HR
précèdent et les articles qui suivent, en même temps que l'indication des années J'ong-ping, qui sont des années de Quei, ne paraissent laisser aucun doute sur le
fait qu'il s'agit de l'Empire du nord.
Les généraux de la dynastie des Leanug*' firent plusieurs expéditions sur les rives du Xïang # et du Mien®*°, afin d'en chasser les Man-y qui se portaient à la rencontre de leurs troupes, chaque fois qu'ils marchaient vers le Kouang-ling ® (pour combattre les Quei). Ces barbares faisaient eux-mêmes des incursions continuelles dans les régions situées au sud de la rivière Jou“!. Ils se dispersaient devant une force supérieure, mais ne tardaient pas à reparaître sans jamais se décourager. Il en fut ainsi pendant de longues années. Aux confins des pays de King ® et de Chou", les Man-y se montraient plus puissants et plus audacieux encore. Là, résidaient . les tribus de Jen°i, Tien® et Hiang qui se tenaient étroitement unies, formaient des associations de mille à dix mille familles, et donnaient à leurs chefs les titres de roi et de heou*. Ces chefs
# Les Leang succédèrent aux Tsi, qui du fleuve Hodï; prend sa source à l’ouest
avaient eux-mêmes succédé aux Song de de Jou-ning. et coule à l’orient de cette
la Cour du midi, continuant au milieu du morcellement momentané de l'Empire la série des dynasties réputées légitimes. Ils régnèrent de l’an 502 à l'an 556.
# Le Yang-tse-kiang.
59 Le même fleuve que le Han-kiang ou fleuve Han, d'après le Dictionnaire de Kang-hi.
% Ancienne province qui comprenait le Aiang-sou et la partie orientale du Ngan-hoei.
% Rivière du Ho-nan, l'un des affluents
> Er]
ville.
92 Il s'agit du Xing-tcheou, voir ci-dessus note $3.
93 Partie occidentale du Sse-tchouen
actuel.
“fi
97 Ancien titre de la féodalité chinoise que les sinologues anglais traduisent par
le mot marquis.
Si
avaient des troupes régulières, gardaient les passages du Kiang appelés San-hia®, et rançonnaient les bateaux chinois obligés de descendre ou de remonter le fleuve. Le prince Quen-lio,des Tcheou®9, parvint cependant à leur inspirer tout à la fois des sentiments d’amitié et de crainte. Ils respectaient sa personne et écoutaient ses avis. Quelques tribus du Ouen-tcheou'® commandées par Yenling-hien, Hiang-ouen-tse et autres !°! ayant causé des troubles au commencement des années ou-tching-(559-560), il les fit rentrer dans le devoir.
La dynastie des Sour concéda la ville de Chin-tcheou® aux barbares Man, pour être le centre de leur établissement et de leurs relations avec l'Empire.
La dynastie des Tang leur abandonna de même les villes et
litt. les trois hia. Hia la Chine, les territoires du Sse-tchouen et
se dit en chinois du passage d'un fleuve du Chen-si actuels étaient placés sous la
entre deux montagnes, où ses eaux se trouvent resserrées dans un lit étroit et profond. Les trois hia du Yang-tse-kiang sont aux limites orientales de Sse-tchouen ct occidentales du Hou-pe, entre les villes de
Koueï-tcheou et de Pa-tong.Onles appelle
HF H Ming-youe (hia) AK i Ou-chan (hia) et Hi i > Kouang-tse (hia), c'est-à-dire hia du clair de lune, hia du mont Ou, et hia du grand lac.
9 A cette époque de morcellement de
domination des Tcheou du Nord ou seconds Tcheou, qui avaient leur capitale à Si-ngan-fou.
‘90 Territoire actuel de Aouei-tcheoufou, du Sse-tchouen oriental.Ce paysportait
| tI aussi le nom de 45 Sin.
"Ho EE Si
102 Ta M dans le Hou-nan actuel.
territoires de Kin-fcheou!%, Ki-tcheou'%, Ou-tcheou!% et Siutcheou!%. Les chefs qui commandaient les tribus des Man-y firent entre eux le partage de ces territoires, dont ils devinrent les gou-
verneurs 107.
0 ge HA actuellement Ma-yang,
dans le Hou-nan.
104 { D | actuellement territoire de Yong-tchun-fou (Hou-nan).
108 AR | Dans la circonscription actuelle de Aouei-tcheou (Sse-tchouen).
100 Ali | Actuellement Kien-yang, (département de Youen-tcheou(Hou-nan).
107 C'est-à-dire qu'ils gouvernèrent euxmêmes avec le titre de préfets chinois.
Le gouvernement chinois fondait ou désignait des villes déjà bâties, pour devenir des chefs-lieux de circonscription appelés tcheou. Ils donnaient le titre de fse-chi, préfet ou gouverneur, au chet indigène sur le territoire et sous le commandement duquel chaque ville était placée. Ce chef choisissait lui-même parmi les siens les commandants des districts, ou subdivisions de territoire, qui lui étaient soumis. Un tribut était payé au gouvernement chinois, qui subventionnait tous les indigènes
revétus de son investiture. Les populations
continuaient d’obéir aux descendants de -
° leurs chefs héréditaires, et les chinois qui
s'établissaient pour commercer dans les
villes gouvernées de la sorte, devaient reconnaître l'autorité de ces étrangers rcprésentant la suzeraineté de l'Empereur.
