‹ Atlas manuel des maladies des dents et de la boucheChapitre 61 sur 99 · ASSÈCHEMENT DES CAVITÉS · texte numérisé non relu

ASSÈCHEMENT DES CAVITÉS

caoutchouc que l’on veut traiter de dents ; on passe ensuite les dents dans.les trous et on maintient le tout par une ligature de fil ou de soie cirée autour du collet de la dent.

Fig. 11 i. — Assèchement au' moyen de tissus absorbants. Dans le cas figuré, on a employé une serviette.

Pour étaler la digue on se sert d’un fixateur composé de deux pinces reliées par un ruban ; on place les pinces aux angles supérieurs de la digue et on passe le ruban sur la tête du patient, ce qui tend la digue en largeur (fig. 116) ; de plus on peut fixer quelques poids au bord inférieur. Lorsqu’on doit travailler sur des surfaces interdentaires,

OBTURATIONS DENTAIRES

il ne faut pas négliger, en plus des précautions ci-dessus, d’enfoncer un coin de bois entre les dents. J’ai reproduit

Fig. 115. — Pince emporte-pièce pour perforer la digue.

planche XXIV un cas particulièrement difficile ; je renvoie donc à cette figure et au texte qui l’accompagne.

On applique facilement des ligatures au niveau des dents de devant et elles remplissent parfaitement leur but de contention : au niveau aes dents postérieures on emploiera de préférence des crampons qui tiennent mieux au collet de la dent et qui de plus repoussent en arrière le caoutchouc de la digue; c’est là un avantage appréciable étant donné les conditions défavorables de lumière et de place. J’ai représenté figure 117 in situ un de ces crampons. Gomme on peut avoir besoin de crampons spéciaux pour les dents anormales, il faut toujours en' avoir un assez grand choix.

Le crampon de Hatch, le meilleur de ce genreàmonavis (fig. 418), rend de grands services en cas de caries haut situées vers le collet; il permet de refouler la» gencive en haut sans douleur sérieuse et de plus, grâce à son heureuse construction, il ne gêne nullement l’opérateur.

L’application de la digue n’est pas seulement un moyen

Planche XXIY. — Application de la digue et d’autres moyens, en cas de carie profonde des dents de devant. La planche nous présente le cas assez fréquent d’une carie double d’une incisive dont îa couronne est si gravement atteinte que l’on serait tenté de l’enlever pour la remplacer par une dent à pivot. La digue, percée de trois trous embrassant les deux dents voisines, est maintenue en bas par deux plombs, en haut par un élastique passant sur la tête. Comme matrice, on s’est servi d'une bande de maillechort passant derrière la dent et venant remplacer la paroi postérieure absente. Cette matrice est fixée à la dent par un fragment de stents.

Tal'A.

PRÉPARATION DES CAVITÉS 255

d’assurer l’assèchement d’une cavité ; c’est encore une protection pour la muqueuse, vis-à-vis des agents toxiques ou caustiques, ainsi que contre les disques rotatifs, etc.

Fig. 116. — Digue appliquée sur les dents antérieures.

Préparation de la cavité.

Avant d’envisager la préparation des différentes sortes de cavités, il faut établir quelques règles générales.

1° Il est de première nécessité de rendre la cavité accessible à la vue. Beaucoup de praticiens négligent cette règle fondamentale, forent des trous dans la profondeur à l’aveuglette et non sans dommage. La séparation des dents n’a d’autre but que de rendre évidentes les cavités interdentaires et souvent, alors même que l’ouverture est très

visible, on se fait encore une fausse idée de la profondeur d’une cavité; l’émail étant, en effet, moins riche que la dentine en substances organiques, la carie de la dentine se développe plus rapidement que celle de l’émail; celui-ci surplombe alors la cavité et la recouvre en partie.

Fig. 117.— Molaire inférieure sur laquelle on a fixé la digue au moyen d’un crampon. On a passé un fil de soie, a, entre la dent isolée et la dent voisine.

Fig. 118. — Crampon de

Hatch pour cavités cervicales, en position mais sans la digue.

La première condition à remplir consiste à enlever ces rebords d’émail, au moyen de petites meules ou de fraises; le meilleur instrument est la fraise en roue représentée figure 123 b. Si ces rebords ne sont pas trop épais, on peut

Fig. 119. — Ciseau à émail.

les enlever au ciseau à émail; celui représenté figure 119 suffit à tous les cas.

