‹ Atlas manuel des maladies des dents et de la boucheChapitre 29 sur 99 · TROUBLES DANS L’ÉRUPTION DENTAIRE · texte numérisé non relu

TROUBLES DANS L’ÉRUPTION DENTAIRE

fant sera soigneusement nettoyée avec un tampon d’ouate aseptique, imbibé d’eau boriquée à 2 0/0. Contre la constipation on emploiera le remède suivant :

R. Infusion de séné. . . ( ~

Sirop de mauve. . . \ aa dU

M. S. A. unecuillérée à soupe toutes les heures jusqu’à effet.

L ’odontiteinfantile. — Dans cette forme de dentition difficile, au contraire de la précédente, les symptômes gingivaux sont au premier plan. Ce n’est pas la pulpe dentaire, mais la gencive qui réagit douloureusement.Elle s’enflamme d’abord au niveau du point d’éruption de la dent ; plus tard l’inflammation gagne les tissus environnants, de telle sorte que la gencive devient extrêmement sensible au toucher dans une grande étendue ; en même temps elle est rouge, tuméfiée et souvent recouverte d’ulcérations. L’inflammation peut gagner en profondeur et donner lieu à de la périostite et à de l’ostéite du maxillaire.

L’état général du nourrisson est souvent plus atteint que dans les cas d’odontalgie. Les troubles digestifs sont presque constants ; localement il y a une élévation sensible de la température et il y a abondante salivation.

Le traitement n’est pas toujours nécessaire, car heureusement les troubles s’arrêtent souvent avec la sortie de la dent. On ne doit inciser en aucun cas, car la plaie de la gencive irritée s’infecterait facilement. On cherchera plutôt à se rendre maître de l’inflammation au moyen d’un antiseptique faible, avec la formule suivante par exemple :

R. Borax.4 gr.

Eau de roses .... 30 —

M. S. A. en badigeonnages sur la gencive.

[Les phénomènes pathologiques qui précèdent méritent d’être rangés sous le vocable d'accidents locaux , accidents d’ordre mécanique et infectieux ( Frey ). Ce sont les mêmes troubles que nous pourrons constater lors de la deuxième dentition et surtout au cours de l’évolution de la troisième grosse molaire ; mais chez l’enfant l’infection locale, agissant sur un terrain de transition, peu résistant, donnera lieu fréquemment à des accidents généraux réflexes qu’il nous reste à étudier.

PHYSIOLOGIE

Les auteurs ne sont point tous d’accord pour attribuer à la dentition une valeur étiologique dans les perturbations morbides qui l’accompagnent souvent. Wichman, Serres, Politzer, Magitot, Galippe ont successivement soutenu, depuis un siècle, qu’il n’y avait que simultanéité et non relation de cause à effet entre les maladies dites de dentition et cette dentition elle-même. Nous ne sommes pas absolument de leur avis et nous pensons que fort souvent nombre de troubles nei'veux, respiratoires, digestifs, etc. que l’on constate chez les jeunes enfants sont en rapport intime avec le travàil de la dentition ; ce sont des troubles réflexes dont le point de départ est, soit l’infection buccale soit l’irritation des filets nerveux gingivaux.

Tous les enfants ne sont pas égaux devant la dentition et tous ne feront pas indistinctement des accidents généraux. La question de terrain domine ici la scène : l’enfant peut, par hérédité, être un déprimé, un moins résistant et il peut l’être égalementdu fait de maladies antérieures ; de plus les troubles se produiront sur l’appareil le plus faible de l’organisme et c’est ainsi que l’enfant de souche ou de terrain nerveux aura de l’agitation, de l’insomnie, des convulsions, etc., tandis que celui dont le tube digestif a été lésé antérieurement par une' hygiène et une alimentation vicieuse aura des vomissements, de la diarrhée, etc. Ponsard déclare, d’après des centaines d’observateurs, que la température et le climat auraient également une influence sur la nature des accidents généraux de la dentition : il dit que pendant la saison froide on verrait surtout des phénomènes réflexes du côté des voies respiratoires tandis que pendant la saison chaude les accidents atteindraient de préférence le tube digestif...

Nous ne pouvons discuter plus longtemps ici cette question, tou tefois nous nous résumerons en disant que s’il est vrai que la dentition ne peut à elle seule déterminer des accidenls généraux, il n’en est pas moins certain qu’elle est parfois la cause déterminante, le déclic d’un réflexe agissant sur un terrain prédisposé par une tare héréditaire ou acquise, et provoquant des troubles morbides sur les différents appareils de l’organisme.

