‹ Atlas-manuel de prothèse dentaire et buccaleChapitre 17 sur 105 · FACES TRITURANTES EN ÉMAIL · texte numérisé non relu

FACES TRITURANTES EN ÉMAIL

l’anneau d’une mince couche de laque. On se servira avec avantag'e, dans ce but, d’une ^ ^

solution alcoolique de g-ommelaque.

L’amalgame est poli aussi soigneusement que possible lorsqu’il a acquis toute sa dureté (ng. 95, b, couronne terminée).

S’il J avait quelque difficulté pour assurer une bonne rétention de l’amalgame, on pourrait placer dans la dentine des vis terminées par un crochet, ou bien encore cimenter dans les canaux des pivots recourbés ou boutonnés.

D’après Herbst, à qui nous devons je crois cette innovation, les couronnes à faces triturantes en amalgame ainsi établies donnent un résultat très satisfaisant au point de vue même de la durée. Nous pouvons également les recommander en toute confiance.

game ; 6, couronne en avec face triturante amalgame.

Faces triturantes en émail.

Même pour les molaires, on peut faire une objection contre l’emploi des couronnes en or, surtout lorsque les proportions nécessaires à l’articulation ont été scrupuleusement observées ; elles ont en effet le défaut d’attirer l’attention lorsque la bouche est grandement ouverte. Au lieu d’avoir recours à l’or, nous pouvons dans ce cas employer des faces triturantes en émail (fig. 96 a, b, c) et utiliser les couronnes artificielles qui servent à la confection des dents à pivot ordinaires pour les petites ou grosses molaires. Si respace est réduit, il faut user de dents très plates, mais ceci n’empêche pas de mettre en œuvre une couronne quelconque pourvu qu’elle offre assez d’épaisseur.

En bouche, pour préparer la dent naturelle, il faudra meuler l’ivoire un peu plus que d’habitude, par suite de l’épaisseur relative de la couronne d’émail ; ceci restreint les applications de ces sortes de couronne aux seules dents dont la pulpe est déjà déti’uite.

COÜP.ONINES EN OR

La technique ne présente aucune difficulté particulière : l’anneau mis en place dans l’articulateur, on choisit une dent artificielle de volume et de teinte convenables et on l’ajuste d’après l’articulation, en faisant agir la lime tant sur la couronne d’émàil que sur l’anneau. Il est cependant préférable de bomber ce dernier dans la zon'e qui recevra la face buccale de la couronne d’émail. La couronne reçoit ensuite une contre-plaque et celle-ci doit s’étendre en tous sens jusqu’au périmètre : on ia fixe à la dent en courbant les crampons.

Pour opérer la soudure, la dent est très exactement ajustée sur l’anneau et portée en même temps que celui-ci dans un mélange de plâtre et d’amiante, ou bien de plâtre et de terre à mouler. Ces mélanges ont l’avantage de former un revêtement facile à détruire après complet refroidissement. La disposition sera telle que l’émail et la plus grande pai’tie de la bande soient cachés dans le revêtement tandis que la contre-plaque et la face interne de la bague demeurent à découvert (fig. 96 b). Le bloc de revêtement est aussi réduit que possible pour ne pas absorber trop de chaleur ; on le soumet à l’action d’une température que l’on élève progressivement après avoir déposé delà soudure d’or et du borax tant sur les crampons que sur la ligne de contact entre l’anneau et la contre-plaque. Lorsque le plâtre est suffisamment chaud, ou le porte à l’incandescence sous la flamme d’un chalumeau. Il ne faut pas négliger ce dernier point, car il est très difficile de fondre la soudure à une certaine profondeur: on y arrive avec un peu de pratique et en dirigeant bien la pointe de la flamme ; on fait couler la soudure de façon à réunir les crampons et la contreplaqué d'une part, la contreplaqué et la bague d’autre part (la fig. 96 a représente une de ces couronnes posée sur la racine).

