MOBILISATION EN MASSE OU PARALLÈLE DES DENTS
l’apparition des publications de Case on n’avait point la possibilité d’obtenir une mobilisation totale, égale de toutes les parties constitutives de la dent. En France, sauf le remarquable article de Martinier sur le redressement vertical et parallèle de deux canines (Laboratoire, sept. 1906), les travaux de ce genre sont encore trop peu connus, aussi ai-je cru intéressant de prier le D'' de Nevrezé de nous donner ici un résumé des doctrines puisées auprès de son maître Case. Je lui laisse la parole.
« Actuellement grâce aux méthodes fixes on peut dire que les mouvements des dents possibles en orthodontie sont portés au nombre de cinq : ce. sont par ordre d’importance décroissante :
1“ L’inclinaison avec ses deuxmodalités ; a, avec mobilisation de l’apex ; h sans mobilisation de l’apex;
2° La mobilisation en masse, appelée encore mouvement parallèle à l’axe ;
3“ La rotation ;
4° L’extrusion ou élongation extra-alvéolaire ;
5“ L’intrusion ou enfoncement intra-alvéolaire.
Ce sont uniquement les deux premiers mouvements qui nous occuperont et particulièrement le second, le mouvement parallèle ou en masse, qui n’est, ainsi que nous le verrons plus loin, qu’un dérivé du premier mouvement, l’inclinaison.
L’inclinaison est le mouvement qui consiste à appliquer une force enun point quelconque d’une couronne pour la mobiliser dans le sens directement opposé.
On peut donc comparer, d’une part la dent et d’autre part la force qu’on lui applique et la résistance que son alvéole présente, à un ensemble mécanique qui correspond assez bien à un levier.
Car qu’est-ce qu’un levier sinon une barre rigide sollicitée par deux forces, une résistance et une puissance mobile autour d’un point fixe ?
Théoriquement, il existe trois sortes de leviers qui varient suivant le point d’application de la puissance P par rapport au point fixe et à la résistance.
Ils sont tous trois applicables et appliqués en orthodontie.
Nous supposerons dans les cas différents que nous examinerons, l’axe des dents trop incliné de haut en bas, et d’arrière en avant et nécessitant correction.
ORTHODONTIE
La figure a représente un levier du premier genre oii interfixe avec point d’appui F entre la résistance R et Ja ■puissance P.
Dans le cas présent, F représente un point de la paroi filvéolaire linguale situé à peu près à l’union du 1/3 supérieur ou apical avec les 2/3 inférieurs.
R représente l’apex qui se mobilise en sens inverse de la direction de la Puissance mobilisatrice P.
La figure 8 représente un levier du 2® genre ou inter-
Pig. 338 bis. — Les trois sortes de leviers, a, Levier du premier genre. — g , Levier du second genre. — y. Levier du troisième genre ; R := résistance ; F= point d’appui ; P = puissance.
résistant avec là résistance R entre le point d’appui F et la puissance P.
Dans ce cas, F représente l’extrémité apicale de la dent, R la résistance que présente la paroi linguale de l’alvéole et P la puissance qui incline la dent dans le même sens qu’elle, sans mobiliser l’apex qui reste immobile.
La fig. y représente un levier du 3® genre ou interpuissant avec la puissance P entre le point d’appui F et la résistance R.
Dans ce cas, le point F est au niveau du bord incisif de la dent, la résistance R est toute au niveau de l’apex qui se mobilise seul dans la même direction que la puissance mobilisatrice P. On remarquera le bras de levier très court FP de là puissance par rapport à la résistance FR.
11 en résulte que le' levier en question est surtout un levier de vitesse, extrêmement rapide, ainsi d’ailleurs