MORPHOLOGIE ET BIOLOGIE
blances frappantes que quelques-uns d’entre eux présentent avec des flagellés considérés comme des animaux,
A cause de leur petitesse, ils ne sont pas encore suffisamment étudiés, surtout au point de vue de leur reproduction. Il est plus que douteux que tous les organismes englobés sous le nom de « bactéries » soient de même nature, car au pointdevuebiologique ils sont très différents,
D’api'ès leur forme on leur donne les noms suivants :
1° Cocci en petites sphères ; les petits se nomment microcoques et les gros macrocoques.
2o Bactéries en forme de petits bâtonnets.
3o Bacilles en forme de grands bâtonnets.
4o Leptothrix ou filiformes.
5o Vibrions, en forme de virgule ou de demi-spire.
6v Spirilles en forme de grandes spires.
D’après leurs connexions entre eux on les divise en :
l' 1 Diplocoques (deux cocci accolés).
2° Streptocoques (plusieurs cocci en chaînette).
3o Staphylocoques (plusieurs cocci en grappe).
4o Tétrades (4, 8, 16 cocci accolés en surface).
5» Sarcines cocci accolés et fusionnés.
6° Diplobacilles deux bacilles accolés.
7“ Streptobacilles bacilles en chaînette.
Ces bactéries ont la propriété d’élaborer des substances chimiques très actives qui transforment le terrain en le rendant plus favorable à leur culture. Ces substances portent le nom de ferments bactériens.
D’autre part, il se produit des phénomènes d’échange et ces bactéries peuvent donner lieu à des produits tout à fait différents de ceux qu’elles puisent dans leur entourage.
a) Les ferments bactériens ou enzymes sont des substances capables d’agir en très petite quantité et de produire de grandes modifications chimiques sans être euxmêmes transformés.
D’après Fermi certains antiseptiques peuvent tuer les microbes tout en laissant subsister leurs ferments. Le phénol à 3 0/0, le thymol à 1 0/00, le chloroforme et l’éther seraient dans ce cas.
L’action de ces ferments est démontrée, par exemple, par la liquéfaction de la gélatine, propriété que possèdent
la plus grande partie des bactéries. Il s’agit ici d’un ferment dissolvant les albuminoïdes ou ferment protéolytique. Cette fonction enzymatique se fait surtout sur un terrain alcalin. Elle est troublée par l’adjonction d’un acide. On croyait anciennement que cette action était due à la présence d’une pepsine mais comme cette dernière n’a d’action qu’en milieu acide il faut admettre qu’il s’agit plutôt d’une trypsine qui ne manifeste sa propriété dissolvante de l’albumine, qu’en milieu alcalin.
Nous verrons plus loin que ces trypsines bactériennes, ainsi que je l’ai démontré dans un travail spécial, jouent un rôle important dans les érosions dentaires se produisant quand la cavité buccale offre une réaction alcaline.
Au point de vue buccal, il faut encore considérer le ferment diastatique qui transforme l’amidon en sucre. Un tiers des bactéries étudiées par Fermi possédaient cette propriété. Le sucre, ainsi formé, peut être nuisible poulies dents car il subit souvent une transformation acide sous l’influence des mêmes bactéries ou d’autres qui pullulent dans la bouche.
b) Les produits de désassimilation des bactéries. — Les bactéries peuvent sécréter différentes substances, des substances colorantes par exemple qui restent fixées sur les colonies microbiennes, ou qui peuvent diffuser dans le milieu nutritif. Ces couleurs peuvent être des couleurs spectrales pures ou des mélanges impurs. Le groupe des carotines produit une belle couleur jaune,analogue sinon identique a la substance colorée des carottes jaunes. La prodigiosine est une c.oulcur rouge vif élaborée par le bacterium prodigiosum. La a antrine est une coloration violette produite par le bacillum violaceum. La fluorescine et la pyocyaniné ont un magnifique reflet fluorescent ; la première est sécrétée par des espèces très diverses, la deuxième apparaît surtout dans les cultures du pyocyanique dont on peut la séparer par agitation avec du chloroforme.
Pour nous, les pigments bruns et noirs présentent une importance spéciale à cause du rôle qu’ils jouent dans la carie dentaire, mais malheureusement jusqu’ici ils ont été imparfaitement étudiés. La coloration foncée des parties cariées des dents, quand elle ne reconnaît pas pour cause des corps étrangers est attribuée par certains auteurs à des sulfures de fer, et par d’autres à dos pigments bactériens.