RÉPARATION DES COURONNES ARTIFICIELLES
Thème temps la racine de son alvéole. Pour éviter ceci il faut choisir une pince assez étroite et saisir la contre-plaque assez profondément afin qu’elle ne puisse se séparer du pivot. On commence par lui imprimer de légers mouvements de rotation dont on accentue progressivement l’amplitude, et l’on tire en même temps.
[Un autre procédé recommandable consiste à pratiquer avec une très fine fraise à fissure une légère voie d’accès entre la face supérieure de la racine et la plaque qui la recouvre. Dans cette sorte de fente on introduit une lame étroite qui va faire effort entre la racine et la plaquette à laquelle est soudé le pivot ; de légers mouvements de torsion imprimés à la lame détacheront sûrement ce dernier.]
Si le pivot reste seul, on applique la même manœuvre avec despinces très effilées. Mais bien souventla tige est cassée trop profondément dans la racine pour offrir une pri.se suffisante et dans ce cas il devient nécessaire d’employer une fraise. Une faut pas cependant fraiser autour du pivot comme le recommandent bien des manuels ; la mèche se brise alors avec la plus grande facilité et ses débris restent fichés dans la dentine, ce qui affaiblit la racine, sans parler du danger dos perforations latérales. Mieux vaut forer le pivotlui-mêmeau moyen d’une petite fraise ronde, de façon à la transformer en tube : si la fraise n’a pas assez de prise au début, on commencera par limer l’extrémité du pivot. Lorsqu’on est parvenu aune certaine profondeur on prend une fi aise un peu plus grosse, en augmentant ainsi progressivement les dimensions du tube jusqu’à complète disparition du pivot. S’il reste encore à la fin un petit morceau de métal on arrive aisément à l’enlever de la racine avec un foret cuiller assez fort. Ce procédé permetd’enlever n’importe quel pivot plus rapidement et avec plus de sécurité.
Lorsque la racine possède encore une coiffe, il faut limer et retirer celle-ci avant de tenter l’extraction du pivot.
[Si l’on veut remplacer la dent brisée sans retirer le pivot, on peut employer une des méthodes suivantes :
Pratiquer dans la contre-plaque une fente allant de l’un à l’autre des crampons; ajuster, entre les deux crampons de la dent de remplacement, de la soudure molle et cela au moyen du fera souder ; on obtient ainsi une sorte
COURONNES EN OR
de tenon pouvant s’eng’ag’er dans la fente obtenue précédemment dans la contre-plaque. Il ne s’agit plus que d’ajuster la dent en bouche et de la fixer au ciment. (Kritchevsky.)
Drague recommande de perforer la contre-plaque au niveau des deux crampons et d’ajuster ensuite la dent de remplacement. Cela fait, au moyen de fraises coniques spéciales, on élargit du côté palatin, en forme de tronc de cône, les trous faits dans la contre-plaque pour laisser passer les crampons. Ceux-ci sont filetés et fixés au moyen d’un écrôu se logeant dans les cônes entaillés précédemment.
Nous reviendrons sur ce point au sujet des réparations des bridges.]
Nous avons rattaché à chacune de leurs descriptions la technique des réparations pour les couronnes spéciales.
BRIDGE-WORK
Sous le nom àebridge-work, on désigne communément des pièces dentaires assemblées entre ^les sans le secours de plaques et supportées par les dents, couronnes, collets ou l’acines. Ce mode d’attache des pièces intermédiaires qui ne sont fixées que sur des points d’appui, rappelle assez la disposition d’un pont sur ses piles, aussi l’ensemble du travail a-t-il reçu le nom de bridge, c’est-àdire de pont. L’expression fait image dans certains cas, mais on l’applique également à ces dispositifs qui présentent une « selle » et dans lesquels, à proprement parler, il s’agit plutôt d’une plaque dont la pose est modifiée que d’un véritable pont. Néanmoins cette expression de « travail à pont )) est tellement consacrée, dès qu’il s’agit d’un assemblage de pièces dentaires ne comportant aucune plaque de prothèse, que nous nous conformerons à l’usage.
La construction d’un bridge demande beaucoup d’habileté technique de la part du dentiste, beaucoup de bonne volonté et de patience de la part du sujet, car souvent la préparation sera longue et les essais très nombreux. Et ceci ne suffit pas encore pour obtenir un bon résultat ; avant tout il faut que la mâchoire offre une ou plusieurs dents ou racines dont l’étatet la position assurent des points d’appui suffisants pour remplacer les dents voisines qui font défaut. L’état des racines surtout est important ; elles doivent être absolument fermes, nullement ébranlées dans leur alvéole et n’avoir en outre aucune chance d’amener l’inflammation du périoste. Lorsqu’il s’agit d’un bridge à selle, l’état de la gencive est également à considérer, et celle-ci doit présenter plutôt un aspect lisse et suffisamment ferme qu’un tissu mou et trop friable.
