‹ Atlas-manuel de prothèse dentaire et buccaleChapitre 83 sur 105 · RÈGLES POUR LES APPAREILS DE REDRESSEMENT · texte numérisé non relu

RÈGLES POUR LES APPAREILS DE REDRESSEMENT

sèchement complet de la surface de la dent, si l’on veut qu’il s’applique contre l’émail. La moindre nég-ligenceà cet égard risque d’entraîner une carie qui exercera ses ravages sous la couronne : six mois ou un an plus tard on retrouve alors la dent complètement perdue. Quelques praticiens sectionnent la face interproximale des couronnes loi'sque les dents sur lesquelles on doit les poser sont très rapprochées. Les surfaces de contact restent alors à découvert, mais il en résulte des interstices qui favorisent la rétention et la décomposition des particules alimentaires. Nous ouvrons toujours largementl’espace interdentaire, à l’aide d’une meule en corindon, afin de pouvoir placer, une couronne hermétiquement close et l’expérience nous démontre que cette pratique ne présente aucun inconvénient.

Les appareils sont mobiles ou fixes. Les premiers sont souvent encombrants et incommodes, et le jeune patient s’en débarrasse aussitôt qu’il est hors de surveillance, suspendant ainsi l’effet du traitement. Il est donc préférable d’employer toujours les seconds.

Il faut autant que possible que le sujet revienne à intervalles réguliers, afin de contrôler l’action de l’appareil et d’en faire cesser l’application dès que cela paraît nécessaire. Les ressorts doivent être modifiés tous les quatre ou huit jours ; les anneaux se relâchent par suite de la tension à laquelle ils sont soumis, et seront réajustés tous les deu.x ou quatre jours. Quant aux vis, il faut les serrer tous les jours ou tous les deux jours selon le genre de l’appareil. La surveillance s’exercera non seulement sur les progrès du traitement, mais encore plus particulièrement sous le rapport de la propreté, car les différentes pièces servent souvent de refuge aux particules alimentaires. Le patient doit nettoyer chaque jour avec le plus grand soin les parties de l’appareil qui sonten contact immédiat avec les dents. Dans ce but, il passera chaque soir, avant de se mettre au lit, un peu de coton trempé dans l'alcool entre les dents et la plaque. Il va sans dire que les soins ordinaires de la bouche seront très minutieux : la moindre négligence peut en effet entraîner de telles conséquences que dans certains cas il aurait mieux valu s’abstenir de placer un appareil de redressement.

Un point très important, et trop souvent négligé pour obtenir de bons résultats dans les opérations de redressement est l’emploi consécutif d’un appareil de contention, loi'sque

ORTHODONTIE

l’articulation normale ne suffit pas à maintenir les dents dans leur nouvelle position.

Ces appareils, fixes ou mobiles, doivent produire leur effet sans exercer la moindre tension ou pression, jusqu’à ce que les dents aient acquis une implantation soline. Cette condition de temps importe plus que la nature de l’appareil. Bien souvent, ilnousa étédonnédevoirdescas oùle redressement avait été fait très habilement : cependant les dents avaient repris leur position primitive parce que le port de l’appareil destiné à maintenir le résultat du traitement n'avait pasété suffisamment prolong’é. Il fautau moins six mois pour assurer un succès définitif, et souvent même un an est nécessaire.

II. Traitement des anomalies les plus fréquentes des dents et du maxillaire.

a) Rotation des débits

Warnekros a indiqué un procédé ti’ès simple pour faire tourner les dents sur leur axe. Il consiste à placer deux ressorts, l’un sur la face ling-uale l’autre sur la face opposée. Dans le cas représenté !!§;■. 310, il s’ag-it de la mâchoire supérieure d’un enfant dont l’incisive médiane droite est déviée. Les ressorts faits avec un fil d’acier sont vulcanisés sur une plaque palatine en caoutchouc. Le troisième a pour but de maintenir la petite incisive et d'éviter qu’elle ne se déplace.

Il est facile défaire pivoterainsilesincisives. Les canines

Fig. 3 H. — En haut disposition pour faire ressortir une dent située trop en arrière : a, anneau d’or avec ' boucle soudée ; b, ressort courbé. En bas, appareil pour faire tourner une dent : a, anneau cimenté avec crochets ; b, couronne cimentée avec ressort soudé, c.

Fig. 311.

TRAITEMENT DES ANOMALIES

€t les prémolaires offrent une prise insuffisante par suite de leur forme arrondie, et il vaut mieux dans ce cas em-*

ployer le procédé de King'sley et d’Angle. Cet appareil donne toujours d'excellents résultats et sa présence n’occasionne pas trop de gêne pour le patient. La fig. 311, située en bas du tableau, représente la rotation de -la canine supérieure gauche [par suite d’une erreur de dessin, c’est une incisive latérale qui se trouve mise en cause sur la figure). La partie fixe de^ l’appareil est constituée par l’anneau a scellé sur la 1’® molaire supérieure droite ; sa face labiale est munie d’un crochet qui sert à maintenir un fil d’or élastique c. La partie mobile est-,représentée par la •couronne en or scellée sur la dent qu’il s’agit de faire pivoter ; elle supporte un tube horizontal trte court, b, où s’adapte un ressort élastique. Celui-ci exerce une traction dans la direction de la ligne pointillée ; l’une de ses extrémités s’engage dans la douille qui se trouve sur la canine, tandis que l’autre vient s’accrocher sur la l'e molaire. L’effort apourrésultatde faire tourner lentementla canine dans le sens voulu. Rien n’est d’ailleurs plus facile que d’augmenter ou d’affaiblir la puissance du ressort ; il suffit de le retirer pour en modifier la courbe. La fig.