On avait ainsi l'illusion d'une province en apparence toute chinoise, qui continuait de s'appartenir à elle-même, et il existait enfin, de nom, un haut fonctionnaire chinois, surintendant général, qui ne remplissait en réalité d'autre office, auprès des fonctionnaires indigènes que celui d'ambassadeur ou d’espion. — Cette curieuse organisation inaugurée par les Quei, continuée par les Soui et les Tcin postérieurs et généralisée par les Tang, a trompé les savants curopéens qui n'ont pas consulté lc Quen-hien-tong-kao, et c'est ainsi qu'ils ont pu croire la Chine unifiée, si longtemps avant l'époque où les débris des Man-y rebelles à la civilisa-
tion chinoise furent refoulés et internés
Sous la dynastie des Tcin (postérieurs), au milieu des années tien-fo (936-943) Ma-hi-fan !°8 attaqua brusquement Fou-nie!9%, Le gouverneur général du Ki-cheou!!, Pong-sse-tseou!!! reconnut Ma-hi-fan pour suzerain des territoires de Ki !!2, de Kin!!3 et de Tsiang!!4. Une colonne de bronze fut élevée, afin de marquer la frontière qu’on s’engageait de part et d'autre à respecter !!°.
La quatrième année kien-long (963), le général des Song, Moyong-yen-tcha0, fit une expédition dans le pays de Siang 15 qui s'était
dans quelques centres montagneux du Kouei-tcheou. Cet ensemble de faits ressortira clairement des pages qui vont suivre, mais me semble à propos d'en signaler
le point de départ à l'attention du lecteur.
R. AK 108 Æ Ti Hb.
E - 140 Voir ci-dessus, note 104.
ut Hi + ax.
‘13 Voir ci-dessus, note 104.
18 Voir ci-dessus, note 103.
n DE actuellement Kowuang-tcheou (Ho-nan).
415 Ce paragraphe demeurerait assez difficile à entendre, si quelques explications du Tong-kien-kang-mou ne venaient suppléer à son extrême concision. Cet ouvrage nous apprend que Ma-hi-fan fut le fils et
le successeur de Ma-}-n, à qui le fondateur
de la dynastie des Leang postérieurs avait abandonné une partie du Hou-nan actuel, en le créant prince de Tsou. Mahi-fan fit la guerre aux Man-y, ses voisins, pour les rendre ses tributaires, et le texte que nous traduisons paraît indiquer un peu plus loin que Fou-nie était le chef souverain de ces Man-y. Le Tong-kien kang-mou mentionne encore Pong-ssetseou comme ayant été l’un des principaux chefs de la race de Pan-hou, lequel prêta serment de fidélité au prince de Tsou, après avoir réglé avec Jui une délimitation de frontières respectives, au moyen de l'érection d'une colonne de bronze placée à 110 li au nord-ouest de la ville de Chin-tcheou, du Hou-nan.
416 Ancicnne contrée, territoire actuel
de Tchang-cha-fou (Hou-nan).
révolté. Les chefs Pong-yun-lin!!, Tien-hong-hien!!* et autres sollicitèrent leur pardon et prétèrent serment de fidélité à l'Empire. Ils furent confirmés dans les titres de dignité dont ils jouissaient précédemment!!°, et Fou-nie étant mort, son fils fut appelé à lui succéder.
La deuxième des années tai-ping-hing-koue (977), le chef des Man-y du Mei-chan-tong * conduisant ses bandes au pillage et dépouillant les marchands voyageurs, l'Empereur lui adressa des remontrances, et comme il n'en tenait aucun compte, les troupes du Tan-tcheou!?! recurent l’ordre de marcher contre lui pour le châtier.
La huitième de ces mêmes années (983), les Man-y des villes etterritoires de Ki'??, Kin "#3, Siu!*# et Fou! envoyèrent des députations nombreuses à Chin-tcheou'*, pour demander leur incorporation complète à l'Empire, en offrant de payer désormais l'impôt comme les populations de l’intérieur. Cette proposition ne fut pas agréée, mais en récompense de l’exactitudé avec laquelle les chefs des Man-y venaient offrir le tribut ‘?7 chaque année, l'Empereur leur fit de grandes largesses et augmenta leurs émoluments 1?8.
: 2 <a 11. n ta ‘IIa ;
ui 13 IU +X. 135 da aujourd'hui Hing-koue, à »
118 H] YIE ET l'extrémité orientale du Hou-pe.
19 C'est-à-dire leurs titres honorifiques 126 Où résidait le mandarin chinois re-
de fonctionnaires chinois (note 107, ci- présentant de l'Empire.
dessus). 127 A EI Ma-touan-lin emploie 120 Hg 1] YF. ici la même expression que celle dont il 121 Actuellement Tchang-cha-fou(Hou- se sert en parlant des nations de la Corée,
kouang). des autres pays étrangers situés en dehors 122 Ci-dessus, note 104. de la Chine, dont les envoyés venaient è 123 Ci-dessus, note 103. la Cour apporter le tribut.
25 Ci-dessus, note 106. . 123 C'est-à-dire les traitements qu'ils re-
Le chef le plus puissant des Man-y de la race de Pan-hou s’appelait Pong ‘??, de son nom de famille. Il possédait héréditairement le Ki-tcheou!®, divisé en Ki-tcheou supérieur '', intérieur !?2 et infé-
rieur !% et commandait en outre aux dix-sept fcheou de Long-tse!%, Tien-tse'®, Tchong-chun!%, Pao-tsin!9?. Kan-hoa'®8, Yong-chun!®, Yi, Ngan'!!, Youen!#?, Sin‘ 3, Kit, Fou 145, Lai!*6, Ning 4, Nan, Chun!5° et Xao 1%, exerçant la suprématie sur les gouverneurs particuliers de chacun de ces fcheout avec le titre de
cevaient en raison des titres de mandarins chinois qui leur étaient conférés (voir ci-
dessus, note 107.
