EXAMEN DU
postérieur, blanc jaunâtre chez les enfants et les vieillards. Le bourrelet annulaire apparaît blanchâtre principalement en haut et en arrière. La coloration du tympan peut être modifiée : a) par des changements de sa coloration propre, par exemple dans l’inflammation, la congestion (le tympan devient rouge par injection du manche du marteau après introduction du spéculum, phénomène dû à l’irritation de l’artère du méat auditif externe); b) par des changements de coloration du contenu de la caisse (jaunâtre en cas d’exsudat); c) à des troubles de coloration de la paroi interne (rougeur en Cas d’hyperémie).
3° Transparence. — La transparence de la membrane tympanique permet parfois d’apercevoir au travers le contenu normal de la caisse, par exemple la branche inférieure de l’enclume, l’étrier, les poches de Trôlstch, la corde du tympan, la fossette de la fenêtre ronde, etc. (fig. 6). Si le tympan est très aminci en certains points, par une cicatrice siégeant par exemple dans le quadrant postérosupérieur, l’articulation de l’enclume et de l’étrier apparaît aussi nette que si elle était à découvert (planche 39, 23). Lorsque le tympan est perforé, les différents organes de la caisse sont visibles selon la dimension et la situation de la perforation. En cas de destruction totale de la membrane on peut voir l’image de toute la paroi interne de la caisse (planche 39, 7). Si le mur de la logette n’existe plus, on aperçoit la coupole. La transparence normale du tympan peut être . troublée par un épaississement, des dépôts calcaires, des zones de ramollissement, d’infiltration (planche 38, 9) ; à l’état normal il existe une zone d’opacité autour de l’ombilic.
4° Éclat. — La présence de glandes cérumineuses donne au tympan un aspect brillant. Chez le vivant la lumière réfléchie détermine la formation sur la membrane d’un reflet, affectant une forme triangulaire, due à la disposition infundibuliforme du tympan et à la convexité de son quadrant antéro-inférieur (Trautmann, Politzer). Il existe en outre d’autres reflets, en avant et en bas dans le sillon tympanique (Bezold), et dans la membrane de Shrapnell. Le reflet lumineux dépend de l’inclinaison du quadrant antéro-
MÉTHODES D’EXAMEN
inférieur : si le tympan s’enfonce ou au contraire bombe en ayant le reflet est strié longitudinalement, parfois punctiforme, et s’éloigne de l’ombilic (planche 38, 8).
5° Inclinaison. — - Elle varie suivant que le tympan s’enfonce (rétractions cicatricielles) ou présente un bombement (en cas d’épanchement dans la caisse). Quand la membrane se rétracte, la courte apophyse, très saillante, détermine la formation d’un pli, pli postérieur, dans le quadrant postéro-supérieur; parfois aussi la production d’un
pli antéro-supérieur (planche 38, 8). Dans ces cas, l’extrémité du manche du marteau attirée en dedans touche souvent le promontoire, le manche est vu en raccourci, de sorte que l’om-
Fig. 28. — Spéculum pneumatique.
bilic semble se trouver directement presque au-dessous de la courte apophyse. Par conséquent, la moitié inférieure du tympan paraît plus grande que la supérieure, le segment postérieur plus petit que l’antérieur.
6° Mobilité. — On recherche la mobilité de la membrane avec le spéculum pneumatique de Siegle (fig. 28). Il consiste en un entonnoir fermé en haut par une lame en verre oblique. L’air contenu dans l’espace limité par la lame de verre (a) peut être condensé et raréfié au moyen d’une poire en caoutchouc reliée par un tube. Gomme le tympan est mobile, il exécute des mouvements oscillatoires si, le spéculum introduit hermétiquement dans le conduit auditif, la poire est alternativement comprimée. Normalement, le plus grand mouvement d’amplitude se produit dans la moitié postérieure du tympan et à l’extrémité du manche du marteau; en même temps on voit le reflet lumineux se raccourcir et les vaisseaux du manche s’injecter fortement. La mobilité est diminuée quand le tympan est épaissi, elle est
EXAMEN DU MALADE
abolie aux points d’adhérence, augmentée dans les zones amincies, par exemple au niveau des cicatrices'. Dans les vastes perforations la mobilité disparaît, et sur la muqueuse pâle de la caisse apparaissent des vaisseaux hyperémiés après l’aspiration. Dans les suppurations il est possible d’aspirer le pus par la raréfaction de l’air et il est important d’observer le point pré- ï cis de la caisse où le pus apparaît.
Quand on désire avoir une image agrandie du tympan on place une lentille biconvexe dans le spécu-
lum de Siegle à la place de la lame de verre. I
7° Otoscopie intratympanique. — Quand il existe de très larges perforations du tympan, I
on peut introduire un petit spéculum en métal |
dans la caisse qui permet de voir l’attique, l’adi- |
tus, les synéchies, etc. (Botey, de Trôltsch, Bing). I