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FORMES CLINIQUES DES OTITES MOYENNES PURULENTES

1° Otites des nourrissons. — Chez le nouveau-né l’infection de l’oreille moyenne est favorisée par des causes multiples : 1° par l’hyperémie de la muqueuse embryonnaire et la pénétration facile du liquide amniotique et des sécrétions de l’espace naso-pharyngé à travers la trompe largement

béante; 2° par l’extrême sensibilité du nouveau-né et son immersion dans les bains; 3° par l’hypertrophie des amygdales pharyngo-palatines; 4° par la vaginite blennorragique de la mère, au cours de l’accouchement.

Au point de vue symptomatique, le nourrisson a une fièvre k inexpliquée », de l’insomnie, il est agité, pousse des cris. En outre l’état général est vite troublé et l’on constate une diminution de poids et des symptômes digestifs, surtout de la diarrhée. Le diagnostic ne se fait bien souvent qu’après la perforation tympanique et l’apparition du pus dans le conduit. Lorsque cependant l’attention a été mise en éveil du côté de l’oreille et que la probabilité d’une otite a été supposée, on trouve à l’otoscopie un tympan blanchâtre, avec quelques vaisseaux radiés hyperémiés. Bien se rappeler qu’avant d’introduire le spéculum on doit tirer le pavillon en arrière et en bas, pour redresser la courbure du conduit. Après la paracentèse et l’évacuation de l’exsudât la lièvre tombe, les douleurs et les troubles digestifs cessent et le poids de l’enfant augmente. La guérison prévient la surdité.

2° Otites moyennes dans les maladies générales. — Dans le cours des maladies infectieuses aiguës, l’otite souvent négligée, dont l’importance n’est appréciée ni par le médecin ni par le malade, peut faire naître les plus graves complications au bout de plusieurs années, alors que la maladie générale infectieuse est perdue dans l’oubli depuis longtemps : un traitement opportun aurait pu les éviter. C’est ainsi que la scarlatine, à elle seule, provoque 12 p. 100 des suppurations chroniques de l’oreille moyenne et très souvent de la surdi-mutité (Bürkner).

La scarlatine et la diphtérie sont les maladies les plus dangereuses pour l’oreille. L’otite' peut éclater à deux périodes différentes :

a) Pendant la troisième ou quatrième semaine de la scarlatine, à la fin de la période de desquamation, il se développe au milieu de douleurs d’oreille, sans fièvre, une otite moyenne aiguë simple, ou avec fièvre une otite suppurée qui guérissent par un traitement bien dirigé.

b) Au contraire, l’otite apparaissant avant ou pendant

l’exanthème, amène généralement une destruction rapide de la membrane du tympan (en quatre jours elle peut être complètement détruite (planche 39, 7, 8) ; les osselets détruits par la carie et la nécrose sont exfoliés; l’écoulement, dès le début, est fétide. A la suite de la pénétration du pus par les fenêtres labyrinthiques, le labyrinthe est détruit, il apparaît de la surdité (panotite), de la surdimutité, la méningite même peut survenir. La température monte jusqu’à 40°; le nerf facial est souvent paralysé. S’il existe simultanément de la diphtérie, le passage de l’infection à l’oreille moyenne se trouve encore plus facilité; on trouve alors dans le conduit auditif des membranes sphacélées, blanc grisâtre, difficiles à détacher; dans ces cas les complications mastoïdiennes sont très fréquentes. Déjà même avant la perforation la mort peut survenir par accidents intracrâniens. .

■ Le traitement doit être institué en temps opportun. On doit toujours pratiquer la paracentèse avant d’attendre la perforation spontanée, car autrement les conséquences les plus graves et les plus inexcusable peuvent survenir. Dans ces maladies infectieuses le traitement nasal et pharyngé doit être fait par prophylaxie; s’il y a des manifestations labyrinthiques on fera des injections sous-cutanées de pilocarpine.

Diphtérie. — Le passage à travers la trompe de la diphtérie du pharynx dans l’oreille moyenne, est très rare. La diphtérie de l’oreille s’accompagne généralement de phénomènes graves et de vastes destructions. Les paralysies du voile du palais peuvent provoquer des catarrhes exsudatifs de l’oreille moyenne et de la dégénérescence des muscles de la trompe.

Rougeole. — Pendant la rougeole l’oreille moyenne est toujours atteinte ; dans les épidémies légères il se développe une otite moyenne aiguë simple; cependant en général pendant la période de desquamation ou dans la seconde semaine de l’exanthème apparaît une otite suppurée avec fièvre. Celle-ci guérit si on la traite en temps opportun; toutefois elle peut s’accompagner de complications mastoïdiennes précoces, avec carie et nécrose. Rarement on a

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signalé la gangrène du pavillon de l’oreille. La rougeole provoque 8 p. 100 de suppurations chroniques de l’oreille (Bürkner [planche 39, 4]).

