RÉPARATIONS
Avec le temps, la mâchoire subit parfois de telles modifications que la plaque ne s’ajuste plus : on peut aloi’s faire un remontag-e de l’appareil en séparant toutes les pièces qui sont fixées par une soudure, et en opérant un réestampag-e sur un nouveau modèle. Toutefois lorsque la plaque porte des anneaux et qu’il y a beaucoup de soudure, il est préférable de faire un nouvel appareil.
PLAQUES EN ALUMINIUM
Plusieurs fois déjà nous avons {)ar]é de l’aluminium et nous avonsdit que ce métal subissait fréquemment des altérations dans la bouche; son emploi devient de moins en moins fréquent, mais on essaie toujours de lui trouver de nouvelles applications. Nous décrirons donc très brièvement les procédés qui ont été donnés à ce sujet.
Les plaques en aluminium peuvent s’obtenir de deux façons: par fonte ou bien par estampag-e. La première méthode, inventée par Beau, Saiier et Carolle, consiste àcouler le métal dans un moule qui renferme les dents. Sauer a décrit sa technique, mais je ne la connais point par expérience et extrais les lignes suivantes du manuel deDetzner : « Après avoir pris l’empreinte de la bouche, on établira deux modèles : le premier est en plâtre, le second se fait avec un mélange déplâtré, de pierre ponce, de graphite et d’argile. Sur le modèle de plâti’e, on ajuste les dents, et l’on découpe une plaque matrice avec de la cire. L’articulation vérifiée, on porte la pièce sur le second modèle en ayant soin de l’y fixer au moyen de quelques gouttes de cire. Le tout est alors placé dans la partie inférieure d’un moufle spécial garni du mélange de plâtre, pierre ponce, argile et graphite dont nous avons déjà parlé. La partie postérieure de la cire doit se trouver près de l’ouverture du moufle destinée à l’arrivée du métal : le couvercle, attenant à la partie inférieure du moufle, est en place et se trouve recouvert par le mélange de plâtre. On dispose ensuite la partie supérieure du moufle sans son couvercle, et on modèle avec de la cire les conduits qui permettront au métal en fusion de remplir le moule. On leur donne une forme bifurquée, ronde au début, s’aplatissant vers la plaque, et beaucoup plus large à ce niveau. La partie supérieure du moufle est remplie de plâtre mélangé, et fermée avec son couvercle. La technique de mise en moufle est analogue à celle des pièces en caoutchouc : si les dents sont ajustées
PLAQUES EN ALUMINIUM
surla mâchoire elles restent ainsi que la plaque matrice dans la partie inférieure du moufle, tandis que la contrepartie forme couvercle ; si elles reposent au contraire sur de la cire, on opère de telle sorte qu’à l’ouverture du moufle elles restent dans la contrepartie, tandis que le modèle est fixé dans la partie inférieure. Lorsqu’on emploie des dents à gencive de porcelaine, on s’arrange autant que possible pour les sceller dans le corps du modèle ; sans cette précaution elles risquent d’éclater quand on coule le métal.
Il est nécessaire de tracer des canaux vers les bords du moufle pour permettre à l’air de s’échapper. Si les dents s’appliquent directement sur le modèle, on ménage les évents en introduisant simplement des fils métalliques contre le bord du moufle et les espaces interdentaires : ces fils sont retirés après durcissement du plâtre mélangé : et leur trajet comblé avec de la cire avant de couler la contrepartie. Dans les autres cas, on taillera les évents dans le plâtre après ouverture du moufle. Lorsque tout ceci est terminé, on enlève toute la cire, tant celle qui l’eprésente les conduits que celle qui constitue la plaque matrice.
