MORPHOLOGIE ET BIOLOGIE
Ils ont raison les uns et les autres, car, ainsi que l’a montré Mayrmann, les pigments bactériens foncés ne se développent que sur un terrain ferrugineux et ne sont autre chose qu'une sécrétion nucléaire de sulfure de fer.
Dans l’étiologie de la carie, une des propriétés bactériennes importantes est le pouvoir que ces microbes ont d’alcaliniser un milieu albuminoïde privé de sucre: Miller et Arkœvy ont attiré l’attention sur ce fait et en ont tiré des déductions importantes au point de vue étiologique ' de la carie dentaire. Arkœvy a même démontré que le bacille de la gangrène de la pulpe peut, en milieu alcalin, détruire les tissus dentaires. 11 appelle désintégration ce processus dans lequel les parties organiques de la dent sont probablement seules touchées, en opposition avec la décalcification qui se produit après traitement par les acides.
La plupart des bactéries ont la propriété de former des acides en milieu sucré. Cette transformation se fait, pour certaines espèces, très vite et avec dégagement de gaz; on peut pour cette raison la considérer comme une fermentation. Il se forme surtout de Vacide lactique, mais aussi des acides formique, acétique, butyrique et propionique. L’acide lactique se produit sous forme d’un acide lactique de fermentation connu sous lemom d’acide lactique éthylique CH3-CHOH-COOH.
La bouche contient tou jours des restes d’aliments hydrocarbonés qui fermentent, produisant des acides et, selon les théories modernes, attaquent la substance calcaire desdents et provoquent la carie. Les parties organiques des dents Sont alors détruites par d’autres germes pathogènes contenus dans la cavité buccale.
Le principal défenseur de cette théorie est Miller ; en fait, ellerépond àlagrande majoritédescas,maisl’opinion de certains auteurs admettant que les bactéries peuvent créer des acides aux dépens de la substance dentaire même, est îout à fait fausse. Bien que les tissus organiques contiennent une petite quantité de sucre, cette quantité est trop faible pour pouvoir donner lieu à une quantité suffisante d’acide.
Dans la bouche, il se produit également, sous l’influence des bactéries, des fermentations appelées vulgairement des pourritures ; c’est-à-dire, selon la signification populaire de ce mot, des fermentations de substances albuminoïdes
PHYSIOLOGIE
avec production de gaz malodorants. Ce phénomène débute par l’action de l’enzyme protéolytique décrit ci-dessus qui provoque une peptonisation de l’albumine, résultat non stable et se transformant encore à son tour.
Les produits de putréfaction sont des albumoses, de l’ammoniaque et des amines, de la leucine, de la tyrosine et d’autres corps amidés, des acides gras oxydes, del’indol, du scatol, du phénol, du mercaptane, des acides sulfhydrique, carbonique, de l’hydrogène et quelquefois de l’hydrogène carboné.
On appelle également «.pourriture » la carie des dents; plusieurs auteurs se sont élevés contre cette appellation, sous le prétexte que le signe caractéristique des putréfactions, la mauvaise odeur, manque dans les caries dentaires. Il va de soi que nous n’avons pas à faire à des phénomènes de pourriture, selon l’acception vulgaire ; pour cela, les tissus dentaires sont trop durs et la couche du milieu trop peu favorable, les dents étant constamment lavées par la salive.
Cependant nous pouvons difficilement trouver un autre termepour.ee processus pendant lequel les tissus dentaires se ramollissent, se détruisent, processus quiestle faitd’une action bactérienne débutant par une désorganisation des substances organiques de la dent. Cette peptonisation des albuminoïdes parle même en faveur d’une putréfaction. En fait, on trouve dans les dents cariées une foule de microbes spécifiques de la putréfaction ; on peut en trouver dans toutes les couches des dents ramollies. Lorsque, au cours de la carie, la plupe est, atteinte, il se produit également des phénomènes de putréfaction qui se manifestent par une production plus ou moins énergique de gaz aux dépens des produits mortifiés de la pulpe. Ces gaz, lorsqu’ils ne trouvent pas d’issue, exercent une pression sur le périoste radiculaire et déterminent de la douleur. On reconnaît la présence de gaz dans la cavité pulpaire lorsque les douleurs sont exagérées par la chaleur, celle-ci ayant pour effet de dilater les gaz. La douleur est alors immédiatement calmée par l’ouverture de la chambre pulpaire qui leur donne une issue facile.
Parmi ces gaz formés par l'action microbienne il est surtout important de connaître les suivants :
1 ° L’hydrogène sulfuré qui peut se former aux dépens des substances albumineuses de la pulpe. Il est facile à