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PULPE DENTAIRE

4° en plus de cos éléments, nous trouvons, à la surface de la pulpe, des cellules au noyau allongé, disposées comme un épithélium cylindrique; ce sont les odontoblastes (pl. VIII, fig. 1 a) qui contribuent, même dans les dents, adultes, bien qua un moindre degré que pendant le développement, à la calcification de la couche périphérique de la pulpe. Ils envoient des prolongements protoplasmiques, les fibres de Tomes, dans les canalicules de l’ivoire et ils sont souvent séparés de la pulpe par une couche de cellules arrondies, fortement comprimées.

Les vaisseaux sanguins pénètrent en partie, comme l’a démontré Weil, au nombre de trois à dix, dans des sortes de gouttières formées parles faisceaux nerveux ou, ainsi que le démontrent avec certitude une série de préparations personnelles, entourées entièrement par ces faisceaux nerveux, comme en un canal (pl. VI, fig. 3 et 4) ; ils forment au-dessous des odontoblastes des anses capillaires d’où partent les veines émissaires. La planche VII montre une reconstruction du système vasculaire dentaire, d’après une série de coupes.

[Rappelons que A guilhon de Sarran a vu au microscope, sur nombre de racines externes, quinze à vingt vaisseaux traversant le cément et l’ivoire et venant s’étaler le long de la paroi interne de la cavité pulpaire ; ces vaisseaux auraient la structure des gros capillaires.]

Les nerfs, comme il a été décrit plus haut, pénètrent avec les vaisseaux, au nombre de 5 à 10 faisceaux qui s’arborisent dans la pulpe coronaire en ramifications nombreuses. Au niveau de la périphérie de la pulpe, ils perdent leur myéline et, sous forme de fibres' primitives extrêmement fines, pénètrent entre les cellules de la couche des odontoblastes. Malgré les recherches les plus minutieuses je n’ai pu suivre les nerfs dans l’ivoire comme l’ont pu faire Rœmer et Morgenstern.

Je ne puis pas davantage confirmer l’existence dans la pulpe des fentes lymphatiques, comme Bœdeker prétend en avoir vu. Au contraire, le tissu est partout compact. Même dans les coupes transversales de la pulpe radiculaire où ces formations pourraient le moins nous échapper, je n’ai rien pu déceler d’analogue.

Il est fréquent de trouver, dans des pulpes normales, surtout dans un âge avancé, des concrétions calcaires, soit sous forme d’aiguilles calcaires le long des vaisseaux,

HISTOLOGIE

soit, plus fréquemment encore, sous forme de sphères présentant une striation concentrique ressemblant à des oignons ; dans la vieillesse, la pulpe se trouve remplacée par un tissu conjonctif dense ne renfermant plus que très peu de noyaux cellulaires.

[Cette question a été fort bien étudiée par Galippe en 1888 et 1891 dans le laboratoire de Malassez, au moyen de recherches faites sur des défenses d’éléphant.]

Membrane radiculaire. — Périoste. — Periodonte. — Ligament alvéolo-dentaire.

Le périodonle forme, en couche relativement mince, un tissu de revêtement entre le cément et l’os.

Cette membrane radiculaire ne correspond pas tout à fait, ni histologiquement ni phvsiologiquement, au périoste osseux. Elle maintient la cfent tout en lui laissant cependant encore une certaine mobilité. Pour cette raison Malassez (1) considère le tout comme une articulation et

Planche Vif. — Ramifications vasculaires dans une jeune dent. Les artères sont figurées en rouge, les veines en bleu ; la bordure jaune représente la couche des odontoblastes. (Préparation injectée. Reconstitution d’après des coupes en série).

Planche VIII. — Fig. I. Coupe portant sur la limite de la pulpe et de l’ivoire, a, fibres de Tomes (rouges) dans la denline (jaune); b, pulpe; c, odontoblastes; d, fibres de Tomes, rétractées et sorties hors des canaliculës. (Coupe longitudinale. Décalcifiée suivant le procédé de Koch ; carmin picriqué).

Fig. 2. —Tissu conjonctif réticulaire de la papille dentaire chez l’embryon (Bleu de méthylène).

Fig. 3. — Améloblastes en activité, a, améloblastes ; b, ébauches des prismes avec ourlet cuticulaire (prolongements améloblastiques de Tomes), c, substance intra-cellulaire en voie de dentification, en forme de rayons de miel. (Hématoxvline. Eosine. Fort grossissement).

