FAÇON DES FACES TRITURANTES
forcer avec de la soudure, ou bien d’employer de l’or à i8 ou même à 14 carats. Dans le premier cas, l’épaisseur irrégulière de la coiffe nuit à la pose ; dans le second, la différence de teinte entre l’or qui a servi pour la bande et celui que l’on emploie pour la face triturante forme un contraste désagréable. Nous n’avons donc souvent d’autre ressource que d’estamper deux coiffes à 22 carats l’une sur l’autre.
Lorsqu’il est nécessaire d’établir des faces triturantes particulièrement résistantes, nous les coulons en or mas-
Fig. 89. — Ossa-sepia. Moule pour une face triturante ; première moitié.
sif et je donnerai ici la technique que j’emploie car, à ma connaissance, il n’a jamais été décrit rien de semblable dans la littérature.
Pour confectionner un moule, nous nous servirons d’une substance qui m’a été recommandée par Tun de mes collègues, Eugène Cohn, l’ossa-sépia. On en fait deux demidisques pouvant s’adapter exactement l’un sur l’autre et pour cela, après avoir poli au papier de verre leurs surfaces de contact, on achève de les roder par friction réciproque. Sur l’un des plans ainsi réalisés, dans la subs-
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tance relativement molle de l’ossa-sépia, on enfonce le modèle en cire de la face triturante. Ce modèle qui peut ég-alement se faire avec du stents est déjà monté sur la bague, et l’empreinte obtenue dans l’ossa-sépia présente l’aspect de la fig. 89 (b). Pour permettre à l’or en fusion de s’écouler, on creuse une rigole qui s’évase vers le haut (89 a) et formera entonnoir, grâce à une disposition analogue sur l’autre demi-disque, lorsque les deux blocs seront juxtaposés pour former le moulecomplet. De même pour laisser l’air s’échapper, d’autres canaux creusés obli-
Fig. 90. — Ossa-sépia. Moule pour une face triturante; deuxième moitié.
quement vers le haut et s’ouvrant à l’extérieur, formeront des évents (fig. 89 d). A part ces hémi-sections de l’entonnoir et des évents, le plan de l’autre bloc (fig. 90 a, d) ne reçoit aucune modification.
Les deux moitiés du moule sont ensuite rapprochées et maintenues par un fil d’archal. Des deux extrémités de ce fil on forme une poignée qui permettra de saisir le moule désormais préparé et de l’incliner à son gré. Une pince à ressort rendra d’ailleurs le même office. Entre temps, sous
façon: des- faces triturantes 81
une flamme à souder, de l’or à 22 carats a été fondu dans un creuset préparé avec un morceau de charbon de bois comprimé. Ce charbon a été simplement creusé en son milieu d’une cavité où vient s’ouvrir un canal destiné à
Fig. 91. — Fonte de l’or.
l’écoulement du métal en fusion (fig-. 91, b). Une lime ou tout autre instrument enfoncé dans le bloc lui servira de manche. Il est nécessaire de fondre une certaine quantité de métal pour obtenir une pression suffisante dans l’entonnoir du moule; on active la fusion de l’or en y ajoutant une parcelle d’étain chimiquement pur. Il faut d’ailleurs atteindre une température assez élevée, car on ne peut chauffer le moule qui lui-même est combustible, et si l’or n’était pas très liquide, il pourrait se solidifier Preisweiik. Prothèse dentaire. 6
COURONNES EN OR
dès son arrivée dans le canal. La fig-, 91 représente la coulée du métal.
Fig. 92. — Ossa-sépia. Moule pour quatre faces triturantes, première moitié.
Si l'on désire obtenir plusieui-s faces triturantes dans la
Fig. 93. — Faces triturantes coulées en or.
même opération, il suffit de disposer toutes les empreintes autour de l’entonnoir en les reliant par des canaux. La