Afin de prévenir l’éclatement de la porcelaine au contact du métal en fusion, on placera derrière les crampons repliés, à environ 1/2 à 1 millimètre des dents, un ni d’aluminium de 3/4 de millimètre à peu près d’épaisseur, et on le maintiendra en le fichant dans le plâtre. Si l’articulation est trop basse, il n’y aura quelquefois pas de place pour le fil, mais lorsqu’elle est assez élevée, on peut en superposer plusieurs. Quand on emploie les dents à gencive, il faut encore mettre un fil le long de leur voussure, de façon à égaliser la chaleur dans les différentes régions plus ou moins épaisses de l’émail. Le métal en fusion rencontre d’abord le fil métallique avant de prendre contact avec la porcelaine : la coulée se trouve ralentie et se refroidit légèrement avant d’entourer les crampons. Sauer pense que la présence des crampons en platine, bons conducteurs de la chaleur, est l’origine des fêlures : celles-ci se produiraient dans l’émail, avant même que la coulée ait atteint les dents.
La cire qui se trouve dans la contrepartie est enlevée à l’eau bouillante, et l’entonnoir vissé sur le moufle ; les deux parties de celui-ci sont chauffées séparément, et pour cela on les pose sur un trépied, au-dessus d’un brûleur à gaz, jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus de vapeur d’eau.
PLAQUES EN ALUMINIUM
Les deux parties du moufle sont ensuite réunies et vissées, puis on les chauffe dans un four jusqu’au roug’e sombre. A ce moment l’aluminium est fondu dans un creuset en jçraphite. On a soin d’ag-iter la masse avec une tige de fer jusiju’à ce qu’elle soit parfaitement liquide, et de verser rapidement dans le moule. Sauër met un peu de charbon pulvérisé dans le creuset afin d’obtenir plus aisément la fusion du métal.
Lorsque l’aluminium a rempli le moufle, on laisse celui-ci refroidir graduellement dans le four, puis on en fait l’ouverture, on dégage la plaque et on achève en suivant la technique habituelle. »
Pour ces travaux, Sauër a construit un four en fer, couvert avec de la terre réfractaire. On lui doit également un moufle très pratique avec entonnoir mobile se vissant sur la contre-partie.
Personnellement, pour les quelques pièces que nous avons fait en aluminium, nous nous sommes toujours servi d’un moufle ordinaire, tel que ceux que l’on emploie pour le caoutchouc. En ce cas on le perce en un point quelconque, de façon à pouvoir introduire le métal. La pièce une fois modelée avec de la cire est mise en moufle absolument comme une pièce en caoutchouc : la cire enlevée à l’eau bouillante, on taille les évents et les conduits dans le plâtre. Le canal communiquant avec l’ouverture pratiquée dans les parois du moufle présente des dimensions un peu plus considérables que les autres. Le moufle est clos puis chauffé très longtemps. On dispose alors sur les bords du trou un fragment d’aluminium, et lorsque celui-ci est fondu, on en met un second, puis un troisième, en répétant l’opération jusqu’à ce que la plaque soit entièrement coulée. Après refroidissement, le moufle est ouvert, l’excès du métal remplissant les différents canaux enlevé avec une scie, et il ne reste plus qu’à façonner la plaque à la lime.
L’affinage de l’aluminium se fait comme celui d’une pièce en or, mais on ne peut espérer obtenir le même éclat avec un métal aussi mou.
Les plaques en aluminium obtenues par estampage sont préférables ; on ne peut d’ailleurs couler une plaque palatine un peu mince et le martelage laisse plus de ténacité au métal que la fonte. Le procédé est le même que
PLAQUES EN ALUMINIUM
pour l’or et nous n’avons l'ien à ajouter à ce propos. Les plaques doivent avoir une certaine épaisseur (un millimètre environ) et il faut les recuire de temps à autre, mais sans aller jusqu’au roug-e, car elles fondraient auparavant. On reconnaît que le métal atteint une température suffisante en le touchant avec un petit morceau de bois (allumette) qui doit roussir à ce contact. Le peu de dureté de l’aluminium fait qu’il est préférable de l’estamper avec une presse plutôt qu’avec un marteau.
Il est impossible de souder très solidemen des dents sur une plaque d’aluminium, car il n’e.viste pas de soudure assez forte, mais on peut les fixer avec du caoutchouc. Ce dernier luimême présente moins d’adhérence ici que sur un appareil en or et il faut user de quelque artifice pour assurer une bonne rétention : la pince de Pecks qui permet de disposer de petits arceaux sur la plaque (fig. 290) rend en ce cas le meilleur office.
