‹ Atlas manuel des maladies des dents et de la boucheChapitre 68 sur 99 · PULPITE CHRONIQUE PARENCHYMATEUSE · texte numérisé non relu

PULPITE CHRONIQUE PARENCHYMATEUSE

(PL XXVI, fig. 6)

Arkôvy décrit à peu près ainsi cette forme : « L’examen macroscopique montre la pulpe infiltrée, tuméfiée, grisâtre, parsemée çà et là — quand le processus chronique n ! a pas encore envahi la totalité de la pulpe — de taches ou de stries d’un blanc de neige, ou, en d’autres cas, uniformément grisâtre et transparente, tantau niveau de la couronne que de la racine. De plus, la pulpe de la couronne présente

Planche XXVI. — Fig. I. Prémolaire atteinte de gangrène de la pulpe.

Fig. 2. — Molaire atteinte de pulpite chronique hypertrophique sarcomateuse.

Fig. 3. — Incisive atteinte de pulpite chronique hypertrophique granulomateuse.

Fig. 4. — Incisive atteinte de pulpite chronique purulente.

Les taches jaunes sont des abcès disséminés dans le parenchyme pulpaire.

Fig. 5. — Prémolaire atteinte de pulpite ascendante, la racine avait été mise à nu par une pyorrhée alvéolaire, aussi la pulpe pouvait-elle s’infecter par le foramen apical.

Fig. 6. — Dent de sagesse atteinte de pulpite chronique parenchymateuse.

Planche XXVII. — Fig. 1. Incisive avec atrophie de la pulpe, résultant probablement d’une pulpite .chronique parenchymateuse.

Fig. 2. — Prémolaire atteinte de pulpite chronique purulente totale, développée sous une obturation métallique.

Fig. 3. — Incisive atteinte de pulpite idiopathique ou concrémentitielle. On voit des concrétions claires disséminées dans la pulpe légèrement enflammée.

Fig. 4. — Molaire atteinte de gangrène pulpaire ascendante.

Tig.l. Fig. Fig.J.

ïig.l.

Ta/). 2 7.

Fig. 4-.

MALADIES DE LA PULPE

une zone d’infection circonscrite, qu’on ne l'etrouve pas'en d’autres endroits. »

Le malade n’a pas d’accès douloureux subits, mais plutôt un malaise continu qui peut se transformer en douleurs lancinantes et gravatives. L’eau froide ne cause de douleurs, légères d’ailleurs, qu’au bout d’un certain temps ; l’attouchement avec la sonde est également supportable. Les blessures de la pulpe dans ce cas donnent lieu, par suite de la dilatation des vaisseaux, à une abondante hémorrhagie.

Au microscope on observe une prolifération des cellules pulpaires (hyperplasie), ainsi qu’une dilatation vasculaire (hyperémie) ; cette forme se distingue de la pulpite totale par l’absence d’infiltration leucocytaire, etc. A la suite de cette hyperplasie et de cette hyperémie qui sont la cause d’une pression réciproque des éléments de la pulpe pendant des semaines etdes mois, il se produit finalement de Y atrophie (PL XXVII, fig. 1).

Rothmann, dans la l re édition du manuel de Scheff, écrit textuellement ceci :

« Le tissu cellulaire de la pulpe, primitivement / ibril lairee t en partie adénoïde à petites mailles, se transforme, sous l’influence de l’hypérémie, par une abondante prolifération cellulaire en tissu adénoïde à grosses mailles. » Je ne puis souscrire à cette opinion pour la raison que nous ne trouvons pas dans la pulpe adulte normale de tissu adénoïde, c’est-à-dire de tissu réticulaire rempli de leucocytes.

Dans les cas rares, où il s’est déclaré une périostite concomitante, le traitement nécessite l’ablation totale dé la pulpe, jusque dans les canaux radiculaires; autrement, la seule amputation de la pulpe peut suffire.

9 ET 10.- PULPITE CHRONIQUE HYPERTROPHIQUE GRANULOMATEUSE ET SARCOMATEUSE

J’ai représenté ces deux formes dans la planche XX, fig. 2 et 3 : très différentes des pulpites décrites jusqu’ici, ce sont en réalité des tumeurs de la pulpe. D’après Arkoevy , les unes sont de simples granulations (homoplasie), les autres sont formées d’éléments pulpaires dégénérés (hétéroplasie), ce sont des sarcomes.

La pulpite chronique hypertrophique granulomateuse Preiswerk. — Maladies des dents. 19

MALADIES DE LA PULPE

(planche XXYI, fig. 3), représente une néoformation relativement petite, un polype de la pulpe, formé de tissu granuleux et ne dépassant que rarement le volume d’un pois ; de plus ce polype n’est pas implanté sur toute la surface de la pulpe, mais n’adnère qu’à une ou, au plus, à deux des cornes de cette dernière. Sa consistance est molle, aussi l’attouchement de la sonde amène-t-il facilement une blessure qui saigne toujours abondamment. Le malade présente rarement des douleurs spontanées, les irritations mécaniques seules sont sensibles, à peu près comme cela se passe pour la gencive enflammée.

Sous le nom de « pulpite chronique hypertrophique sarcomateuse, Arkœvy embrasse tous les néoplasmes de la pulpe de consistance ferme, nettement limités, unis ou lobulés et saignant peu. Ils ne sont pas implantés par un ou deux pédicules, mais partent de toute la superficie de la pulpe de la couronne et remplissent une partie plus ou moins grande de la dent cariée (pl. XXYI, fig. 2).

Les symptômes subjectifs sont les mômes que dans la forme granulomateuse.

Le diagnostic différentiel doit se faire avec les hypertrophies de la gencive, éventuellement, avec les tumeurs provenant du fond de l’alvéole. Les premières peuvent facilement être écartées de la dent cariée au moyen de coton ou de gutta-percha ; dans les tumeurs périostiques, le canal radiculaire est en général extraordinairement élargi, ce qui ne s’observe pas dans les polypes pulpaires.

Ces polypes doivent être enlevés au moyen du thermo-: cautère et le tissu restant détruit au moyen de l’acide arsénieux.

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