KAN-TO-LI
Remarquons, en terminant cette notice, que l'historien Tou- (yeou), auteur du grand ouvrage intitulé : Tong-tien?, à retranché, non sans raison, le récit de ce prétendu réve du roi de Kan-to-li relaté par Li-ven-cheou dans le Nan-sse*. Le faible de l'empereur Ou-ti, des Leang, pour la religion bouddhique était bien connu de tous les barbares ; c'est pourquoi le roi de Kan-to-li envoyant une ambassade à la Chine, avait pris soin de choisir un bonze. Ce bonze, appelé Ki-sun, dut imaginer la fable rapportée plus haut, afin de capter par cette adulation les bonnes grâces impériales. Quand les barbares des iles visitent la Cour et apportent quelques dons en tribut, c'est dans l'unique espoir de recevoir le double de ce qu'ils donnent et de faire des échanges avantageux ; les vertus que peut avoir l’empereur régnant ne sont point ce qui les attire d'ordinaire. Au reste, ce Kiu-tan-sieou-po-to-lo était, lui, très attaché au culte de Fo et très désireux de le voir propagé à la Chine. Peut-être fut-il le véritable inventeur de tout ce que son ambassadeur vint raconter. Un fait bien certain, c’est qu'il y avait là plus de flatterie que de vraisemblance. Est-ce que l'empereur Ou-ti, des Leang, pouvait mériter des hommages pareils à ceux que jadis le Yowetchang rendit à Ou-ouang et à Tcheou-kong® ?
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place le Kan-to-li dans la partie nord-ouest de l'ile Bornéo.
? Le Tong-tien est une grande encyclopédie en deux cents volumes com posée à la fin du VIIIme siècle de notre ère, dans laquelle Ma-touan-lin a puisé une
grande partie des matériaux de son pro-
pre ouvrage.
8 Le Nan-sse (Histoire du midi) contient les annales des premiers Song, des Tsi, des Leang et des Tchin, qui régnèrent dans les provinces méridionales de la Chine de l’an 420 à l'an 589.
9 Ou-ouang et son ministre Tcheou-
kong sont des personnages de la haute antiquité chinoise, célébrés dans le Chouking ct révérés à l'égal de demi-dieux, comme des modèles inimitables. La tradition rapporte que sur le seul bruit de leurs vertus qui s'était répandu jusqu’au Youe-tchang (pays des Laos), c'est-àdire jusqu'aux extrémités méridionales du
monde connu à leur époque, le souverain
de ces régions lointaines envoya des ambassadeurs chargés d'offrir à Ou-ouang des faisans blancs et des éléphants, en témoignage de son profond respect. Matouan-lin s'indigne de ce qu'on ait parodié ce grand souvenir à l'égard d'un empereur sans mérite, que son zèle pour le bouddhisme rend d'autant moins recomman-
dable à ses yeux.
HS
LANG-YA-SIEOU
JR 7
Ce royaume est dans la mer du midi. Il faut trente jours de marche pour le traverser de l’est à l'ouest, et vingt jours de marche pour le traverser du nord au sud. Vingt-quatre mille /i le séparent de Kouang-tcheou!. Sa température est ses productions ressemblent beaucoup à celles du Fou-nan. On en tire surtout une grande quantité de parfums. Les habitants, hommes et femmes, laissent flotter leurs cheveux et portent des vétements sans manches, faits d’une étoffe appelée par eux kan-moen?, dont le tissu est de coton ki-pei?. Le Roi et les dignitaires du royaume ajoutent par dessus leur robe un morceau d’étoffe rouge d’aurore, qui couvre la partie supérieure du dos entre les deux épaules. Ils ceignent leurs reins d’une corde d'or et suspendent des anneaux d'or à leurs oreilles. Leurs femmes se parent de belles écharpes
enrichies de pierreries.
1 Littér.: Son nord est à 24,000 li de 2 + ja
Kouang-tcheou (Canton). 3 Voir l’Index.
Les murailles. dans ce pays, sont construites avec des briques. Les maisons ont des portes à double battant et des pavillons surmontés de terrasses. Le Roi sort de son palais assis sur un éléphant, abrité sous un dais de couleur blanche, précédé de tambours et de drapeaux et entouré de soldats d'un aspect féroce.
La tradition conservée par les indigènes rapporte que le royaume était fondé depuis quatre cent ans lorsqu'il advint que, le Roi n'ayant pas d'enfants, le peuple tourna ses regards vers un prince de la famille royale, distingué par de grandes vertus. Le Roi en prit ombrage et fit mettre ce prince à la cangue ; mais la serrure qui fermait l'instrument de supplice s'étant brisée comme ‘par enchantement, le Roi fut saisi de crainte, soupconna celui qu'il redoutait d'être protégé par les esprits et borna son ressentiment à le chasser du royaume. L'’exilé se rendit dans l’Inde, où il épousa la fille d’un roi. Quand le roi de Lang-ya-sieou mourut, il retourna dans son pays pour y régner, appelé par les vœux de ses compatriotes. Il mourut sur le trône, après vingt ans de règne, laissant un héritier direct, nommé Po-kia-ta-to' qui, dans la quatorzième année fien-kien de la dynastie des Leang (516), envoya des ambassadeurs à la Cour, dont le premier se nommait Ngo-sa-to >:
4 DE Jo dé CÀ époque au temps où régnaitle père du roi,
3 PJ FA E D'après la tradition qui, l'an 516, envoya des ambassadeurs à la rapportée ici, la fondation du royaume de Cour de Chine. Selon Yang-owen-hoei, Lang-ya-sieou remonterait environ au le royaume de Lan-y-a-sieou était dans premier siècle de notre ère, puisque qua- l'île d’Ava.
tre cents ans s'étaient écoulés depuis cette