RÉSORPTION DES DENTS DE LAIT
v. Metnitz, qui a étudié d’une façon approfondie ces divers stades, fait observer que l’on voit souvent, sur les dents de lait extraites en cours de résorption, un tissu mou, rougeâtre, siégeant dans la concavité résorbée et que l’on pourrait, même à l’œil nu, considérer comme un tissu de granulation ulcéreuse.
Si on enlève ce tissu de granulation, on trouve sur la racine une surface rugueuse, creusée de sillons fins et entourée de pointes plus ou moins longues; Au microscope, ces sillons ou fossettes présentent une grande analo- Fig 46- Trava n c i e résorpgic avec les lacunes de tion des dents de lait'. — a,
Hoivship qui se montrent dentine avec lacunes de ré-
lors de la résorption osseuse. sorption ; b, ostéoclastes. Elles sont remplies de cellules
géantes polynucléaires (ostéoclastes de Kcelliker, voir fig. 40 b). Entre ces ostéoclastes se trouvent de nombreux vaisseaux et, point sur lequel insiste particulièrement v. Metnitz, de longs tractus de tissu conjonctif fibrillaire néoformé que l’on peut suivre, à travers les pores de l’alvéole jusque dans la moelle osseuse.
En beaucoup d’endroits, les lacunes de la résorption sont comblées avec du cément qui de son côté présente déjà des symptômes manifestes de résorption à des degrés variables et qui, en fait, se détruit complètement dans la suite, le processus de résorption, un instant arrêté, recommençant alors de plus belle. Cette néoformation de cément semble jouer un rôle lors de la fonte du cément radiculaire. Je suppose que cette formation est le fait du périoste encore relativement intact à cette période. Ce n’est que peu à peu que le périoste radiculaire se transforme en tissu de granulations ; à ce moment, la résorption du cément s’accentue énergiquement ; la dentine est encore plus rapidement détruite, la limite de la, ligne d’usure n’étant pas rectiligne, mais présentant sur une coupe longitudinale un contour formé de segments de cercles ressemblant à la ligne de calcification.
PHYSIOLOGIE
Après que la plus grande parlie de la racine est détruite la pulpe de la dent de lait se trouve à nu. Les éléments dégénèrent entièrement, les vaisseaux nourriciers faisant défaut ; mais si les connexions vasculaires persistent alors même que toute la dentine entourant la cavité pulpaire a disparu, il peut apparaître des ostéoclastes au sein de la pulpe qui lui confèrent alors une fonction
Les différents auteurs ne sont pas entièrement d’accord au sujet de la marche intime de la résorption de la substance dure des dents. Baume regarde le plasma sanguin comme un agent chimique. Il s’exprime de la façon suivante : « Il est tout à fait simple d’admettre que le sang circulant au niveau de la surface de résorption dissout et entraîne la substance dure des dents. Le plasma sanguin a, avant la calcification, nous le savons, la propriété de contenir à l’état de solution les sels calcaires nécessaires à l’édification de l’os et des-dents. Un corps chimique, qui en contient un autre en solution, peut en certaines circonstances lé dissoudre de nouveau. Ces circonstances sc montrent dès que la vitalité de la dent a disparu. Les granulations ne sont donc qu’une cause indirecte de la perte de substance, peut-être même n’en sont-elles qu’une conséquence. »
Tiümanns admet que les ostéoclastes peuvent sécréter de Y acide carbonique qui dissoudrait les sels calcaires: le résidu organique serait alors absorbé par les ostéoclastes. Schaffer également considère l’acide carbonique comme le corps dissolvant ; il serait, d’après lui « transfiltré » des veines, grâce aux ostéoclastes.
Ces pertes de substances peuvent aussi, comme le veut Wedl, être causées par action mécanique , par suite de mouvements amœboïdes, mais cela n’exclut pas qu’à ce processus ne s’ajoute l’action d’une substance dissolvant les Sels calcaires. .
Si nous envisageons encore une fois les stades de la résorption des dents humaines, nous nous convaincrons bientôt, à mon avis, qu’il s’agit de phénomènes analogues à ceux qui se passent dans la résorption physiologique des os, décrits par KœlUker lors du développement osseux. Cet auteur a démontré que dans tous les os, qu’ils soient d’origine périostique, enchondrale ou membraneuse, il y a alternativement d’un côté apport de tissu osseux et