OTITE INTERNE
de plusieurs années seulement et comme détermination isolée de la diathèse sans autre symptôme concomitant. Elle se caractérise par la formation d’un exsudât dans le labyrinthe accompagnée de néoformation de tissu conjonctif et osseux. li se produit en outre des lésions vasculaires, un épaississement du périoste dans le conduit auditif interne et à la fenêtre ovale (ankylosé de l’étrier) et une désagrégation granuleuse des cellules ganglionnaires dans le canal de Rosenthal avec atrophie des fibres auditives dans la lame spirale osseuse (planche 37). La syphilis héréditaire amène des hémorragies, des suppurations labyrinthiques et très souvent en même temps une otite moyenne catarrhale adhésive, dans un tiers des cas environ.
Symptômes. — L’otite interne syphilitique se traduit par une surdité intense, à début rapide, généralement bilatétérale, débutant par de violents bourdonnements et fréquemment par des vertiges. L’examen du tympan et de la trompe sont négatifs. Le Rinne est positif, le Weber latéralisé dans la meilleure oreille, le Schwabach diminué, la limite supérieure des sons abaissée.
La surdité apparaissant dans le jeune âge, sans lésion de l’oreille moyenne, doit toujours éveiller le soupçon de syphilis. Le diagnostic sera facilité par la présence d’opacités cùrnéennes, d’altérations dentaires caractéristiques, etc. La surdité par syphilis héréditaire est généralement incurable, au contraire si la surdité relève d’une syphilis acquise elle peut souvent guérir si elle est de courte durée et si elle n’est pas accompagnée de catarrhe adhésif.
Traitement. — Instituer le traitement général, mercure et iodure. Éviter les bruits violents. Prescrire les injections de pilocarpine. S’il existe en même temps une otite moyenne catarrhale on fera le traitement approprié.
inflammations secondaires du labyrinthe
Anatomie pathologique et pathogénie. — Ces labyrinthites secondaires sont consécutives à des affections, soit de l’oreille moyenne, soit du cerveau, soit des méninges.
a) Labyrinthites consécutives à des otites moyennes. —
Elles sont rarement provoquées par des catarrhes aigus, plus souvent par des otites adhésives, l’ankylose de l’étrier et enfin très fréquemment par des otites moyennes purulentes consécutives à des maladies infectieuses. Le pus contenu dans la caisse fait irruption dans le labyrinthe par les canaux vasculo-nerveux, par les fenêtres du vestibule, par des fistules de la paroi interne de la caisse ou par la voie des canaux semi-circulaires.
b) Labyrinthites consécutives à des affections cérébrales ou à des méningites. — L’augmentation de la pression intracrâniennne peut déterminer des troubles auditifs en augmentant la pression intralabyrinthique. — D’autre part les méningites ouïes suppurations endo-crâniennes peuvent se propager au labyrinthe par l’aqueduc du limaçon, la gaine des nerfs auditif et facial, par les vaisseaux et le prolongement fibreux de la dure-mère. Dans certains cas même, la suppuration du labyrinthe détermine à son tour une otite moyenne suppurée; c’est ce qu’on observe dans la méningite épidémique cérébro-spinale.
Les lésions varient, suivant que l'inflammation du labyrinthe est ou non purulente. Dans le premier cas (otite interne non purulente), on rencontre une atrophie des cellules ganglionnaires du canal de Rosenthal et des fibres nerveuses qui en sortent, surtout dans le premier tour de spire du limaçon. Dans le second cas (otite interne purulente) le labyrinthe membraneux est comblé par une prolifération du tissu conjonctif; les terminaisons des filets nerveux, l’organe de Corti, la membrane de Reissner et de Corti, le ganglion de Rosenthal sont infiltrés par le pus et partiellement détruits; puis il survient une dégénérescence des fibres nerveuses, une prolifération épithéliale, des dépôts pigmentaires, des hémorragies et une néoformation de tissu osseux. Quand les lésions sont peu intenses elles peuvent rétrocéder. Dans certains cas le pus labyrinthique, en suivant les voies anatomiques toutes tracées, peut gagner la cavité crânienne.
Formes cliniques. — a) Lorsque l’oreille moyenne et l’oreille interne sont atteintes simultanément, comme dans la scarlatine et la diphtérie, il se produit une panotite