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I. ANESTHÉSIE LOCALE

L’anesthésie locale s’obtient par des moyens thermiques (froid), par des moyens mécaniques '(compression des nerfs) et enfin par des moyens chimiques.

1) L’anesthésie par le froid se fait surtout par l’évaporation de certains liquides, et en particulier du chlorure d’éthyle. Lorsqu’on veut employer ce dernier, il faut avant tout garantir les régions voisines, ce que l’on fait en revêtant les dents de cire ramollie; on projette ensuite le chlorure d’éthyle tant sur le côté labial que sur le côté lingual de l’alvéole de la dent à extraire.

Comme le chlorure d’éthyle bout à 11° centigrades, la chaleur de la main suffit pour produire dans le tube une pression intérieure assez forte pour projeter de loin un fort jet. Au bout de 10 à 15 secondes de ce jet sur la gencive, il se forme une couche de glace blanche et brillante ; on peut alors commencer à opérer. L’intervention est ainsi d’autant plus supportable qu’en dehors de l’anesthésie locale il se fait une légère anesthésie générale par le gaz inhalé. On a encore recommandé le chlorure d’éthylepour d’autres opérations buccales, comme l’enlèvement des petites tumeurs ; il rend enfin de bons services pour l'extraction de pulpes vivantes ; dans ce cas on doit diriger le jet, non sur la gencive, mais sur la pulpe elle-même. Il faut avoir soin de ne pas employer le thermocautère après l’anesthésie au chlorure d’éthyle, ce produit étant inflammable.

Pour obtenir une anesthésie mécanique on injecte dans la gencive sous forte pression des solutions médicamenteuses très diluées ou la solution salée physiologique. Il se produirait alors, dit-on, un gonflement des filets ner- Preiswerk. — Maladies des dents. 22

veux; je n’y crois guère et je suppose plutôt que la pression du liquide injecté empêche la conductibilité nei’veuse.

Ces solutions doivent être injectées en grande quantité, et comme il faut une forte pression, on se servira de grande seringue. On les injecte en deux ou trois endroits, aussi bien du côté labial que du côté lingual, jusqu’à ce que la gencive soit fort dilatée ; on cherchera aussi à pousser un peu de liquide entre la dent et l’alvéole.

Beau cou p de produits anesthésiques en vente au j ou rd’hu i n’agissent que par action mécanique.

Cette méthode s’est peu généralisée car, de cette façon, la sensibilité n’est amoindrie qu’incomplètement et d’autre parties piqûres nombreuses sont très.aouloureuses.

3) Parmi les anesthésiques chimiques, la première place revient à la cocaïne. Partout où cette substance se trouve en contact avec les nerfs, elle supprime pour un certain temps leur sensibilité. Pour les opérations sur la gencive, qui résorbe très bien ce médicament, il suffit de badigeonner avec une solution à S ou 20 0/0 et de laisser agir le médicament pendant 2 ou 4 minutes. Comme l’analgésie reste locale et ne gagne pas en profondeur, ce procédé suffit bien pour de petites incisions de la gencive, mais non pas pour l’extraction des dents ; dans ce cas la solution doit être injectée dans la gencive ; il faut alors éviter les solutions trop concentrées qui ont maintes fois occasionné des intoxications ; aussi a-t-on abandonné la solution à20 0/0 proposée autrefois par Ad. Witzel et emploie-t-on des solutions plus faibles, en particulier les solutions indiquées par Schleicli contenant quelques milligrammes de substance active. Je suis de l’avis de Thiesing qui ne veut pas employer une solution au-dessus de 1 0/0 et ne pas dépasser, sauf dans des cas exceptionnels, la dose de deux centimètres cubes (0,02 de cocaïne). Chez les enfants on doit encore redoubler de précaution. Braun indique la formule suivante :

Chlorhydrate de cocaïne.1 gr.

Chlorure do sodium.0 gr. 80

Eau distillée.Q.S. pour 100 cc.

M. S. A. pour une solution de cocaïne à 1 0/0.

[Reclus emploie la solution à 1 0,0 et recommande de ne pas opérer un malade à jeun ; il serait également néces-

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