MALADIES DE LA MEMBRANE PÉRI-RADICULA1RE
couturière, chez laquelle le pus avait fusé à travers les tissus jusqu’au niveau des incisives, grâce à la position inclinée de la tête qu’elle gardait pendant de longues heures.
Fig. 145. — Maxillaire supérieur macéré, présentant une perte de substance ovalaire, siégeant sur la paroi faciale et résultant d’une périostite suppurée de la première prémolaire.
[Dans leur marche, les abcès et les fistules d’origine dentaire n’ont pas pour seul guide les lois de la pesanteur. Dàlbau a fort bien montré que le pus suivait les plans musculaires et aponévrotiques tant que l’inflammation n’était pas trop violente pour détruire tout sur son passage; de plus, il est bon de considérer le rapport existant entre la longueur des racines dentaires et la profondeur du vestibule, les abcès et fistules se formant dans la bouche lorsque les racines sont courtes et au contraire s’ouvrant
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à la peau lorsque les racines sont plus longues : notons que des mensurations ainsi faites montrent que les racines des dents inférieures ne descendent pas jusqu’auniveau du sillon gingivo-labial, sauf en ce qui concerne les trois grosses molaires. Sijfre a cité plusieurs observations dans lesquelles l’abcès formé à l’apex d’une dent atteinte de périodontite, avait détruit la cloison inter-alvéolaire et amené la mortification pulpaire d’une, dent voisine saine extérieurement ; dans ce cas la guérison de l’abcès ou de la fistule ne pouvait être obtenue que par le traitement combiné des deux dents.]
Traitement des Périodontites.
S’il s’agit d’une périostite au début, on doit avant tout éviter la formation de pus ; celui-ci étant généralement le fait de débris pulpaires putréfiés au sein de la dent, il faut extraire ces débris et stériliser le canal radiculaire ainsi qu’il fut indiqué page 301 pour le traitement de la gangrène pulpaire. Si le pus est déjà collecté et qu’il s’écoule après cathétérisme par le canal radiculaire, le traitement donnera d’excellents résultats.
En pareil cas, il n’est pas indiqué d’obturer immédiatement les racines avec des substances antiseptiques ; il vaut mieuxiaisser la dent ouverte pendant quelques jours. Le traitement ultérieur se confond avec celui de la pulpite gangréneuse. S’il y a parulie, il faut inciser ; le bistouri doit être enfoncé profondément dans la muqueuse souvent très épaissie, pour que le pus, généralement très abondant, trouve un écoulement facile. L’introduction d’un tampon de gaze iodoformée ou d’un crayon d’iodoforme prévient la fermeture trop rapide de l’incision.
Comme traitement externe on emploie souvent la chaleur sous forme de cataplasmes appliqués extérieurement loco dolenti. On peut également agir parfois avec succès sur l’inflammation au moyen de badigeonnages gingivaux de teinture d'iode et de teinture d’aconit, à parties égales; ces badigeonnages, pratiqués une fois par jour, agissent mieux quand on scarifie la gencive au préalable. Anciennement, on se servait dans ce but de sangsues et on obtenait les meilleurs résultats. J’ai employé ce moyen dans quelques cas désespérés et, comme les suites en furent excellentes et que Ton ne cite aucun cas d’infection