312 représente la rotation Fig. 312. — Appareil de redressed’une 1''® prémolaire supé- ment pour une première prérieure droite : le principe molaire, en latéro-version. reste toujours le même,

mais l’écart exigerait ici un fil d’or beaucoup trop épais et l’on a disposé le ressort sur la face palatine.

La fig. 313 reproduit la combinaison de deux appareils dont les effets se complètent mutuellement (communiqué par Zinstag). La molaire servant de point d’appui est recouverte par une couronne ainsi que la dent déviée ; les deux extrémités des ressorts sont solidement fixées avec de la soie.

ORTHODONTIE

Après leur redressement les dents doivent être maintenues assez long-temps par un appareil de contention si

Fig. 313. — Appareil de redressement combiné pour dents en latéro-version.

l’on veut éviter qu’elles ne reviennent à leur position primitive.

b) Déviation des dents en dehors de l’arcade.

Il faut distinguer ici deux cas, selon que la dent qui a fait éruption en dehors ou en dedans de l’arcade normale peut ou non retrouver sa place. Dans le premier, il suffit d’appliquer un appareil exerçant une traction ou une pression, tandis que dans le second, il faut créer la place soit en élargissant l’arc dentaire, soit en pratiquant une extraction. Chez les enfants, certaines dents font presque toujours leur apparition en dehors de l’arcade : ainsi les incisives inférieures de la 2® dentition se montrent sur le côté lingual et les canines supérieures sur le côté labial. Mais l’arcade s’élargit par suite de l’accroissement naturel du maxillaire, detelle sorte qu’en général ces irrégularités disparaissent. Aussi est-il bon, avant de songer à les corriger, d’attendre jusque vers la quinzième année, c’està-dire le moment où la croissance est à peu près terminée.

Jackson a imaginé un appareil assez pratique pour ramener les dents en avant (voir fig. 311). S’il s’agit d’une incisive médiane. ou latérale supérieure qui tombe en dedans des incisives inférieures, on fixe un anneau a sur la dent en hétérotopie, et l’on y soude un petit tube du côté labial : on courbe ensuite un fil métallique élastique h, qui passe au devant des trois dents voisines. L’anneau est

TRAITEMENT DES ANOMALIES

filacé et le fil enfoncé dans la douille ainsi que le montre a figure. L’incisive sera donc attirée vers l’extérieur par suite de la force élastique du ressort, et lorsqu’on veut augmenter la puissance de celui-ci on le retii'e afin d’en modifier la courbe.

Les plans inclinés peuvent servir à corriger la direction des dents qui n’articulent pas avec leurs antagonistes ; tel est le cas représenté dans les fig. 314 et 31.5. La canine supérieure droite est placée trop en dedans et tombe sur la face linguale des dents inférieures. Les deux antago¬

nistes reçoivent une coiffe en or qui supporte un morceau de feuille d’or très épais, soudé obliquement : cet appareil est scellé avec du ciment sur les deux dents inférieures. La canine viendra désormais frapper sur le plan incliné,, se trouvant ainsi peu à peu repoussée en dehors. Ce procédé a l’avantage de ne demander aucune surveillance de la part du dentiste ; en outre l’appareil de contention est inutile, parce que les antagonistes empêcheront que la dent une/ois mise en place revienne à sa première position.

Le même procédé convient également pour l’amener les dents qui sont situées trop en dehors : le plan incliné occupe alors une position symétrique à celle de tout à l’heure, et son action s’exerce sur la dent de dehors en dedans.

Lorsque, pour une raison ou pour une autre (trop grand

écart, absence ou carie des antagronistes) on ne peut employer ce procédé, on aura recours à d’autres appareils parmi lesquelsje ne citerai que ceux quej’ai déjà employés ou que je connais personnellement. Un dispositif assez pratique pour les dents déviées en dedans se compose d’un ül métallique soudé à deux couronnes en or et placé en avant de l’arcade. La dent qu’il s’agit de ramener est simplement entourée par un lien en caoutchouc attaché sur le fil métallique (voir fig. 316 en haut du tableau).

Si la dent est placée trop en dehors, on dispose le fil métallique sur la face linguale des couronnes (hg. 316 en bas du tableau).

La fig. 317 (en haut du tableau) représente une combinaison de ces deux dispositifs. On a soudé deux fils métalliques h et c sur les couronnes en or a, qui recouvrent les molaires, l’une en d.ehors, l’autre à l’intérieur de l’arcade dentaire ; l’appareil permet ainsi de ramener en bonne position les dents déviées en dedans ôu en dehors, suivant le point d’attache que l’on donne à l’anneau de caoutchouc.