Fig. 4. — Odontoblastes isolés, a, corpsdela cellule; b, noyau ; ç, prolongements dirigés vers la pulpe ; d, prolongements dirigés vers l’ivoire (fibres de Tomes). (Bleu de méthylène. Fort grossisse-

(1) Malassez, Archives de physiologie, Paris, 188S,

Tab.S-

Fi g.

DÉVELOPPEMENT DES DENTS

décrit le périoste, non sans une certaine raison, comme un ligament alvéolaire.

Ce ligament alvéolaire est formé par la continuation. des fibrilles conjonctives décrites ci-dessus, situées dans le cément, perpendiculairement à sa surface et se dirigeant vers l’alvéole en se comportant comme des fibres de Sharpey. Au niveau du collet, ces fibres rayonnent à peu près horizontalement vers lui ; prés de l’apex, 'au contraire leur direction devient, suivant quelques auteurs, plus verticale, de telle sorte que la dent semble suspendue dans l’alvéole. Mais l’on n’est pas toujours aussi heureux que les observateurs ayant constaté cette disposition et, habituellement, on aperçoit seulement un lacis de fibres conjonctives. Entre le rebord alvéolaireet le collet dentaire, il existe un lien très fort, décrit par Koellïker sous le nom de ligament circulaire, Entre ces . faisceaux denses, se trouve du tissu conjonctif lâche, riche surtout au niveau de la pointe de la racine, et destiné à protéger les vaisseaux et les nerfs. Le périoste est abondamment pourvu de nerfs et de vaisseaux ; ces derniers affectent, par places, la forme caractéristique de pelotons vasculaires décrits pour la première fois par Wedl.

D’un intérêt spécial sont les masses épithéliales qui se trouvent pliis ou moins abondamment distribuées dans le tissu péndentaire, elles représentent les restes inutilisés de la membrane épithéliale qui a donné naissance aux racines (v. Brunn). Elles peuvent provoquer la formation de kystes périostiques [découverts et étudiés en France successivement par Verneuil, 1874, Charvot, 1881, Malassez, 1884, Albarran, 1887, etc.]

PHYSIOLOGIE

Développement des dents

Les premières traces du développement des dents se montrent chez l’embryon humain au 40 e jour. A cette époque, la langue est déjà formée, maisles lèvres et le maxillaire n’existent encore que sous forme d’une masse unie et indivise. Le cartilage de Meckel n’est encore qu’indiqué par quelques cellules rondes du mésoderne.

A ce moment déjà, l’ectoderme de la cavité buccale de l’embryon s’invagine dans le mésoderme des procès maxillaires sous forme d’une bandelette compacte (fig. 40 d).

Cette bandelette épithéliale a pour mission, au cours du développement, de produire l’émail, aussi Koelleker lui donne-t-il le nom d’organe de l’émail ; Waldeyer et Hertwig l’appellent bandelette de l’émail.

Cette bandelette se divise peu à peu en deux dans le sens de la longueur ; la partie extrême se développe perpendiculairement dans la profondeur et contribue à la formation du sillon labial, qui sépare l’ébauche des lèvres de celle du maxillaire ; la partie postérieure se développe horizontalement en arrière et sert plus spécialement à la formation des dents. C’est la bandelette dentaire proprement dite (fig. 41 h).

Après la constitution des bourrelets maxillaires supérieurs et inférieurs, cette bandelette émet de chaque côté dix bourgeons qui pénètrent dans le tissu mésodermique, ce sont les rudiments des dents de lait. Le mésoderme ne reste pas inactif, il envoie à la rencontre de ces bourgeons

Fig. 40.— (D’après Rœse).

a, fente buccale; b, ébauche du maxillaire inférieur ; c, ébauche du maxillaire supérieur ; d, organe de l’émail.

Planche IX. — Coupe frontale de la tête d’un nouveau-né

{région des molaires) ; a, muscle digastrique ; b, muscle mylohyoïdien ; c, muscles génio-hyoïdiens et génio-glosse ; d, muscle buccinateur ; e, langue ; f, masséter ; g , muscle droit inférieur ; h, muscle petit oblique ; i, muscle droit moyen ; k , muscle droit latéral ; l, muscle grand oblique ; m, muscle droit supérieur ; n, élévateur de la paupière ; o, mandibule ; p , germes dentaires ; g, glande sublinguale (le tiret va jusqu’au point blanc qui représente l’artère linguale ; à côté et en dedans le canal excréteur de la glande) ; r, gencive de la mâchoire supérieure ; s, cloison nasale 1. cornet inférieur ; u, cornet moyen , v, cornet supérieur ; ic. globe oculaire ; x, papille du nerf optique ; y, paroi crânienne ; s, faux du cerveau.

