Traitement des racines perforées
Le coton que l’on retire taché de sang' au cours du nettoyage alors que ce n’est ni la pulpe ni la gencive qui saigne indique presque toujours une perforation du canal. L’origine en est pathologique ou bien accidentelle. Pathologique, ce sera un abcès qui a détruit la racine ou plus souvent encore déterminé une carie profonde ; accidentelle, elle a été faite par un instrument. D’après leur siège Magenstein distingue la perforation apicale et la perforation pariétale..
Le suintement qu’elles laissent échapper, la voie d’accès qu’elles offrent aux déchets septiques pour passer de la bouche dans l’alvéole rendraient le port du pivot absolument impossible. Le traitement débute par une soigneuse désinfection de cette petite plaie, et il faut appliquer ici la même technique que pour toutes les blessures engénéral. Un premier lavage avec de l’eau oxygénée, puis avec une solution antiseptique (chinosol ou acide phénique à S 0/0), sert à enlever les matières septiques qui s’y trouvent très souvent, éventuellement aussi le pus, les débris de nécrose, etc. Un pansement suit ce nettoyage : on le fait avec un petit tampon de ouate saupoudré d’iodoforme, d’oxyde de zinc ou d’aïrol que l’on enfonce dans le canal, sans trop presser cependant pour ne pas amener d’inflammation ; on le recouvre d’une autre boulette de coton trempée dans du collodion ou une dissolution de gutta-percha afin de le rendre imperméable ; suivant le degré d’infection, ce pansement restera en place quelques minutes ou plusieurs jours.
Lorsqu'il semble qu’il n’y a plus à craindre aucune infection on passe à la fermeture de la plaie. Rien de plus simple s’il s’agit d’une pei’foration de l’apex : un petit morceau de gutta-percha ramollie portée au fond du canal bien asséché sur une sonde émoussée atteindra le but. L’opération réussira mieux encore si au lieu de guttapercha, on se sert d’une boulette assez lâche d’étain en feuille. L’étain est très malléable, en sorte qu’il s’appliquera hermétiquement aux parois de la perforation sans dépasser l’orifice et irriter le périoste. L’adhérence sera complète si avant de l’enfoncer- on a soin d’hiimecter la boulette avec un peu de gutta-percha en dissolution. Dès
qu’un coton introduit dans le canal sort absolument net on peut mettre le pivot en place.
Une perforation pariétale offre plus de difficultés à vaincre. Si l’ouverture est minuscule, l’amalg'ame peut suffire ; mais il ne conviendra plus lorsque ses dimensions seront plus appréciables : on risquerait de le voir pénétrer dans le périodonte et, en tant que corps étranger, j susciter une inflammation chronique. Si l’on croit pouvoir user de l’amalgame, on essayera au préalable d’obturer l’ouverture, au moyen d’un petit morceau de taffetas ou de papier gommé. Quelquefois j'ai réussi à fermer de manière durable un très large orifice en roulant une lamelle d’étain en forme de petit tube que je poussais en premier lieu dans le canal. Contre cette paroi je portais ensuite avec une sonde un amalgame très mou. Morgenstein engaine le pivot d’un feuillet d’étain trempé dans une dissolution de mastic et pousse le tout dans le canal. 11 retire ensuite le pivot qui abandonne sa gaine en place.