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BRIDGES FIXES AVEC SELLE

celaine suffisent pour assurer l’articulation, ou que les bridg'es présentent un prolong-ement assez important.

Lafig. 145 représente un petit appareil qui se compose d’une couronne pleine recouvrant la deuxième molaire et d’une face de porcelaine reposant sur l’alvéole à la façon d’une selle.

On commence par établir un modèle, d’après lequel on emboutit une selle, ou bien encore on estampe cette dernière. Se servant alors de l’articulateur, on adapte une couronne sur la selle et on soude ; on reporte ensuite la pièce sui le modèle pour la fixer avec de la cire à la couronne qui Fig. 146. — Bridge sert de support, puis on enlève le à selle,

bridg’e qui est mis en revêtement et soudé.

[Les couronnes qui servent de point d’appui aux bridges à selle et aux bridges suspendus doivent être très

Fig. 147. — Modèle en plâtre pour un bridge à. double selle système Parr. *

solidement renforcées, de façon à résister qu’elles auront à subir;]

tractions

BRIDGE-WORK

Ui

Pour que la selle repose solidement sur la gencive sans la comprimer, le modèle sera légèrement dégradé dans la partie correspondante ; mais il ne faut enlever ainsi sur le plâtre que l’épaisseur d’une feuille de papier.

La fig. 146 représente un bridge ainsi construit, comprenant une couronne en or et deux couronnes à selle.

Il ari’ive quelquefois que toutes les molaires font défaut, tandis que les fortes racines des dents antérieures peuvent servir de points d’appui (fig. 147). Parr indique alors le procédé suivant : il applique une selle faite avec une feuille d’or, de façon à recouvrir tout l’espace marqué en pointillé sur la figure, c'est-à-dire toute la région des molaires, et pose des dents à pivot de Richmond sur les racines des dents antérieures. Il réunit ensuite la selle avec les dents à pivot au moyen des couronnes du bridge et obtient ainsi des appareils qui résistent parfaitement à l’effort de la mastication.

La construction de ces bridges est analogue à celle des autres grands bridges fixes. On prend une empreinte par dessus les couronnes et les coiffes qui serviront de supports. Ceux-ci resteront ^xés dans le modèle. On établit ensuite l’articulation, puis on ajuste les dents plates et l’on procède à l’essayage en bouche. Ceci fait on reporte les dents sur le modèle où leur position sera assurée au moyen d’un revêtement. Cin achève alors les dents intermédiaires qui sont pourvues de faces triturantes en or et reportées sur le modèle.

La selle doit venir se placer sous les dents extrêmes du bridge; pour cela un petit morceau de feuille d’or est bruni très exactement sur le rebord alvéolaire, ou mieux encore estampé. Il ne faut pas que l’articulation soit trop haute, aussi doit-on placer la selle sur le modèle pour limer les couronnes en or par la base jusqu’à ce qu’elles soient réduites à la hauteur voulue. Le revêtement et la soudure se font d’après la technique habituelle.

Il y a eu déjà bien des discussions au sujet de la résistance que la gencive peut offrir à la pression qu’on lui fait subir, et de l’inflammation qui en résulte souvent. Quelques praticiens redoutent non seulement la pression exercée par les plaques, mais encore la décomposition des débris alimentaires qu’elles retiennent, décomposition pouvant également causer l’inflammation. Ils rejettent donc complètement l’emploi des selles pour les bridges fixes.

BRIDGES FIXES SPÉCIAUX

D’autres affirment cependant qu’ils ont vu ces firidg'es portés pendant de nombreuses années sans aucun inconvénient. Abstraction faite de l’habileté de l’opérateur, j’estime que le succès dépend simplement de l’état de la g’enr cive : une muqueuse ferme et saine supportera bien mieux une selle qu’une gencive flasque et friable. Pour avoir négligé cette indication, il m’est arrivé autrefois d’avoir à retirer plusieurs bridges qui avaient amené assez rapidement une inflammation de la gencive : celle-ci manquait primitivement de fermeté et en était arrivée à se tuméfier et même à s’ulcérer.

BRIDGES FIXES SPÉCIAUX

Il existe différentes variétés de bridges dont le dispositif rappelle plus ou moins ceux que nous venons de voir. Nous essaierons de décrire brièvement les plus connus et les plus pratiques. Je ne possède moi-même qu’une faible expérience de ces systèmes, car après en avoir essayé quelques-uns, j’en suis toujours revenu à construire les ponts fixes avec des couronnes pleines et des dents à pivot. Je me reporterai donc presque uniquement pour ces descriptions à celles qu’en ont donné les inventeurs.

