FIXATION PAU DES UE3SORTS
On a cherché tout naturellement à dissimuler les ressorts en les reportant le plus possible en arrière, mais l’effort n’est plus aussi bien réparti sur tout l’appareil. Ainsi que Detzner le fait remarquer, il faut que la position du ressort soit en rapport avec le centre de g’ravité de la
Eièce. Celui-ci se trouve le plus souvent au voisinage de 1 1''® prémolaire, mais comme cette région est très apparente, il faut fixer les vis un peu plus en arrière. En outre, à l’état d’occlusion, les deux supports doivent se trouver sur une même ligne verticale: autrement l’articulation aurait toujours tendance à fausser. Le même inconvénient se produirait encore si les ressorts de droite et de gauche n’étaient pas symétriques.
Hôlder Egger a imaginé de remplacer les ressorts métalliques par des ressorts en gomme élastique, qui ont fait l’objet d’un brevet. L’auteur affirme que ceux-ci tiennent parfaitement dans la bouche, mais je ne puis en parler par expérience, et me contente d’en donner une reproduction (fig. 248).
Fig. 248. — Ressorts en caoutchouc système Hôlder Egger.
Stedmann, lui, remplace les ressorts ordinaires par un tube qui tient ta place de la 4™ molaire sur la pièce de la mâchoire inférieure (fig. 249). Le tube dissimule un ressort et reçoit un pivot fixé sur la pièce antagoniste. Ce « tampon élastique » exerce continuellement son action
sur la mâchoire supérieure qu’il tend à écarter. Sans
Fig. 249. — Ressorts « tampons » de Stedman.
doute, ce dispositif peut rendre de bons services, surtout chez leg sujets qui pour une raison quelconque (sensibilité de la muqueuse jug’ale, cicatrices, etc.), ne supportent pas les ressorts latéraux : il a néanmoins le grand inconvénient de gêner l’articulation et d’en détruire l’harmonie.
Lorsqu’il s’agit de construire une pièce partielle, on mettra au besoin les modèles de plâtre dans l’articulafeur, afin de pouvoir toujours se guider d’après l’articulation. Le choix des dents artificielles doit se faire en plein jour ; il faut en effet, se rapprocher le plus possible de la nature de façon à ce qu’un œil même exercé ne puisse les reconnaître. Il ne suffit pas d’obtenir une teinte exacte ; l’aspect extérieur de l’émail, la longeur et la largeur de la dent
Fig. 250. — a, plaque -matrice en cire pour dentier supérieur; b, sur cette plaque sont déjà posées quelques dents artiflcielles.
Fig. 250.
ont ég'alement une grande importance. Nous ne saurions ,i
trop insister sur ce point, car on emploie trop aisément des dents claires et petites qui révèlent dè loin leur carac- :
tère artificiel.
Les dents choisies sont disposées sur le modèle, de façon ^
à remplacer celles qui font défaut. Néanmoins, il est rare -. J
qu’elles puissents’ajuster immédiatement et il fautd’abord les préparer. Si les bords alvéolaires sont très atrophiés, 3
on y supplée avec du caoutchoucrose dans lequel le collet i
des dents viendra s’engager. L’emploi des dents à gencive de porcelaine donne cependant en ce cas un meilleur ré- J
sultatau point de vue de l’esthétique. Lorsqu’au contraire, .J
le rebord alvéolaire présente un relief suffisant, ou qu’il reste des racines, on ajuste directement les dents sur le -,1
modèle. ,4,
Pour réduire les dents, on se sert de tours actionnés par une pédale, par l’électricité, l’eau ou l’air comprimé. Le volant entraîne des meules en corindon, en émeri, etc., qui se vissent sur un mandrin. Les machines primitives, mues à la main, ne se rencontrent plus nulle part au jourd’hui. 4
Lorsque les dents sont meulées, on les ajuste provisoi- H
rement sur le modèle, en les reliant à une mince plaque de cire présentant les dimensions de la plaque définitive ^
(fig. 250). Cette plaque de cire matrice est inutile pour . «-
les pièces en métal, car on peut ajuster les dents sur la plaque d’or déjà estampée. ^
Les dents seront meulées de telle sorte que toute leur base repose sur le modèle : sans cela il subsisterait des ^
interstices d’un effet très disgracieux. On dégrade légèrç- A.-
ment le plâtre pour ajuster la porcelaine afin que, plus ÿ
tard, le collet de la dent ai'tificielle disparaisse sous la ■
gencive. Cependant il ne faut jamais en aucun cas creuser ^
le modèle à l’endroit des racines ; autrement, tout l’appa- . jr
reil porterait à faux dans la bouche. S’il existe de légers ■>
interstices entre la racine et la dent, il n’y a pas lieu de 3
trop s’en inquiéter car la pièce s’enfonce bientôt tout na- :
turellement dans la muqueuse. On a recommandé de ^
mettre un peu de vernis sur le modèle, au niveau des racilles, afin de protéger le plâtre contre les dégradations : mieux vaut encore couler le modèle avec du métal de Spence qui présente beaucoup plus de résistance. Cependant s’il s’agit d’un appareil en caoutchouc, on est tou-
jours oblig'é d’avoir recours au plâtre pour la vulcanisation, et il faut alors établir un second modèle.