130 Voir ci-dessus, note 81.
i FH
«Ri E = HE = 15 JR «1% A.
» RR ft.
JR 110 DA.
nu fb
151 Le mot Dii tcheou, dont les acceptions ont beaucoup varié suivant les époques, se prend dans le langage du Quenhien-tong-kao, tantôt dans le sens d'unc ville, chef-lieu d'une circonscription territoriale d’une certaine étendue, tantôt dans le sens de la circonscription territoriale elle-même, ou bien encore de la ville ou de son territoire réunis. Aux premiers temps de l'hisioire chinoise, les tcheou furent des provinces entières, plus tard, on les régla sur le chiffre d'une population
de 2500 familles. On les assimile au)our-
tou-chi-tchu'**, en se réservant pour lui-même le gouvernement direct du Ki-tcheou inférieur. Quand il s’agissait de procéder au remplacement d’un gouverneur de fcheou, ce fou-chi-tchu rassemblait tous ses grands officiers, afin de prendre leur avis et de choisir parmi les fils, les frères ou les parents du dernier titulaire le successeur à lui donner. Le résultat de la délibération était adressé au mandarin chinois qui résidait à Chin-tcheou; celui-ci le transmettait à la Cour et l'Empereur, ratifiant la nomination faite, rendait un décret d’investiture muni du sceau impérial. Au moment où ce décret lui était remis, le nouveau dignitaire s’inclinait du côté du nord, en signe d'hommage et de remerciement !. Chaque gouverneur de fcheou avait des officiers et des fonctionnaires portant les les titres de ya-ngan '*, fou-sse 1%, hiao-li 6, etc., qu'il nommait et changeait lui-même, de sa propre autorité.
Yun-chou!5" et Quen-yong '*8, tous deux de la famille Pong, régnèrent tour à tour sur les Man-y du Ki-tcheou et vécurent en bonne intelligence avec l'Empire. Leur descendant et successeur Jou-mong '*? s'etant révolté et tenant la campagne dans les années tien-hi (1017-1021), le gouverneur chinois de Chin-tcheou s'empara
d'hui à nos départements; il m'a paru que nan), et par conséquent au nord des le mieux était ici d'expliquer le mottcheou régions occupées par les Man-y. sans le traduire, de peur d'en altérer la I FI R.
valeur exacte par une approximation in. ‘ 21] PE.
suffisante. 156 + Ca vb E "70 IR
153 La cour des Song résidait à Pien- 198 K E king, actuellement Kaï-fong-fou (Ho- "5 FF VE.
du fils de ce chef, appelé Sse-/an!%, et l’envoya à la capitale. Plus tard Jou-mong ayant fait sa soumission consentit à ce que son fils fût gardé pour otage, mais Sse-han s'échappa, revint dans son pays et se mit à la tête d’un parti de barbares méridionaux qui causèrent de grands désordres. Alors Jou-mong chargea son second fils Sse-touan!*' de marcher contre les rebelles, et l'Empereur loua sa fidélité par un décret.
Depuis les années hien-ping (998-1003), la coutume s'était établie de recevoir chaque année les tributs offerts par les vingt fcheou que gouvernait le chef de la famille Pong, et aussi d'accorder en retour des rénumérations assez considérables pour que les barbares y trouvàssent largement leur profit. Il fallut cependant interrompre ces libéralités, en punition des troubles qui éclatèrent, et vers le commencement des années hi-ning (1068-1077), l'Empereur dut mettre sur pied des forces importantes, afin de contenir et d’intimider les Man-y.
Au milieu de ces mêmes années, le mandarin inspecteur général du Hou-pe'°, nommé Tchao-ting, fit un rapport dans lequel il exposait que les Man-y qui habitaient les régions montagneuses du Chen-tcheou' ayant beaucoup à souffrir des cruautés de leur chef, sollicitaient la protection de l’Empire et demandaient à être incor-
160 | + JR provinces indépendantes portant les noms ‘ci  + Ji de Æou-pe et Æou-nan, on appelait déjà 162 C'est-à-dire du Hou-çkouang) sep- le nord du Hou-kouang ZHou-pe et sa tentrional. Bien que l'ancienne province partie méridionale Hou-nan. 1e 163 DE M | ne du Hou-kouang ne fut pas encore scindée, ; extrémité occidentale du
comme elle l'est aujourd'hui, en deux ZÆZou-nan.
porés. En même temps qu'il recevait ce rapport, l'Empereur recut aussi le placet d'un habitant du Chin-tcheou, appelé Tchang-kiao, qui représentait les barbares des deux rives du Kiang comme des hommes perfides et féroces, incapables d’étre gouvernés. Aussitòt, l'Empereur chargea Tchang-tchouen de prendre la haute direction de tout ce qui concernait les relations de l’Empire avec les Man-y, de juger de l'état des choses dans le Hou-pe et de lui faire connaître la vérité. Les Man-y des rives supérieures du Kiang dépendaient tous dela ville de Chin-tcheou. Le Ou-ki formait leur ancienne limite avec les barbares du Kien-tchong!* occidento-méridional. Le Kien-tchong des Han comprenait trente-six {cheou récemment conquis et soumis au régime de l’occupation militaire. Dès cette époque la grande famille Pong était, de temps immémorial, en possession du Ki-tcheou inférieur. Les Man-y du Hou-kouang mériridional peuplaient les vallées et les antres!$ des montagnes, depuis
{64 Voir ci-dessus, note 26,
165 Dans ie premier volume de cet ouvrage (page 415), j'ai déjà consacré une note au mot } È tong (antre, caverne), dont Ma:touan-lin a fait usage comme d’un terme synonyme de tribu, en parlant des habitants de Lieou-kieou (Formose).
