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honorifiques et des présents en argent et soieries furent accordés au chef Mong-tse-lin*!, qui gouvernait dans le Ngan-hoa, pour le récompenser de sa fidélité et de ses bons services. Six autres indigènes reçurent en même temps des marques de la satisfaction de l'Empereur.
La onzième année chun-hi (1185), l'empereur Hiao-tsong dégrada le gouverneur du Y-tcheou, nommé Ma-ning-tsou, pour avoir provoqué les barbares à commettre des désordres, en retenant la subvention pécuniaire et les provisions de sel et de vivres qu'il était chargé de leur livrer.
La douzième des mêmes années (1186), le haut commissaire impérial du Kouang-si écrivait à la Cour : « Les Fou-choui-man recommencent leurs incursions et se servent de machines redoutables pour lancer avec force des flèches empoisonnées. J'ai fait construire cinquante de ces machines, sur le modèle de celles des barbares. et je fais fabriquer également une grande quantité de flèches empoisonnées. Je confierai ces armes aux deux corps de troupes qui doivent opérer contre les rebelles. » L'Empereur recommanda de bien exercer les soldats qui seraient appelés à ma-
nœuvrer ces nouveaux engins de guerre *.
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33 Ces machines à lancer des flèches, tou-hoeï. Elles sont d'un mécanisme in-
ou balistes formées d'une énorme arba- génieux et assez compliqué. Il est re-
lète double montée sur un affùt et munie marquable que les Chinois en aient dù
pour la bander d’un cabestan que plusieurs hommes manœuvraient ensemble
avec les pieds, sont décrites dans le sixième
l'invention à des peuples considérés par
cux comme à demi sauvages.
On lit dans l'ouvrage de Fan-chi-hou intitulé Kowei-haî-yu-
heng-tchi ® :
« Les indigènes du Ngan-hoa-tcheou® sont de la
nature des oiseaux de proie. Ils habitent aux frontières occidentales du Y-tcheou*. Le gouvernement impérial distribuait chaque mois
# Ouvrage déjà plusieurs fois cité (voir ci-dessus, p. 35, note 223).
% C'est-à-dire les Fou-choui-man. On a vu plus haut que l'empereur (Tchintsong) avait changé le nom du pays de Fou-choui en celui de Ngan-hoa.
35 Au commencement de cette notice, Ma-touan-lin a dit que le pays des Fouchoui-man était situé au midi du Y-tcheou et maintenant, sans faire aucune observation critique, il cite un auteur qui le contredit en plaçant les Fou-choui-man, non pas au midi, mais à l'occident des mêmes frontières chinoises. Le territoire jadis occupé par les Fou-choui-man nous est très-clairement indiqué dans les notes géographiques du To-sse-fang-yu, d'accord avec celles du Tong-kien-kang-mou :
« L'ancien pays de Fou-choui, actuellement presque inhabité, était situé à 300 li au nord-ouest de Yong, à l'est de Nan-
tan, sur le cours supérieur du Long-
kiang, à l'extrême nord du Xouang-si actuel (juste au midi de l'un des derniers centres occupés par les Miao-tse indépendants). » C'est donc l’indication de Fanchi-hou qui est exacte. D'ailleurs le fleuve Long-kiang, sur les rives duquel habitaient les Fou-choui-man, coule au nord de Xing-youen, qui était la capitale du Y-tcheou, venant du nord-ouest et s'éloignant vers l'est, sans baigner aucune région qui soit au midi de Xing-youen. Au midi du Y-tcheou étaient d'autres peuplades précédemment décrites et notamment les Si-youen-man, de telle sorte que cette terre du Y-tcheou était encore au XII[®e siècle comme une île chinoise au milieu d'une mer de barbares plus ou moins indépendants. — A l'égard de l'assertion évidemment erronée qu'on rencontre dans le texte de Ma-touan-lin, je suppose
qu'il faut l’attribuer au graveur des plan-
ches xylographiques qui aura lu a
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à leurs chefs des vivres et du sel afin d’entretenir chez eux des dispositions pacifiques, mais cela ne les empéchait pas de renouveler sans cesse leurs déprédations sur les territoires chinois voisins de leurs frontières. Les mandarins et la population agricole de nos provinces ne savaient que trembler devant le danger. Ce furent deux chefs (indigènes) nommés Ling *% et Lo* qui, dans les années kien-yen (1127-1130), sortirent de leurs antres avec les barbares qui leur obéissaient, pour protéger le Kouang-si. Le rebelle Tsao-iching** avait déployé ses bannières et ne rencontrait pas de résistance, lorsque ces deux chefs imaginèrent de répandre de tout còté des bandes de guerriers courageux, bien que de trèspetite taille, qui s'étant coupé les cheveux et feignant de garder des troupeaux, guettaient le passage des partisans. Dès qu’un détachement de rebelles apparaissait, ces faux bergers, armés d’arbalètes et montés sur le dos de leurs bœufs, lui envoyait des flèches empoisonnées dont la moindre blessure était foudroyante. Cette tactique effraya Tsao-tching et détermina sa retraite. Toutes les parties de l'Empire étaient alors infestées de brigands ®°. La seule province du Kouang-si fut préservée d'un fléau si cruel; elle le dut aux mérites de Ling et de Lo. La mémoire de ces deux hommes
Si (occident) au lieu de FA Nan (midi). F ke
- 38 HH On sait que ce genre de fautes est mal- EI K heureusement assez fréquent dans les 39 Par suite des guerres malheuréuses livres chinois. contre les Xin et de l’affaiblissement de
36 7 vo. .
Y la puissance impériale,
est chère aux populations méridionales. Leurs descendants gou-
vernèrent des {cheou et des hien ‘. »
40 Pour être compris bien clairement, cet extrait des écrits de Fan-chi-hou aurait besoin d'un commentaire qui nous manque. Nous ne connaissons ni les deux chefs Ling et Lo, ni le rebelle Tsaotching. Nous pouvons seulement conjecturer que Tsao-tching fut un de ces nombreux chefs de brigands qui surgirent sous le règne de l'empereur Kao-tsong et que Ling et Lo furent des chefs de la nation des Fou-choui-man qui prétèrent, comme alliés, leur secours au gouvernement im-
périal, On a parlé un peu plus haut d’un
chef indigène appelé Lo-chi-nien. Lo était donc le nom d'une famille des barbares auxquels cette notice est consacrée. La phrase finale qui dit que les descendants de Ling et de Lo « gouvernèrent des tcheou et des hien » signifie évidemment que ces chefs furent investis, au nom de l'Empereur, du gouvernement des fcheou et des hien institués sur leur propre territoire; système de féodalité administrative dont on a vu de nombreux exemples dans
les textes précédents.
es
(ARAZAZAAAZAZAZKALZZAAZKAZKAZIAZALALAAZAZAL,