‹ Atsume gusa (volume 2)Chapitre 107 sur 175 · LI-TONG · texte numérisé non relu

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du père et de la mère, on ne profère aucune lamentation, on ne boit pas non plus de riz liquide‘; mais on mange de la viande de bœuf crue, ce qui est un témoignage de grand deuil. Pour l'enterrement, deux hommes portent le cercueil ; un troisième les précède en lançant des œufs devant lui. Là où tombe un œuf sans se casser, on creuse la fosse ; le lieu marqué de cette façon est réputé de bon augure.

« S'il arrive un hôte inconnu, le maître du logis l’examine d'abord par une petite ouverture qui est pratiquée dans la porte. Le visiteur paraît-il respectueux et modeste, on l’introduit aussitôt; les serviteurs de la maison étendent par terre une natte et l’invitent à s'asseoir. Quelques instants après, le maître du logis entre à son tour et prend place, en silence, vis-à-vis de lui. On apporte du vin et l'on sert des mets de mauvais goût et de mauvaise odeur ‘f. Si l'hôte en goûte sans hésiter, le maîte du logis se montre satisfait ; il ordonne de préparer un bon repas, son amitié demeure acquise ; mais si l'hôte agit autrement, il est congédié sur le champ. Pour lui la porte est close à tout jamais.

« Les indigènes qui boivent ensemble ne quittent leur coutelas qu'après avoir vidé trois tasses. Ils s’invitent alors mutuellement à la confiance, mais l'arme qu'ils déposent demeure toujours placée à portée de leur main. A la moindre querelle, ils la reprennent pour se battre. Ils sont d’ailleurs très-enclins à commettre des meurtres par vengeance, ce qu'il appellent fcho-ngao*. Ceux qui ont eu quelque parent tué par un homme d'une autre tribu font appel

35 Usage chinois. gnants pour des étrangers, tels que nos gi- % Peut-être faut-il entendre par là des biers faisandés ou nos fromages européens.

mets particuliers aux indigènes et répu- 7 } 4 ig (Chercher querele.)

à tous les leurs pour aller surprendre l'ennemi dans sa retraite. S'ils y parviennent, ils lient les prisonniers très-étroitement et exigent d'eux, comme rançon, des bœufs, du vin, de l'argent ou des ustensiles de ménage, avant de les remettre en liberté. Ils appellent cela cho-ming **.

« Le pays produit des bois odoriférants et des noix d'arec en abondance. On y élève de petits chevaux. On en tire des plumes de martin-pécheurs, de la cire jaune et d’autres matières premières. Dans leur commerce avec les Chinois, les Li-jin se montrent d’une bonne foi irréprochable, sans non plus se laisser tromper. Ceux de nos marchands qui agissent de même à leur égard sont sûrs de trouver en eux des amis généreux et dévoués. Chaque année, ils viennent une fois pour traiter les affaires de la saison; leur arrivée est toujours attendue avec impatience. Si l'un d'eux, par exception, disparaît et ne revient pas, laissant derrière lui quelque dette, cette dette fût-elle la plus minime et dix années se fussent-elles écoulées depuis qu'elle a été contractée, les Chinois ne manquent pas de saisir comme otage le premier étranger appartenant à la tribu du débiteur qui se présente sur le marché. Ce malheureux est mis à la cangue, et retenu jusqu'à ce que la dette soit acquittée. Parfois le débiteur est mort ou introuvable, et l’innocent arrêté pour le coupable meurt misérablement après plusieurs mois de souffrance ; aussitôt le créancier guette une nouvelle victime qui porte la cangue à son tour. Les parents de l'otage si cruellement traité vont le plus souvent dans la famille

du débiteur, exhalant des plaintes amères et réclamant le paiement

dì Hi} ar Racheter la vie.

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