2° L’émail ne doit jamais surplomber l’ivoire, car il se briserait consécutivement ; on doit le tailler perpendicu lairement à la surface de la dent\ il en est.de,même pour toute la paroi de l’excavation, tant pour l’ivoire que

PRÉPARATION DES CAVITÉS

pour l’émail. Si l’on avait une cavité comme celle de la figure 120 a, les rebords se briseraient dans là suite ; si au contraire la cavité était en forme d’entonnoir (fig. 120 b), l’obturation se trouverait, par places, en couche trop mince et par conséquent trop faible. La seule forme utilisable est celle de lafig. 120 c, à peu près perpendiculaire à la surface.

Fig. 120. — a, cavité à bords surplombants (bords de la cavité trop fragiles); b, cavité infundibuliforme (bords de l’obturation trop fragiles) ; c. Cavité à bords à peu près perpendiculaires (forme rationnelle).

3° 11 est très difficile d’obturer des cavités trop étroites, surtout avec de l’or, il faut donc les élargir, fig. 121.

Fig. 121. — a , cavité.étroite; b , la même artificiellement élargie.

4° En cas de cariés superficielles et moyennes il faut opérer, en terrain sain. On ne peut malheureusement pas prendre cette recommandation à la lettre, car. môme dans les caries les plus bénignes, il y a des lésions de la dentine, visibles au microscope, jusqu’au voisinage de la pulpe. En pratique, il suffit de creuser jusqu’au niveau du tissu dur.

En cas de carie profonde, on court le danger, en vou- Preiswerk. - — Maladies des dents. 17

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lant enlever tout l’ivoire malade, de mettre la pulpe à nu ; on peut à la rigeur, dans ces cas, laisser une mince couche de tissu carié au fond de la cavité, mais, en aucun cas, les bords de la cavité ne doivent- présenter de trace de carie.

Fig. 122. — Excavateur en forme de curette.

On agit plus rapidement et plus prudemment en enlevant la dentine ramollie avec des excavateurs plutôt que des fraises. L’excavateur en forme de curette représenté fig. 122 convient très bien ; de quelque dimension qu’il soit, cet instrument doit avant tout être tranchant comme un rasoir. Ce n’est que quand le tissu mou, cartilagineux a été enlevé, qu’on doit employer les fraises. J’en ai reproduit les formes les plus usuelles dans la fig. 123. Les meilleures sent les fraises à stries transversales qui agissent comme des limes. On emploie pour les mettre en mouvement le tour mû par le pied ou mieux le tour électrique, plus régulier et laissant la main plus libre, le corps n’étant pas ébranlé par le mouvement du pied.

tt

Fig. 123. — Fraises se montant sur le tour; a, fraise en forme de roue ; b, fraise circulaire; c, fraise conique ; d fraise à fissures.

5° Avant d’introduire la substance obturante, la cavité doit être séchée avec le plus grandsoin : si l’on a employé la digue, la dent, préservée même de l’haleine, est pour ainsi dire sèche et on n’a qu’à enlever la sciure produite par la fraise au moyen de la poire à air représentée fig. 124.

PRÉPARATION DES CAVITÉS

Si on s’est servi de serviettes, de tampons d’ouate, etc., la cavité doit être spécialement séchée : on emploie dans ce but des boulettes d’ouate hydrophile ou de papier buvard ou mieux encore d’amadou ; ce dernier est plus propre, car après l’avoir coupé en petits cubes, on n’a plus besoin de le toucher avec les doigts comme le papier ou le coton. L’amadou ne pouvant pénétrer parfaitement dans toutes les cavités, surtout dans celles creusées avec la fraise à stries transversales, on est obligé d'assécher avec de l’air chaud: la simple poire de la fig. 124 dont on chauffe le tuyau dans la flamme remplit ce rôle mieux que la soufflerie électrique à air chaud.

6° On lit partout qu’avant d’obturer une dent il faut en stériliser la cavité ; or, peu de dentistes suivent ce précepte. Le fraisage, en détachant les tissus malades, enlève déjà mécaniquement la plupart des bactéries, mais, si on voulait aller jusqu’au Bout, les microbes pénétrant très profondément dans les canalicules dentaires, il faudrait creuser très profondément, cequi risqueraitde mettre la pulpe . en danger. Le fait de laisser quelques instants une solution antiseptique dans la cavité avant de l’obturer est fort juste en principe, mais il ne faut pas oublier que par un con¬

tact aussi réduit on n’agit que sur les microbes superficiels.

[Clioquet pense arriver à une stérilisation parfaite de la dentine en transportant dans la pratique dentaire un procédé d’éclaircissement dès longtemps employé en histologie. Ayant nettoyé aussi loin que possible sa cavité et l’ayant desséchée à l’air chaud, il la déshydrate au moyen de lavages successifs à des alcools de plus en plus concentrés en partant de celui à 70° pour arriver à l’absolu. La dentine devenue ainsi perméable et de nouveau dessé-

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chée à l’air chaud, absorberait un liquide antiseptique dont voici la formule :

Alcool absolu ... . . . . 1 a grc

Hydronaphtol.0,75

Toluène- ..'5

Essence de cannelle de Chine. . 0,50

Essence de géranium .... 0,25

Chloroforme ....... 4

Après l’application de ce liquide, on assèche encore une fois la cavité à l’air chaud et on l’obture.