Pour meuler une dent, on la tient solidement avec la main, ou bien avec un support approprié (fig'. 251). La meule sera maintenue constamment humide, et l’on pratiquera plusieurs essajages, jusqu’à ce que la dent s’ajuste sur le modèle par une large base et dans une position naturelle. Il n’est pas toujours possible de donner ainsi à la dent la hauteur nécessaire, et l’on est obligé de meuler le bord incisif : dans ce cas, il faut avoir soin de garder un profil naturel.
On peut d’ailleurs rétablir les contours avec une fine meule de carborundum ; des disques en papier de verre restitueront à la porcelaine l’éclat qui a Fig. 231. — Supété détruit par le passage de la meule. Port pour meuler Une fois les dents bien adaptées, on dents,
courbe les crampons à angle droit (au moyen de la pince fig. 252) de façon à pouvoir les ancrer solidement dans le caoutchouc. La direction à donner aux crampons dépend de l’espace disponible, et la fig. 253 en reproduit quelques exemples. Il va sans dire que cette opération est inutile avec les dents à tube, ou bien avec celles dont les crampons ont une tête.
Lorsque toutes les dents sont ainsi ajustées sur les racines ou sur la gencive, et les crampons recourbés, on chauflfe ces derniers, afin de les fixer à leur place respective sur la plaque matrice en cire ; mais le plus souvent, ceci ne suffit pas à maintenir les dents et il faut encore coüler un Fig. 232. — pgy (Je eire avec la spatule sur leur face
Pmceàcram- lajjjale. Les dents qui doivent reposer sur de la fausse gencive sont également chauffées et enfoncées dans la cire recouvrant le bord alvéolaire.
Avant que cette cire soit complètement refroidie, on devra établir l’articulation, en veillant surtout à ce que
les dents antérieures et les faces de porcelaine, n’atteignent pas les antagonistes qui, en ce cas, les briseraient très rapidement. De môme les faces triturantes des prémolaires et des molaires ne doivent pas supporter un effort trop
Fig. 233. — Courbure des crampons.
considérable pouvant entraîner la compression de la mu- (jueuse. Lorsque les contremoules sont en mauvais état, il arrive souvent que certaines dents portent davantage que les autres. Nous attachons une extrême importance à l’exactitude de l’articulation, et, dans ce but, nous coulons souvent le modèle antagoniste avec le métal de Spence.
La fig. 254 représente une pièce partielle bien ajustée ; le modèle sur lequel elle s’adapte est fixé dans l’articulateur.
Le caoutchouc rose est excellent pour dissimuler les défauts du rebord alvéolaire dans les endroits qui ne sont pas très accessibles à la vue. 11 lui manque cependant cette transparence particulière à la gencive naturelle et il se décolore avec le temps. Lorsqu’il s’agit de régions plus apparentes, il vaut mieux employer des dents à gencive (hg. 217) en ayant soin d’appareiller le plus possible la teinte et la forme de la porcelaine. Le bloc de gencive artificielle sera meulé de façon à ce qu’il semble continuer la muqueuse, et si l’on emploie plusieurs blocs, les bords contigus doivent être ajustés très rigoureusement pour faire disparaître de la pièce toute solution de continuité. De plus, on aui'a soin de réunir les différentes sections avec du ciment phosphaté, pour éviter de les disjoindre tandis, que l’on presse le caoutchouc. Les dents à gencive conviennent tout particulièrement pour remplacer les dents antérieures, et l’on en trouve dans le commerce un choix considérable (fig. 254 a).
11 est assez difficile de fixer directement les dents à gencive sur les plaques en métal, car la porcelaine éclate
souvent pendant la soudure : on peut néanmoins s’en
Fig. 254 a. — • .Appareil fait avec desdentsà gencives de porcelaine.
servir en les réunissant au métal avec du caoutchouc durci.
Pose d’un appareil complet
L orsqu’il s’ag-it de construire un appareil complet, le choix des dents artificielles est particulièrement délicat, car elles doivent répondre à la physionomie, tant par leur forme que par leur couleur. On se guidera d’après l’âge, le teint, la race et le sexe. Les personnes âgées ont généralement les dents plus ou moins déchaussées, aussi paraissent-elles plus longues que chez les adolescents. Les sujets dont le teint est délicat possèdent des dents plus claires; un visage arrondi exige de larges couronnes tandis qu’une figure allongée demande des dents longues. Les personnes efféminées ont en général des dents plus minces et plus blanches que les personnes viriles. [Les arthritiques ont les dents courtes, solides, râblées, de teinte assez foncée;] les fumeurs ont des dents jaunes noirâtres, etc., etc. Toutes ces indications peuvent d’ailleurs se résumer en cette règle qu’il faut autant que possible se rapprocher de la couleur et de la forme naturelle. [C’est pour la même raison que, lorsqu’on monte un dentier complet, nous recommandons d’employer des dents artificielles provenant de bouches différentes, c’est-à-dire de teintes légèrement variées.]
