‹ Atlas manuel des maladies des dents et de la boucheChapitre 28 sur 99 · ÉRUPTION DES DENTS DE LAIT · texte numérisé non relu

ÉRUPTION DES DENTS DE LAIT

parler d’enfants nés avec des dents. A ce sujet Capdepont (Soc. de Stomatologie 1901), dans une étude très approfondie, a démontré que « la soi-disant éruption précoce des dents de lait n’étaitle plus souvent que l’élimination d’une dent en voie de formation, consécutive à une inflammation du follicule. » 11 s’agirait alors d’une véritable folliculite expulsive. L’infection primitivement buccale, grâce à la persistance du gubernaculum dentis, suivrait la voie épithéliale pour gagner la glande dentaire ; le chapeau d’émail doublé d’ivoire qui seul, avec le bulbe, représente alors la dent, serait atteint par l’inflammation qui l’expulserait en quelque sorte hors du follicule : c’est ainsi qu’apparaît sur la gencive turgescente une dent sans racines, mobile, véritable organe fœtal destiné à être rapidement éliminé... Ajoutons que ce processus est ordinairement accompagné de phénomènes généraux plus ou moins graves entraînant parfois la mort, en tout cas, d’un pronostic sérieux pour l’avenir de l’enfant. Néanmoins Capdepont a observé un certain nombre d’éruptions précoces portant sur les deux incisives centrales inférieures qui semblent ne pas être ducs au même mécanisme infectieux et qui ne comportent pas le même pronostic fâcheux que la folliculite vraie.]

2 1 6-8 mois.

Fig. H. — Epoques d’éruption des dents de lait.

Dans nos pays, on peut admettre que l’éruption des dents de lait se fait comme il suit :

Les incisives médianes du 6» au 8* mois ;

Les incisives latérales du 8 6 au 12e mois ;

Les premières molaires temporaires du 12e au 16e mois ; Les canines du 16e au 2fle mois ;

Les deuxièmes molaires.temporaires du 20e au 3fle mois.

PHYSIOLOGIE

Pour mieux fixer les dates, je les ai reproduites sur le schéma d’une dentition de lait dans la figure 44, p. 72.

Troubles dans l’éruption dentaire.

Un certain degré de douleur semble accompagner physiologiquement l’acte de l’éruption dentaire. Jamais, ou du moins très rarement, l’éruption des incisives ne donne lieu à des troubles sérieux; les molaires occasionnent déjà plutôt des malaises et il en est de même pour les canines.

L’intensité des manifestations extérieures de la douleur, chez les enfants, n’est pas toujours en relation exacte avec la violence du mal ; des enfants sensibles crient quelquefois d’une façon terrible pendant une éruption dentaire tout à fait régulière, tandis que d’autres, d’une nature plus indolente, restent tranquilles lors de troubles visibles de l’éruption. Il est, par conséquent, difficile d’établir une limite entre les cas de dentition physiologique et pathologique. On a cherché à tourner ce dilemme en parlant de dentition difficile ou d’accidents de dentition chez les nourrissons dont l’éruption dentaire s’accompagne de symptômes influant d’une façon quelconque sur la santé générale.

On distingue différentes variétés d’accidents de dentition.

h’odontalgie infantile qui résulte de ce que la gencive est très dure et présente une forte résistance à l’éruption de la dent. Cela occasionne une pression sur la pulpe dentaire encore ouverte ; l’enfant est alors atteint de vrais maux de dents, avant que la dent ne soit sortie. Dans ce cas la gencive n’est pas atteinte, c’est-à-dire qu’elle n’est ni rouge, ni enflammée ; simplement à la hauteur de la couronne, elle se trouve fortement tendue et anémiée. Les douleurs sont accrues au moment des tétées.et l’enfant abandonne en criant le sein maternel. La plupart du temps il y a légère constipation.

Le traitement consiste tout d’abord dans l’expectation ; on attend pour voir si la dent ne sortira pas sans intervention, car si cela se produit, la douleur s’évanouit entièrement. Si l’état général en souffre trop, on peut avec avantage pratiquer l’incision qui consiste en une forte section de la gencive tendue. Avant l’incision, aussi bien qu’après,et surtout après chaque repas, la bouche de l’en-

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