Les couronnes en or qui servent à fixer l’appareil seront exhaussées de façon à faire remonter l’articulation ; sans cette précaution la dent ne pourra triompher de la résis-

Fig. 316. — En haut, appareil pour faire sortir une dent: a, couronne en or, cimentée, à laquelle est soudé un cercle ; c, anneau d’or avec crochet. En d est un anneau de caoutchouc. En has, appareil pour ramener une dent antérieure trop en saillie : a, couronnes en or avec fil métallique soudé; 6, c, anneaux de caoutchouc placés autour de la dent située trop en avant.

Fig. 317. — En haut, appareil pouvant servir aussi bien pour les dents situées trop en arrière que pour les dents trop en avant: a, couronne en or avec cercles soudés, 6 et c ; en d sont les anneaux de caoutchouc. En bas, appareil pour repousser en avant toute une série de dents : en a, couronnes en or auxquelles sont soudées des douilles et les rails à crochets. Dans les douilles glisse le fll d’or très résistant 6. Les flèches indiquent l’effet des bandes de caoutchouc fixées aux deux crochets.

Fig. 318. — Appareil très simple pour ramener une dent ; a, couronne cimentée supportant la douille où vient s’adapter le ressort en or, b. En bas est l’appareil de rétention formé par une couronne supportant une barre horizontale.

Fig. 316.

Fig. 317.

Fig. 318.

TRAITEMENT DES ANOMALIES 3G9

tance des antag'onistes pour venir en avant, et les anneaux de caoutchouc sont détruits trop rapidement. Il va sans dire que les couronnes sont scellées avec du ciment. Si les liens de caoutchouc ne trouvent pas une prise suffisante ou pénètrent dans la g’encive, on place des anneaux ou des couronnes en or sur les dents, et l’on ajuste des crochets.

Un ressort en or donne parfois de meilleurs résultats que le caoutchouc. La fig. 318 représente un appareil ainsi établi pour un garçon de quatorze ans qui présentait une antéversion très accusée del’incisive supérieure droite. Une couronne en or (a) scellée sur la 1''^ molaire du même côté porte un petit tube horizontal sur sa face buccale ; dans cette douille pénèti'e à frottement un fil d’or dont l’autre extrémité repose sur la face labiale de la dent déviée (b). Ce fil rond, d’environ 2“'“ de section, forme ressort et devait déployer une certaine force pour vaincre l’obstacle que les antagonistes opposaient au redressement. On pouvait craindre que la molaire sei'vant de point d’apr pui vînt à s’ébranler, et, pour parer à cet inconvénient, on mit également une couronne sur la dent symétrique, en la reliant avec la première au moyen d’une forte bande métallique. Dans les cas plus simples, une seule couronne en or ou même un anneau suffisent amplement.

Le sujet pour lequel fut construit cet appareil revenait toutes les deux ou trois semaines pour faire modifier la courbe du ressort. En quatre mois la dent reprit sa positionnormale, et pour l’y maintenir, onse servit delà coiffe en or représentée au bas delafig. 318. La face linguale de cette coiffe supporte un fil horizontal très résistant qui vient s’appliquer derrière les dents voisines et empêche la déviation de sè reproduire. On la laissa en place pendant six mois, et quand on l’enleva la dent avait acquis une solidité suffisante pour ne plus avoir besoin de soutien.

On peut également redresser avec un ressort èn ôr les dents en rétroversion, mais il faut naturellement rehausser l’articulation et placer le i-essort sur le côté lingual.

c) Rétention complète ou incomplète d’uné dent.

Il est très rare que l’on ait à traiter un cas de rétention complète car la dent qui reste dissimulée sous la gencive est presque toujours incomplètement formée ef surtout

Pheiswerk. Prothèse dentaire. 24

ORTHODONTIE

très difficile à saisir. Russenberg-er rapporte cependant une observation de ce genre particulièrement intéressante. Ayant à soigner un enfant d’une dizaine d’années chez lequel l’incisive centrale supérieure gauche faisait défaut, laissant un espace vide, il constata au moyen de la radiographie que la dent se trouvait incluse dans un repli de la muqueuse contre la cloison des fosses nasales. La racine se dirigeait vers le palais et l’épaisseur de l’os était au centre d’environ 2 millimètres. L’auteur sectionna la gencive audessous delà couronne et tamponna la plaie jusqu’à ce que le périoste fût à découvert.

'Trépanant alors le maxillaire, il dégagea la couronne de l’incisive et perfora la dentine pour y fixer un pivot (fig.

319, a). Les deux dents voisines reçurent chacune une coiffe reliées Tune à l’autre par une bande métallique (fig.

320). Un anneau de caoutchouc fixé sur le pivot venait s’attacher sur la bande ; l’éruption artificielle de la dent s’accomplit au bout de deux mois et demi, mais il fallut redresser les dents voisines qui s’étaient déplacées ; enfin l’opération fut achevée par une obturation à la porcelaine de la cavité laissée par le pivot.

