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LACUNES CONGÉNITALES DE LA SUBSTANCE DURE

loin de favoriser une carie ultérieure, lui enlève l’occasion de se produire. Miller a démontré en effet que ce sont surtout les dents à surface rugueuse qui sont atteintes de ces enduits. Aussi est-il indiqué d’entreprendre un traitement qui les rende lisses. J’aamets que l’on puisse arriver au même résultat avec la pierre ponce, mais suivant le grain employé et suivant la façon d’appliquer la brosse, on obtient une surface non pas polie, mais qui, à la loupe, se montre nettement striée ; on est donc en droit de se demander si on enlève davantage de la surface de la cuticule au moyen de l’acide ou de la brosse.

Lacunes congénitales de la substance dure des dents.

On appelait autrefois « érosions » ces lacunes congénitales; le mot est mauvais, parce qu’il éveille l’idée erronée que ces fossettes ou autres formations résultent d’une action étrangère, celle d’un acide par exemple. Ainsi que l’a démontré Berten, nous avons à faire à un développement insuffisant de certaines dents isolées; il s’agit donc A'hypoplasie, selon le terme que Zsigmondy a employé pour ces manifestations, l’empruntant à des phénomènes analogues du domaine de l’anatomo-pathologie. Le terme d’« érosions « sera réservé, suivantla proposition de Coleman, Billeter et Berten, à certaines pertes de substances acquises.

L’étiologie des hypoplasies se trouve déjà contenue dans leur nom ; il s’agit en effet d’arrêts de croissance pendant le développement ; les facteurs principaux en sont la syphilis, le rachitisme et la scrofule.

Les hypoplasies peuvent présenter les formes suivantes, mais ces formes ne sont pas nettement tranchées et peuvent passer de l’une à l’autre :

1° Vallonnements.

2° Fossettes.

3° Sillons.

4° Absence totale ou partielle de l’émail.

5° Lacunes semi-lunaires.

6° Odonto-porose.

4° Si l’on fait attention, on observe très fréquemment dans sa clientèle des dents à surface vallonnée. Comme, en dehors de ce défaut, l’émail est normal, qu’il possède

une surface brillante, ce détail échappe souvent aux médecins. On songe dans ces cas à une hyperplasie de l’émail ; mais l’examen microscopique nous démontre que ces striations horizontales, pouvant exister à toutes les dents, ne doivent pas leur existence à des bourrelets surélevés de l’émail, mais au contraire à des dépressions ; il y a donc hypoplasie vraie. Walkhoff cite un cas intéressant, où cet aspect vallonné n’était pas seulement limité à l’émail de la couronne, mais se continuait sur toute la surface de la racine.

Ces vallonnements sont quelquefois à peine perceptibles, d’autres fois très nets et c'est surtout le cas quand l’ivoire participe au môme processus morbide.

2° On remarque souvent, surtout au niveau des incisives et des canines supérieures ou inférieures, des fossettes en forme de godets (planche XIX, fig. 1 et 2) qui peuvent être claires, ou encore teintées plus ou moins par des impuretés surajoutées. Ces fossettes sont petites, ponctuées ou bien grandes ; elles peuvent également devenir confluentes et former des surfaces irrégulières. Si ces fossettes, relativement apparentes, sont distribuées sur toute la surface dentaire on les nomme « en gâteau de miel », suivant l’expression des auteurs anciens.

On trouvele plus souventces fossettes réunies par deux ou trois, mais on peut également les rencontrer en plus grand nombre, en ligne horizontale à la façon d’une rangée de perlés (pl. XIX, fig. 3). On voit quelquefois plusieurs de ces cordons portés par une même surface dentaire; cet arrangement par étapes, en gradins, démontre avec évidence leur mode de formation, et prouve que ces érosions sont dues à des causes coordonnées d’arrêt de développement et. à des dépôts d’émail en couches successives.

3° Les sillons proprement dits (pl. XIX, fig. 4 et 5) sont souvent limités par des bords présentant des échancrures, ce qui prouve qu’ils proviennent d’une fusion en ligne horizontale des cordons perlés ci-dessus décrits.

4° Les cas d’absence partielle du revêtement de l'émail

Pl. XIX. — Hypoplasies de l’émail.— Fig. 1 et 2, Fossettes. Fig. 3. — Fossettes en rang de perles.

Fig. 4 et S. — Sillons.

Fig. 6. — Absence partielle du revêtement de l’émail.

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