De cette façon, dit Choquet, on obtient une stérilisation parfaite de la dentine, et il n'y a plus à redouter ce microbisme latent signalé par Galippe et Miller et que l’on trouve sous toutes les obturations, même les mieux faites.

Telle n’est cependant pas la conviction de tous les auteurs français,car, dit Mahé ,dans son travail sur la perméabilité delà dentine, « l’infection a trouvéla route libre sous forme de canalicules ouverts, mais par suite de la réaction qu’elle a provoquée, ces canalicules se sont obturés et la route est désormais fermée aux manœuvres antiseptiques. Dans ce cas, aucune méthode connue, sans en excepter la méthode de déshydratation par l’alcool, ne semble capable de permettre l’imprégnation de la dentine ».]

La désinfection de ladentine infectée est donc tout empirique: dans ce but un des meilleurs agents antiseptiques que je puisse recommander est le formaldéhyde employé à 1Ô 0/0 de la solution commerciale à 40 0/0 et laissé pendant quelques minutes dans la cavité. La légère douleur occasionnée n’a pas d’importance. Le chlorophénol rend également de très bons services et n’est pas douloureux. Naturellement plus on laisse l’antiseptique en contact de la carie et plus il a d’action.

En général les microbes de la carie ne prospèrent pas dans une cavité absolument fermée, et même si on a laissé quelque peu de tissu carié, l’affection marche très lentement. En cela, l’absence d’air ne doit jouer qu’un rôle secondaire, laplupart decesmicrobesétant facultativement aérobies ou anaérobies ; mais ces bactéries n’ayant plus la nourriture provenant de la bouche sont obligés de vivre sur le tissu organique pauvre des dents ; et c’est cela qui doit causer le ralentissement de la marche de l’affection.

Localisation de la carie.

Avant de passer à l’étude des différents moyens d’obturation, il faut s’entendre au sujet des localisations habituelles de la carie ; j’adopte ici entièrement la classification d’Àrkôvy.

Si la cavité se trouve sur la surface triturante (fig. 125 a) elle est c entra le ; se trouve-t-elle au point de contact de deux dents (fig. 125 b) elle est ap proxim ale : si elle est située au niveau de la face labiale on la nomme labiale (fig. 125 c) ; cer vica le au niveau du col (fig. 125 d ) ; s uh-rp rvicpde si elle est placée encore plus haut, au-dessous de la gencive (fig. 125 e); toutes les combinaisons sont possibles, et on peut avoir, par exemple, une carie a pproximo-ce ntrale, etc.

Fig. 125. — Localisations delà carie; caries a, centrale; b, approximale ; c, labiale ; d, cervicale ; e, subcervicale.

Au point de vue de l'extension en profondeur, la carie superficielle ne touche que l’émail sans créer de lésions de l’ivoire ; la carie moyenne atteint une partie restreinte de l’ivoire et la carie profonde est celle qui pénètre jusqu’au voisinage de la pulpe, sans que cette dernière soit mise à nu en aucun endroit, ni ne paraisse atteinte par le processus de la carie. J’ai représenté ces différents états sur les figures 126, a, b et c.

Matrices.

On sait que les cavités centrales, qui possèdent toutes leurs parois sont les plus faciles à obturer ; il est par con-

OBTURATIONS DENTAIRES

séquent facile de comprendre que l’on ait cherché à donner cette forme à toutes les cavités de carie ; c’est pour cela que fut imaginé le petit instrument appelé matrice. Depuis longtemps déjà on se servait, en cas de caries approximo-centrales, d’un fragment de métal, acier ou maillechort, que l’on glissait entre les deux dents pour renforcer la paroi de la dent cariée et que l’on maintenait avec un coin de bois ou de métal ou encore au moyen d’un peu de gutta (fig. 127 c). Ces petites lames métalliques sont faciles à appliquer et, pour les cas courants,

et

Fig. 126. — a , carie superficielle ; b, carie moyenne; c, carie profonde-

sont préférables aux matrices que l’on trouve dans le commerce. Cependant, par ce moyen, l’obturation prend une forme plane ne correspondant pas à celle de la dent; la matrice de Jack remédie à- ce défaut ; elle est légèrement creusée. Pour qu’un instrument de ce genre puisse rendre des services réels, il faut qu’ilsoit solidement fixe en place, ce qui est particulièrement le cas des matrices annulaires de Herbst qui consistent en un anneau de maillechort soudé à l’étain, s’adaptant exactement au collet de la dent. Ces anneaux métalliques ont malheureusement l’inconvénient d’obscurcir le champ opératoire ; c’est pour cela qu’on a fabriqué des matrices en matériaux transparents ; les matrices Kohinoor, en eelluloïde, sont un produit commercial de ce genre (fig. 127, a).