Le même procédé est applicable aux dents dont l'éruption est incomplète : on place des coiffes ou des couronnes sur les dents voisines et on les relie Tune à l’autre par une bande de métal. Les ressorts en or conviennent également pour les molaires, mais leur action s’exerce alors dans un sens perpendiculaire et non horizontal. Remai'quons toutefois que, dans ce cas, il n’est pas nécessaire de perforer la dentine, et qu’il suffit de sceller une coiffe en or sur la

Fig. 321. — En haut, appareil pour ramener une dent en arrière. En bas, appareil à double etfet. La canine est tirée en arrière en même temps que l’incisive est repoussée en avant.

TKAITIÎMENT DES ANOMALIES 371

dent avec du ciment. Lorsque celui-ci est suffisamment durci, la couronne résiste fort Lien à tous les efforts de traction.

[Dans un travail présenté à la Société de médecine de Lyon, Claude Martin décrivit en 1894 la méthode d’enfoncer ou d’allong-er les dents.]

d) Diaslema.

Lorsqu’il n’y a qu’un intervalle assez minime entre deux dents on peut y remédier assez facilement en les entourant avec un anneau en caoutchouc ; mais, si l’écart est plus considérable, il faut employer des appareils spéciaux. Norman, S. Essig- (Philadelphie) se sert d’une vis et d’un écrou disposés ainsi que le représente la fig-. 321 située au haut du tableau. S’il s’agit par exemple comme ici de ramener une canine en arrière, on placera un anneau sur la première molaire et sur la canine. Chacun de ces anneaux porte une boucle ; celle qui se trouve sur la canine reçoit le crochet qui termine la vis, tandis que l’autre sert à maintenir l’écrou. Chaque jour, on donne un tour de vis jusqu’à ce que le résultat obtenu paraisse satisfaisant. La fig. située au dessus de la précédente (communiquée par Zinsstag) montre un appareil du même genre à double effet. La canine se trouve attirée vers l’arrière, tandis que le collet de l’incisive latérale est repoussé en dehors.

Le caoutchouc peut également servir pour des cas analogues. Les dents antérieures surtout se prêtent bien à l’opération du rapprochement vers la région postérieure. La première molaire qui a trois racines et à laquelle les

E rémolaires servent de contrefort, offre en effet un excel- ;nt point d’appui pour effectuer la traction que nécessite le rappel de la canine. Mais il n’en est plus de même lorsqu’il s’agit de ramener une dent vers la région antérieure, caries incisives ne peuvent fournir un point d’appui très résistant. La fig. 322 représente le dispositif qu’il faut alors employer. Le cas que nous prenons ici comme exemple concernait une jeune fille de seize ans. La canine droite supérieure n’avait pas fait éruption, et la radiographie démontra qu’il ne fallait plus y compter. Ceci nous détermina à tenter le rapprochement des prémolaires, au moyen de l’appareil représenté fig. 322. La partie fixe est constituée par deux couronnes en or a et b, dont l'une re-

ORTHODONTIE

couvre la première molaire, et l'autre l’incisive latérale. Deux attelles c, entre lesquelles doivent g'iisser les prémolaires, relient les deux couronnes. Leur mode d’accouplement assure une force de résistance suffisante pour supporter le contre-effet de la traction exercée sur les deux prémolaires. La couronne recouvrant l’incisive latérale reçut un crochet sur chacune de ses faces. La deuxième prémolaire ég-alement protégée par une couronne porte aussi un crochet(d). Dans le but de faciliter le glissement des prémolaires la couronne de la molaire présente une certaine hauteur, de môme quecellequi revêtune dent du

Fig. 322. — ^ Appareil pour régulariser un diastema.

côté gauche (c). Celle-ci est employée pour mieux équilibrer l’effort dont on a besoin. La fig. 323 représente le même appareil en dehors du modèle.

Des anneaux de caoutchouc tendus de chaque côté entre les crochets suivant les lignes en pointillé exerçaient une traction régulière dans le sens indiqué par la flèche.

Au bout de trois mois environ les deux prémolaires se trouvaient reportées en avant de telle sorte que la première occupait exactement la place de la canine.

L’articulation ne laissait rien à désirer : cependant lorsqu’on retira l’appareil, les prémolaires avaient tendance à revenir à leur position primitive et j’estimais nécessaire de faire porter un petit appareil de maintien qui fut

TRAITEMENT DES ANOMALIES

laissé en place pendant six mois. C’était un anneau d’or, scellé sur la première molaire : sa face antérieure sup-

Eortait un ressort dont l’autre extrémité exerçait une iffère pression sur la face distale de la deuxième prémolaire.

[La plupart des malpositions que nous venons de passer en revue seront facilement corrigées au moyen de l’appareil Gaillard. Il se compose de deux coiffes en platine recouvrant chacune à droite et à gauche les petites molaires et les premières grosses molaires. Les capsulesestampées sur les dents portent de chaque côté une visière ou rebord recouvrant de S millimètres environ la gencive. Ces „„„ ^ .

modèle.

deux coiffes, formées en résumé chacune de trois capsules dées ensemble, sont réunies par un b platine, large de 2 mm. s’insérant sur la capsule delà première petite molaire au niveau du collet ; sur la partie supérieure, gingivale de ce bandeau, se trouve une série ininterrompue de petits anneaux obtenus à l’aide d’un fil

Fig. 3â3 bis. — Appareil de Gaillard.