Système Dalma.

La principale difficulté de la construction des grands bridges ordinaires est d’opérer la soudure sans fausser l’appareil et sans faire éclater les dents de porcelaine. Ces bridges présentent en outre un poids considérable et sont difficiles à réparer. Tous ces inconvénients disparaissent avec l’emploi des bridges creux de Dalma que l’auteur décrit à peu près de la manière suivante ;

« Je préviens tout d’abord que je laisse de côté le métal de Spence et les autres compositions qui ne conviennent nullement à mon procédé. J’emploie une substance analo,- Preiswerk. Prothèse dentaire. 10

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gue au métal Babitt, et prépare moi-même cet alliag'e avec 2000 gr. d’étain, 350 gr. de cuivre et 250 gr. d’antimoine. Il est très fusible, très dur, résiste aux coups de marteau et permet d’obtenir des contours parfaitement nets. Estampes et contrestampes sont coulées dans une matrice demi-ronde et malléable que je fais moi-même avec delà tôle : elle se ferme sur un côté au moyen de deux pitons et d’un fil de fer. L’estampe est coulée sur le modèle de plâtre lui-même, et la contrestampe sur l’estampe : la

Fièce métallique qu’il s’agit d’emboutir est placée entre estampe et la contrestampe et le tout porté sur une enclume.

La fig. 148 représente la partie métallique d’un bridge creux. On estampe d’abord en métal une pièce cintrée qui dessine le contour général du bridge et sert de base a l’appareil, on la porte sur un modèle, puis on y ajuste d’après l’articulation des dents de porcelaine. La partie linguale du bridge est modelée avec de la cire. On revêt avec du plâtre la partie labiale. On prend l’empreinte de la partie linguale avec une substance plastique composée de kaolin, de poudre de talc et de glycérine. Cette empreinte permet

Fig. 148. — Bridge système Dalma.

de couler l’estampe et la contrestampe pour obtenir une reproduction en or de la maquette en cire. On soude cette partie linguale sur la base du bridge. Les dents de porcelaine sont alors disposées au dessus de l’espace creux qui subsiste sur la face antérieure du bridge, et scellées au moyen de caoutchouc vulcanisé, d’après la méthode de Hume. Le caoutchouc doit rester invisible.

Ce procédé nous permet d’éviter la soudure des dents de porcelaine et supprime le risque de les faire éclater ou

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d’en altérer la teinte. Les réparations ne seront presque jamais nécessaires parce que Feffort de la mastication porte partout sur l’or et que les dents sont fixées sur du caoutchouc. Néanmoins, lorsque à la suite d’un coup ou d’une chute, une face de porcelaine vient à se briser, on peut la remplacer en perçant un trou en queue d’aronde dans le caoutchouc sous-jacent pour j sceller une nouvelle dent avec de l’amalgame ou du ciment.

Bien des praticiens font des objections contre l’emploi du caoutchouc dans un bridge 6xe. Encore que celui-ci, complètement engaîné par l’or, ne puisse jamais se trouver en contact avec les liquides delà bouche, ainsi que je m’en suis assuré, j’ai voulu répondre à la critique en modifiant mon procédé. Lorsque la première partie du bridge est terminée comme je viens de le décrire, je prends au stents l’empreinte de la cavité de sa région labiale, et coule un modèle. Celui-ci sert de moule pour établir un saumon de métal fusible (le meilleur est celui de la monnaie chinoise) sur lequel je repère exactement la place des crampons des dents de porcelaine. Je fixe alors ces dernières avec de la soudure d’étain. Lorsque le saumon de métal est ainsi garni de toutes ses dents, je le fixe au reste du bridge au moyen de vis qui partent de la face triturante. Quand une réparation devient nécessaire, il suffira d’enlever les vis pour extraire le saumon ; on effectue la réparation hors de la bouche puis on revisse le saumon.

J’ai encore trouvé un troisième procédé pour fixer les dents de porcelaine : dans celui-ci les crampons sont d’abord pourvus d’une pièce d’étain en queue d’aronde puis les dents sont scellées dans la partie creuse du bridge avec du ciment.

J’emploie ces différents procédés depuis deux ans et demi , et avec une telle satisfaction que je n’ai plus recours aux autres que lorsque l’articulation offre des difficultés toutes particulières. «

Quels que soient les avantages de ce système, il ne donne

Eas entière satisfaction aux praticiens qui ne veulent laisser ! bridge reposer en aucun point sur la gencive. Il est cependant facile de supprimer cet inconvénient en rapportant une petite épaisseur de plâtre sur le modèle à l’endroit que viendra recouvrir la base du bridge. Cet artifice ne laisse plus subsister qu’une simple ligne de contact entre les dents de porcelaine et la base du bridge.