Le caractère 1H a parfois le sens de gorge ou vallée profonde, ce qui pourrait laisser planer quelque obscurité sur la valeur exacte qu'il convient de lui attribuer
dans ces notices, mais le texte du Ouen-
hien-tong-kao employant parfois la variante la] tong dont le sens plus précis s'applique uniquement aux antres ou cavernes des montagnes, il ne me paraît pas douteux que les Man-y des montagnes nous sont représentés comme habitant de véritables antres naturels ou artificiels.
On verra plus loin qu'un certain nombre d'antres est parfois mentionné pour désigner le même nombre de tribus. Afin d'éviter de répéter ce mot d'une manière
fatigante, il m'arrive souvent d'écrire les
Chin-tcheou!®, jusqu'au territoire de Tchang-cha'%. Les Tang avaient fondé dans ces contrées des kiun et des hien!88 régulièrement organisés, que les cinq dynasties co-régnantes !f° ne surent pas conserver. Ce fut alors que les chefs des Man-y envahirent des régions entières, se les partagèrent et s’y établirent à peu près sans opposition. Les territoires de Siu 1%, Hia!, Tchong-ching'"* et Youen!" furent occupés par la famille Chu"; ceux de Tsiang 1", Kin 16, Y'Tet Hoang ‘8 par la famille Tien!" ; ceux de Fous, Ho'#t, Pao-chun'#, Tien-tse\% et Kou!8*, par la famille Hiang!®®. Tchang-tchouen se fit aimer des barbares ; ses négociations eurent
pour résultat d'amener la famille Chu !* des rives méridionales
montagnards, les Man-y de telle ré- va 5 | 70.
gion, etc., alors que le texte porte uni- 474 4%. formément : les antres, ou bien les val- 175 HS Æ:
lées et les antres; le lecteur demeurera 56 pal 11)
fixé sur l’équivalence de ces expressions. ur ER | | | EC).
166 Ci-dessus, note 102. ee F1 °° E
167 Ci-dessus, note 20. Lio IH
168 Voir tome Î, page 4, note 8.
10 ea actuellement territoire de /fi | ] EE ing- 169 Les Leang, Tang, Tsin, Han et E
koue, à l'extrémité orientale du Æou-pe(?).
481 VE 182 TR JE Xme siècle. n vw 170 Voir ci-dessus, note 106. N79 * T4 if actuellement territoire de Y- hr.
| es [É] ling-tcheou (Hou-pe). .
472 HH E 186 Ci-dessus, note 174.
Tcheou postérieurs, qui se partagèrent
la Chine durant la première moitié du
du Kiang, la famille Pong '* du Kiang supérieur, la famille S01!88 du Meï-chan!# et la famille Yang!® du Tching-tcheou !* à offrir l’impòt foncier et à construire elles-mêmes des retranchements à la manière chinoise autour des villes et villages, afin d’être assimilées complétement aux populations de l'Empire. Les nouveaux tcheou de Youen!® et de 7ching! se trouvèrent ainsi constitués.
Au commencement des années youen-yeou (1086-1093), Fouyao-yu et quelques autres mandarins adressèrent des représentaà l'Empereur sur les dépenses excessives occasionnées par l’établissement de ces deux fcheou. Les fonctionnaires à défrayer, les garnisons à entretenir et des frais accessoires considérables exigeaient un surcroit d'impôt qui écrasait les populations chinoises des provinces de King et de Hou!". Cela fut cause qu'on supprima le tcheou de Tching pour en faire un simple cantonnement, sous le nom de Kiu-yang!*. Quant au tcheou de Youen, on diminua son importance, mais on en conserva l'institution.
La Cour commençait à regretter et à blâmer le système de compression violente, suivi depuis longtemps par des mandarins tels que Tchang-tching, du Kouang-si, et Ouen-song, du Yong-tcheou, qui suscitaient eux-mêmes des troubles afin de se créer de faux mérites,
157 HS puis les années fsong-ning (1102-1106.) » .
192 {TL A l'extrémité orientale du
sa *
ia tif ih actuellement Ngan- hoa Hou-nan.
(Hou-nan: 193 Ci-dessus, note 191.
190 Hj. 191 C'est-à-dire du Æing-tcheou (ci-des-
191 TX M dont le nom fut changéen SUS note 83), et du Hou-kouang.
ff ii Tsing-tcheou (Hou-nan) de- 199 di Pai.
qui condamnaient à mort de leur propre autorité, faisaient périr un grand nombre de Man-y sans motifs sérieux, et poussaient ainsi la sévérité jusqu'à se rendre criminels. L'Empereur adressa aux gouverneurs des provinces dont les territoires touchaient aux régions occupées les barbares un décret dans lequel il était dit : ‘ «Le bon gouvernement doit se montrer ferme, mais il doit aussi se montrer juste et bienveillant à l'égard de tous les étrangers. Les barbares de King et de Hou qui habitent les deux rives du fleuve Han 1% ont tourné les yeux vers nous et ont témoigné le désir d’être incorporés à l’Empire, dans l'espoir qu'ils seraient par nous bien gouvernés. Loin de fortifier cette confiance, les délégués de notre autorité souveraine n’ont songé qu'à soulever les difficultés et à provoquer des conflits, afin de se rendre importants et de faire croire à des services imaginaires. Ils ont opprimé les Man-y des antres et des vallées; ils leur ont inspiré le doute et la crainte, ils ont agi contrairement aux grands principes de l’équité. Ces mandataires dont nous connaissons aujourd’hui la conduite, nous les révoquons ; ces chefs qu'on a excité à la révolte, nous leur pardonnons; mais puisqu'on n'a pas su gagner le cœur des étrangers, notre volonté est qu'il ne soit plus question désormais de chercher à les retenir et que les territoires récemment annexés à l’Empire, comme aussi les villes et villages fortifiés qu'on y a construits, soient abandonnés. » Par suite de ce décret, le Ou-ki retomba entièrement au pouvoir des barbares.