La Vaso-dilatation paraît être l’élément principal de tous les accidents de dentition. Nous la constatons facilement au niveau des joues chez tous les enfants qui font des dents, et le public appelle ce phénomène les feux de

TROUBLES DANS i/ÉRUPTION DENTAIRE

■dents : c’est elle qui, chez un sujet au tube digestif prédisposé amènera un flux intestinal ; si elle se produit dans le cerveau, le bébé sera agacé, morose, nerveux, agité, il aura môme des convulsions ; si enfin elle a lieu dans l’appareil respiratoire, on aura de la toux, de la laryngite et peut-être de la bronchite. Ajoutons que les infections secondaires viendront facilement assombrir le tableau morbide et compliquer la situation.

Quelle que soit la nature des désordres que nous venons d’indiquer, il est un signe commun qui permet de les rapporter à leur véritable origine.

Les accidents de dentition d’ordinaire débutent brusquement au moment de l’évolution d’une dent, ont une marche plus ou moins longue, avec ou sans rémissions, et, à moins de complications secondaires, se terminent subitement dès que la poussée dentaire est terminée.

Leur traitement, en dehors des soins hygiéniques très minutieux de la cavité buccale, n’a rien de particulier et il s’adressera directement aux organes lésés.

Parmi ces diverses manifestations morbides qu’on attribue, à tout propos dans le public, à la dentition, il n’en est point qui effraient plus les parents que les convulsions: nous en dirons donc un mot.]

Convulsions. —Elles se manifestent pendant l’éruption dentaire chez les enfants nerveux facilement irritables ; elles sont donc de nature réflexe et peuvent ainsi survenir isolément ou en môme temps que d’autres troubles d’origine dentaire. Ce sont des contractions toniques etcloniques, affectant soit des grou pes musculaires isolés soit l’organisme tout entier. D’après Baume il ne serait pas toujours scientifiquement exact d’imputer â ces convulsions une origine dentaire ; à cotte époque, en effet, il se produit des modifications histogénétiques importantes dans le cerveau et dans la moelle au cours desquelles des troubles quelconques peuvent se manifester sûus forme de contractions musculaires. Il est donc nécessaire, pour fixer l’étiologie, d’examiner la cavité buccale; s’il y a gingivite avec sensibilité à la pression au niveau du lieu d’éruption d’une dent, on peut considérer cette dernière comme la cause probable des convulsions.

Le traitement des convulsions dentaires est souvent impuissant. S’il existe de l’odontalgie, une incision de la

PHYSIOLOGIE

gencive tendue peut rendre service ; l’odontite sera également traitée spécifiquement. Si ces manifestations manquent, on instituera un traitement symptomatique consistant en frictions à l’aide d’un narcotique dans la zone des nerfs irrités.' On peut se servir pour cela de :

R. Chloroforme.2 gr.

Alcool ... .... 10 —

En frictions sur la gencive et sur la joue.

Résorption des dents de lait.

Les dernières dents de lait sont à peine sorties que commence déjà le processus de résorption au niveau des incisives, causé par la pression qu’exercent au niveau des racines les couronnes de plus en plus calcifiées des dents permanentes.

Il est probable que la principale cause

ÿ. jo . 4 jj j nci de cette résorption provient de la dent

sîves tempo- permanente en formation. Il n’est pas raires latérales rare, en effet, de voir persister les dents et centrales de lait dans les endroits où là dent peravec racines manente de remplacement n’est pas arripartiellement Y éo à faire, éruption. Elles conservent résorbées. alors leur racine intacte, et restent sou¬

vent jusqu’à un âge avancé dans la série des dents permanentes. D’autre part les racines des dents de lait montrent toujours des traces d’usure au niveau des points où clics sont comprimées par les dents permanentes, ce qui confirme cette théorie.

Baume et Wedl admettent que la moelle osseuse, ainsi que le périoste prennent part à cette résorption de la dent de lait ; v. Metniz admet également l’influence du périoste mais ne croit pas à celle de la moelle osseuse. Waldeyer parle d’un processus.de résorption au niveau du follicule de la dent de lait, mais il comprend sous ce nom le périoste radiculaire, car, à l’époque de la résorption, le follicule a disparu depuis longtemps. Une autre opinion est défendue par P. Bobin qui confère au follicule de la dent permanente, sous l’influence de la mastication, un pouvoir de résorption sur les tissus environnants, sur l’alvéole et la racine de la dent de lait.

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