Otoscopie
a. Éclairage.
Gomme la lumière du jour qui tombe directement à l’entrée du méat auditif n’est pas suffisante pour éclairer le conduit et la membrane du tympan, on emploie soit la lumière directe, soit la lumière réfléchie.
MÉTHODES D’EXAMEN
- h' éclairage direct utilise une source lumineuse très vive et se pratique à l’aide d’une lampe électrique soit frontale (fig. 19), soit à main (fig. 20).
Il est préférable d’examiner le fond de l’oreille avec la lumière réfléchie (de Trôltsch). Dans ce but, on se sert d’un réflecteur formé par un miroir concave, d’un diamètre de 10 centimètres environ, d’une distance focale de 15 centimètres (fig. 21), muni d’une ouverture centrale. On tient ce
miroir à la main ou mieux encore on le fixe à un bandeau ou à un ressort fronto-occipital au moyen d’une articulation mobile.
On emploie comme source de lumière , soit celle du jour (prendre un miroir plan si on se sert de la lumière solaire, Lucae), soit la lumière artificielle : bougie, lampe à pétrole, lumière électrique, gaz. Un cylindre muni d’une échancrure, qu’on place autour du manchon d’un bec Auer, par exemple, protège médecin et malade de la chaleur et renforce la lumière.
[Le meilleur mode d’éclairage est constitué par le miroir de Clar (fig. 19) sphérique et concave, au foyer duquel se trouve une petite lampe électrique fixée à une tige mobile; la surface réfléchissante est percée de deux orifices qui permettent la vision binoculaire. Ce miroir se fixe sur la tête au moyen d’un ressort fronto-occipital. Pour avoir une
EXAMEN DU MALADE
bonne lumière il est bon d’utiliser des lampes de 8 volts 0,7 ampère. Dans les opérations longues telles que l’évidement pétro-mastoïdien, il est préférable de faire pivoter le miroir autour d’une charnière qui le relie au ressort, le miroir se trouve alors surélevé , situé au milieu du front, et on l’incline légèrement de manière à éclairer, tout le champ opératoire : l’œil ne regarde plus alors à travers les orifices latéraux, mais directement l’os à trépaner, et la vision soulagée. Fig- 21, — Miroir frontal.
Cette position
du miroir rend encore des services dans les interventions pharyngo-amygdaliennes.]
b. Position du médecin et du malade.
Le médecin et le malade sont assis, l’oreille à examiner dirigée vers le médecin, la lumière placée à la hauteur de l’oreille, un peu en arrière du malade et aussi rapprochée que possible de sa tête, de manière à ce que les rayons lumineux arrivent le plus perpendiculairement sur le miroir. Celui-ci étant bien assujetti sur le front, on regarde par l’orifice central.
c. Examen du conduit auditif.
a) Sans instruments. — Le pavillon et le conduit étant bien éclairés on pratique l’examen du conduit d’abord sans
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spéculum en tenant le pavillon de l’oreille entre le médius et l’index de la main gauche et en le tirant en haut et en arrière. (Chez l’enfant jusqu’à l’âge de deux ans, la traction doit être faite en bas et en arrière.) On examine : 1° la coloration de la peau, qui est brillante, souvent recouverte de masses brunâtres et de débris épidermiques; celle du conduit osseux est en général lisse et jaunâtre; 2° le calibre du conduit, sa lumière est parfois telle qu’elle permet
d’examiner le tympan sans spéculum en faisant ouvrir la bouche du malade en même temps qu’on fléchit le tragus en avant; 3° son contenu enfin (furoncles, polypes, pus, liquide pulsatile, etc.).
P) Avec spéculum. — La présence de poils à l’entrée de l’oreille, de débris épithéliaux, de cérumen, la contiguïté des parois cartilagineuses du conduit auditif empêchent le plus souvent l’examen du tympan. Dans le but de supprimer ces obstacles et d’élargir le conduit cartilagineux on emploie des spéculums.
Ceux-ci sont cylindriques ou coniques, en caoutchouc durci ou mieux en métal, de
Fig. 22. — Spq- 4 dimensions différentes et stérilisables. zor Pour introduire le spéculum, après avoir
bien éclairé et examiné le conduit sans instrument, attiré le pavillon avec le médius et l’index gauche en arrière et en haut, on le place en le tenant avec le pouce et l’index de la main droite à l’entrée du conduit cartilagineux dans lequel on le fait pénétrer en exécutant de petits mouvements de rotation.
On ne doit pas pratiquer l’introduction du spéculum sans faire l’éclairage préalable, pour éviter la douleur et ne pas méconnaître des affections du conduit auditif (furoncles). L’examen au spéculum ne doit provoquer aucune douleur, parfois il détermine de la toux, rarement des nausées et des syncopes, accidents dus à l’irritation du rameau auriculaire du pneumogastrique qui innerve la peau du conduit. Il faut enfin éviter de toucher le conduit auditif osseux avec l’extrémité de l’instrument dont le contact
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pourrait déterminer une sensation douloureuse et une . excoriation.
On doit toujours employer pour chaque malade le plus large spéculum’ possible et chaque fois un instrument qui n’ait pas encore servi : on a en effet observé des épidémies d’otite externe dues à ce manque de précautions et à ce défaut d’antisepsie.
Après avoir introduit le spéculum , on le fixe avec l’index et le pouce de la main gauche tandis que la droite reste libre et peut manier les intruments. On approche l’œil le plus près possible de l’oreille à examiner. Les myopes et les presbytes devront garder leurs verres ou employer des verres de correction placés derrière l’orifice central du miroir.