On estime généralement qu’un bridge sera d’autant plus solide et mieux équilibré qu’il se trouvera un plus grand nombre de dents pour lui servir de points d’appui.
BRIDGE-WORK
et diviser ainsi le travail. R. Weiser combat avec raison cette manière de voir et professe que des bridg-es ainsi établis s’usent au contraire beaucoup plus vite, parce gue très difficiles à nettoyer, et que le nombre des piliers importe beaucoup moins que leur qualité et leur distribution. Ainsi la combinaison des dents 7, 3,1-3, 7, lui paraît excellente pour fixer un pont de 14 dents ; de même 7, 3- 3, 7, donnera encore un bon résultat, tandis que 6, 2, 1 serait à peine suffisant pour un pont de six dents.
Outre la distribution des points d’appui, il faut encore s'assurer de la solidité des dents qui se trouveront placées aux deux extrémités du bridge pour jouer dans tout l’ensemble le rôle de contrefort.
Les diathèses qui retentissent surl’état de la gencive ou du maxillaire (diabète, goutte, syphilis, etc.) sont encore une contre-indication pour la pose des bridges parce que ce travail toujours long et minutieux ne laisserait après lui qu’un bénéfice éphémère. Il en est de même des cas avancés de pyorrhée alvéolaire, de l’atrophie sénile et de l’atrophie précoce.
Le pronostic des bridges est très discuté. Cette question a encore fait l’objet d’une controverse au congrès international dentaire tenu à Paris lors de la dernière Exposition,
« Sur la longévité de la prothèse des ponts ». Il est même assez surprenant de constater que les praticiens sont plus divisés sur ce point que sur aucune autre partie de la prothèse dentaire. Ceci provient à mon sens de trois motifs différents : le premier est qu’aucun autre genre de prothèse ne dépend aussi directement du choix et de la préparation des points d’appui; le second réside dans la différence des soins de propreté que les patients mettent en pratique ; le troisième enfin découle des nombreuses méthodes de construction et d’application dont les résultats sont loin d’être identiques.
Judicieusement appliqué, l’avantage du bridge sur les dentiers demeure incontestable : les fonctions sont bien mieu.x rétablies, et l’ennui de retirer l’appareil hors de la bouche pour en faire le nettoyage n’existe plus. Nous pouvons, au point de vue physiologique, rapprocher le travail à pont de celui des couronnes en or et dire qu’ils remplacent les dents naturelles de la façon la plus satisfaisante. -
Les différents genres de bridge sont très nombreux et il nous sera plus facile de les étudier après en avoir fait une
BRIDGE-WORK
classification. Cette dernière nous semble-t-il peut s’établir ainsi d’après les modifications qui caractérisent ces applications :
lo Bridg-e à suspension ;
2° Bridge suspendu ;
3" Bridge à selle ;
4“ Bridge avec plaques ;
5° Bridge combinés.
1“ Sous le nom de bridge à suspension (fig. 109), nous désignerons ceux qui se trouvent en quelque sorte sus-
Fig. 109. — Bridge ordinaire. Fig. 110. — Bridge
suspendu.
pendus entre deux points d’appui , lors même qu’on utilise des piles intermédiaires. Ces points d’appui sont des dents ou des racines situées aux extrémités du pont ; entre les supports le corps du bridge ne repose nulle part sur la gencive.
2“ Sous le nom de bridge suspendu, nous classerons ceux que l’on désigne d’ordinaire sous cette expression défectueuse à mon sens de bridge à extension. Ici on ne
Fig. 111. — Bridge à selle.
trouve plus qu’un point d’appui, de telle sorte que l’autre extrémité du pont reste libre (fig. 110). Les supports peuvent être plus nombreux, mais sont toujours intermédiaires : aucun d’eux ne vient accrocher le prolongement.
BP.IDGE-WOr.K
Je crois que le nom de bridge à extension doit êti’e abandonné car cette expression implique plutôt une idée de mouvement.
3“ Les bridg-es à selle sont ceux qui prennent un point d’appui sur le rebord alvéolaire au moyen de petites plaques à cheval sur la gencive : oh les emploie lorsqu’il n.’y a pas de dents pour servir de support.
4° Les bridges avec plaque ne sont autre chose que des plaques de prothèse qui s’emploient pour fixer sur les dents
Fig. 112. Bridge à plaques.
ou les racines un appareil quelconque de prothèse ou même un véritable pont (fig. 112).
