CAVITÉ BUCCALE
Le palais mou commence à environ un travers de doigt en arrière des dents de sagesse ; comme il présente une constitution essentiellement musculaire, sa forme varie à chaque instant. La Luette, qui pend au niveau de la partie médiane, vient rétrécir l’isthme du gosier. De chaque côté se trouvent les deux piliers du voile du palais, entre lesquels sont logées les amygdales. Le pilier antérieur est Y arc palato-glosse, le postérieur, l’arc palato-pharyngien.
Le plancher de la bouche (fig. 9) est formé par la langue et par la région sub-linguale comprise entre les deux branches horizontales du maxillaire inférieur ; ces deux parties sont réunies par le frein de la langue ou bandelette linguale qui est quelquefois trop tendue chez les enfants, au point d’empêcher la succion, cas dans lesquels on est obligé de l’inciser. Quelquefois aussi, ce frein s’étend anormalement jusqu’au niveau des incisives, ce qui peut être gênant pour le maintien d’un appareil et nécessite parfois des incisions dans ce dernier.
Les glandes sublinguales se présentent sous la forme de deux élevures, situées entre la langue et le maxillaire et simplement recouvertes par la muqueuse ; elles reposent sur le muscle mylo-hyoïdien qui les sépare de la glande sous-maxillaire. En dedans elles sont en rapport avec les muscles génio-glosses. Leurs canaux excréteurs sont : le canal de Bartholin qui s’ouvre en arrière du frein de la langue sur une petite éminence, la caroncule salivaire, où aboutit aussi généralement le canal de Wartlion, canal excréteur de la glande sous-maxillaire, et les canaux de Rivinus ou canaux accessoires qui s’ouvrent de chaque côté de la caroncule. La glande sous-maxillaire se trouve au-devant de l’angle du maxillaire où l’on peut la palper quand elle est enflammée ; elle est située dans un triangle formé par le maxillaire et les deux chefs du digastrique. On trouve encore une petite glande salivaire en arrière des incisives médianes inférieures ( glande incisive de Merkel). Toutes ces glandes salivaires sécrètent d’une façon réflexe au plus petit mouvement de déglutition, même simplement quand on abaisse la mâchoire ; pour cette raison on trouve toujours le plancher de la bouche inondé lors des opérations dentaires, mais on peut assécher cette région par des tampons d’ouate et par l’emploi de là pompe à salive sans être obligé de mettre la digue.
Preiswerk. — Maladies des dents. 2
18 ANATOMIE
[Do volume variable suivant les individus, la langue à l’état de repos occupe exactement l’espace limité par les arcades dentaires, sa face inférieure reposant sur le plancher de la bouche, sa pointe touchant le palais au niveau des incisives supérieures, tandis que sa face supérieure légèrement convexe est plus ou moins écartée de la voûte palatine dont la profondeur diffère avec chaque sujet.
La langue est dçuée des mouvements les plus variés; elle peut se rétracter en arrière des arcades dentaires et rentrer en partie en quelque sorte en,elle-même, et d’autre part elle peut être projetée de plusieurs centimètres en dehors de la bouche. Dans ces mouvements de protusion elle s’étale, s’élargit ou, à volonté, devient épaisse ou pointue. Excessivement mobile dans toute sa partie antérieure, elle tourne sur elle-même et se replie, en-dessous, jusqu’à toucher de la pointe le frein, en dessus jusqu’à l’union du palais osseux et du voile du palais.
Les bords qui avoisinent l’extrémité libre de la langue se soulèvent facilement au-dessus de la portion médiane qui se creuse en godet, en cuiller pour aller cueillir le bol alimentaire et le porter en haut et en arrière vers le pharynx.
Très molle, de façon uniforme, quand elle est au renos, cachée derrière l’arcade dentaire inférieure, la langue l’est encore, mais moins, quoique fort souple, quand elle est en protusion et que, par conséquent, ses muscles sont contractés.