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Système Low.

Nous avons déjà décrit page 41 les dents à pivot de Low, et remarqué que ces pivots assurent aux couronnes une grande solidité : elles conviennent parfaitement à la suspension d’un bridge, mais il est difficile de donner à

Fig. 149. — Bridge avec dents à pivots de Low.

des pivots aussi rigides un parallélisme bien rigoureux. La 149 représente un bridge de ce genre pour les dents antérieures.

Low lui-même a recommandé de combiner leur emploi avec celui de couronnes placées sur les molaires, lorsqu’il, s’agit par exemple de remplacer toute une arcade supé-

Fig. ISO. — Bridge avec dents à pivots de Low.

rieure. D’après Dalma ces bridges sont excellents. La Ëg, ISO reproduit un appareil de quatorze dents construit d’après ces données pour une mâchoire supérieure.

BRIDGES FIXES SPÉCIAUX 149

Système de Melotte.

Le procédé de Melotte qui consiste à préparer les couronnes en or au riioyen de sa composition de mastic et glycérine, ou moldine, est si connu que nous ne ferons que le résumer.

Pour construire une couronne de molaire ou de prémolaire, Melotte commence par limer les dents de façon à pouvoir introduire une mince feuille de métal entre la dent qu’il s’agit de recouvrir et sa voisine (fig. 151). Il prend ensuite une empreinte au plâtre, dans laquelle il laisse le plus souvent la feuille de métal. Dans cette empreinte il coule du métal fusible aussi peu chaud que possible. Sur le modèle ainsi obtenu, il ajuste un collier en or après avoir mesuré la circonférence de la dent sur Fig. ISl. — Procédé de Melotte. un patron d’étain. Lorsqu’il

a donné au collier la hauteur voulue pour que son bord inférieur pénètre bien sous la gencive, il le soude et y adapte une face triturante en suivant la technique que voici.

Les cuspides de la face triturante sont modelées avec n’importe quelle substance pour établir l’articulation ; puis au moyen d’un porte-empreinte de Melotte garni de moldine et saupoudré de talc, on prend avec précaution l’empreinte de la maquette. On enlève au besoin l’excès de moldine qui déborde le porte-empreinte, de façon à pouvoir entourer celui-ci d’un anneau en caoutchouc. On fond dans une cuiller du métal fusible, et onle verse dans cette matrice au moment où il commence à se liquéfier : après refroidissement l’empreinte de moldine est enlevée avec précaution, pour servir au besoin une deuxième fois. Sur le moule ainsi obtenu qui servira d’estampe, on remet l’anneau de caoutchouc pour couler à nouveau du métal fusible et obtenir la contrestampe. Il est bon de lubrifier préalablement l’estampe avec un peu d’huile ou de glycérine, ou de l’humecter simplement avec de l’eau, pour que les deux pièces ne restent pas adhérentes. Lorsque celles-

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dSO

ci sont bien refroidies, il suffit de frapper de lég-ers coupsde marteau pour les séparer. La face triturante est estampée, puis réunie au collier avec un peu de soudure.

Melotte donne une technique très commode pour ajuster un collier sur les incisives et les canines. Il entoure le collet de la dent avec une bande d’étain, découpe d’après ce patron un anneau d’or et le soude à l’aide de sa pince. Cet anneau doit être assez juste pour entrer à frottement sur la dent ; il l’emboutit à petits coups de marteau au moyen d’une boutrolle appliquée vers le bord inférieur. Ce bord est ensuite découpé suivant une li^ne tracée avec la pointe d’un instrument, pour dessiner le relief de la g^encive,' mais reste assez accusé pour bien pénétrer sous la muqueuse. Le contour de la face ling-uale est donné avec une pince à contour : quanta la face labiale on la découpe de façon à ne laisser au collier, dans cette rég’ion, qu’une hauteur de 1 mm. 1/2 environ.