Selon la largeur du conduit, la plus ou moins grande convexité de ses parois inférieure et antérieure, on peut apercevoir une surface plus cm moins grande du tympan. Une saillie, assez forte de la paroi inférieure du conduit, par exemple, rend impossible l’examen de la moitié antéroinférieure du tympan, car la dilatation du conduit osseux et impraticable. Souvent on ne peut examiner le fond du récessus du méat auditif externe, et les corps étrangers qui s’y logent peuvent échapper à l’otoscopie. Au cours de l’examen on doit inspecter successivement toutes les parois du conduit auditif et la surface de la membrane du tympan en élevant, abaissant et déplaçant l’instrument. La paroi postéro-supérieure du conduit, souvent siège de fistules, a une coloration blanchâtre, uniformément pâle; c’est elle qu’on aperçoit tout d’abord après l’introduction du spéculum il ne faut pas la prendre pour le tympan.
y) Après nettoyage. — Si l’introduction du spéculum ne suffit pas à déplacer les squames épidermiques et le cérumen, si la lumière du conduit reste obstruée et rend impossible l’examen de la membrane tympanique, il faut nettoyer le conduit.
On le fait : 1° A l’aide d'instruments (cure-oreille, pincé coudée (fig. 24) ou pinces (fig. 23) et sous le contrôle du miroir. Ces intruments doivent être construits de manière à pouvoir s’ouvrir dans le spéculum le plus étroit. D’une
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manière générale, il est préférable de nettoyer le conduit auditif par ce procédé car l’injection congestionne le tympan.
2° Au moyen d'injections. — Comme instruments, on emploie une grande seringue aseptique ou une poire en
caoutchouc avec des embouts én verre, stérilisables, qu’on peut changer (fig. 25). Au dessous de l’oreille sera placé un bassin réniforme (fig. 26) destiné à recueillir le liquide. On doit toujours se servir d’eau stérilisée tiède, car l’injection pourrait produire une infection de la caisse dans le cas d’un cérumen, par exemple, recouvrant une perforation traumatique du tympan. L’embout de la seringue sera fixé assez fortement dans la seringue pour éviter qu’il ne soit projeté en même temps que le jet au fond de l’oreille. Avant l’injection, on prendra soin de chasser toutes les bulles d’air de
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la seringue. Pour faire le lavage, on tire le pavillon de l’oreille en haut et en arrière, on applique l’embouchure de la seringue directement contre la paroi postéro-supérieure du conduit, sans l’introduire toutefois trop profondément. Le jet coulera horizontalement le long de la paroi du conduit jusqu’à la membrane du tympan, de là en bas dans le récessus du méat, puis de nouveau en avant et en dehors en chassant l’obstacle. Au début il ne faut user que d’une pression faible. Si elle est trop forte ou si on emploie de l’eau froide, on peut provoquer des vertiges, des bourdonnements et une syncope. En cas de perforation du tympan il arrive souvent que l’eau tombe dans le pharynx supérieur. Le lavage terminé, séchez le pavillon et le conduit avec un porte-coton en lui faisant exécuter des mouvements de haut en bas et de droite à gauche, les mouvements de rotation dans le conduit étant désagréables. Fig u
[Une technique très simple pour faire les Pince de Polavages de l’oreille consiste à employer un bock lltzerà injection ordinaire, en tôle émaillée ou en verre. Au besoin, dans une clinique ou un hôpital, on peut l’adapter à un support sur lequel il est mobilisable et peut être élevé ou abaissé selon la pression nécessaire (forte pour un cérumen, faible pour une otite suppurée). Cette disposition adoptée dans certaines salles d’opérations chirurgicales ou dans les services des Fig. 25. — Poire en Fig. 26. —Verre de . • . caoutchouc. Hartmann.
voies urinaires peut rendre de grands services en économisant la perte de temps
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nécessité parle remplissage des seringues dont le fonctionnement est toujours plus ou moins aléatoire. A l’extrémité du tube de caoutchouc est fixée une canule en verre, stérilisable et qui baigne constamment dans une solution antiseptique. Ce procédé de lavage est très commode pour l’usage en ville].
d. Examen du tympan.
Le conduit étant nettoyé, la lumière étant bien réfléchie par le miroir sur le tympan, on doit successivement considérer : la configuration de la membrane, sa coloration, sa transparence, son degré d’inclinaison, son éclat, sa mobilité.
1° Configuration de la membrane dü tympan. — On voit en avant et en haut (dans l’oreille droite à droite, dans l’oreille gauche à gauche), une petite saillie jaunâtre : la courte apophyse du marteau , au-dessous et la continuant en quelque sorte : le manche du marteau ; celui-ci se termine un peu au-dessous du centre de la membrane par un point rétracté, X ombilic-, en bas et en avant de celui-ci se trouve le reflet lumineux, triangulaire, dont le sommet est à l’ombilic et la base à la périphérie, près du cadre; il est parfois strié ou interrompu en son milieu. Au-dessus de la courte apophyse en avant et en haut vous voyez la membrane de Shrapnell avec le pli supérieur (fig. 6), légèrement affaissée, limitée en bas par le pli antérieur. Après avoir bien déterminé ces points de repère, on peut diviser le tympan en 4 quadrants : antéro-supérieur, postéro-supérieur, antéro-inférieur et postéro-inférieur.
2° Coloration. — Elle se compose de sa coloration propre, spéciale, qui est grise et en outre comme le tympan est transparent de la Coloration du contenu de la caisse et de sa paroi interne. A l’état normal, la membrane est grise, plus sombre dans la moitié antérieure que dans le segment