T'ah. .9.

/MA. An.i! A' Reich/wld. Mtmrhvn.

DÉVELOPPEMENT DES DENTS

dos papilles conjonctives, ébauches de la future pulpe dentaire, qui s’appliquent directement à leur surface. Ces uvaginations ne se font pas dans le plan même de la bandelette dentaire, mais latérale-

ment et, comme l’a décrit Rœse, . -

de haut en bas et d’arrière en avant, au maxillaire supérieur, et r de bas en haut et d’arrière en avant au maxillaire inférieur.

Grâce à cette disposition, les bourgeons des dents de lait se trouvent rapprochés de la périphérie du bourrelet maxillaire, ce qui permet à la bandelette dentaire de se développer librement du côté lingual pour l’élaboration des bourgeons des dents permanentes (Kg. 42 i).

Les bourgeons des dents de lait ne sont en rapport, au début, av la bandelette dentaire que par r large collet. Au cours du développement, ce collet augmente de hauteur, et est infiltré par places parle mésoderme. De cette laçon, il se forme aux dépens de ce point d’union, comme on appelle le collet, des points d’union secondaires, en quantité plus ou moins considérable.

Dans son développement ultérieur, la bandelette dentaire perd sa surface unie et sa structure compacte ; il se forme des épaississements irréguliers alternant de place en place avec des portions criblées d’orifices et ressemblant à une écumoire ; son extrémité postérieure seule est encore; lisse ; à ce niveau s’élève, en se dirigeant vers la langue, un bourgeon en forme de massue qui est l’ébauche de la première molaire permanente.

Latéralement et du côté labial de la bandelette dentaire se développent successivement les épaississements qui donneront naissance aux dents de la seconde dentition. Comme cela a lieu pour les dents de lait, les papilles mésodermiques se dirigent à la rencontre des bonrgèoris den- Pueisweuk. — Maladies des dents. 5

Fig. 41. — a, fente buccale ; b, ébauche du maxillaire inférieur; c, ébauché du maxillaire supérieur ; d, ébauche de la lèvre supérieure; e , ébauche de la lèvre inférieure : f, sillon labial ; g, bandelette labiale ; h, crête de.n-

PHYSIOLOGIE

taires, de telle façon qu’elles arrivent à être coiffées, ainsi que d’un bonnet, par une coug ’h che épithéliale.

\'V; ; .,7 • Ce développement des bour-

. -, geons dentaires permanents se

produit à peu près au sixième mois du développement intrautérin. Les bourgeons des molaires ne se développent qu’ultérieurement après la naissance, pendant la première année.

La bandelette dentaire perd progressivement sa continuité par suite de perforations de plus en plus nombreuses, elle finit par ne plus être représentée que par des nids épithéliaux, inclus dans le tissu conjonctif, et pouvant proliférer ultérieurement sous forme de kystes ou d’autres tumeurs ; ils peuvent également sécréter des gouttes d’émail, et il n’est pas absolument rare de voir ces nids épithéliaux, pénétrés par des bourgeons conjonctifs, comme cela a lieu pour le développement de la dentition normale, donner naissance à des dents surnuméraires plus ou moins bien développées.

Fig. 42. — a, ouverture buccale; b, maxillaire inférieur ; c, maxillaire supérieur ; d , lèvre inférieure ; e, lèvre supérieure ; f, sillon labial ; g, bandelette labiale ; h, créle dentaire ; pilles dentaires.

Planche X. — Fig. I. — Germes dentaires à trois degrés différents de développement sur les mêmes préparations.

a, organe de l’émail qui est pénétré en b par les cellules du mésoderme ; c, ces cellules mésodermiques ont pris la forme do germe dentaire (papille dentaire) ; d, pulpe de l’émail, qui est entourée du follicule dentaire ; e, f, gubernaculum dentis ; g, épithélium de la muqueuse buccale (hématoxyline éosine, préparation retouchée).

Fig. 2. — Germes dentaires, a, papille dentaire ; b, pulpe de l’émail ; e, son revêtement épithélial externe ; cl, épithélium interne ; e, point d’union entre le germe dentaire primitif et le germe secondaire ; f. germe dentaire secondaire ; g, gubernaculum dentis ; h, épithélium buccal (hématoxyline-éosine).

Fiff.S.

DÉVELOPPEMENT DES DENTS

Ces bourgeons dentaires sont isolés des tissus environnants par une enveloppe conjonctive, le follicule dentaire, formé dé deux couches, une interne, appliquée directement contre le bourgeon dentaire, formée de tissu conjonctif lâche, riche en vaisseaux et l’autre, externe, constituée par du tissu conjonctif dense, non vasculaire.

