‹ Atlas-manuel des maladies de l'oreilleChapitre 88 sur 133 · II. - PYÉMIE OTIQUE SANS T H ROM BO - P H LÉ B ITE · texte numérisé non relu

II. - PYÉMIE OTIQUE SANS T H ROM BO - P H LÉ B ITE

n) Forme de Kôrner. — Jusqu’à ces dernières années il n’existait qu’une seule forme connue de pyémie auriculaire, caractérisée cliniquement par des frissons, de grandes oscillations thermiques et des métastases survenant dans le cours d’une otite purulente et anatomiquement par une thrombo-phlébite d’un sinus veineux avoisinant

le rocher, en particulier le sinus latéral et la veine jugulaire..

De cette forme classique Kôrner a dissocié une variété de pyémie dont le syndrome clinique est identique à celui de la septico-pyémie précédente, mais qui ne s’accompagne d’aucune lésion anatomique du sinus. On admet donc depuis les recherches de cet auteur deux pyémies auriculaires, l’une avec, l’autre sans phlébite.

De nombreuses théories ont été émises pour expliquer la pathogénie de la forme de Kôrner. On peut les ramener à trois principales :

1° Ostéophlébile des petites veines du rocher (Hessler, Kôrner). — Les veinules qui prennent naissance dans le temporal ou. dans les nombreuses cavités dont cet os est creusé sont atteintes de phlébite et celle-ci ne gagne pas le sinus latéral.

2» Thrombose pariétale du sinus latéral. D’après Leutert, il n'y a jamais de pyémie sans phlébite, seulement celle-ci n’est pas toujours oblitérante (variété classique), elle peut être simplement pariétale.

3° Passage direct dans la circulation des produits infectieux contenus dans la caisse ou dans la mastoïde (Brieger, Heyman, etc.).

Je pense que tous les accidents infectieux d’origine veineuse au cours des otites sont imputables à la streptococâie qui serait grave dans un cas (pyémie avec phlébite), bénigne et atténuée dans l’autre (pyémie sans complication siçusienne apparente). Le point de départ de l’infection se trouve soit dans la muqueuse de la caisse, soit dans les petits vaisseaux du rocher; celle-ci gagne ensuite le canal sinuso-jugulaire. Mais il faut tenir compte de l’exaltation de la virulence des germes pathogènes dans certains cas, du terrain sur lequel va évoluer le microbe. Il y aurait une streptococcie otique comme il y a une streptococcie amygdalienne, puerpérale, etc. En faveur de cette théorie, je citerai les cas où le rocher n’est pas en cause et où le syndrome pyémie est provoqué par une plaque.de méningite de la loge cérébelleuse développée sur la paroi endo-crâniennè du sinus.

COMPLICATIONS INTRACRANIENNES DES OTITES 277

L’évolution clinique de cette forme de pyémie auriculaire est résumée dans le tableau suivant où elle est différenciée de la septicémie par thrombose.

PYÉMIE

PYÉMIE

par

sans

THROMBO- PHLÉBITE

THROMBO-PHLÉBITE

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