MÉTHODE DE COLORATION
Méthode de coloration.
Il est utile de connaître les procédés de coloration permettant de déceler les espèces microbiennes les plus importantes qui se trouvent dans la bouche, c’est-à-dire'dans les crachats.
La recherche du bacille de la tuberculose nécessite des précautions spéciales, sur lesquelles je veux insister un peu, à cause de l’importance de ce sujet.
Le principe de cette méthode repose sur la propriété que possède ce bacille de se colorer de certaine façon, très difficilement mais aussi très fortement et, contrairement à la plupart des autres microbes, une fois cohoré, de ne pas abandonner facilement son colorant. Des méthodes usuelles, la plus recommandable est la suivante : On met une parcelle du crachat sur une lamelle qu’on recouvre d’une autre lamelle, de telle sorte que le crachat soit réduit à une couche très mince et égale. On laisse sécher quelques instants à l’air puis on fixe en passant rapidement la lamelle deux ou trois fois dans la flamme d’un.bec Bunsen, le côté enduit de la préparation tourné en haut. On laisse ensuite les lamelles séjourner deux minutes dans une solution colorante, chauffée ; la meilleure est celle de Ziehl-Neelsen dont voici la formule :
Fuchsine.
Alcool absolu
Eau pliéniquée à S 0/0 . . . 100 cm 3 .
Solution qui colore provisoirement et d’une façon diffuse les éléments morphologiques du crachat sans désignation particulière des bacilles tuberculeux. Pour arriver à ce dernier résultat on trempe la lamelle dans une solution d’acide azotique à 30 0/0-jusqu’à décoloration complète à l’œil nu. Après avoir lavé à grande eau, puis séché, on applique la préparation sur une lame au moyen d’une goutte de baume de Canada. Les bacilles de la tuberculose se détachent en rouge vif sur le reste de la préparation décolorée.
Les bacilles de Vinfluenza qui se trouvent en grande quantité dans les crachats, d’après Pfeiffer, seront également colorés à la fuchsine pheniquée ; ils se présentent
PHYSIOLOGIE
sous la forme de petits bâtonnets de 0,4 y de longueur dont les extrémités arrondies sont plus fortement colorées que le centre. Si on veut contrôler cet examen par des cultures, on n’oubliera pas que le bacille de l’influenza se cultive surtout sur des milieux nutritifs chargés d’hémoglobine.
Le diplocoque de Frænkel, agent de la pneumonie, se trouve fréquemment sur des préparations de mucus buccal, voir même, quoique en petite quantité, dans'celui qui provient d’une bouche entièrement saine. Il est caractérisé par des cocci lancéolés, qui se présentent toujours deux par deux au sein d'une capsule, et accolés par leur extrémité arrondie. Le meilleur moyen de les mettre en évidence consiste à les colorer avec de la fuchsine à l’eau d’aniline et à les recolorer ensuite avec une solution aqueuse faible de bleu de méthylène. Les cocci sont alors colorés en bleu et les capsules en rose. Le diplocoque de la pneumonie est considéré comme l’agent d’une foule de maladies, en particulier, parmi celles qui nous intéressent : la pneumonie, la parotidite, l’ostéomyélite, la périostite, les abcès et l’infection généralisée.
L ebacille de la diphtérie ou bacille de Lœffler{\.) se trouve non seulement dans la bouche des individus malades, mais encore en quantité bien moindre, il est vrai, dans celle de gens bien portants. Il a la forme d’un bâtonnet assez long, recourbé, un peu renflé à ses extrémités et qui se présente souvent accolé deux à deux. On le colore au mieux suivant la méthode de Gram qui décolore les autres microbes de la préparation, tandis que les bacilles de Lôffler restent colorés.
Le leptotlirix buccalis ( Ch. Robin), qui n’a probablement aucune action pathologènc, se trouve en grande quam tité dans la bouche, et est facilement reconnaissable à son aspectfiliforme.il présente un certain intérêt pour nous cncequ’ilcontribuesûrement àcertainsphénomènesde putréfaction qui se passent dans la cavité buccale. Les leptothrix sont colorés en bleu par la solution de Lugol.
(1) Bernheim a. toujours trouvé dans les cas de stomatite ulcéreuse deux bacilles qui paraissent être les agents pathogènes de cette affection. L’un est un bacille analogue à celui de la diphtérie mais un peu plus gros, l’autre un spirochète. Les deux ne prennent pas le Gram.'