Ces anneaux transparents permettent de bien voir le champ opératoire, mais ils manquent de résistance pour permettre une aurification. Leur emploi se trouve donc limité aux obturations avec des substances plastiques.

On peut obtenir un anneau très exact en entourant la

OR NON COHÉSIF

dent à obturer d’une lame métallique que l’on convertit en un cercle au moyen d’une vis, c’est le genre des appareils de Pinney, de Brophy, de Meister et d’autres.

Si l’on doit obturer deux cavités approximales voisines, on emploiera avec profit la matrice de Miller (fig. 127 b) ; elle consiste en deux lames métalliques parallèles, soudées à l’une de leurs extrémités, entre lesquelles on introduit un coin de métal ou de bois pour les fixer en place. Herbst a fabriqué un instrument analogue.

L’emploi des matrices est plus réduit en ce qui concerne les aurifications ; elles peuvent cependant devenir indispensables dans les cavités approximo-cervicales ; mais une fois que l’on a appliqué un fond d’or, il est plus commode de terminer l’aurification sans matrice, car il serait difficile de condenser suffisamment le métal sans déplacer la matrice. Au contraire, la matrice facilite considérablement la confection d’une obturation de grandes dimensions fai te en amalgame. La plancheXXIVmontre l’emploi d’une matrice consistant en une bande métallique simple au niveau des dents de devant.

- Obturation d'une cavité à l’or non cohésif.

On se sertbeaucoup moins aujourd’hui qu’autrefois d’or non cohésif; il est prouvé en effet que cette substance est moins dure que l’or cohésif, ce qui fait que la surface dès obturations faites ainsi devient rugueuse et vilaine ; un plus grand inconvénient vient de la difficulté qu’on a à modeler ainsi les contours ; cependant cet or se fixe bien sur les parois cavitaires et forme une obturation parfaite. Pour cette raison, beaucoup de praticiens s’en serventpour

OBTOKATIONS DENTAIRES

tapisser le fond et les parois d’une cavitédont ils terminent l'occlusion au moyen d’or cohésif. L’or non cohésif est plus facile à condenserque l’or cohésif ce qui fait que les obturations se font plus vite; il convient donc pour des caries approximales qui ne sont pas très visibles et où la condensation parfaite en tous sens de l’or cohésif est dil’ficultueuse. Je m’en sers volontiers pour des cavités centrales où l’on peut faire, en un temps très court, des obturations irréprochables.

L’or que l’on achète en feuilles est plié en trois ou en quatre, puis roulé et tordu entre les doigts en forme de corde comme je l’ai décrit pour l’alliage d’or et d’étain (fig. 128 a); on coupe cette corde en petits fragments un peu plus grands que la cavité (fig. 128 6).

Fig. 128. — a, feuille d’ornon cohésif roulée ; b, la même coupée en petits fragments ; c, condensation des cylindres d’or non cohésif, introduits dans la cavité,.

Si on a une petite cavité à obturer avec de l’or non cohésif, le mieux est de couper un morceau d’un tiers plus grand que la cavité à combler et dediamètre tel qu’il entre juste; on l’introduit comme un bouchon dans une bouteille, de façon qu’une de ses extrémités touche le fond de la cavité et i’autre dépasse notablemént sa surface. On enfonce alors un fouloir aussi épais que possible entre le cylindre d’or et la paroi dentaire en pressant énergiquement l’or contre les parois. Une fois cette partie solidement fixée, on recommence en tassant de l’or sur toute la paroi encore nue ; dans l’espace libre, resté au milieu, on enfonce alors un troisième cylindre d’or, la « clef ». La partie qui dépasse doit être rigoureusement tassée avec le marteau. On peut, sur la figure 128 c se rendre compte •du principe de l’aurification, ën tant qu’il est facile de

OR COHESIF

reproduire sur une seule figure une manipulation aussi co ni pliquée.

Ordinairement l’obturation dépasse encore le niveau de la dent ; il faut alors la travailler à la meule et au maillet, et la finir avec un brunissoir d’acier, pour obtenir une surface polie.

Le principe est le même pour les cavités plus grandes, seulement on est obligé de mettre plusieurs fragments à la fois que l’on tasse contre une paroi et qui se maintiennent alors par condensation ; de même la deuxième portion, ainsi que la clef doivent être composées de plusieurs fragments. On peut aussi placer des cylindres d’or à côté les uns des autres,’le longdes parois et, une fois ces dernières tapissées, suivant le principe décrit, continuer par l’espace médian. Dans les caries profondes il faut tout d’abord tasser l’or au fondde la cavité pour endiminuër le volume; il est alors plus facile de les finir suivant le procédé cidessus énoncé.

