Gutta-percha
La gutta-percha employée en art dentaire est un mélange de gutta ordinaire et d’oxyde de zinc ; c’est une bonne préparation dans tous les cas où elle n’est point sujette à l’usure, autrement on ne peut l’employer que comme obturation provisoire.
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La gutta, à cause de son pouvoir mauvais conducteur, est excellente pour former la base d’une obturationmétallique et, de plus, comme elle est très résistante aux agents chimiques, on l’emploie avec avantage pour les obturations sous-gingivales. Beaucoup de dentistes s’en servent constamment pour l’obturation des canaux radiculaires, ou pour la fixation des dents à pivot et des couronnes.
Technique de l’obturation.
Examen des dents.
Ce n’est point chose facile pour un débutant que d’examiner des dents cariées; toutes les pertes de substance n’étant pas franchement visibles et certaines d’entre elles se trouvant souvent cachées, au niveau des surfaces interdentaires, par exemple. On passe aussi facilement à côté de petites lacunes ae l’émail, qui conduisent quelquefois à des cavités assez volumineuses de l’ivoire. De telles fautes étant très sérieuses,il faut procédera l’examen approfondi et systématique des dents. Je débute toujours par les molaires supérieures gauches en allant lentement vers les prémolaires, canineset incisives; jepasse ensuite àlamâchoire inférieure, toujours dans le môme ordre, puis je vais au côté droit.
Les instruments nécessaires à cet examen sont un miroir buccal et une sonde,analogue à celle représentée dans la figure 100. Le miroir destiné à éclairerles dents est tenu de la main gauche et la sonde de la main droite. Lasonde doit être extrêmement fine pour sentir les plus petites excavations : certains foyers de carie, les foyers superficiels au début, par exemple, ne peuvent être sondés, car il n’y a pas encore de perte de substance ; on les reconnaît cependant à leur couleur opaque ou foncée. La même chose se produit fréquemment pour les cavités des faces interdentaires ; aussi, pour ne point les laisser de côté, est-il bon de s’aider en ce cas de caoutchoucs ou de cotons qui servent à écarter les dents l’une de l’autre.
Séparation des dents.
En cas de cavité de la face interdentaire, au niveau de dents très serrées, il faut absolument commencer par les
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séparer ; c’est en effet une condition indispensable pour une bonne obturation que de rendre visible le champ opératoire et de permettre un accès facile aux instruments.
Les molaires sont fixées si solidement au maxillaire qu’il faut employer dans ce but la lime à séparer (fîg. 111) ou lameule circulaire (fig. 112). Au niveau des prémolaires ou surtout des dents de devant il suffit de comprimer un peu decoton entre elles pendant quelques jours: legonflement du coton dilate ainsi continuellement et sans douleur appréciable l’espace interdentaire. Si les dents sont fixées
dans des alvéoles qui ne prêtent pas, comme cela a lieu chez les personnes âgées, le coton ne suffit plus ; mieux vaut alors employer un fragment de caoutchouc blanc, tel qu’on le trouve dans le commerce. Il ne faut cependant pas employer un fragment trop volumineux, qui comprimerait la gencive et causerait facilement de la périostite ; ces deux agents de dilatation doivent être laissés au moins deux jours en place. Si on veut faire une aurification, il ne faut
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pas l’entreprendre aussitôt après la séparation car à ce moment le périodonte se trouve irrité et sensible ; il vaut mieux laisser pendantquelques joursun fragment deguttapercha entre les dents, pour les immobiliser; après ce délai elles supportent mieux les percussions de l’aurification.
Si on est pressé, on peutséparer immédiatement les dents au moyen d’un morceau de bois taillé en forme de coiït que l’on introduit de force entre elles. On atteint le même résultat au moyen des séparateurs d’acier, qui se composent d’un double coin, pénétrant de chaque côté delà dent et mu par une vis. Un des plus usités est celui d'Elliot représenté dans la figure 113.
Fig. 113. — Séparateur Elliot.
Assèchement de la cavité.
Pour une opération decourte durée, il suffit pour opérer à sec d’appliquer uqe petite serviette, un tampon d’ouate ou d’éponge, comme le montre la figure 114. On introduit ces substances absorbantes entre le procès alvéolaire et la joue ou la lèvre, et de plus on tamponne les orifices des canaux excréteurs des glandes salivaires.
Si le champ opératoire doit être maintenu à sec pendant un certain temps, on emploie une feuille de caoutchouc (digue) suivant le procédé inventé par S. C. Barnum.
La façon la plus simple d’appliquer la digue au niveau des dents de devant consiste à faire au moyen d’une pince emporte-pièce (fig. 115), autant de trous dans la feuille de