5o Tous ces dispositifs peuvent se trouver réunis dans un même appareil, au gré du praticien, et cette juxtaposition donne un bridge combiné.
Une autre classification -se présente encore tout naturellement suivant que le bridge se trouve fixé à demeure ou peut au contraire se retirer de la bouche. On décrit alors :
1» Les bridges fixeti ;
2° Les bridges mobiles ;
3° hés. bridges démontables, attachés de telle sorte que seul le 'dentiste peut les retirer.
La facilité d’extraction d'un bridge dépçnd autant de son mode de construction que de ses moyens de fixité, couronnes, colliers, etc. dont il nous faudra parler.
Généralités sur les bridges flxes.
. Les bridges fixessont retenus, l^par des colliers, 2° par •
GÉNÉRALITÉS SUR LES BRIDGES FIXES ill
des coiffes radiculaires, 3“ par des couronnes, 4“ par des barres, S“par des pivots, 6“ par la combinaison du pivot avec la coiffe radiculaire (Dent de Richmond).
Herbst recommande d’employer surtout les colliers, mais on ne peut guère les placer que sur les molaires et les prémolaires qui ont été meulées comme pour recevoir une couronne. Ce meulage, d’après Herbst, est à peine utile pour laisser passer l’anneau sur les dents antérieures, parce que les incisives et les canines ont une couronne dont le périmètre est é^al à celui du collet, et que dès lors, un collier en or platiné assez mou exactement ajusté sur la couronne s’adapte parfaitement. Quant aux prémolaires, la bague doit remonter sur leur face linguale jusqu’au niveau de la face triturante ; pour une raison d’esthétique on l’abaisse au contraire sur le côté labial de façon à laisser l’émail naturel à découvert
Dans certains cas il semblerait assez facile de fixer un bridge sur des collets très réduits et môme sur des racines, en se servant de colliers bourrés d’amalgame selon la technique que nous avons exposée plus haut (cf. supra, page 84, couronnes en or avec face triturante en amalgame), Mais cet artifice ne donne qu’un résultat bien éphémère et il vaut mieux réserver l’emploi des bagues pour les dents saines ou solidement plombées. D’ailleurs un anneau d’or, si bien ajusté soitil, possède ici un autre inconvénient, car, avec le temps, le ciment qui le scelle se dissout et la carie qui gagne de proche en proche finit par amener la destruction totale de la dent.
La coiffe radiculaire isolée ne trouve que de rares applications : le plus souvent on y ajoute un pivot ou bien encore une couronne complète avec ou sans facette de porcelaine. 11 y a deux cas cependant où son emploi se trouve tout indiqué. Le premier se rencontre chez les personnes âgées lorsque les dents ont subi une abrasion très marquée : une couronne ordinaire pourrait gêner l’articulation et la vitalité de la pulpe s’oppose à l’introduction d’un pivot dans la racine. Le second cas s'applique à des
Fig. 113. — Anneau d’or limé du côté labial et face d’émail naturel.
racines fortes et solides mais excessivement courtes ou dont la direction se trouve trop inclinée : le pivot serait alors trop réduit ou trop oblique. Ces coiffes radiculaires peuvent s’employer seules (fig-. 114) ou, si on le préfère, avec une couronne artificielle (fig. 115).
Les meilleurs supports pour un bridge sont incontestablement les couronnes en or (Kg. 116). Elles s’appliquent d’ailleurs fort bien sur les molaires et les prémolaires mais conviennent beaucoup moins pour les incisives et les canines. Les dents dont la pulpe est mortiKée se prêtent aisément à la préparation nécessaire ; on peut les tailler dans le sens voulu sans occasionner la moindre douleur et obtenir ainsi des contours bien parallèles lorsque plu-
Fig. 114. Fig. 115. — Coiffe de Fig. 118. — Bridge fixé Coiffe de racine. racine soudée sur par des barres horizontales, une couronne.
sieurs couronnes concourent à la suspension du bridge. Il faut souvent limer beaucoup et cette considération fait éviter l’emploi des dents vivantes et par conséquent très sensibles. Lorsque celles-ci formentun obstacle insurmontable à la pose du bridge, il peut être bon, parfois même nécessaire, de dévitaliser une ou plusieurs dents.
[Nombre de dentistes hésitent à détruire la pulpe d’une dentsaine, indispensable comme point d’appui d’un bridge, et considèrent même cette opération comme un crime. Nous ne sommes pas de leur avis et, plus augmente notre expérience en fait de travaux à pont, et moins nous hésitons à dévitaliser une pulpe saine. En effet, en agissant ainsi, nous épargnons à notre patient des souffrances