L’aluminium ne peut point servir pour faire des anneaux, car il ne possède aucune élasticité. Sur une pièce artielle on façonnera les crochets avec de l’or ou l’alliag-e e platine (Dental Alloy) ; mais il est également impossible de les souder sur l’aluminium, et il faut les fixer au moyen de caoutchouc. La planche XXI, a, reproduit une pièce partielle supérieure dont la plaque est en aluminium et les anneaux en or : ces derniers ainsi que les dents sont reliés à la plaque par du caoutchouc.
Fig. 290. — Plaque eu aluminium avec des arceaux.
PLAQOES EN ALUMINIUM
Lorscju’il J a une réparation à faire sur une plaque en aluminium, estampée ou coulée, il est souvent plusavantag'eux de refaire tout l’appareil, car il n’existe pas de soudure convenable. Si le métal n’est nullement endommagé et que le seul caoutchouc est en cause, on opérera comme s il s’agissait d’une pièce en caoutchouc. Ce dernier peut également servir pour réparer les fentes et les perforations de la plaque, de même que pour remplacer les dents dans les endroits qui ne sont pas trop apparents.
[Le docteur Kôrmôczi, à la suite de recherches faites aux universités de Budapest et de Berne, vient de découvrir une soudure d’aluminium semblant répondre à tous les desiderata de la prothèse dentaire.] .
PIÈCES ÉMAILLÉES
Les pièces émaillées sont constituées par une plaque en platine sur laquelle vient se mouler une gencive de porcelaine fondue en une seule pièce (continous gum). Ces pièces possèdentun fort bel aspect: malheureusement leur construction est assez difficile, et ceci empêche d’en faire detrèsnombreuses applications. Enoutreleurs réparations sont toujours particulièrement délicates tandis que les ap-pareils à fausse gencive en caoutchouc exigent beaucoup moins de travail.
Le premier temps de la construction d’une pièce émaillée consiste dans l’estampage d’une plaque de platine (fi^. 292 a). Cette opération demande autant de soins que s’il s’agissait d’une pièce en or ordinaire ; on établit ensuite l’articulation en mettant delà cire sur la plaque, et on place les deux modèles dans l’articulateur. Les dents dont on se sert sont assez longues pour que leur racine repose sur la plaque alors même que l’articulation est très élevée. Elles offrent encore cette particularité que leur unique crampon est très allongé. Lang. 291 représente les dents employées pour les travaux à gencive continue : on les ajuste sur la plaque, puis, après les avoir fixées avec de la cire, on fait un essayage dans la bouche.
La pièce est mise en revêtement de telle sorte qu’une grande partie de la plaque et la face labiale de toutes les dents soientrecouvertes. On peut alors enlever la cire à l’eau bouillante sur le côté lingual sans déranger les dents. La substance de revêtement doit pouvoir supporter la flamme du chalumeau ; on emploiera du plâtre mélangé avec de la terre, de la pierre ponce pulvérisée ou de ta poudre d’amiante. Ces préparatifs sont d'autant plus nécessaires qu’il faut souder solidement les dents à la plaque sans altérer la porcelaine. Dans ce but, on courbe une bande de platine un peu épaisse, et on la glisse sous les crampons préa-
PIÈCES ÉMAILLÉES
lablement recourbés. Il faut avoir soin que cette bande reste partout en contact immédiat avec la plaque (fig'. 292 h.) Entre deux, on met un peu de borax et d'or fin, ou encore un alliag-e de 98 parties d’or pour 2 de platine, puis on chauffe la pièce dans unmoufle. Lorsquela chaleurest suffisante, l’or ou l’alliag-e qui sert de soudure fond aisément sous la flamme d’un chalumeau. Il ne faut pas employer une soudure d’un titre moins élevé sous peine de la voir se fondre à nouveau pendantla cuisson de 1 email. — Avant de dég-ag'er la pièce, on laissera refroidir lentement le bloc de revêtement pour éviter de faire éclater les dents. Celles-
ci sont désormais fixées en bonne position sur la plaque,, grâce à la bande de platine.
