MALADE
voir son bec en arrière, en avant et en haut. Elle se trouve alors fixée par la narine.
Jp\ 3e temps. Insufflation d'air. — On introduit l’air au moyen d’une poire de Politzer munie d’un caoutchouc de 80 centimètres environ dont l’extrémité libre présente un embout s’adaptant à la sonde. La poire est placée sur les genoux du médecin qui la prend dans la main droite de manière à ce que l’éminence thénar obture l’orifice latéral, puis on la comprime six à huit fois de suite, énergiquement, en soulevant chaque fois l’éminence thénar. Quand la muqueuse de la trompe est très tuméfiée* il faut exercer une pression beaucoup plus forte; des mouvements de déglutition faciliteront l’entrée de l’air. Pour avoir un courant d’air continu, on se sert d’un . appareil à deux poires (Ltlcae), et pour obtenir de fortes pressions on utilise une pompe à compression. Les insufflations ne sont aucunement douloureuses, elles déterminent parfois des nausées, et les efforts que fait le malade peuvent gêner le cathétérisme.
4e temps. Retrait du cathéter. — Après avoir déposé la poire de Politzer, on retire doucement la sonde avec la main droite en élevant un peu le lobule du nez. Si le bec de l’instrument présente quelques gouttes de sang, ce qui indique un traumatisme de la muqueuse, on interdit au malade de se moucher pendant quelques heures afin d’éviter un emphysème sous-cutané.
Ces différents temps du cathétérisme peuvent être marqués par des difficultés et des accidents.
Difficultés du cathétérisme. — 1° L'hyperesthésie de la .pituitaire. — Chez les malades très sensibles ou dont le nez est très étroit on anesthésie le méat inférieur avec une solution aqueuse de chlorhydrate de cocaïne au centième. 2° L’obstruction nasale (hypertrophie d’un cornet, éperon, déviation de la cloison, etc.). ^—Dans ce cas on fait le cathétérisme par le côté opposé : il est en effet possible de sonder les deux trompes par une seule fosse nasale. Si, par exemple, la sonde est dans la narine gauche et qu’il s’agisse de cathétériser la trompe droite, on fait exécuter au bec de la sonde, en la dirigeant en bas, un mouvement de rotation vers le côté droit, de telle manière que le bec
MÉTHODES D’EXAMEN
soit bien horizontal ce qui sera indiqué par la direction de l’anneau. On porte ensuite l’extrémité de la sonde en dehors contre l’aile nasale du côté qui n’est pas à sonder; le bec du cathéter arrive ainsi dans la fossette de Rosenmüller droite, puis on le fait glisser en .avant par-dessus le bourrelet tubaire dans l’orifice de la trompe (Deleau).
Fautes de technique. — Les deux principales sont : 1° la pénétration de la sonde dans le méat moyen,. 2°. dans la fossette de Rosenmüller. Pour éviter ces fausses routes, il faut toujours avoir présent à la mémoire les temps successifs du cathétérisme.
Accidents. — Presque tous peuvent être évités si la manœuvre est faite doucement et d’une main légère et aseptiquement. Ce sont : 1° des épistaxis; 2° des troubles réflexes (syncope, vertiges, attaques épileptiformes, etc.); 3° des infections (cas de syphilis transmise par les cathéters; 4° l’emphysème sous-cutané et sous-muqueux. C’est l’accident le plus fréquent, il se produit quand le bec de la sonde a déterminé une éraillure de la muqueuse à travers laquelle l’air est insufflé. On voit alors apparaître des bulles blanchâtres dans la muqueuse et les parties latérales du cou crépitent à la palpation. 11 faut faire des scarifications de la muqueuse dans l’asphyxie par emphysème de l’épiglotte; l’emphysème sous-cutané disparaît vite par l’application de compresses froides.
Auscultation de l’oreille. — L’auscultation pendant Je cathétérisme est très importante, on la fait avec un otoscope. Le bruit normal de l’auscultation représente un souffle large, sec, qui augmente peu à peu (bruit de la membrane tympanique qui bombe et bruit de souffle produit par l’air qui pénètre dans la caisse). Dans les rétrécissements de la .trompe le bruit du souffle est léger et bref. Si le canal tubaire ou la caisse renferment des sécrétions on perçoit des bruits de râles rapprochés, fins ou gros, qu’il ne faut pas confondre avec les râles gros et éloignés produits en dehors de la trompe dans l’espace naso-pharyngien. Quand le tympan est cicatriciel, on entend un bruit aigu et vibrant. S’il est perforé, le choc de l’àir donne une sensation fort désagréable à l’oreille du médecin,