Dans les obturations à l’or mou le tassement contre les 'parois est avant tout important et on l’obtient au moyen d’un fouloiren forme decoin qui, pénétrant dans la masse, la refoule latéralement.

L’obturation à Vor-étain se fait absolument de la même façon qu’à l’or non cohésif; je puis donc passer cette méthode sous silence.

Obturation à l’or cohésif.

L’obturation à l’or cohésif a pris actuellement droit de cité, elle nécessite de l’adresse et de la persévérance de la part de l’opérateur et de la tranquillité et de la patience de la part du malade. Si ces conditions ne peuvent être remplies, on ne peut exécuter une obturation irréprochable et sachons bien qu’une mauvaise aurification est plus fâcheuse qu’une obturation médiocre au ciment ou à l’amalgame. Ajoutons qu’en plus des conditions précédentes il en faut encore d’autres pour pouvoir garantir la réussite d’une telle aurification. Les dents ne doivent pas être par trop sensibles à lapercussion et la substance dentaire doit posséder une force de résistance considérable, il faut que la cavité soit facilement visible et accessible et enfin qu’on puisse l’assécher parfaitement.

■ L’or cohésif gagne en force de cohésion par la chaleur ;

’ OBTURATIONS DENTAIRES

il faut donc le flamber immédiatement avant de l’employer en le passant dans la partie blanche d’une flamme d’alcool ou de gaz au moyen d’une précelle ou d’un fouloir ; on peut également le chauffer sur une petite plaque de mica.

Il existe une grande quantité d’instruments nécessaires

E our fouler l’or cohésif, pouvant être employés soit par l 'pression de la main, soit au moyen d’un marteau percuteur.

Fig. 129. —- Fouloirs pour condenser l'or.

Pour ne pas trop embarrasser les débutants dans leur choix, je leur présente une série de six fouloirs (fig. 129) qui serviront à presque tous les cas : 1° une sorte d’excavateur tronqué à pointe fine (fig. 129 a) dont je me sers avec prédilection pour fouler dans les petites cavités ou les rainures étroites. Pour condenser l’or dans les cavités approximales. surtout du côté labial, le fouloir hélicoïde (fig. 129 b) suffit. Le fouloir à baïonnette (fig. 129 c ) sert pour les parties éloignées de l’opérateur et le fouloir coudé à angle obtus (fig. 129 d) pour celles qui sont tour-

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nées vers lui. Je tasse ordinairement l’or à la surface avec le fouloir en forme de coquille (fie-. 129 é) et au niveau du bord cervical avec le fouloir en forme de pied de biche (fig-129 f).

Comme maillet, le maillet ordinaire à main est le meilleur de tous (fig. 130), c’est le seul instrument permettant de modifier à chaque instant la rapidité et la force du

Fig. 130. — Marteau à main pour condenser l’or.

coup. Beaucoup de dentistes s’en servent eux-mêmes ; cependant le maniement du fouloir est plus aisé, quand on fait marteler par un assistant.

Les maillets automatiques auraient l’avantage, non seulement de supprimer l’assistant, mais encore de travailler plus rapidement; toutefois je n’ai jamais pu me familiariser avec cet instru ment, dans lequel la percussion a lieu à l’intérieur d’un cylindre métallique, au moment où l’on appuie la pointe foulante contre une paroi résistante. Je suis donc entièrement de l’avis de Miller quand il dit ne pouvoir recommander cet instrument dont le moindre inconvénient est de déraper facilement.

D’autres maillets sont mus par le tour à fraiser, parmi lesquels les meilleurs sont ceux de Power, de Buckingham, à’Elliot et Bonvïlle. Les marteaux électriques de Bonville et Webb possèdent également des amateurs.

La partie la plus difficile d’une aurification est le début, et jamais on ne peut employer plus à propos le proverbe « omne principium grave ». Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que l’on ait cherché à s’aider de toutes façons et chaque praticien possède un tour de main spécial pour fixer le pi’emier fragment d’or. Beaucoup emploient au début de l’or mou ou de l’or cohésif non flambé dont les propriétés sont analogues à celles de l’or mou et continuent ensuite avec de l’or cohésif.

Pour fixer la première couche d’or sur les parois et sur le fond de la cavité, nous nous servons d’un fouloir rela-

OBTURATIONS DENTAIRES

tivement large. Une précaution qui permet une compression régulière consiste à ne pas fouler directement sur l’or mais sur une boulette de coton interposée; on agit de môme avec l’or étain ou Vor cristallisé ; ce dernier s’adapte si intimement aux parois et tient si facilement, que je ne puis plus m’en passer comme soutènement d’une obturation à l’or cohésif.

