure de fer, d’adrénaline, de teinture d’iode, de tannin ou d’acide trichloracétique : avec ce dernier toutefois, il faut éviter de produire un escharre.
En terminant ce qui a trait à la pose des couronnes, signalons quelques fautes de technique qui se retrouvent même dans la littérature la plus récente. On recommande par exemple de disposer des crampons dans la coiffe et de creuser des points de rétention dans l’ivoire.
La première de ces pratiques est presque toujours impossible par suite du manque de place, la seconde affaiblit la dentine tout en étant fort désagréable au patient ; toutes deux sont d’ailleurs superflues, car un bon ciment adhère toujours sur des surfaces lisses pourvu qu’il n’y ait aucune trace d’humidité. Nous dirons la même chose de la précaution que l’on prend habituellement de pratiquer une ouverture à la surface de la coiffe pour donner issue à l’excès du ciment. Gela ne sert guère qu’à compliquer la pose de la couronne, sans aucun bénéfice. La fig. 87 b représente la couronne in situ, et en c la position qu’elle doit occuper sur la racine.
Façon dés faces triturantes.
[Les faces triturantes s’obtiennent, soit au moyen de moules métalliques qu’on trouve dans le commerce, soit au moyen d’un modelage spécial fait d’après l’articulation propre du patient.
Le jeu de formes à estamper du D'' Géo W. Melotte est un des meilleurs types de la première méthode ou mélhode mécanique. Il consiste en une série de 16 coins en acier ayant la forme des cuspides, des petites et des grosses molaires des deux maxillaires. Ayant choisi celui de ces coins qui correspond à la dent dont on veut façonner la face triturante, on obtient facilement une contre-partie pour l'estampage de la plaque, en enfonçant fortement, à l’aide d’un lourd maillet, ce coin dans un bloc de plomb. Ayant interposé entre le coin et la contre-partie un disque
COURONNES EN OR
d’or à 22 carats du n“ 8, préalablement recuit et enduit de vaseline, on l’estampe de quelques coups.de marteau ; on retire la plaque d’or et, àl’aide de ciseaux, on enlève toute la partie qui déborde les cuspides. Le bord libre est alors égalisé par frottement sur une large lime fine de façon à pouvoir s’appliquer exactement sur le bord supérieur de l’anneau : quelques coups de pince donnés à la face triturante permettront le contact intégral de ces deux parties de la capsule. Il ne reste plus, avant de les réunir, que de renforcer la concavité des cuspides au moyen de soudure ou de rognures d’or à un titre inférieur à 22 carats.
Le second procédé, que nous pourrions appeler mét/iocie anatomique, est un peu plus long, mais il donne un résultat plus juste. Il consiste, l’anneau ou collierétant parfaitement ajusté sur laracine, à le remplir de gutta ramollie, de cire ou de plâtre mou et à faire mordre le patient. Dès que la sub.stance d’empreinte ci-dessus est durcie, on ouvre l’articulation et on retire avec précaution la bague chargée de plâtre ou de cire... On enlève au canif toute la matière qui déborde l’anneau, on égalise les cuspides et on obtient ainsi une couronne qu’il ne s’agit plus que de mouler, selon les procédés habituels.
Pour cela, la moldine, maintenue dans- un cercle, est encore la meilleure substance : dans l’empreinté prise ainsi, on coule un modèle en métal fusible sur lequel on coulera un contre-moule fait d’un autre métal ayant un point de fusion inférieur. Le reste de l’opération se fait comme dans la méthode mécanique précédemment décrite,
Ajoutonscependant qu’au heu défaire toute la première partie du travail dans la bouche du patient, on peut et on doit même, si l’on veut avoir plus d’exactitude dans l’articulation, opérer sur des modèles de maxillaires montés sur articulateur. La prise des empreintes, la bague étant en place, le coulage des modèles et leur montage demandent certainement du temps, mais, encore une fois, on est ainsi à l’abri des défauts d’engrènement interdentaires qui se voient si fréquemment lorsque le patient mord d’une façon vicieuse et on obtient des résultats parfaits.]
Les faces triturantes que l’on fait avec une feuille d’or ordinaire à 22 carats ne sont pas très résistantes ; l’usure •en est assez rapide et elles finissent par se trouer. Pour obvier à cet inconvénient, on a recommandé de les ren-