On se plaît généralement à recourber les bords de la plaque vers l’émail ; ceci donne à la pièce un très bel aspect mais il faut songer que plus tard, si l’appareil exerce une pression sur la muqueuse, on ne pourra plus rien enlever.
L’application de l’émail se fait avec la masse de porcelaine d’Allen. On peut d’ailleurs employer également celle de Ash ou celle de Schiltsky. On délaie le « corps » en se servant d’une spatuleà porcelaine jusqu’à ce que la masse devienne 'plastique, puis on l’étend sur les dents et sur la plaque en égale épaisseur, tant sur le côté lingual que sur le côté labial. Pendant cette opération on s’attache à reproduire aussi fidèlement que possible le rebord alvéolaire, en corrigeant au besoin l’atrophie qui existe. La porcelaine se rétracte pendant la cuisson, et perd un cinquième environ de son volume : il faut donc toujours en mettre une couche assez considérable.
La cuisson se fait dans un four spécial chauffé au gaz ou à l’électricité. La pièce est mise dans le moufle avec le bloc de revêtement qui a servi pour la soudure, et l’on
PIÈCES ÉMAILLÉES
chauffe lentement jusqu’à la température du roug'e. Lorsque la masse de porcelaine est fondue on la porte dans unmoufleà refroidissement; si l’on constate alors q^uelques défauts, on remet du « corps » aux endroits où ü est nécessaire d’opérer une retouche, et on recommence la cuis-
Lorsque ce travail est terminé, on peut appliquer la seconde pâte rose qui est le véritable émail, mais il faut une certaine expérience pour obtenir une teinte convenable : une couche épaisse donne une nuance plus sombre qu’une
Fig. 292. — Bandes de platine pour retenir les dents des appareils à gencive continue.
couche mince. On aura soin ég’alement de ne pas mettre de pâte sur les dents, et pour cela on emploiera des spatules fines ou des pinceaux effilés. Si malgré tout il y a quelques taches d’émail, il faut en faire un nettoyage minutieux avec de petites éponges à pansements.
La cuisson de l’émail se fait à une chaleur beaucoup moins intense que celle du corps. L’opération est terminée lorsque la pièce présente un aspect vitreux.
Après la fonte, on porte la pièce dans le moufle à refroidissement où elleséjournera dix à douze minutes environ. L’ouverture trop hâtive du moufle risque de faire éclater l’émail par suite du brusque changement de température ; on évitera cet accident en chauffant convenablement le moufle avant de retirer la pièce.
L’affinage n’est utile que sur les points où le platine est
336 PIÈCES ÉMAII-LÉES
apparent : on ne peut en effet pratiquer de retouches sur la porcelaine, car le moindre meulag-e lui ferait perdre son éclat, et nos procédés de polissage sont impuissants à le reproduire.
Les réparations d’une pièce en émail ne sont pas aussi faciles que les protagonistes de ce genre de prothèse veulent hien l’affirmer ; on peut cependant essayer de faire une nouvelle application de corps et de pâte : il est môme souvent nécessaire d’enlever tout d’abord quelques morceau.\ de porcelaine afin de les remplacer.
APPAREILS CHEOPLASTIQÜES
Pour couler les plaques chéoplastiques, Jiitterboch conseille de se servir d’étain ou d’un alliag'e renfermant 85 parties d’étain, 5 parties d’arg’ent et 10 de bismuth.
Cet alliag-e fond à une température relativement basse et
présente alors une grande fluidité. Rien n’est plus facile
que d’obtenir ainsi d’excellents moulages. Gartrell au- ' ■<
quel on doit également un moufle spécial emploie un , '>
alliage qui présenterait dans la bouche la même résistance
que l’or à 18 carats. C’est un composé d’or, d’argent et . *
d’étain. Detzner a recours à l’association de l’étain anglais ■ ^
pur (100 parties) et de l’argent (8 à 10 parties) : ces deux v
métaux sont fondus séparément, puis réunis, en ayant
soin d’agiter la masse pendant cette opération avec une «
tige de fer. J
Richardson et Gartrell ont donné une nouvelle tech- ’
nique de ce genre de travaux : nous n’en ferons cependant pas la description et il nous suffira d’exposer le procédé le plus simple qui n’exige aucuns préparatifs ou appareils spéciaux. Le poids des appareils chéoplastiques est plus considérable que celui des autres plaques, aussi ne conviennent-ils que pour la mâchoire inférieure, lorsque le rebord alvéolaire est très atrophié. Les bases en métal fusible offi’ent en effet dans ce cas l’avantage d’une plus grande stabilité (fig. 293).