La question de savoir s’il faut pratiquer des rainures ou des points de rétention ne peut être résolue d’une façon générale qu’en disant que ces rainures ne sont indiquées que dans le cas où la forme de la cavité est peu propre à garantir un maintien suffisant de l’obturation. Elles sont inutiles dans lès cavités centrales cylindriques ou même infundibuliformes (fig, 131, a et b), si nous nous sommes servis de la fraise à stries transversales qui produit sur les parois de la cavité, comme le montre la figure, des rainures très peu accusées, il est vrai, mais nombreuses. Si on se sert de la fraise ordinaire, il faut, en cas de cavité infundibuliforme, entailler le fond d’une rainure de sécurité au moyen de la fraise circulaire (fig. 131, c). Dans les cavités approximales, il faut toujours agir ainsi, mais uniquement si le champ opératoire est bien visible et si l’on peut bien fouler l’or. Il est nécessaire de prendre des précautions spéciales en pratiquant des points de rétention sur les dents de devant, où l’on diminue facilement la résistance des parois, vu la minceur de la couronne ; on coui'tégalement'ainsi le danger d’ouvrir la cavité pulpaire,

MW Ü 9

d b C cl

Fig. 131. — Préparation d’une cavité pour recevoir l'or cohésif; avec et sans points de rétention. .

et c’est ce qui arrive assez fréquemment aux débutants. Le point de rélention le meilleur doit être appliqué vers le collet; on le fore au moyen d’une fraise en forme deroue très fine, cheminant entre l’émail et la pulpe, parallèlement à cette dernière et sans faire sauter l’émail ni ouvrir la chambre pulpaire. Si la couronne n’est pas trop affaiblie,

OR COHÉSIF

on peut forer un deuxième'trou dans la partie de la'couronne si tuée'entre la pulpe etle bord tranchant de la dent. Mais celle-ci étant très mince à ce niveau, on court le danger de perforer le revêtement d'émail du côté labial ou lingual, ce qui serait loin de faciliter l’aurification. Ces deux crans d’arrêt sont représentés dans la fig. 131, d.

La plupart du temps on applique dans ces rainures une bandelette ou un petit rouleau d’or cohésif que l’on comprime au moyen d’un fouloir très fin. Une fois ce fragment fixé de telle façon qu’il est absolument immobilisé, on applique par dessus un deuxième fragment, puis un troisième, etc., jusqu’à ce que la rainure soit entièrement remplie-d’or. Pour cela, ilfaut.soigneusement fouler chaque fragment en particulier, au moyen d’un fouloir très fin sur lequel on percute doucement ; une fois la rainure revêtue, on applique un rouleau d’or un peu plus grand, légèrement flambé et on le fixe avec le fouloir fin à.la partie déjà condensée, puis on le presse contre les parois avec un fouloir un peu plus épais ; cela fait, la partie la plus difficile de l’opération est terminée, et le travail avance vivement.

Le point le plus important à observer est que chaque nouvelle parcelle d’or introduite doit adhérer fortement à la portion précédente ; de cette façon on obtient, par condensation, qu’une surface de plus en plus grande de

Fig. 132. — a, l’or a été condensé uniquement au-dessus du point de rétention, aussi forme-t-il-un bourrelet, b, ici, au contraire, on a abandonné trop tôt la condensation au niveau de la ' rainure pour la continuer au niveau des parois, aussi l’or s'en détache-t-il; c, on a observé ici la bonne règle, aussi le résultat , ; ést-il bon.

la cavité se trouve revêtue d’or. Le secret d’une bonne obturation réside uniquement dans l’observation rigoureuse de cette règle...

Si on applique des masses d’or trop grandes contre la

OBTURATIONS DENTAIRES

rainure, on a une masse sphérique, polypoïde, comme le montre la figure i32, a, avec laquelle il est presque impossible d’obtenir ultérieurement une adaptation intime à la paroi ; ces fragments d’or que l’on introduit ensuite entre l’or condensé et la paroi, deviennent, en effet, rapidement rigides par le foulage et ne peuvent qu’insuffisamment s’adapter dans l’étroite fente qui existe à ce niveau. Si, au contraire, partant de la rainure, on tapisse une trop grande étendue de la cavité d’une mince couche d’or, ce faible revêtement se détache facilement de la paroi lors du travail consécutif (fig. 132, b). J’ai essayé de représenter, fig. 132, c, la proportion exacte d’or à employer et comment on doit procéder pour le fouler; cette règle trouve son emploi aussi bien dans les cavités centrales, que dans les cavités approximales, labiales, etc.