Grippe. — Elle détermine une otite moyenne simple, mais plus souvent une otite moyenne suppurée avec fortes douleurs dans l’apophyse mastoïde, fièvre élevée, hyperesthésie auditive, surdité et souvent névralgie violente du trijumeau. La membrane du tympan est rouge, bleu foncé, bombée en avant (planche 38, 20), avec des phlyctènes violacées dans le conduit auditif (otite moyenne hémorragique); parfois il existe une voussure mamelonnée de la membrane du tympan, la perforation se fait rapidement et en peu de temps l’os est atteint d’ostéite sur une grande étendue; la mort peut survenir par complications intracrâniennes. Parfois il se produirait une ostéite centrale mastoïdienne primitive (?). L’otite guérie, et même quelquefois sans qu’il y ait eu d’otite préalable, apparaissent fréquemment des otalgies (Kaufmann).

Fièvre typhoïde. — On observe, mais rarement, comme trouble trophonévrotique, la furonculose et la gangrène du pavillon de l’oreille. Plus ordinairement de simples catarrhes exsudatifs surviennent de la troisième à la sixième semaine de la maladie. Mais c’est vers la quatrième ou cinquième semaine qu’apparaît l’otite moyenne suppurée spécifique, avec recrudescence de fièvre et petite perforation; l’apophyse mastoïde est atteinte de bonne heure. La guérison est rapide si on fait assez tôt la paracentèse, autrement l’otite affecte une allure chronique. Dans les premiers jours de la fièvre typhoïde, il peut survenir de la surdité, des bourdonnements si le nerf auditif et les organes centraux sont atteints, la membrane du tympan testant intacte. La terminaison par surdité est rare.

Pneumonie. — Dans la deuxième et troisième semaine, à la suite d’accès de toux l’infection se propage à la caisse par la trompe et il se produit une otite moyenne suppurée accompagnée de fièvre.

Tuberculose. — L’infection tuberculeuse de l’oreille moyenne est : a ) rarement primitive, hématogène ou par voie sanguine, b) le plus souvent elle est secondaire à la tuber-

culose pulmonaire et se fait par la trompe, par l’intermé- 1 diaire des crachats.

La membrane du tympan présente des petits tubercules gris jaunâtre, se désagrégeant rapidement (Schwartze) et suivis de perforations (planche 39, 13). Par leur réunion et leur confluence, il se produit une grande perte de substance dans la membrane du tympan. Généralement ces phénomènes ne s’accompagnent pas de douleurs; mais la surdité est intense et a une marche rapide. L’écoulement est caséeux,, liquide, fétide, contient des parcelles osseuses . nécrosées et des bacilles de Koch. La muqueuse de la caisse est très tuméfiée, contient des points caséeux avec ou sans cellules géantes (planche 31) ; l’épithélium est détruit, l’os souvent dénudé et la muqueuse remplie de granulations renferme souvent de petits séquestres. Parfois une grande étendue du temporal est détruite par la carie (planche 26); et lé nerf facial est souvent paralysé. Avec le stylet ou sent l’os rugueux sur la paroi interne de la caisse, les osselets cariés, le toit de la caisse perforé comme un crible (planche 24). Le malade succombe ordinairement aux progrès de la tuberculose pulmonaire, rarement à la suite de complications intracrâniennes, d’ulcérations de la carotide (planché 26). D’une manière générale le pronostic est grave.

Au cours de la tuberculose apparaissent également des otites non tuberculeuses qui guérissent (Scbwabach).

Le traitement comporte une médication générale. Localement : insufflation d’iodol, instillations de glycérine iodoformée. Une intervention opératoire même avec indication urgente n’est légitimée que si l’état général est bon.

Syphilis. — Généralement les ulcérations de l’espace naso-pharyngien s’étendent à la trompe et provoquent des catarrhes ou dès inflammations de l’oreille moyenne. Il existe habituellement une surdité intense, surtout si le labyrinthe est atteint simultanément. L’examen fonctionnel est important pour le pronostic : celui-ci est mauvais s’il y a des troublés labyrinthiques (Rinne positif, Weber dans l’oreille saine, Schwabach diminué, abaissement de la limite supérieure des sons). Les inflammations purulentes de l’oreille moyenne guérissent ou deviennent chroniques.

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Traitement : Traitement général (mercure, iodure de potassium). Localement : même thérapeutique que dans les otites non spécifiques.

Diabète. — Otite moyenne suppurée à marche bruyante, avec destructions osseuses étendues, généralement sans participation des parties molles; parfois des complications osseuses identiques, à marche rapide, éclatent au cours du mal de Bright.

Actinomycose. . — Rarement primitive dans l’oreille moyenne, elle est habituellement consécutive à l’actinomycose du maxillaire inférieur; elle provoque des complications graves du côté de l’oreille moyenne et de l’apophyse mastoïde. Le diagnostic se fait et se confirme par l’examen microscopique.

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