La pièce est d’abord modelée en cire avec autant de soin que s’il s’agissait d’un appareil en caoutchouc. On place ensuite la plaque matrice dans la partie inférieure d’un moufle ordinaire préalablement garni (îe plâtre un peu liquide. Sa disposition sera telle que les dents restent plus tard adhérentes à la contrepartie, et pour cela le plâtre ne fera qu’affleurer les bords de la plaque. Toutefois le plâtre se fend aisément pendant le chauffage du moufle et il est préférable d’employer un mélange de Preiswerk. Prothèse dentaire, 22
338 APPAREILS CHÉOPL ASTIQUES
plâtre et de pierre ponce pulvérisée. Après durcissement du plâtre on applique un rouleau de cire sur les deux extrémités de la plaque, de façon à obtenir parla suite dans la contrepartie un canal d’introduction et un canal d’écoulement (a et bfig'. 293). Leur diamètre sera de 2 centimètres environ ; quant à la hauteur, elle doit correspondre à celle delà partie supérieure du moufle.
Ceci fait, on passe un peu d’huile sur le plâtre, et.
, Fig. 293. — Canal d’introduction et écoulement pour la fonte des dentiers chéoplastiques.
après avoir mis en place l’anneau supérieur du moufle, on coule la contrepartie avec un mélang'e de plâtre et de pierre ponce. La surface de celui-ci reste libre de façon à dég-ager l'extrémité des deux rouleaux de cire ; on peut cependant faire usage d’un moufle dont le couvercle ■ est percé de trous correspondants. Après ouverture du moufle, on enlève toute la cire à l’eau bouillante, puis on dessèche le plâtre sur une flamme de ^az. Lorsqu’il ne se dégage plus de vapeur d’eau, on rejoint les deux parties du moufle en les maintenant réunies au moyen d’un fil de fer assez fort ou d’un fil de laiton.
Le moufle est porté, la contrepartie tournée vers le haut, sur un fort brûleur h gaz et chauffé très longtemps. On verse alors par l’une des ouvertures de la contrepartie-
APPAREILS CHÉOPLASTIQUES 339
l’alliag-e d’étain que l’on aura fait fondre dans une cuiller de fer : le métal doit apparaître dans le canal d’écoulement. Afin d’éviter les bulles, il est bon de frapper légèrement sur le moufle pendant toute cette opération : un support tel qu’une planchette de bois facilite beaucoup cette manœuvre.
Lorsque le tout est bien refroidi, on retire la pièce chéoplastique de l’intérieur du moufle, puis on enlève avec une scie les jets de métal qui remplissaient tout à l’heure les deux canaux, on répare ensuite la plaque et on la polit, à peu près de la môme façon qu’une pièce en caoutchouc.
Si l’on veut ajouter de la fausse gencive du côté labial il est facile d’y faire adhérer du caoutchouc, en ayant soin de dépolir la surface du métal.
Toutefois, il est préférable d’employer des dents à gencives : celles-ci se soudent très bien au métal, et n’éclatent jamais lorsqu’on a pris le soin, avant de couler la pièce, de chauffer lentement et suffisamment la porcelaine, et que l’on évite un trop brusque refroidissement.
Les réparations s’exécutent d’après la même technique : on applique deux rouleaux en cire sur les endroits qu’il s’agit de restaurer, de façon à obtenir un canal d’introduction et un canal d’écoulement. Notons cependant que le nouveau métal n’adhère jamais parfaitement avec l’an-
Dans bien des cas, on peut encore opérer plus aisément les réparations au moyen du caoutchouc. De môme la soudure d’étain appliquée à l’aide d’un soudoir et d’un fondant approprié donnera parfois d’excellents résultats.