Le follicule dentaire est ouvert à sa base ; à ce niveau pénètre la papille méso-dermique déjà décrite, que l’on doit considérer comme le germe de l’ivoire ; pendant le développement dentaire elle sécrète cette dernière substance et ce travail achevé, elle devient la pulpe dentaire. A sa surface, se différencie une couche de cellules hautes et cylindriques ; ce sont les odontoblastes qui sont les organes sécréteurs de Pivoirc.

Comme pour le développement de l’os, ces odontoblastes sécrètent une substance fondamentale protoplasmique non calcifiée, qui se calcifie, de son côté, graduellement de là périphérie vers les odontoblastes. Cette calcification ne se fait pas d’une façon diffuse, les canalicules de l’ivoire restant réservés, ainsi que leurs pièces d’union et les espaces interglob'ulaires.

Les gaînes de Neumann, attenantes aux canalicules dentaires, semblent se différencier entièrement ; au point de vue clinique, elles ne, ressemblent ni à la substance fondamentale calcifiée, ni à la substance organique des dents ; leur résistance à tous les agents de destruction les rapproche du tissu corné. Les fibres de Tomes sont des prolongements protoplasmiques qui pénètrent dans les canalicules dentaires ; ce sont des ramifications périphériques des odontoblastes. En dehors de ces prolongements géants, les odontoblastes possèdent encore des ramifications latérales, au moyen desquelles ils se mettent en contact les' uns avec les autres. Ce sont ces dernières qui représentent sur la dent adulte les canaux d’union latéraux. La plupart des odontoblastes possèdent encore une troisième sorte de prolongements cellulaires, qui, très courts, partent de'leur extrémité centrale.

La calcification du tissu dentaire formé antérieurement (substance dentinogène) se fait d’une façon discontinue ; la limite entre la portion calcifiée et celle qui ne l’est pas encore n’est pas régulièrement sphérique, mais se présente comme une ligne polycyclique ; c’est ce qui explique pourquoi les masses interglobulaires, qui représentent un

PHYSIOLOGIE

trouble momentané dans la calcification, montrent à la coupe un contour polycyclique.

Il n’y a qu’une seule couche de cellules qui produise la dentinc pendant toute l’évolution. Kœllilier déjà avait démontré ce fait absolument certain quoique controversé et, depuis, Walkho/f l’a prouvé irréfutablement par une belle série de microphotographies des bourg eons dentaires.

Le bourgeon ou organe de l'émail s’est donc invaginé sur le bourgeon dentaire ; il se compose de plusieurs couches de cellules nettement séparées (voir pl.XI, fig. 3). Au contact des odontoblastes se trouve tout d’abord la couche épithéliale intérieure (Kœlliker ), formée comme les odontoblastes d’une couche de cellules cylindriques, les améloblasles. Au niveau de la base du germe de l’ivoire, cette couche épithéliale se replie en dehors et tapisse la face interne du follicule dentaire d’une couche de cellules épithéliales basses ( couche épithéliale extérieure). Entre ces deux couches épithéliales se trouve la pulpe de l’émail qui par ses cellules étoilées, ses larges espaces remplis de substance albuminoïde, ressemble au tissu conjonctif gélatineux. D’après v. Ebner cependant, il ne s’agirait ici

Planche XI. — Fig. i. — Ebauches dentaires d’un jeune chat, a , papille dentaire ; b, pulpe do l’émail ; c, crête dentaire ; d, gaine épithéliale qui selon v. Brun aura à modeler la forme de là racine ; e, cartilage de Meckel ; f, épithélium buccal ; g, travées osseuses du maxillaire inférieur; h, paroi du follicule dentaire (hématoxyline éosine).

Fig. 2. — Ebauche dentaire secondaire d’un jeune chat.

a. papille dentaire secondaire en train de prendre la forme de pulpe proprement dite ; 6, dent de lait dont la racine est presque entièrement résorbée et qui va être expulsée;c, pulpe del’émail ; «^organe de résorption ; e, gencive (hématoxyline-éosine. Préparation retouchée).

Fig. 3. — Fragment d’une ébauche dentaire humaine présentant toutes les couches : a, papille dentaire ; b, odontoblastes (membrane de l’ivoire) ; c, membrane préformative. ; d , améloblastes (membrane adamantine, épithélium interne de l’organe de l’émail); e, zone intermédiaire ; f, tissu .gélatineux de l’organe de l’émail ; g, transition des cellules étoilées dans l’épilliéliumexterne de l’organe de l’émail; A, cet épithélium n’est pas continu mais se met en rapport avecle follicule dentaire par de nombreux bourgeons vasculaires ; i, follicule dentaire (hématoxyline-éosine. Fort grossissement).