A, galerie surmontant le bandeau ; B, talons en caoutchouc pour élever l’articulé ; C, trous pour le passage des fils d’argent ; E, visière gingivale des capsules ; G, bandeau.

d'or (ancien ressort par exemple) ondulé et soudé au point de contact.

Entre les trois capsules, vis-à-vis des espaces interdentaires, au niveau du collet, on pratique sur les faces juga-

ORTHODONTIE

les et buccales deux trous triangulaires à base tournée du -côté du vestibule.

Les capsules ont leurs surfaces triturantes, pleines, découpées à jour ou recouvertes d’une certaine épaisseur de caoutchouc selon qu’on a besoin ou non d’élever l'articulé. On remplit la concavité des capsules de gutta-percha collante, légèrement chauffée.

L’appareil ainsi préparé est mis en bouche, les dents ayant été préalablement méticuleusement soignées, nettoyées, lavées à l’éther, desséchées ; par les trous pratiqués à l’union des capsules, on passe dans l’intervalle dentaire un fil d’argent de 3/10 de millimètre de diamètre qui est noué, ou mieux tordu et replié en dehors. Quatre fils sont ainsi placés dans les quatre trous qui existent entre les six capsules ; l’appareil, se trouve de la sorte intimement lié au maxillaire ; sa fixité est parfaite et donne un point d’appui inébranlable aux forces employées ensuite pour modifier la direction des dents. A cet effet, on se ser.t de fils de soie, ou mieux de fils de caoutchouc de grosseurs variées, selon la puissance à déployer. Ces caoutchoucs attachés aux anneaux du bandeau au moyen de fils de soie contournent les dents à attirer vers le bandeau, ou sont maintenus, comme des coins, entre ce même bandeau et les dents à repousser.]

e) Prognathisme.

Le' prognathisme, c’est-à-dire la projection antérieure de l’arcade dentaire supérieure, s’observe assez fréquemment. Cette anomalie s’accompagne de l’atrésie du maxil-

Fig. 324 et 325. — Démonstration avec une baleine.

laire qui forme alors un V. Un des premiers, Goffin fit remarquer qu’en élargisssant l’arcade dans le sens transversal, on peut corriger ce vice de conformation. Son appareil est constitué par une plaque en caoutchouc séparée

TRAITEMENT DES ANOMALIES

sur la lig'ne médiane dont les deux moitiés s’écartent progressivement sous l’action d’un fil métallique qui forme ressort (corde de piano). Des auteurs plus récents tels que Heydenhauss, admettent également que l’on peut toujours remédier à ce défaut : « Lorsqu’on écarte les deux extrémités d’une tige courbée comme dans la fig. 324, dit ce dernier, on voit que la flèche de l’arc diminue en même temps (fig. 323). Ce principe est facile à démontrer avec une tige en baleine. Lorsque l’on écarte les côtés d’un maxillaire, les dents antérieures reculent naturellement dans la même proportion. » Cette assertion de Heydenhauss, quelque plausible qu’elle semble à première vue, repose sur un principe erroné, car le maxillaire ne présente qu’une très faible élasticité par rapport à une tige

de baleine. Alors même que l’élasticité serait identique, la déduction resterait fausse, car le recul des dents antérieures ne correspond nullement à l’écart du maxillaire, ainsi que le prouve l’expérience suivante. Prenons un arc de cercle fig. 326, et donnons-lui la forme de la fig. 324. Pour l’amener à la position de la fig. 323, il faut lui donner un écart de 6 centimètres. Si nous mesurons à présent la distance entre la ligne a a et le sommet de l’arc e, nous verrons que ce sommet n’a baissé que de un centimètre. Ainsi, pour reculer les dents antérieures d’une distance x, par la simple extension du maxillaire, supposé élastique, il faudrait écarter ses deux arcades d’une quantité 6 X x, ce qui est souvent impossible. Je ne veux cependant pas dire que l’on ne peut corriger certains cas de prognathisme par l’extension du maxillaire, mais il y a très cei-tainement d’autres facteurs à considérer, tel par exemple

376 ORTHODONTIE

la pression des lèvres, ainsi que Font fait remarquer Sauer et Sternfeld.

Dans cei’tains cas de prog’nathisme très accentués, on aura bien plus à considérer le redressement des dents antérieures que F^larg’issement du maxillaire. Il nous est impossible de reproduire tous les appareils qui se rapportent à ce traitement, mais il y en a fort peu qui soient véritablement pratiques. On ne doit d’ailleurs pas oublier que le g'enre de traitement varie avec chaque individu, et qu’un même appareil ne peut s’appliquer à tous les cas. Les figures 327 et 330 représentent deux types que nous estimons parmi les meilleurs. Tous deux dérivent du même principe : des anneaux de caoutchouc exercent une traction vers la région postérieure, tandis que des fils d’or écartent la mâchoire. Dans le premier cas, le fil d’or constitue un ressort placé en avant de l’arcade, tandis que dans le second, l’élasticité du fil n'entre pas en ligne de compte : sa disposition suffit alors à elle seule pour provoquer l'aplatissement de l’arcade sous l’effort de l’anneau en caoutchouc.

