I. - HYPERÉMIE DE LA PULPE
La sensibilité de la dent est augmentée, le froid, le chaud donnent lieu à une sensation douloureuse, légère et fugace.
L’hyperémie de la pulpe se manifeste sur des dents cariées ou abrasées, surtoutà la suite d’influences thermiques agissant sur la pulpe insuffisamment recouverte ou encore, en cas de carie, par l’action des toxines bactériennes. .
Si on enlève, sur une dent arrachée, une pulpe ainsi hyperémiée, on voit, déjà à un faible grossissement, que les vaisseaux afférents et efférents sont dilatés; tant que la circulation n’est pas troublée il ne se produit pas d’autres manifestations, mais, si la circulation ne se fait plus normalement, il éclate des symptômes inflammatoires.
Le traitement doit toujours être conservateur; il faut traiter la pulpe de façon à la guérir. On agit dans ce sens en éloignant les causes de l’affection ; ici, on recouvre d’une substance peu conductrice l’ivoire abrasé et là, pour éviter l’action des toxines microbiennes de la carie, on enlève toute la dentine ramollie ; il faut ensuite préparer et obturer la cavité suivant les principes indiqués pour la carie profonde ; pour cela, on interpose entre le fond de la cavité et l’obturation une substance non irritante et mauvaise conductrice de la chaleur, de la gutta-percha par exemple.
MALADIES DE LA PULPE
2 PULPITE AIGUE SUPERFICIELLE
Cette affection, également dénommée « pulpite septique » par Arkœivy se voit surtout au niveau de la première molaire des individus jeunes chez lesquelsune grande partie de la couronne a été détruite par la carie sans cependant que la cavité pulpaire ait été ouverte (planche XXV, tig. 2).
Cet état donne lieu à des sensations désag-réables, qualifiées de douleurs par les personnes très sensibles ; cette sensation passe rapidement, mais revient à des intervalles rapprochés.
L’attouchement à la sonde n’occasionnè pas de douleurs, non plus que l’irrigation froide.
Au microscope on trouve des micro-organismes parsemés dans les tissus superficiels de la pulpe, « comme si ces tissus avaient été saupoudrés de sable fin », suivant l'expression de Rotlimann ; la pulpe ne présente pas encore de modifications de structure ; les invasions bactériennes se trouvent surtout dans les cas décrits ci-dessus parce qu’à l’état jeune, les canalicules dentaires sont très perméables aux microbes, et que, de plus, ces premières molaires, souvent mal développées, possèdent une vitalité insuffisante pour former une couche transparente s’opposant efficacement à l’envahissement des bactéries. Le traitement donne des succès relatifs, cette forme de pulpite 'étant la seule guérissable. D’après mon expérience, on obtient les meilleurs résultats en introduisant pendant 5 à 10 minutes un cristal de chloro-phénol ou une solution à 5 0/0 de formaldéhyde (c'est-à-dire une solution ào 0/0 de la solution commerciale à 40 0/0) dans la cavité bien nettoyée au préalable. Après avoir détruit ainsi une partie des microbes sans aucun danger pour la pulpe, on place, sur la dentine, avant l’obturation,un antiseptique qui restera en permanence ; celui qui convient le mieux est une pâte d’iodoforme et de créosote dont on imprègne un petit tampon d’amiante. Szabo recommande le nitrate d’argent, pour former une couche protectrice au-dessus de la pulpe.