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Le royaume de Po-li est situé dans une île de la mer du
midi, à l'orient de Kouang-tcheou!. En partant de Kouang-tcheou,
il faut deux mois de navigation pour s'y rendre. Sa largeur, de
LEUEZL:
CE Hi AK Fi à
jH | . Nous avons vu précédemment que Aouang-tcheou est Canton. Le texte de la p'us ancienne édition du Quenhien-tong-kao a été corrigé dans les éditions postéricures. Il portait le caractère
Bri ; mais cette
version rectifiée ne laisse pas de présenter
LA au lieu du caractère
encore une difficulté qui est de savoir s'il faut ponctuer après le caractère bi (est, orient), comme j'ai cru devoir le faire en raison de la fréquence avec laquelle se présente l’expression PA ;ff nan-hai (mer du midi), qui semble étre une ex-
ATSUMF GIUSA. RI
pression indivisible dans ces notices, ou bien s'il faudrait lier le caractère EI au caractère Pei en traduisant : « l'ne île de la mer au sud-est de Xowarg-tcheou. »
M. de Rosny se rapproche de cette indication en assimilant Po-li à l'ile de Ba-li, ou petite Java, l'une des îles de la Sonde.
— Deguignes, s'en tenant au premier texte D 4 Hi if Fi qu'on pourrait traduire frès avant dans la mer du midi, suppose que Po-li était une île de l'Inde (Hist. des Huns, I, 46) — M, Yang-ouen-hoei place le royaume de Po-li sur la côte nord-
ouest de l'ile Bornéo.
l'est à l’ouest, est de cinquante jours de marche; sa longueur. du nord au sud, est de vingt jours de marche. Il est divisé en communes ou bourgades au nombre de cent trente-six. Dans ce pays la température égale celle des îles les plus chaudes de la Chine; on récolte le riz deux fois par an; la végétation est toujours luxuriante. Les rivages de la mer fournissent de très beaux coquillages. On trouve aussi une pierre appelée kan-pei-lo? qui est molle et facile à travailler quand on la recueille et qui, séchée au soleil, après qu'on l'a faconnée à des ouvrages délicats, acquiert une grande dureté. Les habitants de ce pays se couvrent les épaules d'une pièce de coton qu'ils enroulent en outre autour de leurs reins, de manière à former une sorte de jupe. Ceux qui revêtent des habits de soie portent aussi des ceintures garnies de pierreries, un bonnet doré de très haute forme, très richement orné, ressemblant à un casque et, passé dans leur ceinture, un sabre monté en or*. Ils s'asseoient à demi-couchés sur des estrades dorées, ayant aux pieds des souliers brodés d'argent. Leurs femmes se parent avec des fleurs d’or et toute sorte de précieux bijoux. Leurs mains agitent des chassemouches ou des éventails en plumes de paon. Le Roi se promène dans une voiture faite avec des bois de senteur, surmontée d'un dais couronné de plumes et garni de rideaux ornés de perles. Son escorte marche au bruit des conques et du tambour.
Le nom de famille du Roi est Kiao-tchin-jou*. Dans l’antiquité,
ses ancêtres n’eurent aucune communication avec la Chine. Il ne
2 tH H Rte grands du rovaume, % Ceux qui portent des vêtements de \ 17 Di Un
soie, etc. c'est-à-dire. sans doute. les
PO-LI
subsiste, d’ailleurs, aucune trace de leur histoire. La tradition n'a conservé d’autre souvenir que celui d'une femme célèbre appelée Pe-tsing-ouang*.
Au temps de la dynastie des Leang, la seizième des années tien-kien (517), le royaume de Po-li envoya pour la première fois des ambassadeurs, qui offrirent en tribut des nattes dorées. La troisième année pou-tong (522), un envoyé du roi de Pin-kia *, qui était alors le roi régnant, apporta des perroquets blancs, de petits oiseaux bleus appelés tsing-tchong”. des casques, des objets en lieou-li*, des tissus de ki-peî*, des coquillages en forme de coupes, des parfums et des médicaments d’un grand nombre d'espèces.
Il existe, dans le royaume de Po-li, des oiseaux appelés cheli!°, qui comprennent le langage des hommes. Les naturels ont le corps noir, des cheveux rouges et crépus, des ongles d'oiseaux de proie et des dents de bêtes féroces. Ils se percent les oreilles pour y suspendre de petites sonnettes et ceignent leurs reins d’un lè d’étoffe de coton. Ils tiennent leurs marchés la nuit, et s’y rendent le visage couvert ‘!.