Dans les années fsong-ning (1102-1106), on revint à la politi-
1% Le fleuve Han, l'un des affluents du Yang-tse-kiang, traverse le Hou-pe du
nord-ouest au nord-est.
que des agrandissements de territoire par l’incorporation des tribus barbares avec la population de l'Empire. Les trois nouveaux tcheou de Ngan!%1, Hoa!%et Chang! furent constitués. Les chefs Mongkouang*® et Min-lo 1 des montagnards de Sse-kouang*®, Tchingta-fa*®%, Tou-tan-touan®* et Hoang-kouang-ming ** des montagnards de Ngan?%, Yang-tsai-li®? du Tsing-tcheou®®, Tan-tou°% et Kouan-ma?! du pays de Chin?!!, etc., offrirent l'impôt de la terre. Enfin, le gouverneur du Kouang-si eut la mission de favoriser ce mouvement et l'Empereur recut la soumission de plus quatre cents cinquante tribus des deux rives du Kiang?!?.
Au milieu des années siouen-ho (1119-1125), un revirement d'opinion se produisit encore. Le conseil privé soumit au jugement de l'Empereur des considérations ainsi formulées : « Conférer des grades civils et militaires à des barbares à demi-civilisés, qu'on élève au rang de sujets de l’Empire en les comblant d’honneurs et de gros traitements, c'est prodiguer l'or et la soie, sans autre effet que
197 Ze. 206 Litt. de l'antre ou des antres de & 198 1 7 Ngan.
. ° IL. F “ta BOL.
200 5 X 208 Dia # |. Dans le Hou-nan méri-
/ dional. Voir ci-dessus la note 191.
ma Fi RE Ì la] litt. de l'antre pr CLP , itt. de lantre ou 210 pi a des antres de Sse-kouang. 211 Ci-dessus, note 102. » t n À % À I È 212 Litt. « plus de antres, de la gauche
204 AP F} il. et de la droite du (Yang-tse)-kiang.» Voir 205 [ai X HH. ci-dessus, la note 165.
celui d'accroître la cupidité et d’enfler l'orgueil de ces étrangers. Faire défricher leurs champs, bàtir des villes sur leurs territoires, c'est ouvrir une source de richesses dont ils sont les seuls à profiter. Les barbares inscrits sur les régistres de la population valide et productive de l’Empire n'y figurent que de nom et ne rapportent rien au trésor. Un sol stérile demeure rebelle à la culture ; le coeur des loups ne saurait perdre ses instincts farouches. Ces établissements successifs, en dehors de nos anciennes frontières, ont été pour les Leao?!? du sud-ouest autant d’occasions de prendre les armes et de dévaster cruellement nos campagnes. Les Man-y insoumis ont suivi leur exemple. Nos soldats périssent en grand nombre ; nos ministères sont écrasés sous le poids des complications dont la responsabilité leur incombe. Le peuple souffre et ne jouit d’aucun repos. De toutes ces considérations, nous concluons que l'incorporation des barbares, et le fait même de percevoir l'impôt foncier sur leurs territoires, sont une charge onéreuse pour l’Empire, bien loin de lui procurer le moindre avantage. Qu'on dresse, à la manière des négociants, le compte des dépenses et des recettes, bilan de ces innovations malheureuses ; on se convaincra que le mieux serait d'y renoncer, de diminuer l'effectif des forces militaires qu'elles nécessitent, d'économiser le transport coûteux des tributs, et d'entretenir uniquement des relations pacifiques avec les Man-y, sans rien changer aux délimitations des frontières respectives qui sont nécessaires au bon accord. » L'Empereur partagea l'opinion de ses conseillers;
il décida que les circonscriptions formées chez les Man-y seraient
213 Les 7 Leao, auxquels une no- des barbares qui occupaient une partie du
tice est consacrée dans ce volume, étaient Sse-fchouen, ainsi qu'on le verra plus loin.
abandonnées et qu'on en reviendrait, pour la politique à suivre envers les barbares, aux traditions consacrées depuis la haute antiquité.
Au commencement des années chao-hing (1131), des représentations furent adressées à l'Empereur par un inspecteur général des frontières sur le grave inconvénient de continuer à investir du titre de fonctionnaires chinois certains chefs indigènes, qui en abusaient pour pressurer et tyranniser leurs compatriotes, alors que ceux-c1 n'avaient plus aucun moyen de faire entendre leurs plaintes à la Cour. L'Empereur ordonna qu'une enquête fut ouverte à ce sujet.
