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CARCINOME

Les carcinomes ou tumeurs cancéreuses sont de nature particulièrement maligne. Cette malignité se manifeste par l’envahissement incessant des tissus voisins, par l’infection des voies lymphatiques, des ganglions proches tout d’abord, des ganglions centraux ensuite; en dehors de ces métastases, le cancer présente encore une tendance à l’envahissement des muqueuses saines et peut, par exemple, gagner de la langue au palais.

Les malades souffrent beaucoup de la difficulté apportée à la mastication, de l’auto-intoxication venant des produits sécrétés par les tumeurs et sans cesse déglutis, et enfin des douleurs qui se manifestent dès le début de l’affection. Mais ce qui affaiblit surtout les malades, c’est la sécrétion de la toxine cancéreuse, dont l’action spécifique, d’après Fr. Muller, causerait une dégénérescence du protoplasma dans tout l’organisme.

Les cancers de la bouche sont communs et leur importance clinique est trop grande pour que nous ne nous y arrêtions pas tant soit peu.

La fréquence de ces néoplasmes au niveau de la cavité buccale s’explique par le fait que la muqueuse et ses glandes fournissent un terrain favorable à ces tumeurs débutant par une prolifération épithéliale.

Parfois le néoplasme prend un caractère glandulaire ( adéno-carcinome ) ; dans ce cas, il se développe aux dépens de la muqueuse des boyaux épithéliaux, ressemblant à des formations glandulaires, et qui gagnent la profondeur. La couche épithéliale de ces boyaux augmente constamment d’épaisseur, de telle sorte qu’ils constituent en fin décompté des travées épithéliales pleines.

Au niveau de la bouche on trouve plus fréquemment des formes d’épithélioma typique que des adéno-carci-

TUMEURS DE LA BOUCHE

nomes. Entre les travées compactes, se voient des îlots épithéliaux dont les cellules, tant qu’il ne se produit pas de dégénérescence, sont en voie de prolifération active. Les éléments de ces îlots cancéreux, les cellules cancéreuses, ont indéniablement le type épithélial. C’est-à-dire qu’elles sont relativement grandes et quelles ont des noyaux volumineux. Leur aspect extérieur, tantôt plat, tantôt cylindrique, peut, revêtir toutes les formes occasionnées par la pression qu’elles exercent les unes sur les autres.

La muqueuse de la bouche présentant un épithélium pavimenteux, la forme la plus fréquente est celle de Vépithëlioma pavimenteux ou cancroïde soit superficiel, soit profond. Comme sa surface s’ulcère facilement, il en résulte des ulcérations cancéreuses. Microscopiquement le cancer pavimenteux consiste en une armature cloisonnée, dont les travées sont de nature conjonctive, et qui renferme des couches de cellules épithéliales, concentriquement arrangées, et imbriquées comme les couches d’un oignon. Mais il peut y avoir au niveau de la cavité buccale d’autres formes de cancers, soit le s quirrhe dur qui consiste principalement en un tissu conjonctif résistant ne renfermant que peu d’îlots épithéliaux, soit le carcinome médullaire, beaucoup plus mou, ne contenant presque pas de charpente conjonctive, tandis qu!au contraire les îlots épithéliaux sont très développés; ils peuvent renfermer des leucocytes.

Le cancer de la cavité buccale se trouve sur les lèvres, la langue, le plancher de la bouche, les joues, le palais ou les gencives.

Les hommes en sont beaucoup plus souvent atteints que les femmes, dans la proportion de 70 pour 400. Il est possible que le fait de fumer et de boire soit la cause de cette proportion en ce qu’il amèneune irritation chronique de lamuqueuse ; Partsch remarqueen effet quefe cancer des lèvres est fréquent surtout chez les gens qui sont particulièrement exposés aux intempéries atmosphériques, ce qui prouve qu’une irritation, de nature quelconque, favorise certainement cette affection. Je ne veux que rappeler ici le fait mentionné précédemment, que les tumeurs traumatiques, causées par une arête dentaire trop vive, etc. peuvent facilement se transformer en cancer.

Le cancer des lèvres est beaucoup plus fréquemment

CARCINOME

localisé au niveau de la lèvre supérieure. Il est difficile à diagnostiquer au début, présentant à ce moment la forme d’une érosion épidermique circonscrite, in durée, sans grand caractère particulier. Plus tard il se forme des croûtes résultant du dessèchement d’une sécrétion épaisseetgluan te. Si on- enlève ces croûtes, on aperçoit une région ulcérée, rouge, dont la surface, suivant l’arrangement de l’épithélium proliféré, est parsemée de points jaunâtres plus ou moins grands.