L’appareil (fig. 327) se compose de deux couronnes en or (a, à) scellées sur les premières molaires ; leur face linguale supporte un crochet (d). Les premières prémolaires ont également reçu des couronnes en or (h) dont la face linguale présente une ailette horizontale qui s’appuie sur les dents voisines. Lorsque le redressement s’accomplit, ces ailettes ont pour effet de transmettre le mouvement aux canines et aux deuxièmes prémolaires. La face buccale des couronnes en or placées sur les premières prémolaires offre une boucle où s’engage l’extrémité d’un fil d’or élastique (c) à 14 carats. Ce dernier forme

Fig. 327. — Appareil pour corriger un cas de prognathisme supérieur et élargir le maxillaire : a, couronne en or avec crochets; b, couronne en or avec rails soudés du côté lingual ; c, fil d’or élastique ; e, crochets soudés au fil d’or c. Entre e et d sont tendus des anneaux de caoutchouc. La figure du bas montre le maxillaire après la correction du défaut.

Fig. 328. — Le même appareil'que la fig. 327, pièces séparées : c, fil d'or élastique avéc crochets sondés e; b. couronne de prémolaire avec rail et crochét ; a, couronne do molaire avec son crochet.

Fig. 327.

Fig. 328.

TRAITEMENT DES ANOMALIES 377

lui-même un point d’appui pour le crochet (e) qui s’y trouve relié par une étroite bande d’or. Ce crochet passe entre les deux incisives médianes, et son extrémité palatine présenteuneplaquettedestinéeàprotég'erla muqueuse. La fig-. 328 reproduit les différentes pièces de l’appareil que nous venons de décrire.

Lorsque l’appareil est en place, on réunit- les crochets des premières molaires (d) avec l’extrémité du crochet e, au moyen de deux anneaux en caoutchouc qui tendront à ramener les dents antérieures vers l’arrière, tandis que le

Fig. 329. — Appareil pour maintenir le maxillaire supérieur après le redressement.

fil ressort e écartera la mâchoire suivant la lisrne en pointillé.

Le modèle qui figure à la partie inférieure de la figure 327 montre le résultat du traitement. La contention fut ensuite réalisée à l’aide de l’appareil représenté fig. 329 et dura huit mois. •

La présence des anneaux en caoutchouc contre la voûte palatine est assez pénible à supporter pour le patient. Aussi, lorsque la déformation de la mâchoire n’est pas trop considérable, nous avons recours à l’appareil fig. 330. Celui-ci convient particulièrement dans les cas où. les dents se trouvent séparées, ou bien lorsque l’on a pratiqué l’extraction des premières prémolaires afin de créer de la place. Ici éncore les premières molaires reçoivent une couronne en or (a) dont la face jugale supporte un

Fig. 330. — Appareil de redressement pour maxillaire supérieur très étroit,

neau.x en caoutchouc passent dans les crochets (e et c). Ces anneaux exercent une traction énergique sur les dents antérieures et seront renouvelés tous les deux ou trois jours. Notons encore que la courbe à donner au fil d’or n'est pas sans intérêt car c’est elle qui déterminera plus tard la forme définitive de l’arcade, lorsque les dents auront pris leur nouvelle position.

Cet appareil a l’avantap'e d’une grande simplicité, les douilles impriment au fil la direction voulue, de telle sorte qu’il ne peut remonter vers la gencive ou descendre sous l’articulation. Il est toujours facile de contrôler l’action de l’appareil, d’après la longueur du fil qui dépasse

378 ORTHODONTIE

petit tube horizontal. Ce dernier sert lui-même de point d’appui au crochet e ouvert en arrière. Un fil d’or, épousant la forme de l’arcade, présente de chaque côté de celleci un crochet e ouvert en avant et constitue tout l’appareil de redressement. La fig. 331 en représente une vue latérale.

Lorsque le ciment qui a servi' à sceller les couronnes en or est parfaitement durci, on engage les extrémités du fil dans les douilles ménagées à cet effet, tandis que des an-

TRAITEMENT DES ANOMALIES

en arrière des tubes. Le caoutchouc est moins g-ênant pour le patient que lorsqu’il est placé du côté lingual. Le sujet peut en outre fixer lui-même le caoutchouc à l’aide d’une

Fig. 331. — Le même, vu de côté.

pince ordinaire et ceci est à mon sens une considération très importante.