La partie inférieure est divisée longitudinalement en deux par le frein qui doit être lâche, peu saillant, no se détachant guère du plancher de la bouche et n’entravant en rien les divers mouvements que nous venons d’étudier. Extrêmement lisse cette surface a une teinte rose violacée sur laquelle, de chaque côté du frein, tranche la coloration bleuâtre des veines ranines.
La partie supérieure de la langue est comme grenue, ou mieux revêtue d’un reps dont les soies sont d’autant plus hautes qu’on s’éloigne des bords et qu’on va vers la base de l’organe. Ces soies ne sont autres que les papilles filiformes qui, souples, suivent le sens qu’on leur donne en les touchant ou en les essuyant.
Elles couvrent toute la surface supérieure de la langue en ayant du V lingual où se détachent nettement en rouge les grosses papilles caliciformes. De couleurrosée, humide,
CAVITÉ BUCCAUi
ia
la langue prend un aspect quelque peu blanchâtre dans la région postérieure, au fur et à mesure qu’on se rapproche du trou borgne, là où nous avons constaté un développement plus grand des papilles filiformes.
L’aspect de la face supérieure semble uniforme; cependant si on l’examine avec plus grande attention on distingue comme un piqueté un peu plus rouge. Ce sont les papilles fongiformes cjui saillent quelque peu au milieu des innombrables papilles filiformes.
Quelquefois un sillon longitudinal peu profond divise en deux la face supérieure de la langue depuis le trou borgne jusqu’à la pointe.
Les bords de la langue accolés à l’arcade dentaire inférieure en reproduisent souvent les irrégularités par des saillies verticales aux arêtes mousses.]
Les artères du plancher de la bouche viennent pour la plupart do Vartère linguale,. branche de la carotide externe; le rameau principal, l’artère ranine s’étend à la partie médiane de la langue, gagne la pointe où elle arrive près de la surface.
Cette artère ayant un certain diamètre, donne lieu à une hémorrhagie importante, lorsque la langue est blessée, ce qui n’est pas impossible au cours d’une opération dentaire. Mentionnons simplement 1 ’artère dorsale de la langue et l’artère sublinguale, branches moins importantes.
Les nerfs proviennent de l’hypoglosse, du trijumeau (3 e branche du maxillaire inférieur dont le nerf lingual est un rameau) et du glosso-pharyngien. Le nerf hypoglosse est situé à côté et au-dessous de la glande sous-maxillaire et envoie ses filets dans les muscles de la langue ; c’est le nerf moteur. Le nerf lingual est le nerf sensitif-, ce rameau terminal de la 3 e branche du trijumeau, qui reçoit des filets sécrétoires par la corde du tympan, venant du facial, remplit encore les fonctions de nerf gustatif. Ces filets gustatifs viennent probablement du glosso-pharyngien par le nerf petit pétreux superficiel et l’anastonose de Jacobsohn ; elles gagnent la corde du tympan par le ganglion ôtiqueet de là se jettentdans lenerf lingual ; le facial, en effet, ne renferme que des filets moteurs. Les filets linguaux du glosso-pharyngien servent aussi aux fonctions gustatives mais à un moindre degré.
ANATOMIE
Maxillaire supérieur
Le maxillaire supérieur est le plus grand os de la face ;. il contribue à former la voûte de la bouche, la paroi latérale des fosses nasales et le plancher de l’orbite. Il se compose (voir fig. 10), d’un corps et de quatre apophyses.
Fig. 10. — Maxillaire supérieur. — a, procès alvéolaire; b, apophyse zygomatique ; c, apophyse orbitaire ou frontale; d, sillons alvéolaires ; e, épine nasale antérieure fosse canine ; < 7 , trou sous-orbitaire; g, tubérosité du maxillaire avec les trous alvéolaires (peu visibles sur la figure) donnant issue aux vaisseaux et aux nerfs-des molaires.
L’apophyse latérale ou zygomatique s’articule avec l’os de ce nom ; à la partie médiane du maxillaire correspond l'apophyse palatine qui forme, conjointement avec celle du côté opposé, la plus grande partie de la voûte du palais.