Fig. 133. — Marche d’une aurification à l’or cohésif dans une grande cavité centrale, a, première; b, deuxième; c, troisième; d, cjuatrième couche d’or.

Fig. 134. — Marche d’une aurification à l’or cohésif dans une cavité approximale de dimensions moyennes, dans une incisive : a, première ; b, deuxième; c, troisième couche d’or.

Fig. 135. — Marche d’une aurification à l’or cohésif dans une cavité approximale de grandes dimensions d’une incisive : a, orcristallisé et petits cylindres; b, grands cylindres ; c, or cristallisé et petits cylindres ; d, grands cylindres (peu flambés); e, feuille d’or no 40 (fortemt flambée).

Les cavités les plus faciles à obturer, sont les centrales, que l’on traite comme des points de rétention : on fixe

OR COHÉSIF

donc d’abord un cylindre d’or à la base de la cavité et on foule ensuite sur lui les suivants.

Les grandes cavités centrales sont plus compliquées à obturer ; la figure 133 en montre l’exécution. D’abord on bouche le point de rétention a et son entourage immédiat ; on applique ensuite l’or entre cette couche et la paroi opposée b ; puis on place le métal en couche horizontable de telle sorte que les deux portions revêtues en premier se trouvent réunies (c et d) ; on continue ainsi jusqu’à ce que la cavité soit entièrement remplie. On obture d’après le même principe les cavités moyennes des dents de devant (fig. 134), ainsi que des autres sortes de dents.

Je ne puis insister longtemps dans ce manuel, sur le chapitre si important des aurifications ; je voudrais cependant vous indiquer de quelle façon j’obture une grande cavité approximale des dents de devant, cavité que je considère comme une des plus difficiles.

Pour faciliter la description nous utiliserons le dessin de la figure 13S qui représente, légèrement agrandie, une couronne d’incisive avec une cavité approximale. On a pratiqué deux trous de fixation. La marche de l’opération sera la suivante : d’abord on place un petit fragment d’or cristallisé au niveau du trou de rétention supérieur et on l’enfonce légèrement : un fouloir épais sert à condenser l’or au-devant du trou, et un fouloir plus fin à le condenser au fond. Je ne puis conseiller avec trop d’insistance de se servir d’or cristallisé pour remplir partiellement ou en totalité les rainures de rétention. Cet or tient immédiatement et ne donne pas lieu à cette lutte énervante entre l’opérateur et la première couche d’or, qui s’observe parfois même entre les mains d’aurificateurs expérimentés. Le point a montre la couche d’or cristallisé, sur laquelle on foule d’abord de tout petits cylindres d’or, du diamètre du trou de rétention. Ces cylindres n’ont été flambés que légèrement, car il ne faut pas les rendre trop rigides.

Par dessus ce point de rétention supérieur, fortement revêtu d’or, on applique ensuite des cylindres plus volumineux (b) qui sont tassés en allant du point de rétention vers la paroi linguale. Comme pour l’or non cohésif il faut tout d’abord revêtir la partie accessible à la vue ; si on commençait par la paroi labiale, on aurait, entre autres inconvénients, celui d’empêcher l’accès direct delalumière.

OBTURATIONS DENTAIRES

Aussitôt que le travail est assez avancé pour que l’or soit condensé jusqu’au voisinage du point de rétention inférieur, on revêt ce dernier d’or cristallisé et de petits cylindres (c) en agissant exactement comme pour le point supérieur. Ces deux points, supérieur et inférieur, sont alors en communication solide, et à partir de ce moment, le travail ne présente plus de difficultés. On revêt la partie d avec des cylindres plus gros, en prenant grand soin que chaque cylindre soit toujours tassé isolément, et solidement, avant d’appliquer le cylindre suivant.

Une fois la cavité remplie de cylindres jusqu’à un certainniveau d, jecontinuel’obturationavec de l’or en feuilles épaisses n n 40 pour obtenir une belle surface bien régulière. Je coupe cette feuille en petits fragments triangulaires ou quadrangulaires, delà dimension approximative de la cavité. Jusque-làon condensera au moyen du percuteur habituel ou à la main, en faisant mouvoir le manche du fouloir tandis que la pointe en reste immobile : ceiseul mouvement du fouloir permet de tasser régulièrement et évite que l’instrument n’agisse que par le bord de sa pointe, alors qu’il doit agir par toute sasurfacesur la feuille d’or. Pour finir les contours, on flambe fortement la feuille d’or, on l’applique et pour terminer rapidement et régulièrement le tassement on emploie les maillets automatiques adaptés au tour à fraiser qui conviennent mieux que la pression de la main ou que le marteau à main.