Après le redressement, il faut naturellement faire usage d’un appareil de maintien : celui-ci consistera dans la

Fig. 332. — Appareil de redressement de Wiltzel lorsque les dents supérieures se trouvent projetées trop en avant.

plaque amovible déjà représentée plus haut, ou bien se réalise encore en recourbant tout simplement les extrémités du fil, au delà du tube, de façon à assurer, sa fixité. En ce cas il faut observer très rigoureusement les soins de propreté

ORTHODONTIE

que nous avons déjà indiqués : sans cette précaution les dents ne tarderaientg-uère en effet à se carier, d’autant que l’on sera parfois obligédelaisserl’appareilen place pendant très longtemps. L’appareil fig. 329 nous semble donc préférable.

Ant. Wifzel a fait connaître un procédé original pour corriger leprognatisme. Son appareil est formé parles plans inclinés d’une plaque en caoutcnouc qui s’ajuste sur la mâchoire inférieure. Un fil d’or très résistant part delà plaque et se dirige très obliquement pour aller s’appliquer contre

Fig. 333. — Appareil de redressement de Bruek dans les cas de prognathisme qui ne sont pas accompagnés d’un rétablissement du maxillaire.

les dents antérieures de, la mâchoire supérieure (fig. 332). Les efforts de la mastication suffisent alors à repousser celles-ci.

W. Bruck a imaginé l’appareil fig. 333 pour corriger les cas de prognatismequi ne s’accompagnent pas de rétrécissement du maxillaire : l’examen de la figure fera suffisamment comprendreson dispositif. Les dents sont attirées par des bandes de caoutchouc qui réunissent le point a au point b.

[Martinier, dans le cas de prpgnatisme du maxillaire supérieur, emploie un appareil très simple, et qui lui donne d’excellents résultats. Il se compose, ainsi que le démontre la fig. 334, 1° d’une coiffé métallique engainant les deux incisives centrales et sur laquelle sont soudés en avant et

TRAITEMENT DES ANOMALIES 381

en arrière des anneaux ; 2» d’une plaque métallique emboîtant ou enserrant les molaires et laissant libre la partie antérieure du palais ; 3° de deux élastiques; l’un passe dans l’anneau antérieur de lacoifîe incisiveet s’attachede chaque côté sur la portion externe gingivale de la plaque ; l’autre passe dans Vanneau postérieur et a ses .deux chefs attachés

Fig. 334. — Appareil Martinier.

sur la plaque dans la région palatine proprement dite, au voisinag-e des molaires.

La coiffe métallique est fixée au ciment ; la plaque peut être enlevée pour des nettoyages fréquents delà bouche ; les fils de diamètre variable sont changés au fur et à mesure des besoins, selon l’intensité des forces qu’on désire obte-

f) Progénisme.

Tous les appareils que nous venons de passer en revue sont destinés à la mâchoire supérieure, mais de légères modifications permettront de les appliquer également à la correction de la mâchoire inférieure. On aura soin dans

ORTHODONTIE

ce cas que les boucles, crochets, etc., ne puissent venir blesser ou irriter la langue.

L’appareil de Heydenhauss convient parfaitement pour élargir la mâchoire inférieure. Des couronnes reliées les unes aux autres recouvrent toute l’arcade inférieure, et l’on soude de chaque côté une charnière ouverte où s’engage un fil d’extension qui épouse la forme de l’arcade côté lingual.

g) Opisthognathisme et Opisthogénisme.

Ces anomalies proviennent le plus souvent d’un arrêt dans le développement des maxillaires, et l'on n’arrivera guère à les corriger au moyen d’un appareil que lorsqu’elles ne sont pas trop accentuées.

Personnellement j’ai pu enregistrer quelques succès relatifs à ces vices de conformation par l’usage des plans inclinés. Si pour une raison quelconque on ne peut les appliquer, on emploiera les appareils qui servent dans les cas de prognathisme, mais la traction doit alors se faire dans le sens opposé. Pour cela on place sur des molaires, des couronnes (fig. 317 a en bas) qui portent un petit tube horizontal sur leur face linguale. Un fil d’or résistant terminé par un crochet part de la couronne et se dirige vers la région antérieure en s’appliquant sur la face linguale des dents proximales (fig. 317 c). Un autre fil h dont les extrémités s’engagent à travers les tubes et se terminent aussi par un crochet suit également l’arcade et forme l’appareil de redressement. Deux anneaux en caoutchouc tendus entre les crochets situés du même côté de la mâchoire exercent leur action dans le sens de la flèche.

Mon expérience personnelle me permet d’affirmer que cet appareil donne d’excellents résultats. Lorsqu’on veut élargir en même temps le maxillaire, on donne au fil {b) une certaine élasticité qui lui permettra d’agir comme un ressort.

h) Atrésie des maxillaires.

[Nombre d’irrégularités de disposition des dents coïncident avec une atrésie plus ou moins grande des arcades maxillaires, aussi sommes-nous d’avis dans ces cas si fréquents de commencer le redressement par une dilatation, une extension des maxillaires.

