‹ Atlas manuel des maladies des dents et de la boucheChapitre 64 sur 99 · ÉMAIL · texte numérisé non relu

ÉMAIL

des baguettes d’émail de sections diverses, rondes, ovales, semi-lunaires, etc. Ces formes sont très utilisables et conviennent à presque tou tes les pertes de substance labiales, S’il s’agit de reconstituer des coins de dents, il vaudra mieux se servir d’un fragment de dent artificielle auquel adhère encore un crampon de platine ; celui-ci pénétrera dans la cavité et sera solidement fixé dans le ciment. On trouve, dans le commerce, des formes très pratiques de ces coins de dents, pourvues de longues pointes de platine ; si on peut forer un trou suffisant dans la dent, l’obturation tiendra naturellement mieux que si cette pointe est simplement noyée dans le ciment : il n’est pas besoin de dire que ce travail sera très facile s’il s’agit de reconstituer une dent morte dans laquelle on peut pénétrer jusque dans le canal radiculaire.

Fig. 140. — a. Cavité approximale, préparée pour la réception d’une obturation à l’émail ; à côté, le fragment d’émail préparé pour l’obturation et pourvu d’une rainure; b, perte de substance labiale, fraisée pour la réception d'une ropdelle d’émail de White, qui a été figurée à côté.

De préférence à ces morceaux d’émail tout préparés, on emploie aujourd’hui fréquemment des masses de verre ou de porcelaine fusibles. Pour exécuter une obturation avec ces matériaux, onpréparesa cavité comme pour toute autre obturation, en ayant soin toutefois, à cause de l’empreinte à prendre, de lui donner une forme de godet et non une forme élargie à la base. Cette empreinte se prend, suivant les conseils de Sachs et d’autres, au moyen d’une feuille d’or ou de platine n“ 60, dont on comprime fortement un fragment dans la cavité au moyen de boulettes

OBTURATIONS DENTAIRES

d’amadou ou d’ouate ; ceci fait on maintient d’une main une boulette de coton pour que la feuille de métal ne puisse s’échapper de la cavité, et de l’autre on applique les bords de la feuille sur la surface de l’émail au moyen d’un brunissoir d’acier ; une fois les bords fortement imprimés et la feuille bien en place, on l’enlève soigneusement avec une petite pince. (D’après mon expérience, les bords s’impriment encore plus fortement quand on les comprime au moyen d’un morceau de caoutchouc mou.)

On introduit alors dans la cavité de cette empreinte, au moyen d’un pinceau ou d’une spatule, un mélange de poudre de porcelaine et d’eau distillée, jusqu’à la hauteur de l’obturation à faire ; on chauffe ensuite la masse doucement et soigneusement, au-dessus d’une flamme blanche, jusqu’à ce que la masse fonde ; on la laisse alors lentement refroidir. Si on a employé une quantité suffisante de poudre, on obtient une pièce, reproduisant exactement la forme et les bords de la cavité ; sinon, on peut en ajouter une nouvelle quantité et chauffer de nouveau.

Pour rendre rugueuse la partie cavitaire (afin que le ciment tienne mieux) on a préconisé divers procédés ; en général il suffit de faire quelques petites rainures avec un disque diamanté; on peut toutefois arriver au même résultat en saupoudrant- le fond de l’empreinte avec un peu de plâtre, avant la cuisson.

L’expérience a démontré que les obturations d’émail se coloraient à la longue et on a attribué ce fait au ciment qui les fixait ; mais comme cela se produit même avec des ciments tout à fait clairs, il faut admettre que la substance colorante de l’émail se modifie à la longue. Les poudres difficilement fusibles de Jenkina, de 0'Brien et de Richard-Chauvin seraient, paraît-il, plus fixes sous le rapport de la couleur.

Obturation à la gutta-perclia.

Pour obtenir des obturations durables avec la guttapercha, il ne faut l’employer que dans les endroits où il ne s’exerce aucune pression. Sa cavité est préparée comme pour toutes les autres obturations et ne doit point conserver la moindre trace d’humidité ; sans quoi l’obturation n’adhère pas aux parois. On introduit la gutta en petits

Page 1