‹ Atsume gusa (volume 2)Chapitre 102 sur 175 · LI-TONG. — HAI-NAN · texte numérisé non relu

LI-TONG. — HAI-NAN

Le pays de Li-tong est l’ancien gouvernenent de Kiong!,

fondé sous les Tang. Il est situé au midi, dans la grande mer. En

partant de Lowi-tcheou?, un jour de navigation suffit pour s'y

rendre. A l'intérieur de l'île, s'élève la montagne appelée Li-mou-

chan. Elle forme le centre d’une région montagneuse qui n'est

habitée que par les naturels. On assure qu’une partie des barbares

répandus au sud du Ou-ling* n’appartiennent pas à la race pure-

Hi L'ile de Haï-nan forme aujourd’hui un département de la province de Kouang-tong, dont le chef-lieu porte encore le nom de Xiong-{tcheou-fou).

2 Ville du Kouang-tong méridional qui n'a pas changé de nom (latitude 20°,

longitude 107°).

° BE FE LU Mère des monta-

ATSUME GUSA. s. fo

gnes. — On verra plus loin que, dans le langage des indigènes du Li-tong, le mot li signifiait montagne. Chan (montagne) forme ici une sorte de pléonasme qu'on ne peut cependant pas supprimer.

‘ À SÙ En chinois 037 ling signifie montagne élevée, mais praticable

pour les voyageurs. Le nom de Qu-ling

ment indigène, mais sont mêlés à celle des Leao°. La ville de Tchu-yaï$, bâtie au bord de la mer, est la résidence de très-riches marchands qui s'entendent pour faire peser sur ces malheureux barbares toutes les charges et tous les impôts.

Les femmes indigènes sont. habillées d’une toile dont le tissu est composé de chanvre, pour les deux tiers, et de soie pour l’autre tiers. Les habitants du Li-tong fabriquent aussi des étoffes avec une écorce d'arbre. Ils se servent de vases de terre cuite pour cuire leurs aliments et d'ustensiles fournis par une espèce de courge. Ils boivent du bouillon de pierre”, et un vin aromatique qu'ils obtiennent en faisant macérer dans l’eau des fleurs de Nganchi-lieou8. Ils donnent aux montagnes le nom de li? et appellent les montagnards /i-jin!°. Ils ont un arc et un coutelas qui ne les quittent jamais. L’arc est muni d'une petite lame de bambou

est celui d'une région située au sud du Les eaux y sont pernicieuses. Aussi les

mont Li-mou et au nord du territoire de habitants ont la précaution de faire bouil-

Tchu-yai (actuellement Yaï-tcheou) mentionné ci-après.

5 Ci-dessus, page 106.

° k E Actuellement Yaï-tcheou (latitude 18°, longitude 106°).

' Æ It J'ai vainement cherché l'explication de cette expression bizarre dans les dictionnaires dont je dispose.

Peut-étre la trouvera-t-on dans ce passage du Père Du Halde: « Le climat de la partie

meridionale (de cette île) est fort malsain.

lir le matin toute l’eau qu'ils doivent consommer dans la journée. » On pourrait supposer que les indigènes jetaient dans l'eau qu'ils voulaient boire des pierres rougies au feu, mode de purification qui a été pratiqué par les boucaniers.

8 a A Ki punica granatum (Persoon).

° Re 10 A .

(hommes de Li, ou hom-

mes des montagnes.)

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