TRAITEMENT DES ANOMALIES

La plupart des auteurs ne se sont g-uère occupés que de dilater le maxillaire supérieur et c’est ainsi que furent imaginés les appareils de Coffin, Kingsley (fig. 33S), Francis- Jean, d’Argent, etc. Sans entrer dans le détail de la construction de ces appareils, disons qu’ils sont formés d’une plaque palatine en caoutchouc qui vient recouvrir les molaires ou simplement appuyer contre leurs collets, et que cette plaque fendue en deux parties d’avant en arrière, soit ces deux volets ainsi formés écartés progressivement soit par un ressort en fil d’acier, soit par une ou plusieurs-

Fig. 335. — Appareil de Kingsley modifié par d’Argent.

AA, plaque de vulcanite ; B, double vis de Jack ; G, coulisseau antérieur ; D, coulisseau postérieur.

vis de Jack, la dilatation pouvant être guidée par descoulisseaux.

Les mêmes procédéspeuvent être employés pour l’extension du maxillaire inférieur; toutefois, la rigidité et la puissance de ces appareils est moindre que dans les applicationsprécédentes, car on ne peut alors disposer de forces agissantes que dans la portion antérieure, la langue s’interposant dans la région des molaires.

Ces appareils extenseurs sont excellents lorsqu’il s’agit de ne dilater que l’un ou l’autre des maxillaires, mais lorsque l’atrésie siège en même temps sur les deux arcades dentaires, au lieu d’agir successivement sur chacune d’elles, il est préférable d’employer les appareils de Rodier ou de Pierre Robin.

La fig. 336 représente l’appareil à double plan incliné

384 ORTHODONTIE

de Rodier, permettant la dilatation simultanée des deux arcades dentaires. Construit en caoutchouc vulcanisé il s’applique sur toute la surface linguale des dents et des procès alvéolaires inférieurs et coiffe environ la moitié interne des faces triturantes des molaires et prémolaires.

La partie qui recouvre ces dents est taillée de chaque côté en plan incliné de bas en haut et de dehors en dedans, dq façon à permettre aux dents supérieures correspondantes d’y glisser dans l’occlusion des mâchoires.

Ûn trait de scie au niveau de la ligne médiane divise l’appareil en deux parties qui sont réunies par une double glissière de Francis Jean.

L’écartement peut être obtenu par le patient lui-même. Il suffit de mettre dans chacune des gaines de la glissière un petit fragment de fil ou de cordonnet de trois ou huit millimètres de longueur. Ces fils sont ajoutés tous les jours ou tous les deux jours selon la tolérance dù porteur.

La fig. 337 nous donne l’écartement obtenu au bout de six semaines dans le cas représenté fig. 336.

D’après P. Robin, les irrégularités de la dentition tiennent essentiellement à ce que la somme des diamètres mésio-distants des dents est supérieur à la longueur de l'arc maxillaire dans lequel elles sont implantées. Ces irrégularités quoique plus accentuées au maxillaire supérieur qu’à l’inférieur, sont solidaires l’une de l’autre, et très souvent, le redressement effectué en haut ne pourra être durable à cause de la persistance de la malformation du bas.

Pour réaliser le redressement idéal, il faut donc obtenir simultanément des modifications adéquates des deux arcs dentaires, c’est-à-dire donner aux arcs mandibulaires une longueur au moins égale à celle de la somme des diamètres mésio-distants des dents et en même temps et pendant toute la durée du redressement, conserver l’engrènement des dents qui articulent ensemble.

Pour arriver à ce résultat, P. Robin a imaginé un appareil qui tapisse toute la surface de la cavité buccale, muqueuses et dents-, sauf le plancher de la bouche qui reste libre (fig. 338).

Cet appareil construit en caoutchouc vulcanisé peut être divisé en segments indépendants, qui, reliés entre eux par des vis de Jack disposées dans des directions convenables.

TRAITEMENT DES ANOMALIES

Fig. 336. — Appareil de Rodier au moment de sa misé en place.

Fig. 337. — Appareil de Rodier dans sa position extrême d’écartement. AA, face des plans inclinés ; BB, gaines où se placent les fils ; CG, tiges glissant dans les gaines.

Pheiswehk. Prothèse dentaire. 25

permettent, quand on les fait tourner, d’aug-menter tous les diamètres de l’arc maxillaire.

L’appareil construit sur des modèles de plâtre articulés entre eux, peut se placer dans la bouche sans s’opposer à l’occlusion complète des mâchoires. Dans ces conditions les actions se produisent toutes de dedans en dehors.

Le malade lui-même peut tourner les vis de la quantité

Fig. 338. — Appareil dilatateur des deux maxillaires du Dr P. Robin.

suffisante pour qu’il ait un effort à faire en fermant les mâchoires.

L^appareil se porte constamment, sauf pour mangrer, les malades arrivant, au bout de quelques jours, às’exprimer presque correctement.

Les redressements faits avec cet appareil satisfont à la plupart des desiderata. Les deux rnaxillaires restent toujours articulés, quelle que soit l’expansion qu’on leur donne, et la persistance du redressement est assurée par le seul fait cle l’engrènement parfait entre les dents des deux maxillaires.

Mobilisation en masse ou parallèle des dents.

La plupart des travaux signalés dans ce chapitre ne semblent guère s’être occupés que de modifier la position et la direction de la couronne des dents, sans trop penser à celles des racines et on peut dire que jusqu’à

Page 1