Herbst a indiqué un moyen de fouler l’or par rotation. D’après sa méthode, l’or est condensé dans la cavité par des fouloirs rotatifs, mus par le tour à fraiser. Ce procédé économiserait beaucoup d’or et serait infiniment plus agréable pour les malades, mais il exige un tour demain assez difficile à acquérir.

[Aguïlhon de Sarran recommande depuis fort longtemps des obturations au moyen de blocs d’or pur fondus et moulés ; pour cela, il prend à la cire une empreinte de la cavité à obturer, coule un modèle en terre et talc et y fond de l’or pur ; le bloc ainsi obtenu est retouché à la lime, posé au ciment dans la cavité, puis condensé et, en ' quelque sorte, rivé au maillet. Les obturations faites par cette méthode ont une cohésion parfaite et tiennent admirablement.]

FINISSAGE DE l/AURIFICATJON

Finissage de l’aurification.

Le finissage soigneux d’une aurification est une besogne au moins aussi importante que le reste du travail. En effet les obturations non finies ont un aspect désagréable et leur surface est rugueuse ; enfin, ce qui est plus grave, elles peuvent favoriser la rétention de restes alimentaires au niveau de leurs bords qui surplombent l’émail ; les dé- ’ tritus, attaqués par les microbes buccaux, donnent lieu à des produits nocifs pour les dents et il se forme volontiers une carie secondaire aux bords de l’obturation mal finie.

Les obturations centrales doivent, de plus, être rendues concaves, car il faut toujours s’astreindre à restituer à la dent sa forme normale ; les cavités sont en général trop remplies, elles doivent donc être terminées suivant les règles que nous allons décrire. Pour trouver la place surplombante on fait mordre le patient sur du papier bleu, d’articulé. Le point marqué en couleur sur l’or indique l’endroit ui doit être abattu. On sc sert ans ce but des brunissoirs en acier représentés dans lafig.136; on emploie également des brunissoirs d’émeri, de corindon, fie carborundum, etc., pour amener l’obturation à son niveau exact. Tous ces procédés ont l’inconvénient d’échauffer douloureusementla dent, si on les emploie à sec ; aussi faut-il faire couler constamment de l’eau sur cette région, au moyen de la seringue ordinaire (fig. 137). L’obturation doit être poli& comme un miroir, ce que l’on obtient fort bien avec les brunissoirs d’acier : on peut aussi se. servir utilement de petites pointes ou de petits disques en bois, en cuir, en feutre, etc., que l’on plonge dans une substance polissante telle que la pierre ponce porphyrisée, la craie précipitée, le rouge de Paris, etc. Ces procédés permettent fie polir la surface de l’obturation, d’éviter toute solution fie continuité avec la surface de l’émail et d’empêcher le Preiswehk. — Maladies des dents. 18

Fig. 130. — Brunissoirs d’acier pour le finissage de la surface triturante d’une aurification.

obturations dentaires

contact trop énergique de l’aurification avec la dent antagoniste.

Dans les obturations labiales et plus encore dans les obturations approximales, il faut donner à la surface une forme convexe. Lorsque la place permet l’emploi des meules circulaires, on agit comme pour les surfaces triturantes, c’est-à-dire qu’on abat la surface jusqu’au niveau de l’émail et qu’on la polit ensuite soigneusement. Ce travail est plus difficile dans la région du collet, car d’une part on se trouve gêné par la gencive sensible et d’auti’e part les dents sont souvent si rapprochées qu’il est difficile' - d’employer des polissoirs. Quelques praticiens se servent de petites limes courbes très fines ; mieux vaut employer

Fig. 137. — Seringue à eau.

des bandes de papier de verre ou d’émeri que l’on peut fabriquer soi-même. Je me sers dans ce but de toile d’émeri de différents grains dont je fais enduire le dos d’une mince couche d’une solution de gomme laque, ce qui la rend un peu plus solide ; une fois séchée, je coupe cette toile en minces bandelettes de 3 à 5 millimètres de large. Ces bandelettes, ainsi préparées sont de beaucoup supérieures, comme pouvoir polissant, solidité et bon marcné, à celles que l’on trouve toutes préparées dans le commerce. Les disques de papier de verre ou d’émeri qui se vendent tout prêts conviennent fort bien pour le brunissage des cavités approximales. Mais comme ils procurent au patient unesensation très désagréable de chaleur, leuremploi doit être intermittent. Cependant on peut éviter jusqu’à un certain point cet inconvénient en enduisant la surface à polir de quelques gouttes d’huile, cequi diminueTéchauffement .et permet de travailler plus longtemps.

Obturation à l’amalgame.

Ces obturations sont très faciles, les amalgames étant des matières plastiques que l’on emploie à l’état mou et

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