‹ Atlas manuel des maladies des dents et de la boucheChapitre 77 sur 99 · MALADIES DE LA MEMBRANE PÉRI-RADICULAIRE · texte numérisé non relu

MALADIES DE LA MEMBRANE PÉRI-RADICULAIRE

La complication la plus importante est la formation de pus dans le périodonte et de fusées dans le voisinage. S’il n’existe pas d’ouverture marginale dans la région du collet dentaire (planche 1 XLIII, fig. 2 a) le pus traverse l’os et vient faire saillie soüs le périoste; cette tuméfaction, grâce à sa consistance dure et à sa forme limitée et arrondie, fait croire quelquefois à une tumeur osseuse (planche XLII, fig. d, abcès sous-périostal). Au bout d'un certain temps, le pus perfore le périoste et se collecte sous la gencive (abcès périostal, planche XLIII, fig. 1) d’où il diffuse rapidement dans les tissus voisins ; l’œdème augmente alors rapidement, mais la tension intra-osseuse et sous-périostée étant diminuée les douleurs décroissent notablement.

On désigne sous le nom de pàrulies toutes les tuméfactions du maxillaire, causées parla suppuration, qu’elles se trouvent dans la profondeur ou à la superficie de l’os. Le pus fusant en général vers la face labiale, la parulie se trouve le plussouvent du côté labial ou jugal. Quand cette tumeur s’est remplie jusqu’à un certain point, quand elle est -( mûre » elle éclate spontanément en un point quelconque et le pus se répand dans la bouche. La parulie se remplit ensuite de nouveau, mais se vide rapidement et de façon continue, la muqueuse affaiblie se perforant avec une plus grande facilité et donnant, au pus collecté, une issue facile, avant que la pression ne soit devenue très forte.

A la fin, il n’y a plus d’abcès proprement dit, le pus s’écoulant continuellement de la gencive (planche XLI, fig. 1); il s-’est formé unefistule gingivale. Cette perforation ne se limite pas à la gencive, le tissu spongieux et le tissu compact de l’os (fig. 36) se nécrosent également en partie. La planche XLIV, fig. 2 montre une nécrose au début. Dans les cas chroniques, il peut se former des abcès « borgnes » comme la planche XLII, fig. 2 en montre un exemple : ces abcès l’estent généralement très petits et ne gênent le malade que peu ou pas du tout.

Au maxillaire supérieur, le pus se fraye rarement un chemin vers le palais osseux, car l’os est remarquablement épais dans cette région. Le pus se collecte d’abord sous lé périoste, et, le repoussant devant lui, donne la sensation d’une tumeur dure, puis il fuse sous la gencive, offrant alors au doigt la sensation de fluctuation. Cette tuméfaction

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gêne considérablement le malade pour parler et pour mastiquer. La fig. 56 b, partie supérieure, montre le cas, rare, d’un abcès sous-périostal palatin, double. Au maxillaire supérieur le pus peut encore se frayer un autre chemin, vers les fosses nasales ou versï ’antre d’Highmore par exemple. Dans ce dernier cas, il peut simuler un empyème, et même en provoquer un véritable, si le pus séjourne un certain temps dans la cavité.

Une des complications les plus rares est l’abcès lingual dans la région des molaires inférieures. Il ne se forme pas là de collection purulente, car la lamelle osseuse en rapport avec l’apex de la racine est très mince ; elle n’est par conséquent pas refoulée, mais très rapidement perforée par le pus, qui fuse alors vers la région sous-maxillaire et y produit une inflammation plus ou moins grave.

Ce que le public redoute le plus, c’est l’écoulement du pus par le revêtement cutané extérieur, donnant lieu à des cicatrices déformantes. Il peut se produire, en effet, une fistule à la joue mais plus fréquemment le pus descend, sousl’infïuencede la pesanteur, et vient s’écouler au dehors au niveau du maxillaire inférieur, ou même au niveau du cou.

On est tenté de chercher la dent fautive dans le voisinage de la tuméfaction ou delà fistule. Cela est exact en général, mais il ne faut pas oublier qu’un abcès ayant fusé sous l’influence de la pesanteur peut conduire à une fausse piste; c’est ainsi que j’ai pu observer un abcès siégeant au niveau des incisives inférieures et qui était provoqué par une carie de la deuxième molaire. La malade était une

Planche XLII, fig. 1. — Abcèssous-périostal; a, pus collecté; b, périoste; e, muqueuse.

Fig. 2. — Abcès borgne.

Planche XLIII, fig. 1. — Abcès périostal; a, pus collecté ; b, périoste ; c, muqueuse.

Fig. 2. — Abcès périostal. a, son ouverture marginale.

Planche XLIV, fig. 1. — Périodontite toxique (arsénieuse) ;

un pansement débordant d’acide arsénieux a déterminé en a une destruction partielle de la gencive ainsi que du périoste et de l’os.

Fig. 2. — Nécrose osseuse au début ; en a, le tissu osseux se nécrose par suite de la formation continuelle de pus.

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