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Usure physiologique

Comme l’abrasion peut être suffisamment prononcée pour nécessiter une intervention, je crois bien faire d’en parler ici.

Le premier signe d’usure se manifeste au niveau des incisives supérieures, qui perdent de très bonne heure leurs trois aspérités. Plus tard, les bords horizontaux, principalement ceux des dents inférieures, s’usent à un

E oint tel que l’ivoire, quelquefois même l pulpe sont mis à nu ; cela se manifeste surtout dans les cas d’anomalies d’articulation dentaire (orthogénie) ; enfin les canines perdent leur pointe et une partie de leur couronne. Suivant la situation des dents, elles se trouvent usées parleurs faces linguale ou labiale, quelquefois au point d’être réduites à l’épaisseur d’une feuille de papier (fig. 101). Si les dents mordent normalement, les dents supérieures de devant s’usent par leur face linguale ; s’il y a progénie, elles s’usent par leur face labiale. Les molaires et les prémolaires perdent leurs tubérosités et leur couronne diminue constamment de hauteur.

En cas d’anomalies de situation de dents isolées, il peut se produire des surfaces d’usures les plus diverses, et dont la description est impossible à donner. À première vue, les cas se différencient des autres affections dentaires, d’abord à cause de leur localisation et ensuite parce que leur

PERTES DE SUBSTANCE

surface est toujours polie, dure et plus ou moins pigment tée (Planche XXI, fig-. 2).

En général les abrasions ne sont pas perçues au début par le malade, car elles ne causent aucun symptôme douloureux; cependant, quand l’ivoire se trouve à nu, il n’est pas rare d’observer des souffrances souvent très violentes ; la situation devient intolérable si, par suite de l’irritation continue, il se déclare une pulpite.Mais ce cas se présente rarement ; en effet l’usure des dents est assez lente en général, pour laisser à la pulpe le temps de produire de la dentine secondaire(fig. 102).Si,aucontraire,les dents sont de nature peu solide, et que leur usure soit rapide, ou bien si on leur fait produire un travail excessif, la pulpite se déclare bien plus facilement. J’en ai vu un exemple chez un vieillard qui avait usé l’incisive latérale et la canine presque jusqu’au bord de la gencive, par l’usage immodéré delà pipe.

Le traitement est facile, puisque nous connaissons l’étiologie ; il ne sera d’ailleurs nécessaire que lorsque cette usure progressera trop vite. Dans ce cas, nous transformerons la perte de substance en une cavité appropriée et nous ferons une aurification. Cette sorte d’obturation est beaucoup plus résistante que l’ivoire et arrête l’abrasion ; les obturations à la porcelaine conviennent également très bien. En cas de pulpite déclarée, la cautérisation de la

TÜMEUÀS DE LA BOUCHE

pulpe, avec extraction consécutive et plombage des racines, peut devenir nécessaire. S’il se produit des douleurs périodiques au niveau de molaires usées, ne pouvant plus supporter une obturation, on fera usage d’un traitement symptomatique consistant en attouchements répétés de la surface triturante au moyen de chlorophénol ou de crayon -de nitrate d’argent.

[Dans plusieurs cas de ce genre, nous avons protégé les prémolaires et les molaires inférieures d'un maxillaire -avec des capsules de platine qui, surélevant l’articulé, arrêtaient l’usure des dents antérieures et permettaient à la pulpe de prendre un temps d’avance sur cette usure en pronuisant une couche de dentine secondaire.]

2° Lacunes cunéiformes.

Ces lacunes, également appelées, usures, érosions, se trouvent au niveau des collets dentaires dénudés. Elles doivent leur nom à leur forme en coin, comme faite à la lime, incisant horizontalement la surface de l’émail (fig. 103). Elles se distinguent nettement des caries en ce que leur surface est toujours polie et peu ou pas colorée. Leur siège de prédilection est la face labiale des dents ; elles sont rares sur les faces linguales ou interstitielles. Au début ces lacunes sont très petites et, si on passe avec uninstrument, ou avec l’ongle sur la surface dentaire, on sent au niveau du collet uné usure insignifiante, mais aiguë; -en général cet attouchement léger est douloureux et c’est même cette douleur qui amène le plus souvent les malades chez le dentiste. Avec le temps, ces incisives,devenues plus larges et plus profondes, peuvent amener la dénudation de la pulpe et même la fracture de la dent.

Ces lacunes ont donné lieu, au point de vue de leur for-

Planche XXI. — Fig. t. — Absence totale de l’émail sur une ■canine, ivoire atteint de carie chronique, hypertrophie du cément sur la racine.

Fig. 2. — Molaire abrasée d’un vieillard; l’émail ne persiste plus qu’au niveau des bords.

Fig. 3. — Dent colorée en brun foncé par des infiltrations sanguines.

Fig. 4, 8 et 6. — Dépôts bruns et verdâtres.

Tab.2i.

Eig.2.

Fig.3.

Fi g. 4-. Fig. S. Fig. 6.

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