Ce travail est assurément plus difficile que la confection des couronnes avec face triturante estampée ou coulée. La soudure est rendue particulièrement délicate par suite des

Fig. 96. — a. Anneau avec face triturante en émail placé dans l'articulateur ; b, face en émail mise dans le plâtre avec l’anneau de la racine pour la soudure ; c, couronne achevée placée sur une racine ; d, couronne de Machwurth.

Fig. 96.

COURONNES d’or AVEC FACES EN ÉMAIL 87

risques d’éclatement qu’elle fait courir à l’émail : le magnifique résultat que l’on obtient au point de vue de l’esthétique offre cependant une large compensation à toutes ces difficultés.

[La méthode la plus sûre et la plus exacte dans ces sortes de travaux est de faire l’anneau en platine ou platine iridié, en ayant soin que son bord supérieur dépasse le niveau libre de la couronne naturelle : une plaquette de platine mou est alors ajustée sur la surface masticatoire de cette couronne et entrera en contact immédiat avec le bord supérieur de la face interne de l’anneau avec lequel on la soudera. L’empreinte de l’articulation est prise comme d’ordinaire, et on construit en émail de haute fusion les différentes cuspides. (Kritchewsky).]

Pour poser ces couronnes dans la bouche, on suivra la technique que nous avons déjà donnée pour les couronnes en or ordinaire.

Couronnes d’or avec faces en émail.

Les couronnes d’or avec face de porcelaine ou d’émail (fig. 96) s’emploient surtout pour les premières et deuxièmes prémolaires qui restent assez visibles, plus rarement pour les molaires. Pour constituer la face d’émail, on se sert de ces masques désignés sous le nom de demiprémolaires ou demi-molaires et aussi des dents plates ordinaires.

Dans la bouche, la préparation de la dent naturelle se fait en meulantavec précaution la région labiale jusqu’au niveau de la gencive.

On façonne ensuite une couronne d’or ordinaire et l’on choisit une dent plat’e de forme et de teinte convenables.

Fig. 97. — Couronne en or fenestrée avec dent plate.

Lorsqu’elle est ajustée, on découpe sur la paroi labiale de la couronne en or une sorte de fenêtre où viendra s’enca-

88 COURONNES JSN OR

drer la face de porcelaine. Celle-ci doit recouvrir très exactement l’ouverture ainsi ménagée. Au devante! à la partie inférieure, une marge de 2 mm. environ de hauteur a été réservée dans la bague, tandis que du côté de la face triturante le bord labial de la coiffe rabattue sur l’émail assure sa protection (fig. 97). La face de porcelaine est blindée avec une feuille de platine et cette contreplaqué doit déborder le périmètre (ng. 98). Ce détail a son importance, non seulement parce qu’il facilite la soudure marginale dé l’oret duplatine, maisencore parce qu’il obture mieux l’accès delà racine. Si la place le permet on courbe

Fig. 98. — Couronne en or fenestrée avec face en émail fondue dans du platine.

les crampons de côté derrière la contreplaqué pour les réunir avec un point de soudure ; si l’espace est réduit, mieux vaut d’abord les raccourcir.

Au lieu de terminer d’abord la couronne en or et d’y ajuster l’émail en dernier lieu, ce qui est en effet assez difficile, on peut suivre une autre marche (fig. 99). Une fois la bague confectionnée comme d’habitude, on établit l’articulation, puis on pratique sur la paroi labiale l’ou-

Fig. 99.. — Anneau luné du côté labial avec dent plate et face triturante.

verture qui recevra la face d’émail. Cette dernière, mise en place et soudée sur la bague, toujours au moyen d’une contreplaqué, on reporte l’ensemble sur Farticulateur et on remplit l’anneau avec de la cire pour modeler une face triturante. D’après ce modèlè, on estampe alors une coiffe que l’on soude enfin sur la bague et sur la contreplaqué.

COURONNES d’or OU DE PLATINE

Quel que soit le procédé, il faut toujours, pendant la soudure, protég'er l’émail contre les dangers d’éclatement et pour cela mettre les pièces en revêtement.

