AMALGAME
malléable. Cette facilité de travail a conduit à des abus regrettables qui ont pu ébranler quelque peu la confiance du public. Pour faire une bonne obturation à l'amalgame,
la cavité doit être préparée avec un soin au moins égal à celui que nécessite une aurificatipn ; seuls les points de rétention peuvent être négligés lorsque la cavité présente une forme soutenant par elle-même le produit obturant. Comme instruments, tous les fouloirsà or, brunissoirs, etc. peuvent servir. Je représente dans la figure 138 un jeu de
OBTURATIONS DENTAIRES
six instruments que j’emploie depuis des années ; ce sont : a, un instrument double, dont les deux extrémités se terminent à angle à peu près droitpardes pointes mousses et rugueuses, et qui est très commode pour porter des fragments d’amalgame dans les molaires supérieures ; les instruments b, c et d permettent de tasser l’amalgame et de l’appliquer contre les parois de la cavité ; l’instrument e est très pratique, son extrémité arrondie sert à comprimer l’amalgame et l’autre extrémité, aplatie, sert à lisser la surface de l’obturation, dans les cavités approximales. La spatule f est indispensable pour les obturations approximales. La description de ces appareils indique d’ellemême la technique de l’obturation. L’amalgame bien malaxé est divisé en petites boulettes beaucoup plus petites que lacavité; la première introduite est fortementappliquée contre les parois, ce qui force l’amalgame à pénétrer assez loin dans les canalicules dentaires, si on en croitles examens de Ad. Witzel. Ce premier fragment introduit, on entasse un second, puis un troisième, etc. jusqu’à ce que la cavité se trouve remplie.
En général on met trop de mercure dans l’amalgame, ce qui le rend trop mou. On peutobvier à cet inconvénient, en se servant de boulettes de papier japonais au lieu de fouloirs en acier, pour presser l’amalgame ; ainsi l’excès de mercure sourd à la surface de l’obturation, sous forme de fines gouttelettes, et peut être enlevé ; on arrive au même but en prélevant cet excès de mercure au moyen d’une feuille d’étain, d’argent ou d’or.
Le finissage se fait de la même façon que pour l’or, mais on ne peut le pratiquer qu’après durcissement de la masse, c'est-à-dire après un ou plusieurs jours.
En dehors de son emploi à l’état pur, l’amalgame peut encore servir à de nombreuses combinaisons dont voici les plus communes : 1° on mélange l’amalgame avec une autre matière obturante pour réunir les avantages de deux procédés ; ainsi l’union du ciment au phosphate de zinc et de l’amalgame est une excellente matière d’obturation ; il colle aux parois comme le ciment, conduit moins bien la chaleur et est à peu près aussi solide que l’amalgame pur. Ces obturations se font d’après les mêmes principes que celles à l’amalgame pur. 2° Une autre forme de combinaisons consiste à remplir une partie de la cavité avec de la gutta, du ciment ou de l’or et à remplir ensuite avec de