Nous ne traiterons pas ici des vices de conformation du palais cong’énitaux ou héréditaires, au point de vue anatomo-physiologique. Ce sujet se trouve en effet déjà étudié dans notre premier volume, et nous allons passer immédiatement en revue les obturateui-s les plus connus.
Bien des auteurs avaient déjà tenté de construire des appareils de ce genre, lorsqu'en 1864, Kingsley donna un procédé très simple et très pratique. Son obturateur se compose d’une lame de caoutchouc élastique correspondant à la perforation palatine et fixée au moyen d’une tige sur une plaque ordinaire. Quand le muscle constricteur supérieur du pharynx se contracte, il soulève ce qui reste du voile du palais et rejette ces tissus contre la membrane de caoutchouc : l’ouverture qui fait communiquer la bouche et les fosses nasales se trouve ainsi fermée. Ce genre d’obturateur, très efficace dans le cas des petites perforations, convient moins lorsque les muscles du palais ne sont plus en état de soulever le voile du palais artificiel.
Süersen a imaginé un appareil en caoutchouc durci basé sur la physiologie de la parole. Il fait remarquer à ce propos que le constricteur supérieur du pharynx se contracte pendant la déglutition et la prononciation (à l’exception des lettres m et n) et s’épaissit alors pour former un bourrelet vers la région antérieure ; en même temps, les releveurs se contractent également pour soulever le voile du palais qui s’applique contre la paroi postérieure du pharynx. La cavité naso-tubaire pharyngienne se trouve ainsi fermée à l’entrée des fosses nasales. Partant de ces principes, voici comment l’auteur construit son appareil (fig. 294).
On prend d’abord l’empreinte de la voûte palatine d’après la technique habituelle, en ayant soin d’enfoncer le porte-empreinte aussi en arrière que possible. Le modèle
est coulé avec du plâtre, et sert à établir une plaque pala^ tine en caoutchouc durci : cette plaque sera assez étendue pour recouvrir toute la région antérieure de la voûte palatine ou palais dur, mais on ne doit en aucun cas atteindre le palais mou, car cela empêcherait les mouvements du voile. Si le palais dur présente des perforations, la plaque ne fera que les obturer sans pénétrer dans les ouvertures.
Sur le bord postérieur de la plaque, on vulcanise un prolongement de un centimètre d’épaisseur et de 2 à 3 centimètres environ de longueur, qui se dirige en arrière
Fig. 294. — Obturateur de Süersen.
en s’abai.ssant un peu, à travers la scissure du voile. Il ne faut cependant pas que l’extrémité libre de ce prolongement touche la paroi postérieure du pharj^nx : elle en restera séparée par un écart d’un demi-centimètre environ. Le patient porte d’abord pendant quelque temps l’appareil ainsi constitué afin de s’y habituer.
On prend ensuite l’empreinte des parties molles en suivant la technique de Schrott. On sait que celle-ci consiste à impressionner une masse plastique au moyen des propres mouvements physiologiques de cette région : dans ce but Suërsen se sert de gutta-percha noire qu’il ramollit dans l’eau chaude ou sur une flamme d’alcool, et en fixe un morceau de la grosseur d’une noix, sur le prolongement de la plaque de l’appareil préalablement dépoli et chauffé. L’appareil est alors rapidement porté dans la bouche, et l’on fait exécuter au patient quelques exercices de phonation et de déglutition : ces manœuvres ont pour résultat d’imprimer en arrière dans la substance plastique le relief des muscles constricteurs du pharynx et de donner des indica-
lions précises sur l’action des débris musculaires du voile.
Au Dout d’un quart d’heure la masse est suffisamment durcie pour que l’on puisse retirer l’empreinte et enlever l’excédent de g-utta-percha. Si la paroi postérieure du pharynx, les piliers, ainsi que les débris du voiledu palais sont suffisamment distincts, l’empreinte est satisfaisante. Presque toujours cependant, il faut remettre de la gutta-percha chaude à différents endroits et compléter i empreinte à plusieurs reprises.