Bientôt la tumeur dépasse progressivement le niveau de la lèvre, dont elle est séparée par des bords surélevés et son pourtour devient de plus en plus dur et rigide par suite des progrès de l’infiltration ; enfin les mouvements de la lèvre semblent difficiles, mais il peut s’écouler plusieurs années jusqu’à ce que la tumeur en arrive à ce point. Cependant le processus s’accroît généralement très vite et occasionne un gonflement des ganglions régionaux.

Le pronostic du cancer de la lèvre est encore relativement bénin, car les métastases ne sont pas trop fréquentes. Parlsch a obtenu la guérison de 35 0/0 de ses malades opérés.

Le traitement consiste en l’excision aussi complète et aussi hâtive que possible du foyer morbide, ainsi que dans le curage complet des lymphatiques régionaux. Les cas inopérables, avec formations de métastases, ne peuvent plus être traités que symptomatiquement par l’emploi de remèdes dirigés contre la douleur.

Beaucoup plus redouté est le cancer de la langue qui est plus rapidement envahissant et qui occasionne beaucoup plus vite des métastases que le cancer labial. Les proliférations cancéreuses se manifestent le plus souvent au niveau de surfaces ulcérées de la langue, au niveau des ulcérations traumatiques et surtout des foyers de leucoplasie. L’épithélium lingual, aussi bien que l’épithélium glandulaire, peuvent fournir les matériaux de cette prolifération.

Le cancer de la langue débute sous forme d’une ulcération douloureuse, à bords taillés à pic et présentant une base indurée comme le cancer des lèvres.

Le plancher de la bouche se prend souvent d’une façon secondaire, à la suite d’un cancer de la langue par exemple. De bonne heure il se produit un accolement de la langue au plancher buccal, ce qui amène des troubles de la parole et de la mastication.

TUMEURS DE DA BOUCHE

Le pronostic, même quand l’opération a été faite hâtivement, est moins favorable pour le cancer de la langue et celui du plancher de la bouche que pour le cancer des lèvres, à cause de l’envahissement rapide des ganglions lymphatiques même éloignés.

La muqueuse des joues peut également donner naissance à un cancer, surtout aux endroits irrités par une arête dentaire trop vive. Presquetoujours au début, le diagnostic est hésitant entre une ulcération tuberculeuse et une ulcération traumatique devenue éventuellement la cause d’une tumeur maligne. Sa gravité est un peu moins grande que celle du cancer de la langue ou du plancher de la bouche, mais il cause des suites pénibles, à cause des pertes de substances nécessitées pour son extirpation.

Au niveau des palais osseux et mous les cancers primitifs sont très rares. Plus fréquemment, ces régions se trouvent envahies par un cancer de voisinage ; par suite de leur siège ils envahissent facilement les cavités de la face ou encore l’orbite ou les fosses nasales.

Ils paraissent d’une, malignité assez restreinte, aussi peut-on espérer leur guérison définitive par l’extirpation, combinée à une résection plus ou moins large.

Un peu plus fréquemment, on observe des cancers des gencives:, ce sont des épithélioma pavimenteux, qui envahissent rapidement la profondeur de l’os.

Ils doivent souvent leur formation à l’irritation causée par des dents copiées. Mikulicz en a constaté également au voisinage de dents arrachées. Ces petites tumeurs, à bords calleux, augmentent de dimensions, jusqu’à remplacer tout le maxillaire par du tissu cancéreux qui en modifie entièrement la forme et la consistance.

La muqueuse qui tapisse l’antre d’Highmore peut également être l’origine d’un cancer.

Pour ce qui est des cancers survenant à l’intérieur du maxillaire, il fautadmettre qu’ils doivent leur origine aux débris épithéliaux deMalassezou aux germes aberrants de la crête dentaire. Ces formes s’accompagnent de violentes douleurs à mode, névralgique et d’un gonflement très accusé du maxillaire.

Le dentiste a souvent l’occasion d’intervenir après les opérations pour réparer les brèches pratiquées ou pour corriger des cicatrices vicieuses ; nous trouverons à ce sujetdes renseignements de la plus haute valeur dans l’ou-

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