Avec une meule en corindon, Melotte pratique sur la dent ce qu’il appelle un « épaulement ». Il lime ensuite la face linguale de l’anneau sur son bord incisif, jusqu’au niveau de l’épaulement, et sur cette échancrure fixe une plaquette de platine n° 32 avec un léger point de soudure. Cette plaquette présente à peu près la forme et la dimension de la face

Fig. 153. — Bridge système Melotte.

linguale de la dent. L’anneau muni de sa plaquette est placé sur le modèle, et le platine bruni sur la dent. Ceci fait, il retire l’anneau et sa coiffe de platine, et porte le tout en revêtement dans un mélange de plâtre et de poudre de marbre, pour souder l’or avec le platine. Replaçant alors la pièce sur la dent, il brunit à nouveau la coiffe de platine, de fa.çon à lui faire épouser les moindres dépressions

BRIDGES FIXES SPÉCIAUX

du contour postéro-supérieur, puis retire la pièce avec précaution et la porte encore en revêtement pour renforcer l’intérieur de la coiffe avec de la soudure d’or. (La fig-. 152 représente une ^alne de ce g-enre placée sur une canine.)

Pour construire un bridge tel que celui de la fig. 153, on pose d’abord dans la bouche le collier et les couronnes, puis on prend une empreinte au plâtre pour couler un modèle, établir l’articulation, et façonner les couronnes intermédiaires. On réunit ensuite les différentes pièces du bridge avec de la cire, pour faire un essayage, et l’on termine l’appareil ainsi que nous l’avons déjà vu dans les autres constructions.

Système Stainton

Stainton a le mérite d’avoir démontré que les débris alimentaires s’engagent entre les couronnes qui forment le corps du bridge, et sont parfois presque impossibles à enlever. Pour remédier à cet inconvénient, il propose de n’employer que des faces triturantes massives au lieu de couronnes complètes. Il devient dès lors impossible aux aliments de rester dans les interstices, et cela supprime du même coup la fétidité de la bouche que l’on observe si facilement avec les autres dispositifs. Ces bridges sont assez

Fig. 154. — Bridge système Stainton.

solides pour résister à l’effort de la mastication ; le seul reproche qu’on peut leur adresser est un défaut d’esthétique dans les endroits visibles.

La construction des faces triturantes massives est très simple ; il suffit de les estamper par un procédé quelconque puis de les renforcer avec de la soudure et des débris d’or. Notre procédé de fonte, décrit à la page 91, s’appli-

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que encore parfaitement ici et permet d’obtenir des faces triturantes réunies ou isolées.

L’achèvement du bridge se poursuit comme toutes les opérations de ce genre, aussi croyons-nous inutile d’en faire une description (fig. 154).

Ce dispositifnous a toujours donné d’excellents résultats et nous ne saurions trop le recommander.

Système à mandrins de White.

Le procédé des mandrins est une heureuse innovation pour les praticiens qui ne regardent pas à la complication de leur outillage. Je n’en possède toutefois aucune expérience personnelle et me contenterai de traduire le travail paru dans le Dental Cosmos, vol. XXVIII, n“ 8.

(c L’examen d’un grand nombre de dents humaines nous apprend que, malgré une différence de forme dans les couronnes, il existe cependant une analogie très frappante dans la forme du collet des dents de même nature. Ainsi, sur toutes les canines supérieures le collet présente une forme absolument typique dont les modifications sont insignifiantes malgré les différences de longueur; de même dans les autres groupes, à l’exception des molaires supérieures. Ici l’on trouve deux types différents : ou bien les racines buccales sontplus larges que la palatine, ou bien au contraire la racine palatine est plus large à elle seule à son point de jonction avec la couronne que les deux racines buccales. Néanmoins, comme cette seconde variété est la moins fréquente, la première a été prise comme type. En déterminant ainsi la forme type du collet de toutes les dents, on arrive àétablir un jeu de mandrins qui serviront à emboutir les anneaux correspondants. Le jeu (fig. 155) se compose de sept mandrins dont six sont à deux extrémités. Leur calibre correspond aux formes types des collets et devient de plus en plus fort en s’allongeant d’une façon légèrement conique pour répondre aux différentes grosseurs. La figure les représente à peu près en demi-grandeur naturdle. Les plus longs de ces instruments mesurent environ 24 cent, de hauteur ; les coupes transversales reproduisent leur forme et leur dimension aux points de plus grand et de plus petit diamètre. Leur grosseur va en diminuant très progressivement et permet ainsi d’obtenir dans chaque cas un collier assez bien ajusté.

BRIDGES FIXES SPÉCIAUX 153

Le n“ 1 est un mandrin à deux extrémités pour les molaires des deux côtés, le n» 2 n’a qu’une extrémité et sert pour les bicuspides supérieures droites et gauches ; le n” 3 a deux extrémités et est destiné aux canines supérieures droite et gauche ; le n° 4 est également double et sert pour

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