‹ Atlas manuel des maladies des dents et de la boucheChapitre 6 sur 99 · AMAT0M1E · texte numérisé non relu

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Cavité buccale.

La bouche étant fermée, il n’existe, strictement parlant, pas de cavité buccale, puisque la langue est partout appli-

Fig. o. — Coupe médiane de la tête humaine ; a, vestibule buccal; 6. cavité buccale.

quée directement contre les parois, en laissant tout au plus, au niveau de sa face dorsale,, une étroite gouttière pour l’écoulement des liquides (fig. 5); '

CAVÎTÉ BUCCALE

Quand la bouche est ouverte, par suite de sa continuité, avec le pharynx, elle présente plutôt la configu ration d’un canal Cfue celle d’une cavité. 11 est aussi difficile d’en définir les limites que d’en décrire la forme ; en avant et latéralement, elle est bornée par les dents ; en haut et en avant par le palais osseux ; en haut et en arrière ses limites, constituées par le palais membraneux, sont déjà moins fixes à cause de l’élasticité et de la mobilité de cet organe. Le plancher de la bouche est formé par la langue ; en arrière, dans l’impossibilité'de fixer une séparation anatomique entre la bouche et le pharynx, on s’arrête conventionnellement au niveau du muscle mylo-hyoïdieri. Ce muscle est, comme on le sait, étendu à la façon d’un diaphragme entre le corps du maxillaire inférieur et l’os hyoïde ; il s’insère sur la ligne mylo-hyoïdienne -du maxillaire inférieur obliquement dirigée d’arrière en avant et de haut en bas ; de là, la plupart de ses fibres se portent sur le raphé conjonctif qui s’étend de l’épine du maxillaire à l’os hyoïde ; une faible partie seulement -s’insère sur le corps cle l’os hyoïde même. En arrière, la bouche s’étend jusqu’à une ligne passant par le voile du palais ; c’est l’isthme du gosier.

Nous ne parlerons ici que des régions de la bouche qui ne sont pas eh rapport direct avec les dents ; ce dernier point sera étudié ultérieurement d’une façon plus précise.

La voûte buccale (fig. 6) est formée par le palais, divisé lui-même en deux parties : le palais osseux ou palais dur, bordé par les dents, et le palais mou, ou membraneux.

Au toucher, on a la sensation quelamuqueuse, très mince, est directement tendue au-dessus de l’os sous-jacent ; en réalité ce n’est pas le cas et elle en est séparée par une épaisse couche de tissu conjonctif comprenant des granulations graisseuses très abondantes et de nombreuses glandes acineuses. Ce tissu conjonctif présente son maximum d’épaisseur au niveau de l’union de la voûte palatine avec les procès alvéolaires du maxillaire supérieur et contribue par cela à donner à la voûte palatine sa forme arrondie. Cette voûte offre de nombreuses variations individuelles ; souvent entièrement plane, tantôt au contraire elle rappelle l’aspect caractéristique de l’ogive gothique, et, entre ces deux extrêmes, se trouvent tous les degrés moyens ; nous aurons à revenir sur ce sujet en parlant des anomalies dentaires.

U ANATOMIE

Sur le palais osseux, en arrière des incisives médianes, on remarque une élevure piriforme, la papille palatine, d’où part un bourrelet médian antéro-postérieur bordé lui-même de nombreux replis transversaux, les plis palad

Fig. 6, — Voûte palatine, a, palais osseux ; b, palais mou ; c, rapliè; d, papille palatine.

tins. Toutes ces élevurcs sont richement fournies en nerfs sensitifs, ce qui explique que les personnes qui portent un appareil de prothèse voient leur sensibilité gustative quelque peu émoussée.

Les papilles de la muqueuse buccale sont plus hautes et plus nombreuses en avant qu’au niveau du palais mou. L’épithelium est pavimenteux stratifié sans couche cornée ; le tissu conjonctif, situé entre la muqueuse et le périoste, ne présente pas partout les mêmes caractères ; les

CAVITÉ BUCCALC

glandes acineuses sont plus nombreuses dans la partie postérieure, surtout dans les parties latérales ; dans les .autres régions ce tissu sous-muqueuxestforméde travées conjonctives tendues, intimement unies et comme f&utrées avec la muqueuse d’une part et le périoste de l’autre.

Dans la vieillesse et lors de la perte des dents, la voûte palatine voit sa courbe se modifier par suite de la régression des procès alvéolaires. D'autre part, le corps même de l’os se résorbe et il arrive, dans les cas extrêmes, que la bouche et le nez ne sont plus séparés que par des parties molles, ainsi qu’on peut le voir sur la préparation macérée de la fig. 7.

Fig. 7. — Maxillaire supérieur sénile avec perforation palatine.

Les artères qui viennent irriguer le palais osseux sont les artères palatines, branche principale de Vartère ptérygo-palatine qui provient elle-même de la maxillaire interne ; elles pénètrent en arrière et en dedans de la dent de sagesse par le trou piérygo-palatin, cheminent d’arrière en avant, directement appliquées sur l’os et donnent naissance à de nombreuses branches secondaires (fig. 8). Les deux artères s’anastomosent par leurs branches terminales dans la région incisive ; à ce niveau, une artériole

ANATOMIE

traverse le canal incisif et va s’anastomoser avec l’artère sphéno-palatine.

Los nerfs proviennent de la deuxième branche du trijumeart et particulièrement du ganglion nasal ou sphé- .no-palatin ; le plus important est le nerf palatin antérieur

Fig. 9. — Plancher cle la bouche ; a, glande sublinguale ; b, frein; c, caroncule salivaire.

ou grand nerf palatin qui pénètre par le trou ptérygo-palatin avec l’artère palatine et partage la distribution de cette dernière ; au niveau du canal incisif, il s’anastomose avec le nerf sphéno-palatin interne ou naso-palatin qui se dirige en avant, traverse le canal sphéno-palatin et va innerver la cloison nasale.

Fig. 8. — Vaisseaux et nerfs du palais osseux; a, artère et nerf palatins postérieurs ; b, trou palatin antérieur d’où sort l’artère et le.nerf palatin antérieurs.

Fig. 8.

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