DÉPÔTS DENTAIRES
pitation de sels solubles à l’état normal, autrement dit, la formation du tartre. D’après Frey ces dépôts varieraient 1° en quantité selon le nombre et la qualité des micro-organismes, 2° en qualité selon la virulence des microbes. Pour nous, la plus grande part étiologique viendrait de l’état général du sujet et par conséquent au chimisme de ses sécrétions influencées secondairement par le polymicrobisme buccal.]
Par suite de ces inclusions organiques, il peut se former, surtout quand le tartre n’est pas trop dur, des phénomènes de fermentation et de putréfaction qui communiquent à l’haleine une odeur désagréable. En même temps, les gencives et la muqueuse buccale sont généralement enflammées par la présence de ces dépôts et il peut même fort bien en résulter des troubles digestifs et une perturbation plus ou moins profonde de l’état général.
L’enduit dentaire blanchâtre et mou se différencie du tartre proprement dit en ce qu’il contient une plus grande quantité de restes alimentaires en voie de putréfaction, ainsi que des cellules épithéliales desquamées.
Les enduits -verts, bruns ou noirs, se rencontrent surtout sur les incisives et canines supérieures comme le montre la planche XXI, figures 4, 5, 6, mais peuvent aussi se trouver sur toutes les autres dents. Ce ne sont pas des enduits proprement dits, comme l’a démontré Miller, mais bien des substances pénétrant dans la cuticule de l’émail sans jamais attaquer l’émail proprement dit.
On ne connaît pas encore exactement la nature de ces enduits, en dehors des cas où ils sont d’origine médicamenteuse (fer, mercure, etc.) ou quand ils proviennent de poussières métalliques (ouvriers travaillant le fer, le cuivre, etc.). On sait également que la fumée du ta bac donne lieu à un dépôt couleur de suie.
[Frey attribue les variations de coloration du tartre à la quantité de microbes chromogènes qu’il contient.]
Si nous sommes ignorants de l’étiologie de ces dépôts colorés, nous ne sommes pas plus au courant de leur influence sur la substance dentaire.
Le tartre dur, éloignant la gencive de la dent, et pouvant ainsi amener son ébranlement, doit être régulièrement enlevé par le dentiste. Il faut éviter de léser la gencive, ainsi que la surface de la dent, dans la mesure d u possible, et pour cela on enlèvera soigneusement le tartre qui
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siège au niveau du collet de la dent en écartant la gencive au moyen d’un instrument approprié, jusqu’à ce que l’on saisisse le bord proéminent du tartre et qu’on puisse le faire sauter. On agit ainsi plus vite et avec moins de dégâts qu’en cherchant à détruire le tartre par des mouvements de grattage et de râclage.
Pour ce qui est des enduits mous, je ne les enlève jamais moi-même, je donne aux malades une brosse et de la craie et je leur enjoins de nettoyer leurs dents à fond, en ma présence. On ieur démontre ainsi, de visu, la fausseté de l’assertion qu’ils émettent ordinairement, à savoir que cet enduit se forme malgré des brossages soigneux, et on leur donne une bonne leçon de soins dentaires.
Les dépôts colorés, surtout les dépôts verdâtres, sont. généralement très difficiles à enlever, du moins par des moyens mécaniques, et l’on a beaucoup de peine à y arriver au moyen de la brosse circulaire ou du bâtonnet de bois et de la pierre ponce pulvérisée. On pourra donc essayer des moyens chimiques. Les uns emploient la teinture d’iode, les autres l’eau oxygénée à 10 0/0 avec de bons résultats. Je me sers, à la grande indignation de plusieurs de mes collègues, d’acide chlorhydrique à 30 0/0 et me suis ainsi beaucoup facilité la tâche. La technique est très simple; on frotte rapidement et légèrement les dents, une ou plusieurs fois jusqu’à ce quelles deviennent claires, avec un tampon imbibé d’acide, puis on neutralise en saupoudrant la région de bicarbonate de soude ou de craie précipitée. C’est une opinion universellement répandue que les acides détruisent les dents ; je n’osai donc entreprendre ce mode de nettoyage qu’après m’être rendu compte, par mes expériences personnelles, de l’effet des acides sur les différentes substances dentaires. Ces expériences m’ont démontré que l’acide chlorhydrique, à
50 0/0 par exemple, n’endommage la cuticule de l’émail au point de la détacher qu’au bout de trois minutes. La solution à 30 0/0 met six à huit minutes pour y arriver.
51 nous faisons agir l’acide pendant quelques secondes, comme cela a lieu en réalité lors de la destruction des dépôts colorés de la bouche, on ne peut déceler au microscope d’autres modifications de la cuticule qu’un état lisse de sa surface, dû à la destruction des petites rugosités ; on ne constate aucune action en profondeur.
Il me semble, d'après cela, que ce mode de traitement,