Les couronnes avec face en porcelaine sont d’un bel aspect esthétique: malheureusement on a toujours la craiilfe de voir éclater la dent pendant la soudure, car cet accident oblige à reprendre tout son travail. On a conseillé de ne pas faire monter l’émail jusqu’au niveau de la face triturante (fig. 98) et de laisser plutôt le bord: buccal de cette dernière faire saillie sur le bord du masque, comme le ferait une visière (fig. 99). Par suite de l’usure assez rapide de l’or, cette disposition ne protège pas très longtemps l’émail contre les efforts de la mastication et laisse en outre un liseré d’or apparent ^ ^

sur la face antérieure de la “

dent (fig. 99). Pour allier l’esthétique et la solidité, nous taillons le bord de l’émail qui vient toucher

étique et la solidité, taillons le bord de

la coiffe en forme de bi- Fig. doo. — Face triturante souseau (fig. 100). La contre- dée sur une dent plate,

plaque recouvre ce biseau

et se rejoint avec la face triturante par une soudure intérieure assez forte. Nous obtenons ainsi avec l’or un chanfrein assez résistant pour supporter longtemps les efforts de la mastication et mettre le masque à l’abri des acci-

J’estime que ces méthodes sont les seules qui soient pratiques pour masquer l’or d’une couronne avec de l’émail. Il n’est pas question ici des dents à pivot avec coiffe que nous avonsdéjà décrites (cf. Dents de Richmond, p. 30). Nous allons voir à présent les procédés qui permettent d’émailler directement une facette sur la couronne.

Couronnes d’or ou de platine indépendantes avec facette de porcelaine fondue.

Procédés de Machwürth.

Machwürth observe avec raison que les dents plates couramment appliquées sur les couronnes pleines sont très minces, par suite très fragiles etsouvent môme se brisent pendant la soudure. Aussi recommande-t-il l’emploi

COURONNES EN OR

des faceites, c’est-a-dire d’un émaillag'e directdes couronnes d’or ou de platine obtenu par la fusion d’une petite masse de porcelaine sur leur face labiale.

Sa technique se résume en peu de mots ; Une couronne sans soudure faite avec de l’or à 22 carats est préparée suivant les procédés que nous indiquerons plus loin (ef. p. 91); sur la face labiale de cette couronne il découpe une fenêtre qu’il obture ensuite en soudant une plaque intermédiaire ; en même temps la face triturante est renforcée avec de la soudure, sans excès cependant, car la racine doit garder le plus de hauteur possible, surtout dans la région linguale. La soudure sera à 21 carats 1/2, un titre moins élevé ne supportant pas la température de fusion de la porcelaine.

Ainsi préparée la couronne est mise en revêtement dans le mélange 2/3 de silex 1/3 de plâtre, pour recevoir une facette coulée avec de la porcelaine fusible de Jenkins (porcelaine d’émail).

Le bloc ainsi obtenu n’est pas encore fixé sur la couronne ; ce n’est que lorsque cette dernière est en bouche qu’on scelle la porcelaine avec du ciment.

Machwiirth indique encore un procédé qui donne de meilleurs résultats et permet l’emploi de la porcelaine fusible à haute température servant à la fabrication des dents artificielles ordinaires. Il est alors nécessaire de construire la couronne avec du platine, car l’or ne pourrait supporter une température suffisante. Sa méthode s’applique d’ailleurs aussi bien pour les incisives et les canines que pour les molaires et les prémolaires, mais tandis que les premières sont constituées dans leur presque totalité par de la porcelaine, la facette ne présente qu’un volume relativement restreint lorsqu’il s’agit des autres.

L’emploi du platine a l’avantage de permettre une fusion directe de la porcelaine à unetempéi’ature que l’or ne peut supporter. Cependant Machwürth tourne cette difficulté et donne le moyen de se servir des couronnes en or avec ou sans soudure.

Il achève d’abord une couronne en or en suivant le mode qu’il a choisi, découpe ensuite une fenêtre et derrière soude une plaque intermédiaire tout comme précédemment. Il a soin toutefois de donner à cette ouverture une forme particulière concave qui rappelle assez bien celle d’une chambre pulpaire peu profonde, et tapisse ses parois avec de

Page 1