Au commencement des années long-hing (1163-1164), un rapport présenté à l'Empereur exposait ce qui suit : « Les territoires chinois du Hou-nan touchent aux montagnes et aux vallées profondes occupées par les Man-yao?!. Des relations s’établissent tout naturellement entre ces étrangers et les sujets de l’Empire. Des champs sont échangés ou vendus de part et d'autre, suivant le bon plaisir de chacun, et beaucoup de riches familles chinoises confient leurs biens à des familles de Yao par une sorte de fidéicommis, se dispensant ainsi de payer l'impôt. En même temps que cet abus porte préjudice au trésor public, il amène de fréquentes contestations sur la délimitation des frontières et fait naître de sérieuses inimitiés. Les confins de nos territoires et de ceux de Yao ont été jadis bien déterminés. Il serait urgent d'envoyer aujourd’hui des
214 Ka 1£ Remarquons que le mot mière fois. Il sera dit plus loin que les Yao Yao, associé ici au mot Man comme un étaient des Pan-hou-tchong.
terme qualificatif, se présente pour la pre-
officiers pour les reconnaître et pour les marquer au moyen d'une ligne de bornes très-apparentes. On prohiberait désormais toute vente et toute cession de patrimoines chinois aux barbares. Les champs situés sur le sol chinois et réellement acquis par les Yao, sans qu’il soit possible d’annuler les contrats passés, seraient inscrits au registre officiel qui en ferait foi; mais on autoriserait les mandarins de nos provinces-frontières à racheter peu à peu des deniers de l'Etat tous les biens compris dans leurs circonscriptions respectives dont les Yao consentiraient à se dessaisir. » L’Empereur sanctionna par un décret les conclusions de ce rapport.
La troisième des années kia-taï (1203), Tchao-leang-li, gouverneur du Hou-nan, écrivait à la Cour : « Neuf kïun du Hounan confinent avec les territoires habités par les barbares des antres et des vallées. Ces barbares occupent de vastes régions qui s'étendent du côté du midi jusqu'aux deux Kouang ?!, et du côté du nord au-delà du lac Tong-ting. Ils ont le cœur farouche des loups; il est impossible d'exercer sur eux aucune autorité sans que la paix ne soit souvent troublée. Le manque de vivres, le besoin de vengeance, la soif du pillage leur mettent sans cesse les armes à la main. Que la moindre erreur soit commise, en ce qui touche au respect des frontières, ils sortent aussitôt de leurs antres, envahissent nos propres territoires et se livrent à toute sorte de violences. Le meilleur remède à des difficultés si graves et si fâcheuses, serait de choisir entre les principaux chefs de ces barbares ceux qui seraient disposés à se laisser conduire en secret, de les investir d’un mandat officiel, et de leur confier le soin de contenir eux-mêmes les populations de leur pays. En communauté de mœurs
25 Le Kouang-tong et le Kouang-si,
et de sentiments avec leurs compatriotes, ayant leur confiance et désirant leur bien, connaissant parfaitement leurs besoins réels comme aussi le courant journalier des passions qui les agitent, ils sauraient apaiser les esprits, régler les différends et prévenir, en un mot, ces soulèvements funestes, qui ont pour conséquence la dévastation périodique de nos territoires. Dans les années de disette, ces indigènes représentant l'autorité impériale achèteraient du riz, le distribucraient aux nécessiteux et augmenteraient ainsi leur influence. Si ce projet avait l’approbation de l'Empereur, on pourrait dresser immédiatement une liste des chefs qui mériteraient d’être distingués, de manière à stimuler leur zèle par avance tout en préparant les barbares à leur témoigner du respect. On laisserait écouler ensuite une-période de cinq ans, durant laquelle nos mandarins auraient pour mission d'initier leurs futurs successeurs aux devoirs du mandat qu'ils auraient à remplir après que cette période transitoire serait écoulée. On arriverait de la sorte à gouverner très-facilement la multitude sauvage et turbulente des Yao, et l’on assurerait enfin une tranquillité durable à nos frontières. » L'Empereur soumit le projet de Tchao-leang-li à l'examen d'une commission de hauts fonctionnaires compétents. Leur avis fut qu'il serait dangereux d’abandonner les Yao à l'influence de leurs propres chefs et que mieux valait continuer d'agir comme par le passé.
La première des années kia-ting (1208) les Yao de l’antre de
He-fong*'*, du Lieou-tcheou?!", envahirent les territoires chinois sous la conduite d’un chef appelé Lo-chi-fou?!8 et commirent de
216 È < Ja (vent noir). 31 Eté {lt (LI
27 Province de Aouang-si.
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grandes déprédations. Le général qui avait la garde des frontières essaya de les arrêter, mais ses troupes furent dispersées et les barbares parcoururent le Hou-nan et le Kouang-si durant toute une année, semant partout l'effroi et la dévastation. Les préfets de Longhing et de Tan-tcheou, nommés Tchao-hi-y et Sse-mei-kien, entrèrent en arrangement avec eux et les décidèrent à retourner dans leurs foyers. L'année suivante (1209), d'autres bandes commandées par les chefs Li-youen-li*" et Lo-mong-eul* reparurent dans le. Kouang-si et pillèrent le district de Long-tsiven **. Ouang-kinngan. préfet de Long-hing, parvint à les repousser.
