PROCÉDÉ DE MOULAGE
présence du métal augmente leur élasticité sur le bord antérieur.
La fig. 268 reproduit une autre disposition qui s’emploie surtout lorsque l’articulation est énergique, pour prévenir la fracture des dents artificielles. Dans ce cas on soude les dents avec cette armature, ou bien on recourbe les crampons sur le fil et on J fait couler un peu de caoutchouc. Les plaques cloisonnées de Stéphen (fi^. 269 h) ou les incrustations de Jütterbock (fig.
269 a) donnent à l'appareil un aspect spécial qu’estiment certains praticiens.
Avant de parler delà vulcanisation, nous décrirons encore un autre mode de préparation pour les appareils en caoutchouc : c’est le
Fig. 268. — Fils métalliques pour maintenir les dents blindées dans les pièces on caoutchouc.
Procédé de moulage de Winderliug et Humm,
Ici, le caoutchouc est modelé sur le plâtre au lieu d’être bourré dans un moufle.
Sans doute, le travail est ainsi plus délicat, mais le résultat obtenu est meilleur, et compense largement les difficultés que l’on éprouve. L’appareil présente en effet une épaisseur plus égale, en même temps qu’une grande élasticité et un poids moins considérable. Il s’ajuste ordinairement dans la bouche dès le premier essayage et ne vient pas buter contre les dents naturelles lorsqu’il en existe encore. Ces conditions sont moins souvent réalisées avec le procédé de bourrage que nous avons exposé en premier lieu : presque toujours, en effet, la plaque de cire matrice est trop épaisse, et le plâtre ramolli par la vapeur s’écrase lorsqu’on le soumet à la presse.
La technique indiquée par les inventeurs de ce procédé est assez compliquée ; nous ne donnerons ici que la méthode beaucoup plus simple employée dans nos ateliers.
Les pièces les plus faciles à modeler sont celles qui ne comportent point de fausse gencive. Dans ce cas, après avoir disposé la plaque matrice sur le modèle, on revêt la
face labiale de ce dernier avec du plâtre. La chappe ainsi obtenue maintient les dents sur le modèle de telle sorte que l’on peut enlever la cire sans les dérang-er.
Après enlèvement de la cire, on chauffe le modèle pour faire évaporer l’humidité du plâtre, car celle-ci empêcherait le caoutchouc d’adhérer aussi bien. Pendant ce temps on chauffe également le caoutchouc découpé en morceaux. On étend ensuite sur le modèle, partout où l’on veut mettre du caoutchouc, une couche de caoutchouc dissous dans du chloroforme ou de la benzine, et lorsque celle-ci est sèche, on commence à disposer les petits morceaux de caoutchouc. Chacun de ces morceaux doit être appliqué avec une spatule recourbée et chauffée, en ayant soin de ne laisser subsister aucune porosité, et de garder à la plaque la forme qu’elle doit présenter après vulcauisation.
Lorsque la plaque atteint l’épaisseur voulue, on l’enfonce en môme temps que le modèle, dans un moufle rempli de plâtre assez liquide, et on ferme celui-ci avec le couvercle. 11 n’y a donc pas besoin dans ce cas de faire une contre-partie et le travail serait plutôt moins compliqué que dans le procédé de bourrage.
L’opération est un peu plus longue lorsqu’il faut faire une gencive artificielle. Outre la ^appe labiale, on doit en effet établir encore une contre-partie de la région palatine, afin d’empêcher les dents de se déplacer pendant le modejage de la gencive. Pour cela, on met un peu d’huile sur le modèle, puis on coule du plâtre sur la plaque de cire, de façon à recouvrir les dents (fig. 270, en bas ; a modèle; h, chappe labiale; c, contre-partie). On enlève ensuite la cire qui tient la place de la gencive et, après avoir étendu une couche de dissolution, on modèle le caoutchouc. Ceci fait, on met de l'huile sur la région labiale de la contre-partie, puis on revêt avec du plâtre ; le caoutchouc rose et les dents disparaissent alors sous la chappe (fig. 270, en haut : a, modèle ; b, chappe de revêtement). Désormais les dents ne pourront plus se déranger tandis que l’on enlève la contre partie pour modeler la région palatine. Cette opération se fait comme tout à l’heure, en enlevant la cire puis en passant une couche de dissolution avant de disposer le caoutchouc rouge ou noir.
Fig. 269. — a, Incrustations dans un dentier supérieur en caoutchouc; b, plaque cloisonnée de Stéphane sur une pièce partielle.
Fig. 269.
VULCANISATION 293
Avec Parreidt, j’estime que « cette méthode est la meilleure pour obtenir une plaque bien ajustée, d’épaisseur régulière, sans déplacer les dents. »