+8 fm à
, #5 Lo
i Fr Littér, : insectes bleus. Le dictionnaire de Kang-hi dit que c'est une espèce de petits oiseaux, probablement une sorte d'oiseaux-mouches.
8 Voir l'Index.
* Espèce de coton, dont il a été parle
plusieurs fois déjà. — M. de Rosny iden-
tifie le mot chinois ki-pei avec le malay kapas «coton» (Actes de la Société d' Ethnographie, t. IX, app. p. 90). — A rapprocher du passage de la Description du royaume de Siam, par La Loubère,
ci-dessus, p. 420, note 10.
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460 PEUPLES MÉRIDIONALX.
Sous les Soui, au milieu des années fa-nie (605-616;, des envoyés de ce pays vinrent offrir le tribut. Leur roi se nommait Tsa-li-ye-kia!?, de sou uum de famille, et Fou-lou-no-po "3 de son nom personnel. Dans les années tching-kouan, des Tang (627- 649,, des ambassadeurs du Po-li parurent encore à la Cour.
A l'orient du royaume de Po-li est celui de Lo-tsa 5, qui lui ressemble par les mœurs. Quand l'empereur Yang-ti, des Soui, chargea Tchang-tsun de visiter le Tchi-tou '°, le Lo-tsa profita du retour de la mission chinoise pour nouer des relations avec l'Empire et envoyer des ambassadeurs. En naviguant par mer au sudouest du Tchi-tou, on arrive au pays de Po-/0!*, dont le Roi, nommé Tchen-ta-po'', offrit le tribut dans la seconde année fsongtchang (669;. Ses envoyés accompagnèrent ceux du roi de Hoan!3, qui se rendaient à la Cour afin d'accomplir le même devoir. Plus loin encore, en allant au midi, on trouve le Tchu-naï'?, situé dans la mer du Kiao-tchi. Il faut deux mois de navigation pour s'y rendre. Les mœurs de ce dernier pays ne diffèrent point de celles du Po-lo. Le Tchu-nai offrit le tribut dans la seconde année tching-kouan (628).
TL] a FI 4) HI M nacréaicpius € À) haut que le nom dynastique était Kiao- 15 Voir ci-après la notice sur ce pays. . VE DI tchin-jou, un siècle auparavant ; mais nous 16 AE Bornéo, selon M. de Rosny. savons que Ma-touan-lin composa ses no- (Mém. cité p. 26). tices avec des fragments empruntés à des 17 hf xe EX documents de diverses époques, sans pren- 18 Voir ci-dessus, p. 433 (article Lin-y).
. | } Æ dre toujours le soin de les coordonner. 19 PTS
ci 16 HE
PO-LI. 461
La neuvième de ces mêmes années (635), on vit arriver à la Cour des envoyés d'un royaume de Kan-lang*, situé au loin dans la mer du midi. Trois ans plus tard (638), le tribut fut offert encore par les quatre royaumes de Seng-kao?!, Qu-ling**, Kiatcha** et Kieou-mi?*'. Le Seng-kao est placé directement au nordouest du Z'chin-la d'eau; ses habitants ont des mœurs semblables à celles des sujets du roi de Hoan?". Dans la suite, le roi de Kieou-mi, nommé Chi-li-kieou-mo*?, devint aussi roi de Founo. Chi-li®, Ti-po*, Pa-mo*! envoyèrent successivement des ambassadeurs à la Cour. Vers l'époque des années yong-hoet (650- 656), Seng-kao et les autres royaumes mentionnés plus haut furent conquis et absorbés par le Tchin-la.
son nom de famille s'appelait Aiao-tchinjou et de son nom personnel Tou-j-e-PA-Mo, envoya des ambassadeurs pour offrir le
tribut, Le même prince offrit encore en
Kim Dé
tribut, sous les Leang, dans la seconde
2 Voir plus loin la notice sur le année tien-kien (503), du corail, des ima-
Tchin-la. ges de Fo et divers produits de son pays.» 26 Voir ci-dessus la note 18. On a vu plus haut que le nom de Kiao- 37 F f) HÉ PE tchin-jou était le nom dynastique des rois 38 i Fi de Po-li. Pa-mo est évidemment une abréà PF À] viation de (Tou-ye)-pa-mo, comme Chi-li » FE CE doit être celle de Chi-li(-kieou-mo), d'où
I EX = On lit dans le Peï-ouen- l'on peut conclure que Ti-po est égaleyun-fou : « Sous les Tsi, au milieu desan- MENT le nom abrégé de quelque prince.
nées yong-ming {483-494), un roi qui de