La septième année kia-ting (1214), les ministres présentèrent à l'Empereur un mémoire dont voici le résumé : «Les montagnards soumis *?? ont des champs qu'il ne faut pas leur permettre de vendre aux populations chinoises, en quelque petite fraction que ce soit ; on doit veiller à ce que la délimitation des frontières ne soit pas altérée ; il est d’ailleurs important que ces barbares aient des terres à cultiver. Les noms des propriétaires de chaque champ doivent être inscrits au rôle officiel. On doit prélever de chaque propriétaire indigène trois boisseaux de riz, et rien de plus. Les Yao soumis qui possèdent des champs sont pour nous des auxiliaires très-utiles contre les Yao insoumis, parce que l'amour du sol les porte à le
AK ZE 219 ee + À 1. qui se maintenaient indépendants en conto — 20 % ste mi —. servant leurs moeurs primitives, et bar- 221 Province, de Kiang-si. bares cuits, ceux qui avaient accepté plus
223 Littéralement cuits. Nous avons eu Ou moins la civilisation chinoise, en se l'occasion d'expliquer précédemment que soumettant à l'Empire.
les Chinois appelaient barbares crus ceux
défendre énergiquement. Si, dans ces dernières années, nous avons vu les barbares insoumis envahir et saccager nos provinces sans qu'on eut à leur apposer une barrière capable de les arréter, la faute en fut précisément aux autorités chinoises qui ne firent pas leur devoir et tolérèrent de nombreuses ventes de terrains, à cause des petits profits que ces transactions leur rapportaient. Quand les Yao soumis n'ont plus de champs et ne tirent plus du sol leur nourriture, ils s’en vont chez les Yao insoumis, s'offrent pour servir de guide et les excitent à pénétrer sur nos territoires, afin de prendre part au butin. C’est là un très-grand mal. Nous prions donc l'Empereur d'adresser l’ordre suivant au gouverneur général du Hou-kouang, pour être communiqué par lui à tous les mandarins placés sous sa dépendance : Nous défendons qu’aucun champ, de ceux qui appartiennent aux Yao des montagnes, soit acheté par un sujet de l’Empire. Si quelque vente était faite au mépris de ce décret, elle serait regardée comme nulle et les terrains retourneraient, de plein droit, à ceux qui les auraient vendus. Il est nécessaire que les Yao aient des terres à cultiver; c'est la meilleure garantie contre la violation de nos frontières. » |
On lit dansl’ouvrage intitulé Kouei-hai-yu-heng-tchi,de l’auteur Fan-chi-hou ??3 : « Les barbares appelés Yao sont des descendants de Pan-hou. Ils habitent les hautes montagnes et les vallées profon-
233 Fan-chi-hou, également appelé Fan- est un traité de géographie descriptive et tching-ta, vivait au milieu du XIIe siècle d'histoire naturelle, concernant les proet composa plusieurs ouvrages. Celui qui vinces méridionales de l'Empire.
porte pour titre Aouei-hai-yu-heng-tchi
des qui s'étendent depuis les pays de Pa? et de Chou? jusqu'aux extrémes limites du Hou-kouang, sur une étendue de plusieurs mille li. Ils nouent leurs cheveux au sommet de la téte en forme de marteau et ne font point usage de chaussures. Ils portent des vétements de toile ou de laine aux couleurs variées. Ils se donnent eux-mêmes le nom de Yao (serviteurs), mais plutôt par dérision que par humilité, car ils ne rendent aucun service etse dispensent même de payer le tribut. Les familles des Yao se réunissent en communautés qui forment autant de villages. Leurs maisons sont couvertes de feuilles sèches. Ils cultivent diverses sortes de céréales, du millet, du riz et plusieurs légumes, notamment le chan-yu**. Ils varient encore leur nourriture au moyen du produit de leur chasse, poursuivant le gibier de leurs montagnes sans souci des abîmes les plus dangereux. Ils taillent des tubes de bambou pour souffler le feu. Ils portent de lourds fardeaux sur leurs épaules ; ils les maintiennent au moyen d'une corde qui passe sur le front et, bien que courbés, ils marchent très-vite. Ils commettent souvent des meurtres par rancune ou inimitié, parfois même sans autre motif que de vagucs soupçons. Ils supportent patiemment la faim, quand ils font la guerre. Un long sabre pend au côté gauche de leur ceinture ; sur l'épaule droite, ils ont une arbalète et dans la main gauche une lance d’une grande longueur. Ils montent et descendent ainsi, par les précipices des montagnes, comme s'ils avaient des ailes pour les
234 Voir le dictionnaire géographique de Ed. Biot, p. 12, et la planche 4 des de Ed. Biot, p. 151, et la planche 4 des Tableaux hist. de l'Asie. 226 Li ti <F: (yu des montagnesì sorte
28 Voir le dictionnaire géographique de topinambour.
Tableaux hist. de l'Asie.
soutenir. Dès qu’un jeune garçon commence à marcher, on lui brûle le talon et la plante des pieds avec un fer ou avec une pierre fortement chauffés, afin de les lui rendre insensibles ; aussi marchentils sur des épines et sur des cailloux aigus sans se blesser. Au moment de sa naissance l'enfant mâle est pesé avec un morceau de fer??? et, quand il devient adulte, il prend soin de bien tremper ce fer et d’en fabriquer lui-même un glaive ou coutelas qui ne le quitte plus. Pour essayer cette arme et prouver sa bonne qualité, il doit décapiter un bœuf d'un seul mouvement du bras et de l’épaule. L’arbalète se nomme pien-kia??* chez ces barbares, et la lance de vingt tchi de long se nomme tiao-tsiang?*. Ils tendent l’arbalète avec le pied et envoient leurs flèches avec tant d'adresse qu'ils manquent rarement d'atteindre leur but, même lorsqu'ils tirent en courant. La lance est surtout pour eux une arme défensive. Lorsqu'ils livrent bataille, ils disposent un rang d'hommes armés d’arbalètes, et un autre rang armé de lances prêt à soutenir le premier. Ceux qui manient l’arbalète tiennent leur coutelas entre les dents, tout en
lançant des flèches. Si l'ennemi parvient à les serrer de près, malgré
227 On rencontre ici, dans le texte, cette phrase incidente que j'ai renoncé à traduire en raison de son obscurité Un
< à He, K Gil = € HF 7K. à peu près littéralement : « S'ils (les enfants) sont lourds, on les lave dans de l’eau empoisonnée. » M. de Rosny pense qu’il s'agit d'une préparation médicinale, indienne
d'origine, qui aurait pénétré chez ces
peuples à demi-sauvages et dont l'effet, du reste, devait être de fortifier les enfants, en resserrant les tissus. Ne trouvant =E.
l'expression Bf VS dans aucun de mes dictionnaires, il m'a paru que le mieux était de mentionner seulement ce passage en note.