Fig. 254. — Appareil, partiel, terminé et placé Sur le modèle, fixé dans l’articulation.
Fig. 254.
POSK d’un appapeil complet 273
Lorsque les modèles ont été placés dans l’articulateur, on façonne avec de la cire les deux plaques matrices qui serviront à confectionner l’appareil (£§■. 254 a et h).
La meilleure manière de procéder pour monter un dentier consiste à fixer tout d’abord les deux incisives inférieures médianes ; on pose ensuite les incisives centrales supérieures, 'puis les latérales inférieures, pour continuer dans cet ordre. La figure 255 représente un appareil ainsi commencé.
De la pose de la première dent dépend toute la symétrie de l’appareil : il est donc très important de déterminer la place exacte des incisives centrales inférieures. L’interstice qui les sépare correspond à la ligne médiane du visage. Ainsi que nous l’avons déjà vu, on repère celle-ci sur la cire d’articulation avant de la reporter sur le modèle : il est moins facile de déterminer par avance la hauteur et la projection (antérieure ou postérieure) qu’il faut donner aux couronnes artificielles. Un excellent moyen de résoudre cette difficulté consiste à disposer les deux incisives sur la cire d’articulation ; on les fixera un peu en avant de la crête alvéolaire, à mi-hauteur environ de l’écart qui existe entre les deux maxillaires. Les incisives centrales de la mâchoire inférieure sont, on le sait, un peu plus étroites que les incisives latérales : on les rapproche fortement l’une de l’autre, de telle sorte que leur bord incisif soit sur une même ligne horizontale.
11 est relativement facile déplacer les incisives supérieures centrales : leur ligne de séparation prolonge celle des incisives inférieures, tandis que leur bord incisif vient au devant des antagonistes. On fixe ensuite les incisives latérales inférieures en se guidant d’après la courbe du maxillaire. Les latérales supérieures seront de préférence un peu plus courtes que les incisives centrales, parce que les canines doivent toujours les dépasser légèrement. Les six dents antérieures occupent une bonne position lorsqu’elles décrivent un arc identique à celui que l’on observe sur une mâchoire naturelle et que les incisives inférieures viennent s’appuyer sur la face linguale de leiirs antagonistes.
Ces règles ne s’appliquent que dans les cas ordinaires : les anomalies d’articulation ne peuvent se voir sur les modèles et exigent d’ailleurs une technique particulière. Ainsi chez les prognathes, il faut que les dents supérieu-
Preiswerk. Prothèse dentaire. 18
res avancent beaucoup plus que les dents inférieures, tandis que la disposition inverse se rencontre dans le cas de progénie. Les simples irrégularités, telles que la torsion d’une incisive latérale supérieure, se corrigent tout naturellement dans la plupart des cas.
Après la canine et venant à la même hauteur que les incisives, la 1“'« prémolaire inférieure présentera une couronne plus petite que la 2®. Lorsqu’elle est mise en place, on dispose la 1'® prémolaire supérieure. De même que toutes les molaires, les prémolaires doivent reposer directement sur la crête alvéolaire, afin de mieux répartir l’effort de la mastication. Notons encore qu’en fermant l’articulateur, toutes ces dents doivent se joindre, de telle sorte que la supérieure dépasse légèrement son antago-
La 2® prémolaire inférieure est placée contre la première. A ce moment, si l’on ferme l’articulateur, la face triturante de là 1"'® prémolaire supérieure doit venir s’articuler entre celles de ses deux homonymesantagonistes. La 2® prémolaire supérieure recouvre en partie, par sa région antérieure, la 2® prémolaire inférieure. Cette dernière est un peu plus courte que les incisives correspondantes, tandis que les prémolaires supérieures sont au contraire plus allongées.
La 1®" molaire inférieure est encore plus basse que la dent proximale et la 2® molaire plus haute : la face buccale des antagonistes les déborde un peu sur leur face triturante, tandis que les cuspides s’emboîtent réciproquement. L’articulé doit s’établir d’après une ligne aussi horizontale que possible : ce n’est qu’à cette condition que l’effort s’équilibre sans déranger la pièce. La fig. 256 représente un dentier monté sur cire avec une bonne articulation (fig. 257, le même vu du côté lingual).
L’arcade dentaire présente une formé différente sur les deux mâchoires ; en haut la courbe étant plus adoucie. en même temps que plus régulière, le contour général rappelle celui de l’ellipse. En bas, les dents décrivent plutôt une demi-parabole : après un coude à la hauteur des pré-
Fig. 255. — Appareil complet supérieur et inférieur. Début- • ■ . . ..de la pose des dents artificielles.
- '. .Éig. -r .356. — Appareils complets" : inférieur et .supérieur.
Fig-, 255.
Fig. 256.