‹ Atsume gusa (volume 2)Chapitre 106 sur 175 · LI-TONG · texte numérisé non relu

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trables; quand au sommet du Li-mou-chan, il est inaccessible, même aux Seng-li. Ces barbares racontent que les sublimes hauteurs de la montagne sont habitées par des hommes d'une longévité extraordinaire, qui se plaisent à vivre ainsi complétement séparés du monde, sous la protection de précipices à travers lesquels il n'existe aucune route et que gardent d'ailleurs les tigres et les léopards. Ils ont pour se désaltérer des fontaines d’une saveur merveilleuse.

«Les Seng-li, qui ne paient pas d'impôts et qui habitent au dehors des frontières chinoises, dépendent néanmoins comme les Cho-li, qui paient l'impôt et cultivent le sol chinois, de l’un des quatre kiun, c'est-à-dire de celui dont ils sont le plus rapprochés. Tous nouent leurs cheveux au sommet de la tête en forme de marteau et se servent pour les retenir d’une aiguille d'argent, de cuivre ou d’étain. Ils enroulent un morceau d’étoffe à fleurs autour de leur taille. Ils ne sortent jamais sans être armés d’un coutelas à long manche, d'un grand arc dans son fourreau et d’une lance dont le fer imite la feuille du nénuphar. Les Cho-li parlent chinois; ils prennent généralement notre costume pour fréquenter les marchés de nos villes ; le soir venu, ils se rallient au son d’un cornet, se rangent en bon ordre et se retirent tous ensemble. Les femmes se tatouent le visage, relèvent leurs cheveux en racine droite et les attachent avec des aiguilles de tête, auxquelles elles ajoutent parfois des anneaux de cuivre. Leurs oreilles descendent jusqu'aux épaules. Elles portent des robes qui sont toujours de cinq couleurs, faites d’un tissu de l’espèce de coton appelée ki-peï. Elles ne font usage ni de pantalons ni de veste courte. Tout leur habillement, formé de quatre tours d’étotfe superposés et cousus d'une seule

pièce, se passe par les pieds. Elles vont se baigner, en troupe, dans les fleuves et dans les rivières. A mesure que le flot les gagne, elles font remonter peu à peu leurs vêtements jusqu'à la tête et ne les enlèvent complètement que lorsque tout le corps est plongé dans l'eau. De même, pour sortir de l’eau, elle se recouvrent peu à peu de la tête aux pieds. Le tatouage de leur visage est un préliminaire du mariage. Quand une fille atteint l’âge nubile, ses parents offrent un grand repas à tous les membres de la famille. Les compagnes de la jeune fille apportent elles-mêmes des aiguilles et des pinceaux et tracent en noir sur son visage des images de fleurs, de papillons et d'insectes très-finement dessinées. Le fond de la peau sur laquelle ces images sa détachent est recouvert d'un pointillé qui semble imiter des grains de millet. Cette cérémonie se nomme sieou-mien?. Les femmes de la classe servile ne la pratiquent pas. Toutes les femmes filent et tissent. Lorsqu’elles ont pu se procurer un beau morceau de soierie chinoise d’une brillante couleur, elles en tirent les fils qu'elles mêlent adroitement aux fils de leur coton. Elles fabriquent aussi des étoffes à fleurs appelées Li-kin® et Li-tan*. Elles brodent des ornements de selle d’un travail plus ou moins riche, selon le rang de celui qui en fait usage.

« Les maisons des indigènes sont construites en bois; elles se composent d'un rez-de-chaussée qui est occupé par le bétail, et d'un étage au-dessus, servant d'habitation à toute la famille. On brise une flèche pour consacrer un mariage ; les noces se célèbrent ensuite par des chants et des danses au son du tambour. A la mort

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