228 1h eu) 2 jh SA.
l'effort des auxiliaires armés de lances, alors ils jettent l’arbalète et se battent férocement avec leur coutelas, en poussant des clameurs effroyables. Aussitôt dégagés, ils reforment leurs rangs comme auparavant. En cas de retraite, ils retrouvent d'autres arbalètes qu'ils avaient mises en réserve et aussi des arcs très-forts, à l’aide desquels ils font bonne contenance et se défendent opiniâtrement sans se laisser entamer.
« Au commencement de l'année, ils sacrifient à leur auteur Pan-hou, en mêlant de la viande, du poisson, du riz et du vin dans un mortier de bois pour ce sacrifice. Au premier jour de la dixième lune, chaque village célèbre la fête du grand roi 7ou-pei >. Les garçons et les filles dansent ensemble, en se tenant par la main. Quand un couple est d'accord, le garcon saute en riant de bon coeur, la jeune fille l'emporte sur ses épaules et aussitôt ils deviennent mari et femme, sans que les parents aient le droit de s’y opposer. Ceux qui n'ont pas trouvé à se marier ainsi attendent la. fête de l’année suivante ; mais s'il arrive qu'une jeune fille ne rencontre pas de garcon disposé à se laisser enlever par elle, durant trois fètes consécutives, ses parents la jugent abandonnée, et il n’est pas rare qu'ils veuillent la tuer.
« Pour la musique, ces étrangers ont des tambours de cuivre, des instruments en forme de gourde, de flûtes à plusieurs tuyaux et de grandes flûtes percées de sept trous. Quand tous ces instruments jouent ensemble, on croirait entendre les clameurs d'une grande mêlée de combattants. L’un des musiciens bat la mesure
sur un tube de bambou ; les danseurs sautent en rond autour d'un
ni Al H À + Tou-pei ta ouang.
arbre /oan?*!. Celui qui mène la danse chante une chanson ct les autres répondent en chœur. A la fin de l'année, les hommes se réunissent par troupes, musique en tête, et parcourent les territoires chinois qui leur sont limitrophes. Ils entrent dans les maisons, demandent qu'on leur donne des sapiques, du riz et du vin, et brùlent ensuite tous ces dons, en faisant la cérémonie pour chasser la peste.
« Les Yao voisins des régions de Kouei-lin**®, Hing-ngan®®, Ling-ichouen**, Lin-kouei®% et Y-ning*®% sont ceux qui habitent les montagnes les plus profondes et les plus inaccessibles. Les Yao de Lo-man® et de Ma-youen**#® sont les plus redoutables et les plus nombreux. Après eux viennent les Yao de Hoang-cha 239, Kiachi, Ling-tun*!, Pao-kiang**, Tseng-kio ®, Hoang-tsun?*, Tchi-choui?5. Lan-sse®*, Kin-kiang®?, Song-kiang®4*, Ting-hoa*,
234 i 236 E Di .
22 AE PR rouei-lin (forêt des ca °” ke 2 neliers) est une région du ÆAouang-si. Fe Wii él. Pour les localités dont les noms suivent, RI Gai ÿ b : on pourra consulter le dictionnaire géo- 740 HH rai . graphique de Ed. Biot. Il en est plu- 241 #È Co sieurs toutefois dont l’identification nous 243 LA IL. échappe, et dont nous devons nous con- 243 Hg FAI tenter dindiquer l'orthographe chinoise 244 i F]. à ceux qui voudraient entreprendre des 245 DIE RK. recherches importantes à cet égard. 246 ÉZ Bi, 2 5 JI me PR IL.
= i E. e RE I
Ling-chi ®°, Pe-mien®, Hoang-y**, Ta-li®, Stao-ping*%, Tanteou*, Tan-kiang*%, Chan-kiang*’, et bien d’autres qu'il serait trop long d’énumérer.
« Les terrains propres à la culture du riz sont d'une étendue restreinte dans les vallées ; la pluie qui tombe est parfois insuffisante et le riz hâtif y vient mal. Quand la disette se fait sentir chez les Yao, ces barbares franchissent de tout côté leurs limites, se répandent dans les campagnes chinoises et mendient quelques mesures ou même la plus petite quantité de grain pour ne pas mourir de faim. Si cet état de choses se prolonge, ils deviennent paresseux et, la récolte de l'année fut-elle excellente, ils continuent de vagabonder.
« Les Chinois que le voisinage des frontières provinciales met en contact avec les Yao subissent l'influence de leurs mœurs, adoptent beaucoup de leurs usages, acquièrent leur agilité robuste, exercent les mêmes industries et contractent des mariages avec eux. Les Yao les prennent souvent pour arbitres de leurs querelles et leur cèdent une partie des terrains incultes dont le gouvernement leur fait l'abandon. Ces relations apprennent aux barbares à connaître les routes qui conduisent dans nos campagnes, et souvent ils se réunissent pour y commettre des déprédations. Ils dévastent les champs, pillent les habitations mal défendues et jettent le décou-
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