‹ Atsume gusa (volume 2)Chapitre 108 sur 175 · LI-TONG · texte numérisé non relu

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de ce qui est dû. Parfois la tribu entière lève une contribution pour solder la dette et rendre son infortuné compatriote à la liberté.

- « De leur côté, ces indigènes entendent le règlement des comptes d'une manière qui inspire aux marchands chinois une grande crainte de leur devoir la moindre chose. Font-ils crédit pour un an d'une ligature de sapèques?’, ils en exigent deux l'année d'après, et ainsi de suite, toujours doublant d’année en année jusqu’à l’accomplissement d’une période de dix ans, maximum de tous délais; mais alors la dette qui n'était originairement que d'une ligature s'est élevée à mille ligatures, capital et intérêts compris. Un marchand qui voyage a-t-il le malheur de tuer par accident une de leurs poules, vite ils publient au son du tambour : Un tel a tué une de mes poules; il doit m’indemniser en me payant un coq et une poule. Un coq vaut 30 sapèques; une poule vaut 50 sapèques. Cette paire d'oiseaux donne dix petits par couvée; cinq mâles et cinq femelles, c’est-à-dire cinq couples. C’est donc six couples en comptant le père et la mère, lesquels six couples fourniront ensemble soixante petits. Ajoutons que chaque couple est tenu pour produire par an quatre couvées et l’on imaginera le chiffre auquel pourra monter une pareille dette, si le crédit est de dix ans. Aucune richesse n’y suffirait. Aussi nul ne se risquerait-il à arracher seulement la plume d’une poule dans ce pays-là.

« Des hommes de Min s'embarquent souvent pour porter leurs marchandises au Li-tong. Beaucoup d’entre eux se font colons et ne reviennent jamais. Les mandarins et les voyageurs chinois qui traversent les territoires occupés par les indigènes

3? Environ huit francs. Fi] Province actuelle de Fo-kien.

trouvent généralement chez ces transfuges une cordiale hospitalité. Depuis longtemps les régions qu'habitent les Cho-li et qui forment quatre kiun sont organisées en province chinoise, mais ces régions ne s'étendent pas au-delà d'une zône restreinte du littoral ; l’intérieur de l’île, pays des Cho-li, demeure impénétrable. A cause de cela, pour arriver au kiun de Tchu-yaï, qui comprend les rivages méridionaux, il faut contourner par mer toute la côte. C'est ce qu'on äppelle tsaï che king po‘. °

« Un très-grand nombre des indigènes établis sur le sol chinois de l’île portent le nom de famille de Zi®?, qui indique simplement leur origine. Le nom de Ouang est également très - répandu parmi eux. Les Seng-li sont d'un naturel droit, mais cruel. Ils sont aussi difficiles à tromper qu'à soumettre. On doit reconnaître toutefois qu'ils ne font pas de mal quand ils ne sont pas provoqués. Les Cho-li sont cupides et rusés. Les Chinois transplantés chez ces barbares constituent l'élément le plus mauvais de la population insoumise. Ce sont eux, le plus souvent, qui passent les frontières pour commettre toute sorte de méfaits.

« Une femme, du nom de Quang®*, possédant de grandes richesses et sachant très-bien maintenir la concorde entre tous, a régné sur les Cho-li du Kiong-tcheou®. La Cour lui reconnut le

" Fi 1% Ex } Litt. : Deux 63 Ci-dessus, note 37.

fois traverser les flots des baleines. 64 Ci-dessus, note 37. si 5 Il n'est peut-étre pas sans in- 65 Litt.: Fut & tsieou (le féminin térêt de remarquer que ce nom fut celui de chef me manque pour traduire ce mot) d'une dynastie régnante au Kiao-tchi(voir des Cho-li du Aiong-tcheou.

ci-dessus, page 312).

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