‹ Atlas-manuel des maladies de l'oreilleChapitre 107 sur 133 · B. — TUMEURS MALIGNES · texte numérisé non relu

B. — TUMEURS MALIGNES

1. Sarcomes. — Ils peuvent avoir leur point de départ dans le lobule ou 1 le tragus, ils se développent ensuite dans la profondeur jusqu’à l’os et amènent la mort par complication intracrânienne. Généralement ils tirent leur origine de la muqueuse de la caisse, des cellules mastoïdiennes, du périoste de l’apophyse (d’où pseudo-fluctuation), de la dure-mère qui tapisse le rocher. Quand le tympan s’est perforé il se produit une otorrhéè fétide, le conduit se remplit de masses végétantes, ulcérées, saignantes.

Les sarcomes se distinguent des polypes par leur surface ulcérée, les douleurs intenses qu’ils déterminent, les

hémorrhagies qu’ils provoquent, leur marche rapide et le résultat de l’examen histologique.

[Si la tumeur est opérable, on fera l’ablation de toutes les parties envahies par le néoplasme, au besoin la résection totale du rocher par le procédé de Chaput.]

2. Tumeurs du nerf auditif. — Les nevromes, gliomes ou fibro-sarcomes primitifs du nerf auditif adhérent au tronc nerveux et ont un aspect pyriforme (planche 32). Ils pénètrent dans le conduit auditif interne par un pédicule très solide, s’insinuent entre le tronc nerveux et le cerveau et atteignent souvent le facial. Au point de vue symptomatique, à côté de la surdité il existe généralement des troubles cérébraux. Les tumeurs du nerf auditif sont plus souvent secondaires et consécutives à des tumeurs du cerveau ou de la dure-mère, en général à des sarcomes.

3. Carcinome. — Le carcinome est la plus fréquente des tumeurs malignes de l’oreille (planche 15), il peut débuter dans toutes les régions : tantôt au pavillon, à la partie supérieure de l’hélix, sous forme de petite nodosité qui plus tard devient une tumeur bosselée, molle, ulcérée* qui gagne toutes les parties molles et le temporal; tantôt dans le conduit où il affecte la forme d’un eczéma ou d’une ulcération, à marche rapide, saignant facilement et végétant par la suite; tantôt enfin dans l’oreille moyenne et l’apophyse, il se développe alors après des otorrhées longtemps chroniques ou même après épidermisation de la muqueuse de la caisse, il envahit le temporal et le rocher et peut même pénétrer à travers la capsule résistante du labyrinthe en détruisant le nerf auditif (planche 36).

Le carcinome auriculaire se traduit par de très violentes douleurs, une suppuration fétide, des hémorragies abondantes, un engorgement ganglionnaire, une paralysie précoce du facial et un développement de végétations carcinomateuses visibles dans le conduit et implantées sur une large base; cet ensemble symptomatique est confirmé par l’examen histologique. La mort survient par méningite, abcès du cerveau, dix-huit mois environ après l’apparition de la tumeur.

Il faut signaler les cas où l’oreille est envahie secondai-

MALFORMATIONS DE l’oREILLE

rement par un carcinome de la parotide, de la langue ou du maxillaire supérieur.

[Le traitement, quand il est possible et que la tumeur est limitée, consiste dans l’extirpation précoce et radicale du néoplasme.]

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