Il est bon de donner à la surface supérieure de l’empreinte une forme ondulée qui facilite l’écoulement des sécrétions; en bas la g'utta-percha arrive jusqu’au niveau de la luette ; lorsqu’elle descend plus profondément il se produit une irritation, tandis que, dans le cas contraire, la parole est rendue difficile.
Lorsque l’appareil fonctionne d’une manière satisfaisante, on porte l’empreinte dans un moufle dont onopère le bourrag'e ainsi que pour toutes les autres pièces en caoutchouc.
Ces obturateurs donnent tout d’abord un excellent résultat, mais plus tard ils irritent la muqueuse par suite de la pression continue qu’ils exercent et présentent même un inconvénient plus grave, car leur présence accentue peu à peu le vice de conformation du palais. Leurs indications sont assez restreintes, car on ne peut les utiliser que lorsque le voile du palais est entièrement séparé. S’il reste des parties intactes ou qu’il existe une suture, l’application de la masse obturatrice devient impossible.
Schiltsky remédie à ces inconvénients en utilisant du caoutchouc mou : la masse fixée sur la région postérieure de l’appareil est alors d’autant plus légère qu’elle est creuse.
La construction de son appareil exige les mêmes préliminaires que tout à l’heure. La masse obturatrice est également mise en revêtement dans du plâtre à l’intérieur d’un moufle, après avoir été essayée dans la bouche. On retire ensuite du moule la gutta-percha et l’on sectionne le prolongement de la plaque palatine. La surface de section sera guillochée grossièrement, de façon à offrir une prise au caoutchouc mou qui formera la masse obturatrice définitive.
Il s’agit à présent de -mouler celle-ci et c’est dans cette opération que réside la plus grande difficulté du travail.
Pour cela, ou découpe dans une' feuille de plomb des patrons s’ajustant exactement sur les quatre parois de la cavité du moule, et l’on s’en sert pour tailler des morceaux de caoutchouc : ceux-ci devront tapisser la cavité de telle sorte que leurs bords soient parfaitement en contact les uns avec les autres. On les maintient dans cette position au moyen d’une dissolution decaoutchoucdanslabenzine ; toutefois, avant de coller la dernière paroi, il faut remplir l’intérieur de la cavité avec de la pierre ponce pulvérisée. On l’enlève après vulcanisation, grâce à une ouverture ménagée dans la paroi et fermée par une vis.
Schiltsky a encore perfectionné son appareil, de façon à le rendre applicable aux cas de division incomplète du voile du palais. La masse obturatrice est fixée à la plaque palatine au moyen d’un ressort en spirale (fig. 295).
Fig. 295. — Obturateur de Schilskty.
a, plaque palatine; b, prolongement ; c, ressort spiroïde ; d, masse obturatrice en caoutchouc mou.
Ce genre d’obturateur donne d’excellents résultats; malheureusement la plus légère altération du caoutchouc entraîne de nombreux inconvénients. Leur construction est en outre si difficile qu’elle exige une habileté particulière.
Brandtaeul’idée dese servir d’un petit ballon en caoutchouc relié à la plaque palatine au moyen d’un tube métallique. L’air est introduit par une ouverture qui se ferme à volonté. Lorsque le ballon est modérémentgonflé, il vient s’appliquer très exactement sur les lèvres de la scission palatine pour aider à l’exercice de la parole
Les appareils ainsi construits donnent d’excellents résul-
tats dans les cas de g'ueule de loup, soit avant, soit après la staphyloraphie. Le succès est aussi favorable qu’avec
Fig. 296. — Obturateur de Brandt pour les cas non opérés. a, réservoir situé au-dessus de la plaque ; b, vis qui ferme la valve ; c, bande servant à maintenir le ballon ; d, ballon rempli d’air.
Fig, 297. — Obturateur de Brandt pour les cas opérés. a, valve fermée par une vis ; b, canule vissée à sa place ; c, ballon vide.