Ta b. H.

Iig.3.

DÉVELOPPEMENT DES DENTS

que de cellules épithéliales transformées, et, eu fait, on peut voir, au niveau de la zone intermédiaire contiguë à l’épithélium intérieur, les cellules étoilées se transformer lentement en cellules épithéliales.

De même que l’ivoire ne provient que d’une couche unique de cellules différenciées, l’émail également est produit, du commencement à la fin, par une seule couche d’amélohlastes. Tout d’abord, il se forme, au niveau de la partie terminale de la zone de production de l’émail, un mince ourlet clair en forme de cuticule, qui est directement appliqué sur la dentine embryonnaire. Cette couche augmente d’épaisseur et éloigne de plus en plus la couche des améloblastes, de la dentine.

Les améloblastes restent en contact avec l’émail peu calcifié, au début, au moyen des fibres de Tomes, prolongements de leur protoplasma, qui se renforcent de plus en plus, de l’intérieur vers la périphérie, par inclusion de corpuscules calcaires remarquablement brillants. Par la transformation en émail de ces corpuscules calciques, ces prolongements prennent en fin de compte la forme et la consistance des prismes de l’émail que l’on trouve à l’état adulte.

Ces prolongements sont tous contenus dans des gaines hexagonales (voir planche VIII, fig. 3 et pl. XII) ressemblant sur une coupe transversale à une ruche d’abeilles ; elles représentent la substance intercellulairc modifiée, incluse pendant la dentition. Les prolongements brillants augmentent constamment d’épaisseur, en même temps que les gaines s’atrophient. Dans la dent adulte, on ne les trouve plus que Sous forme de substance interprismatique très parcimonieusement distribuée.

La dentification commence environ au 5 e mois foetal ; elle débute par la formation d’une petite coiffe de dentine, recouverte d’une couche d’émail, au niveau des différentes tubérosités de dents (pl. XII). Ces bourgeons dentaires augmentent constamment d’épaisseur ct'cle diamètre. La pulpe dentinaire se trouve de plus en plus rétrécie par le dépôt incessant de nouvelles couches d’ivoire, tandis que la pulpe de l’émail s’atrophie entièrement.

PHYSIOLOGIE

Formation de la racine

Après que la couronne est formée et que la dent se prépare à faire éruption, commence le développement de la racine. En cela, d’après v. Brunn l’organe de l’émail joue un nouveau rôle, celui d’organe modelant. Dans la région du collet, en effet, les deux couches épithéliales, interne et externe, s’accolent de telle façon que la couche intermédiaire et la pulpe de l’émail se trouvent comprimées ; cette membrane consistant seulement en deux couches épithéliales, la gaine épithéliale pénètre en forme de boyau dans la profondeur du tissu mésodermique jusqu’à se trouver en contact avec un bourgeon conjonctif correspondant, comme forme et comme longueur, à la racine future. (Planche XII, fig. d.)

Le tissu conjonctif se transforme en tissu pulpaire typique et se recouvre d’odontoblastes à sa périphérie, comme cela a été décrit pour la papille dentaire primitive. Plus tard cette gaine épithéliale se résorbe ; il en reste cependant quelques fragments sous forme de nids épithéliaux du périoste radiculaire décrits précédemment. Les odontoblastes situés sous la gaine épidermique forment la dentine radiculaire.

Quand il s’est déposé une certaine quantité de dentine, le cément radiculaire apparaît à son tour et cela de la façon suivante : des cellules se détachent de la paroi interne du follicule et se transforment en ostéoblastes ; ceux-ci traversent la gaine épithéliale, s’appliquent à la surface de la dentine et produisent à ce niveau une couche d’abord très mince de cément, qui augmente progressivement d’épaisseur. Nous pouvons, macroscopiquement, nous faire une idée de la croissance de la racine, d’après la molaire non encore complètement développée de la figure 43.

A l’époque de la croissance de la racine, le follicule

Planche XII. — Crête dentaire de la canine de lait, n.couch e d’améloblastes ; b, émail en formation ; on voit les prolongement s des fibres de Tomes et la substance intercellulaire calcifiée, disposée en rayons de miel ; c, ivoire en formation avec fibres de To mes ramifiées ; d, couches d’odontoblastes (décalcifié à l’acide ; alcool, hématoxyline éosine. Fort grossissement).

Tab.12.

Ailfi. Anst. F Rekhhold. München,

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