GÉNÉRALITÉS SUR LES BRIDGES FIXES
souvent intolérables pour la parfaite préparation de la dent et nous lui évitons les complications douloureuses qui, dans la suite, frappent souvent les dents vivantes encapsulées. Celles-ci, traumatisées d’abord par le meulajçe, sont privées en grande partie de leur émail et par suite soumises aux influences du chaud et du froid et surtout à celle du ciment qui sert à sceller la capsule ; leurs éléments vitaux réagissent et fréquemment il se déclare de la pulpite ou du moins il se forme des nodules çulpaires qui, un jour ou l’autre, obligeront le dentiste à intervenir, à ouvrir la capsule ou même à retirer le bridge. Si, au contraire, vous avez dévitalisé la dentsaine, vous aurez tout loisir pour la traiter aseptiquement ; opérant sans douleur, vous pourrez préparer admirablement votre couronne et ajuster votre capsule ; contentant votre client, vous aurez fait de plus un excellent ouvrage. N’oublions pas, d’ailleurs, que la pulpe est avant tout un organe de formation et que, par conséquent,' si nous la détruisons sur une dent adulte, nous n’influencerons que bien peu la résistance de cet organe.]
Le pronostic des couronnes dites « fenestrées » (lig. 117) qui s’emploient de préférence pour les prémolaires, est moins favorable. Avec le temps les impuretés peuvent pénétrer dans l’ouverture ménagée sur la face labiale. Les dents sont plus à l’abri avec les couronnes à face de porcelaine, mais cette dernière court le risque de se briser pendant la soudure.
Un autre mode de suspension, peu solide il est vi’ai mais parfois très utile, consiste dans l’emploi des barres horizontales (fig. 118). Ces barres sont faites en or ou en platine, parfaitement régulières ou bien contournées, soit que leur extrémité présente un renflement, soit encore qu’elle se recourbe dans un sens ou dans l’autre. Elles servent pour les petits bridges légers, et lorsque les dents voisines offrent des cavités de carie favorables pour un plombage. Le
scellement de la barre s’opère alors pjg Bridge fixé
avec du ciment que l’on recouvre par une barre el une d’or ou bien d’amalgame. L’emploi couronne, des barres se combine fort bien à '
mon sens avec les autres procédés, tels, par exemple, que celui des couronnes (figure 119) : l’une des extrémités du Pr.EiswERK. Prothèse dentaire. 8
114 BRIDGE-WORK
bridge est fixée avec une couronne, et l’autre par une tige. Au lieu de sceller celle-ci, nous préférons lui garder toute sa mobilité en l’encastrant dans une mortaise ménagée dans l’or ou l’amalgame qui forme le plombage, (fig. 120). Ce serait toujours une erreur que d’engager simplement la barre dans une cavité naturelle ou artificielle de l’ivoire car le point de contact deviendrait à coup sûr et très rapidement le siège d’une carie.
Fig. 120. — Support naturel . Fig. 121. — Bridge d’incisives à
dans une cavité plombée pivots radiculaires.
avec de l’or ou de l’amal-
Les pivots s’emploient surtout sur les racines des incisives, des canines et des prémolaires (fig. 121) dont le canal est suffisamment agrandi pour les recevoir. La base de la racine est munie d’une plaque de protection sur laquelle on soude une dent artificielle, ce qui revient à fournir au bridge une dent à pivot comme support. Ceci donne un bon résultat lorsque les racines sont suffisamment longues et résistantes pour recevoir un pivot assez fort. Cependant, sur un sujet très musclé, chez lequel la mastication est énergique, il arriveassez souvent qu’un pivot même de gros calibreetde métal très résistant (or, platine) subit une flexion qui entraîne le déplacement du bridge. La plaque protectrice ne recouvre plus très exactement la racine, et avec le temps cette déviation peut amener la destruction de l’ivoire : il faut donc enlever le bridge au plus tôt. Il n’est pas toujours possible de souder les couronnes et les pivots dans une situation parfaitement normale par rapport aux racines ; lorsque les dents qui composent les bridges ne répondent pas exactement à la disposition des racines, on pourra fixer le pivot soit dans un espace interdentaire, soit